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Archives des Afrique Subsaharienne - Terre Solidaire Terre Solidaire - Devbe Sun, 02 Nov 2025 15:04:32 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 test article https://terresolidaire.devbe.fr/test-article-2/ Sat, 12 Apr 2025 16:52:16 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=22690 The post test article appeared first on Terre Solidaire.

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En Afrique, « la Caravane Ouest africaine » fait bouger les lignes https://terresolidaire.devbe.fr/en-afrique-la-caravane-7214/ Fri, 10 Dec 2021 09:16:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=18968 A l’occasion de la Journée mondiale pour les droits humains, Isabelle Manimben, Responsable du Pôle

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A l’occasion de la Journée mondiale pour les droits humains, Isabelle Manimben, Responsable du Pôle Afrique, nous présente une mobilisation citoyenne assez originale : la Caravane Ouest Africaine pour la Terre, l’Eau et les Semences, traverse l’Afrique de l’Ouest pour défendre les droits des communautés locales.

© Patrick Piro / CCFD-Terre Solidaire

Une Caravane itinérante pour dénoncer l’accaparement des ressources

Du 20 novembre au 11 décembre, la Caravane Ouest africaine entreprend son itinéraire du Sénégal à la Sierra Leone en passant par la Guinée.

Tout au long de leur périple, les 300 caravaniers venus de 15 pays d’Afrique, scandent le slogan : « Notre terre, notre vie », pour dénoncer l’accaparement des terres et des ressources par les multinationales et les élites nationales.

Cette initiative, qui voit le jour pour la 3ème fois, est portée par le collectif de la Convergence Ouest-africaine des luttes pour la Terre, l’Eau et les Semences paysannes, qui rassemblent 300 participants, issus d’organisations paysannes et de mouvements sociaux mobilisés pour défendre les droits des communautés locales.

Une initiative qui fait bouger les lignes

L’objectif de cette mobilisation ? A chaque étape, interpeller les pouvoirs publics sur les réalités qui impactent les communautés locales pour obtenir des lois qui les protègent.

Par exemple, en Guinée, la Caravane met en lumière les impacts de l’extraction minière sur les communautés locales et porte la problématique de l’accès des femmes à la terre.

Cette mobilisation de grande ampleur, permet de montrer la détermination des populations à défendre leurs terres. Mais surtout, elle permet de faire bouger les lignes !

Les membres de la Convergence ont pu rencontrer les Présidents de la Guinée-Bissau et de la Guinée Conakry pour leur remettre leurs recommandations. Au Mali, ils ont réussi à influencer la loi sur la gestion des terres pour sécuriser les droits coutumiers des communautés.

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Le scandale des pesticides interdits en Europe et exportés en Afrique https://terresolidaire.devbe.fr/le-scandale-des-7206/ Tue, 30 Nov 2021 14:19:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=18897 En Côte d’Ivoire, Sena Adessou, secrétaire général d’Inades-Formation – réseau présent dans 10 pays d’Afrique et partenaire du CCFD-Terre Solidaire – dénonce l’importation de pesticides toxiques interdits en Europe.

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En Côte d’Ivoire, Sena Adessou est le secrétaire général d’Inades-Formation, un réseau présent dans 10 pays d’Afrique et soutenu par le CCFD-Terre Solidaire. Il dénonce l’importation de pesticides toxiques interdits en Europe.

Une grande partie des produits classés « extrêmement dangereux », le plus souvent interdits dans l’UE, reste commercialisée ailleurs dans le monde notamment en Afrique. Est-ce le cas en Côte d’Ivoire ?
Sena Adessou : Oui, ces pesticides chimiques de synthèse sont encore utilisés en Côte d’Ivoire, et plus largement en Afrique, alors qu’ils sont considérés comme toxiques pour la santé humaine, l’environnement et la biodiversité.
Interdits sur le marché européen, ces produits sont souvent fabriqués dans les pays du Nord, notamment dans l’Union européenne !

Comment ces pesticides se retrouvent-ils en vente sur vos marchés ?
De manière générale, pour vendre ces pesticides sur nos marchés, il faut obtenir des autorisations officielles. On s’interroge donc sur la réglementation en vigueur, sur ce que font nos autorités en matière de gestion des circuits de commercialisation, de distribution mais aussi d’importation.
Si certains décideurs ne connaissent pas suffisamment les impacts de ces produits et s’en tiennent à leur usage d’herbicide, insecticide ou fongicide, ceux, conscients de leurs effets, qui les laissent entrer sur le marché national mettent nos vies en danger.

Que propose Inades-Formation pour lutter contre leur utilisation ?
Nous venons de lancer la campagne « Conscience AlimenTerre » fondée sur le droit à une alimentation saine et durable. Son objectif est d’abord d’informer et de sensibiliser les acteurs issus du monde agricole sur les dangers et le caractère toxique des pesticides chimiques de synthèse.
Ils les utilisent souvent à tort et à travers par manque de connaissances. L’absence d’informations claires des étiquetages de ces produits est d’ailleurs un problème !

Cette campagne vise aussi les pouvoirs publics pour qu’ils prennent en compte leur dangerosité et toxicité afin de ne plus les importer.
Nous voulons aussi les encourager à mettre en œuvre la transition agroécologique de nos systèmes alimentaires.
Les premiers lancements de la campagne – pilotée dans les 10 pays d’Afrique de l’Ouest où agit Inades-Formation – ont déjà convaincu nombreuses organisations paysannes de rallier la cause !

Propos recueillis par Marion Chastain

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Au Mozambique : lutter contre les méga-projets extractifs https://terresolidaire.devbe.fr/au-mozambique-lutter-7163/ Fri, 22 Oct 2021 15:57:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=18312 Le Mozambique, pays riche en ressources fossiles, est victime de la convoitise de l’industrie extractive.

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Le Mozambique, pays riche en ressources fossiles, est victime de la convoitise de l’industrie extractive. Avec Charlotte Kreder, chargée de mission Afrique, découvrons la lutte de Justiça Ambiental ! pour défendre l’environnement et les communautés impactées.

Des activités extractives lourdes de conséquences

Dans la Province de Tete au Nord-ouest du Pays, riche en charbon, ou dans la Province de Cabo Delgado, riche en ressources gazières, les populations sont celles qui paient le prix fort des activités extractives.

Elles perdent leurs terres, leur accès aux rivières et sont victimes de nuisances considérables, comme le bruit ou la pollution de l’eau et des terres.

En 2017, j’ai pu visiter la zone de Cabo Delgado et j’ai rencontré plusieurs communautés qui avaient été expulsées de leurs terres et perdues leurs accès à la mer pour faire place aux projets gaziers.

Les entreprises multiplient les (fausses) promesses, que ce soit en matière d’indemnisations, de création d’emplois ou de construction d’infrastructures qui ne voient jamais le jour.

Sur le plan environnemental, l’extraction de ces ressources fossiles renforce une crise climatique dans l’un des pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques.

JA ! se mobilise pour défendre les droits des populations

Face aux impacts néfastes de ces méga-projets, l’association Justiça Ambiental ! (JA !), que nous soutenons, se mobilise pour dénoncer des pratiques qui portent préjudice aux droits des communautés et à l’environnement.

Son action repose sur plusieurs leviers :

  • L’appui aux communautés pour la défense de leurs droits. Par exemple par le suivi des impacts des méga-projets, en leur apportant des informations juridiques et en leur permettant d’accéder aux autorités gouvernementales et aux médias.
  • Favoriser les solidarités entre les communautés impactées par ces méga-projets dans différentes zones, et les aider à mettre en avant des alternatives de développement.
  • Mener des actions de plaidoyer auprès d’instances internationales pour porter l’attention sur les difficultés vécues au niveau local. Par exemple, JA ! est très impliqué dans les négociations d’un traité des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits humains.

On est dans un rapport de David contre Goliath, mais grâce à cet accompagnement, les communautés se sentent plus fortes pour résister.

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« Il est temps que la France cesse d’encourager les projets climaticides de TotalEnergies en Afrique » https://terresolidaire.devbe.fr/il-est-temps-que-la-7134/ Fri, 08 Oct 2021 14:07:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=17933 A l’occasion du sommet Afrique-France qui s’ouvre le 8 octobre à Montpellier, des philosophes, des

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A l’occasion du sommet Afrique-France qui s’ouvre le 8 octobre à Montpellier, des philosophes, des économistes, des responsables d’institutions et d’ONG, dont la présidente du CCFD-Terre solidaire Sylvie Bukhari-de Pontual et le député européen Pierre Larrouturou dénoncent le soutien de la France aux projets du géant pétrolier en Ouganda et au Mozambique.

Tribune. Alors que s’ouvre à Montpellier le sommet Afrique-France, et que l’urgence de réduire drastiquement l’extraction des énergies fossiles se fait chaque jour plus pressante, il est temps que la France cesse d’encourager les projets climaticides que TotalEnergies veut lancer en Afrique.

Le président de la République Emmanuel Macron annonçait sur Twitter à propos de la dernière évaluation des Nations unies : « +2,7 °C à l’horizon de 2100. Ce scénario est dramatique. » Il n’y a pas de fatalité, ce scénario dépend avant tout des décisions qui seront prises dans les semaines et les mois à venir. Or, la France s’apprête à entériner de nouvelles extractions fossiles qui, elles, vont s’avérer réellement dramatiques.

En effet, en Ouganda et au Mozambique, TotalEnergies est en passe de faire exploser deux « bombes climatiques » avec le soutien actif de nos institutions et de notre appareil diplomatique.

Quatre cents puits de pétrole

En Ouganda, ce sont quatre cents puits de pétrole et un oléoduc de 1 443 km de long que TotalEnergies souhaite construire jusqu’à la côte tanzanienne, afin d’exploiter des réserves pétrolières (générant 34 millions de tonnes de CO2) au sein d’un parc naturel protégé et sur les rives du lac Albert, à la source du Nil. Au Mozambique, la mise en exploitation des 9es plus grandes réserves gazières du monde émettra autant que sept années d’émissions de gaz à effet de serre de la France.

Alors que l’Agence internationale de l’énergie nous enjoint désormais de cesser tout nouveau projet d’extraction d’énergie fossile pour espérer maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5 °C décidée par l’accord de Paris, l’envergure de ces nouveaux projets dépasse l’entendement : plus de 11 milliards de dollars (environ 9,53 milliards d’euros) d’investissement en Ouganda et en Tanzanie, 24 milliards de dollars au Mozambique.

Malgré ses déclarations vertueuses, l’Elysée a envoyé, en mai, une lettre au président ougandais pour lui affirmer son soutien au projet pétrolier de TotalEnergies, alors même qu’un recours en justice avait été déposé par six ONG françaises et ougandaises au titre de la loi sur le devoir de vigilance en raison des multiples violations des droits humains et des dommages environnementaux qu’implique ce projet.

Selon un rapport de l’ONG les Amis de la Terre, le gouvernement français a également accentué ses efforts diplomatiques et économiques au Mozambique pour y défendre les intérêts de TotalEnergies (visites diplomatiques, financements publics, missions d’affaires, coopération militaire…), engageant de facto la France, et l’ensemble de nos concitoyens, dans cette aventure climaticide.

A quelques semaines de la COP26 à Glasgow, le gouvernement français et notre diplomatie s’emploient donc à saboter notre avenir à tous.

La France ne pourra pas lutter contre le dérèglement climatique si son président, tel Janus, offre deux visages opposés : héraut du climat sur la scène internationale et façonnier du « business as usual » sur le terrain.

Dans son encyclique Laudato Si’, le Pape François a des mots très fermes contre l’attentisme des Etats qui ne font que retarder la catastrophe : « Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier […]. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement ». (LS 194) Nous devons rechercher des alternatives aux énergies fossiles, aujourd’hui et non dans le futur. Et les mettre en œuvre maintenant. Sans attendre. En levant tout soutien public aux projets climaticides.


Emmanuel Macron a affirmé que le Sommet Afrique-France permettra de « refonder les relations entre la France et l’Afrique ». Nous appelons la France à s’engager auprès des sociétés africaines pour les soutenir dans la voie de la transition écologique. Ne ratons pas ce rendez-vous !

Signataires :
Guy Aurenche, avocat honoraire, défenseur des droits humains
Monique Baujard, présidente des Amis de La Vie
Dominique Bourg, philosophe, professeur des universités honoraire, directeur de la revue La Pensée Ecologique
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente, CCFD-Terre Solidaire
William Clapier, auteur et théologien
François Euvé, rédacteur en chef d’Etudes
Elisabeth Flichy Saint-Bonnet, Chrétiens Unis pour la Terre
Benoit Halgand, étudiant mobilisé contre le projet TotalEnergies à polytechnique, engagé chez Pour un réveil écologique
Pierre Larrouturou, député européen
Elena Lasida, économiste
Laura Morosini, Mouvement Laudato Si’
Marcel Rémond, jésuite, directeur du Ceras
Michel Roy, secrétaire général de Justice et Paix…

Lire aussi :

Les Amis de la Terre France, Mozambique et International
Mozambique : de l’eldorado gazier au chaos (dont un rapport de 39 pages)

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Justice climatique : une priorité pour lutter contre les inégalités en Afrique Australe (interview) https://terresolidaire.devbe.fr/justice-climatique-une-7112/ Mon, 27 Sep 2021 09:59:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=17755 Ceux qui ont le moins contribué au changement climatique en souffrent le plus Qu’est-ce que

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Ceux qui ont le moins contribué au changement climatique en souffrent le plus

Qu’est-ce que la justice climatique ? Quelles sont les personnes concernées ?
Éclairage depuis l’Afrique australe, où les populations victimes des changements climatiques et de l’exploitation minière veulent faire respecter leurs droits.

Charlotte Kreder, chargée de mission Afrique Australe et Océan Indien au CCFD Terre-Solidaire, explique pourquoi la « justice climatique » est vitale dans la région dont elle s’occupe. Alors que le Mozambique et Madagascar ont très peu contribué au dérèglement climatique, leurs populations sont parmi les plus touchées par les phénomènes extrêmes.

Pourquoi la « justice climatique » est-elle devenue une priorité en Afrique Australe ?

Charlotte Kreder : Dans cette zone le CCFD-Terre Solidaire a des partenaires en Afrique du sud, au Mozambique et à Madagascar. Dans ces trois pays, des phénomènes climatiques récurrents gagnent en intensité.

En Afrique du Sud, les sécheresses alternent avec les inondations dans plusieurs provinces.

Le Mozambique ne s’était pas encore remis des deux cyclones de 2019 – dont le premier, Idai, a été qualifié comme étant le plus dévastateur qu’ait connu l’hémisphère Sud – qu’un autre cyclone le frappait en début d’année.

Dans le Sud de Madagascar, une famine sévit en raison de la sécheresse. Elle est considérée par l’ONU comme la première résultant du dérèglement climatique.

Dans ces trois pays, la justice climatique concerne également les personnes qui souffrent de l’air pollué ou qui doivent travailler une terre contaminée.

La province du Mpumalanga, en Afrique du Sud est une des régions les plus polluées au monde, elle abrite 12 centrales à charbon. Les populations sont cernées par des mines qui déversent leurs déchets en toute impunité viciant l’air, les terres, les nappes phréatiques.

Reportage sur l’organisation panafricaine WoMin, soutenue par le CCFD-Terre solidaire, qui sensibilise les femmes aux impacts environnementaux et sociaux des compagnies minières (2017) ©Laurent Hazgui/CCFD-Terre Solidaire

Comment demander la justice climatique dans ces conditions ?

Les pays développés ont une responsabilité historique dans la crise climatique et les entreprises jouent également un rôle. 71% des émissions de gaz à effets de serre sont produits par 100 sociétés commerciales.

71% des émissions de gaz à effet de serre sont produites par 100 sociétés commerciales

L’exemple des projets d’extraction de gaz dans la province de Cabo Delgado au Mozambique qui pourraient générer autant de gaz à effet de serre que sept années d’émissions de la France est parlant. Retour ligne automatique
Cette bombe climatique entraine également l’expulsion des populations locales et les laisse sans ressources.

Devant les dommages qu’ils provoquent, nous devons mettre ces acteurs face à leurs responsabilités, leur demander réparation et les forcer à diminuer leurs activités génératrices de gaz à effet de serre.

En 2019, une alliance africaine pour la justice climatique a vu le jour. Elle regroupe des mouvements sociaux et des organisations de la société civile dont plusieurs partenaires du CCFD-Terre Solidaire. Retour ligne automatique
Une déclaration a été signée par plus de 300 organisations. Elle insiste sur le soutien aux services essentiels, comme l’eau ou la santé. Elle demande qu’il soit mis fin à tous les projets d’exploitation des combustibles fossiles.

En quoi la recherche de la « justice climatique » rejoint-elle la « justice sociale » ?

Ceux qui contribuent le moins au changement climatique en subissent le plus les conséquences.

C’est le cas des paysans malgaches confrontés aujourd’hui à la sécheresse.

C’est le cas également des habitants des townships du Cap qui souffrent régulièrement du manque d’eau quand, à quelques dizaines de kilomètres de là, les habitants des zones résidentielles utilisent leurs piscines, leurs climatiseurs et jouent au golf.

La question climatique ne peut être abordée, uniquement, sous l’angle de mesure des émissions de gaz à effets de serre.

Il s’agit aussi de « justice sociale », de faire converger les luttes en faveur d’un autre paradigme de développement qui donnerait la priorité au vivant et à une juste répartition des richesses.

Cela nécessite de s’attaquer à des questions systémiques telles que le racisme, le patriarcat, l’impunité des multinationales ; les politiques néocoloniales.

C’est le concept d’écologie décoloniale mis en avant par Malcom Ferdinand dans un ouvrage récent et qui est en phase avec les visions défendues par nos partenaires.

Pierre Cochez

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A Madagascar, le jeune Toavina lutte pour la justice climatique #générationclimat https://terresolidaire.devbe.fr/a-madagascar-le-jeune-7108/ Fri, 24 Sep 2021 09:52:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=17748 Toavina Rasolofoson fait partie de cette génération qui partout dans le monde s’engage pour la

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Toavina Rasolofoson fait partie de cette génération qui partout dans le monde s’engage pour la justice climatique. Avec l’organisation Craad Oi, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, il alerte sur l’impact du développement des industries extractives, consommatrices d’eau et de terres à Madagascar. Notamment dans le sud du pays en proie à une sécheresse historique.

En 2015, à 23 ans, Toavina Rasolofoson suit, par Internet, tous les travaux de la conférence de Paris sur le climat, la COP 21. Il prend conscience de l’urgence d’agir et de s’engager pour son île.
Une année plus tard il fait la connaissance de Zo Randriamaro, une sociologue malgache, l’une des fondatrices de l’ONG Craad Oi. « Elle sensibilisait les populations aux projets étrangers d’extraction de minerais rares qui induisent des risques climatiques importants » poursuit Toavina.

Prouver aux communautés qu’elles peuvent faire valoir leurs droits

© CRAAD-OI / CCFD-Terre Solidaire

Aujourd’hui, il assure à son tour des formations pour les adhérents du Craad Oi (Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement dans l’océan indien). L’organisation, qui a été créée en 2012, regroupe 6 000 membres, issus en majorité du monde ouvrier et paysan.
« Nous expliquons aux communautés les raisons du changement climatique et comment obtenir justice face aux dommages dont elles souffrent. Nous voulons prouver aux communautés locales qu’elles peuvent revendiquer leurs droits » explique Toavina.
C’est certain, ce jeune malgache prend sa vie au sérieux. Il n’y a qu’à voir son regard droit et grave, sa concentration durant les formations qu’il assure. Il achève, en même temps, son Master 2 de sciences politiques à l’université d’Antananarivo, après des études de droit.

Les “terres rares”, des minerais indispensables aux nouvelles technologies et dont l’exploitation est catastrophique

Taovina habite l’un des plus pauvres pays au monde. En même temps, le sous-sol de son île renferme des richesses qui intéressent le monde entier. Comme ces « terres rares » utilisées pour la fabrication des écrans d’ordinateur et omniprésentes dans les nouvelles technologies. « Les Allemands se sont intéressés à leur exploitation. Maintenant, ce sont les Chinois » constate Toavina.Ces exploitations minières, très gourmandes en énergie et en eau, accentuent la sécheresse et le manque d’eau. Retour ligne automatique
Elles occupent des terres précieuses dans un pays où 80% de la population vit de l’agriculture. Retour ligne automatique
« Nos terres sont fertiles et nous nourrissent. La rareté de l’eau et des terres crée des tensions ethniques et provoque des migrations de population » résume Toavina.
« Nous devons protéger nos terres. Les jeunes que je rencontre sont conscients des effets du changement climatique et persuadés que nous n’en sommes qu’au début de ce changement. Notre rôle est de les former et de les motiver à s’organiser pour faire entendre leur voix. »

Les grands états reconnaissent le changement climatique, leurs entreprises l’accentuent

© CRAAD-OI / CCFD-Terre Solidaire

Dans le sud de l’île, la situation est encore plus critique avec la sécheresse qui sévit depuis des mois. L’extraction de composants chimiques près de Tuléar nécessite beaucoup d’eau et cela contribuera à assécher la nappe phréatique.
Au sud toujours, QMM – filiale du groupe minier anglo-australien Rio Tinto – entreprend l’exploitation de l’ilménite, dans une zone où les équilibres agricoles sont fragiles.

Des pétitions, des marches, des procédures juridiques

Craad Oi défend la lutte des communautés riveraines du site minier de QMM-Rio Tinto pour l’indemnisation de leurs terres. Par des pétitions, des marches, des procédures juridiques et des alertes à la communauté internationale.
En 2015, Taovina avait été impressionné par l’unanimité des pays à la COP 21. Tous reconnaissaient les effets négatifs du développement économique sur le climat et leur responsabilité. 
« Mais les grandes entreprises des grands pays ont, sur le terrain, des comportements différents, notamment en multipliant les activités extractives. On nous annonce des taux de croissance mirobolants avec ces activités. Mais l’important pour nous c’est de continuer à avoir des aliments pour manger et vivre sainement. »
Taovina se forme sur la justice climatique sur You tube, est membre de groupes de discussions sur internet, grâce à sa maîtrise de l’anglais et du français. Une manière « de porter la voix des jeunes malgaches. »

Pierre Cochez

A lire pour en savoir plus sur le combat de Craad Oi :

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En Afrique : pollueurs et pilleurs, le droit de dire NON (film d’animation) https://terresolidaire.devbe.fr/en-afrique-pollueurs-et-7110/ Mon, 20 Sep 2021 16:33:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=17584 En Afrique, les femmes paysannes s’unissent pour lutter contre l’avarice destructrice de l’industrie extractive qui

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En Afrique, les femmes paysannes s’unissent pour lutter contre l’avarice destructrice de l’industrie extractive qui piétine les droits humains et l’environnement. Le collectif Womin Africa soutient leur lutte et partage à travers ce film d’animation, qui nous émeut autant qu’il nous indigne, leur histoire et leur combat.

Pollueurs et pilleurs : Les racines des crises africaines. Un film présenté par Womin Africa

Riche en ressources minières et gazières, le continent africain attire la convoitise de l’industrie extractive. Pendant que les multinationales s’enrichissent, les populations locales paient le prix fort d’une crise climatique causée par le pillage et la pollution de leurs ressources.

Les femmes sont celles qui portent le fardeau le plus lourd : contraintes de marcher toujours plus loin à la recherche d’eau potable et de moyens de subsistance pour nourrir leurs familles, pendant que la violence à leur égard s’accentue.

Le collectif Womin Africa, que nous soutenons, se mobilise pour porter leurs voix et dénoncer les agissements et les conséquences d’une industrie qui agit depuis trop longtemps dans l’impunité.

Ce film d’animation nous raconte l’histoire de ces vies brisées par la violence et l’accaparement de leurs ressources.

Mais il nous raconte surtout l’histoire d’une résistance portée par les femmes et les communautés qui se lèvent pour dire NON à l’oppression des pilleurs pollueurs et défendre une justice climatique.

© Womin Africa

A propos de ce film :

Womin Africa est un réseau d’organisations sud-africaines et régionales qui travaille sur les conséquences de l’industrie extractive sur la vie des femmes.

Ce film d’animation est le premier volet d’une série qui aborde les multiples crises imbriquées en Afrique ainsi que la résistance collective des peuples. Cette série s’inscrit dans la campagne #TheRight2SayNO portée par de nombreuses associations de la société civile africaine. Elle témoigne des visions portées par les femmes et leurs communautés, porteuses d’alternatives pour le développement en Afrique.

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Mozambique : les communautés contre la plaie du charbon https://terresolidaire.devbe.fr/mozambique-les-7100/ Mon, 20 Sep 2021 16:09:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=17575 Le mépris et la violence pour toute réponse… Est-ce la goutte d’eau qui fera déborder

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Le mépris et la violence pour toute réponse… Est-ce la goutte d’eau qui fera déborder le vase ? Le 6 mai dernier, dans la commune de Moatize qui jouxte Tete, capitale de la province mozambicaine du même nom, plus d’une centaine de personnes du quartier Primeiro de Maio ont bloqué pendant plusieurs heures la desserte de la mine de charbon voisine.

Les communautés locales n’ont jamais été consultées. Nous n’avons compris l’ampleur des projets que le jour où l’on a signifié à des milliers de familles qu’elles seraient déplacées pour laisser la place aux mines.

Leur protestation n’était pas motivée par les considérables nuisances générées par l’extraction à ciel ouvert – bruit, pollution de l’air, de l’eau, des terres –, mais plus prosaïquement par la défense des conditions mêmes de leur survie.

L’expansion minière, qui phagocyte déjà au moins 40 000 hectares de terre dans la région, a coupé l’accès à la rivière Moatize : plus d’eau pour l’irrigation, plus d’argile pour les briqueteries artisanales.

Ce n’est pas la première fois que des riverains lésés manifestent contre la multinationale brésilienne Vale qui exploite le site : les indemnités promises n’arrivent pas, ou bien elles ne sont pas à la hauteur. Et puis tout traîne en longueur. Les tentatives de corruption sont courantes, des responsables de communautés sont accusés de négocier avec les compagnies pour leur propre compte. La zizanie s’installe. Ainsi, les gens de Primeiro de Maio se sont-ils entendu rétorquer à leurs demandes que leur préjudice avait déjà été compensé. Un contentieux qui dure depuis deux ans

La violence policière fait monter les tensions

Cette stratégie d’épuisement des oppositions est bien identifiée : Vale l’a pratiquée auparavant avec d’autres communautés, dénonce l’ONG Justiça Ambiental (JA), partenaire du CCFD-Terre solidaire au Mozambique, et qui soutient les populations affectées par la plaie de l’exploitation charbonnière. Vale avait accepté d’envoyer des représentants pour discuter avec les protestataires, mais c’est la police qui est venue, menaçant de « faire couler le sang ».

Lacrymogènes, tirs à balles de caoutchouc, détentions arbitraires… Cette violence inusitée a fait monter d’un cran la tension entre des populations excédées et des compagnies minières aux intérêts économiques désormais fragilisés par la crise.

L’aventure du charbon industriel, au Mozambique, est récente et fulgurante. En 2004, on identifie dans la région de Tete l’un des plus importants gisements au monde. La houille, qui apparaît dans la balance commerciale en 2010, fournit huit ans plus tard la première source de devises du pays (33 %), devenu 10 e exportateur mondial. « Mais les communautés locales n’ont jamais été consultées, se remémore Daniel Ribeiro à JA. Nous n’avons eu connaissance de l’ampleur des projets que le jour où l’on a signifié à des milliers de familles qu’elles seraient déplacées pour laisser place aux mines. »

Province de Tete au Mozambique

Si d’autres grandes compagnies minières, comme Jindal (Inde) ou Rio Tinto (Australie) ont aujourd’hui leur part du gâteau, c’est bien Vale qui a mené le bal. Le géant brésilien a ouvert la région au charbon et bâti d’importantes infrastructures. « C’est aussi Vale, soutenue par le gouvernement, qui a défini les normes d’indemnisation des populations, poursuit Daniel Ribeiro. Et, dans un premier temps, les promesses d’enrichissement faites aux communautés ont emporté leur adhésion. »

Mais elles déchanteront rapidement. Les entreprises limitent les compensations aux seuls lopins familiaux, écartant du calcul les terres d’usage collectif régies par le droit coutumier ancestral, représentant la grande majorité des hectares perdus.

Les communautés sont relogées à distance du fleuve, où se concentrent les bonnes terres dans cette région sèche. L’installation d’écoles et de services de santé tarde. Rejetés à plusieurs dizaines de kilomètres des marchés de Tete, les paysans voyaient filer près d’un quart de leur budget en transport avant la mise en place de lignes de bus à bas coût. Les petits briquetiers ont périclité, concurrencés par des entreprises de construction attirées par le boum économique local.

« D’une manière générale, toutes les compensations ont été nivelées par le bas, résume Daniel Ribeiro. Notamment pour les terres dont la valeur a été fixée au début de l’exploitation charbonnière. Mais depuis, la fièvre économique locale a fait exploser le marché foncier, spoliant les familles qui se retrouvent avec des biens d’une valeur ridicule. Vale a profité de leur naïveté… »

Justiça Ambiental informe les communautés de leurs droits

Nous avons créé une culture de la revendication au sein de groupes qui n’imaginaient pas se battre pour leurs droits et contre les compagnies qui les ont floués.

Dès le départ, JA a lancé auprès des communautés une campagne d’information sur les impacts sanitaires et environnementaux, ainsi que sur leur droit à de justes compensations pour la perte d’accès à l’eau et à la terre. Des échanges ont été organisés avec des communautés sud-africaines et brésiliennes aux prises elles aussi avec le charbon ou avec Vale.

« Nous avons créé une culture de la revendication au sein de groupes qui n’imaginaient pas se battre pour leurs droits, commente Daniel Ribeiro. Aujourd’hui, ils manifestent une hostilité croissante envers des compagnies qui les ont floués. »

D’autant plus que Vale a annoncé, début 2021, son intention de se retirer du charbon mozambicain. Depuis quelques mois, des revers significatifs l’affectent : le minerai baisse en qualité, des soucis techniques apparaissent, le charbon local est concurrencé par de nouveaux acteurs étrangers. Cette énergie fossile est, en outre, la première cible de la lutte climatique internationale. « La tension monte, parce que la multinationale est soupçonnée de vouloir quitter le pays sans avoir réglé sa dette sociale envers les communautés. »

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En RDC : soutenir les femmes victimes des rebelles islamiques https://terresolidaire.devbe.fr/en-rdc-soutenir-les-femmes-victimes-des-rebelles-islamiques-podcast/ https://terresolidaire.devbe.fr/en-rdc-soutenir-les-femmes-victimes-des-rebelles-islamiques-podcast/#respond Fri, 03 Sep 2021 16:15:38 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/en-rdc-soutenir-les-femmes-victimes-des-rebelles-islamiques-podcast/ Samuel Pommeret, chargé de mission Afrique, nous éclaire sur la situation en RDC, où de

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Samuel Pommeret, chargé de mission Afrique, nous éclaire sur la situation en RDC, où de nombreux habitants vivent sous la terreur du groupe armé, ADF, proche de l’Etat Islamique. Avec lui, découvrons l’action de notre partenaire UWAKI qui vient en aide aux populations persécutées, en particulier les femmes.

Femmes paysannes de Masisi, Nord-Kivu, soutenues par UWAKI © William Dupuy / CCFD-Terre Solidaire

Au Nord Kivu : les rebelles du groupe armé ADF attaquent les populations

Depuis 2015, à l’Est de la République Démocratique du Congo, la région de Béni au Nord Kivu, est frappée par le climat de violence et de terreur perpétré par les Forces Démocratiques Alliés (ADF).

Ce groupe armé, composé à l’origine de combattants musulmans ougandais, revendiquent aujourd’hui son appartenance à l’Etat Islamique et vit principalement du pillage des populations et de trafics divers.

Les massacres se multiplient, les villages sont pillés et brûlés.

Les femmes et les jeunes filles sont les premières victimes et vivent dans la crainte d’être attaquées et enlevées. Contraintes de fuir, elles ne peuvent plus cultiver leurs terres pour nourrir leurs familles.

Les opérations de l’armée congolaise ne parviennent pas à mettre fin à cette situation dramatique et participent à une escalade de la violence.

UWAKI, mène une action multidimensionnelle pour soutenir les femmes victimes

UWAKI, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, se mobilise notamment aux côtés des femmes déplacées pour les mettre à l’abri, les écouter et les aider à surmonter leurs blessures psychologiques.

L’association les aide à reprendre leurs activités agricoles et économiques.

Elle mène également des actions de plaidoyer auprès des autorités politiques et militaires pour les interpeller sur la nécessité d’apporter une réponse qui ne soit pas seulement sécuritaire, mais aussi civile et politique.

A lire aussi :
En RDC, la solidarité s’exprime au pied du volcan Nyiragongo (diaporama)

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Plaidoyer pour la paix en RDC, en Israël Palestine, et en Colombie https://terresolidaire.devbe.fr/plaidoyer-pour-la-paix-en-rdc-en-israel-palestine-et-en-colombie/ https://terresolidaire.devbe.fr/plaidoyer-pour-la-paix-en-rdc-en-israel-palestine-et-en-colombie/#respond Sat, 14 Aug 2021 09:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/plaidoyer-pour-la-paix-en-rdc-en-israel-palestine-et-en-colombie/ À travers ses partenariats, le CCFD-Terre Solidaire est présent dans de nombreuses régions en conflit.

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À travers ses partenariats, le CCFD-Terre Solidaire est présent dans de nombreuses régions en conflit. Une connaissance de terrain précieuse pour faire du plaidoyer pour la paix.


Après onze jours de violence, les armes se sont tues le 21 mai 2021. Le conflit entre l’armée israélienne et les groupes armés de Gaza ont fait plus de 240 morts palestiniens et 12 morts côté israélien.

Au-delà des victimes, l’impact psychique est immense. « Pendant l’explosion de violence, on a fait un travail d’aide psychologique quotidien auprès de nos partenaires, explique le service Moyen-Orient du CCFD-Terre Solidaire. Nous les avons écoutés et leur avons exprimé notre solidarité. Ils nous ont d’ail­ leurs dit que ces marques de soutien ont fait la diffé­rence, car ils se sentent abandonnés par la commu­nauté internationale. » Au-delà de ce contact étroit avec les partenaires, l’ONG a aussi renforcé son travail de plaidoyer pour la paix auprès des institutions internationales. « Dans ces moments de crise aiguë, c’est important. Nous “profitons” du focus sur ces zones de conflits pour mettre en lumière les messages que nous portons. »

Le CCFD-Terre Solidaire compte des partenaires dans de nombreux pays en situation de conflit armé et de post-conflit. En Colombie, par exemple, qui a vécu plus d’un demi-siècle de guerre civile et dans la région des Grands Lacs, marquée par des événements dramatiques comme le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, les stratégies partenariales et de plaidoyer pour la paix sont au centre de son action.

Partenariat par-delà les frontières

« Nous sommes présents dans la région des Grands Lacs depuis plus de 25 ans, rappelle Samuel Pommeret, chargé de mission. Beaucoup de choses ont changé, mais notre approche est toujours d’œuvrer pour la paix, la transformation sociale et la résolution des conflits. »

D’autant que l’insécurité demeure. « Dans l’est du Congo par exemple, des groupes armés se financent par le trafic des ressources naturelles. Quant au Burundi, c’est un pays en pleine faillite démocratique. » D’où l’importance d’appuyer des partenaires variés, travaillant sur deux axes : le modèle agricole et la gestion des ressources naturelles, et la promotion du vivre-ensemble, de la cohésion sociale et de la citoyenneté. « Ce qui nous intéresse, c’est leur vision et leur volonté de transformer leur environne­ ment pour construire une société plus juste et plus solidaire », insiste Samuel Pommeret. Avec la perspective pour tous ces partenaires que « ce soit des femmes rurales de RDC ou des jeunes de Bujumbura, de (ré)apprendre à se faire confiance, de collaborer et de construire du commun ».

La démarche est similaire en Israël-Palestine où le CCFD-Terre Solidaire compte une douzaine de partenaires, également répartis entre les deux pays. « En Palestine, le partenariat s’articule autour de trois axes principaux : la jeunesse et la citoyenneté, avec diverses activités dont l’objectif est de former des citoyens de demain capables de défendre leurs droits ; le genre et le patriarcat, à travers notamment une association de femmes journalistes ; et enfin, la souveraineté alimentaire, car dans le Territoire occupé, la terre a une charge symbolique très forte, tout comme la possibilité de consommer local, précise la spécialiste du Moyen-Orient. En Israël, on se concentre plus sur des organisations travaillant sur les droits humains, la justice et la construction d’une société égalitaire. »

Plaidoyer local et international

En dépit de contextes différents, la stratégie partenariale de ces deux régions se rejoint sur la manière de travailler à un niveau régional. « Nous cherchons à faciliter la mise en réseau de nos parte­naires à ce niveau pour permettre des échanges de regards, d’analyses et de pratiques », assure Samuel Pommeret. En 2018 et 2019, deux rencontres ont été organisées par le CCFD-Terre Solidaire entre Accord Burundi qui travaille sur la sécurisation foncière, et l’IDFP, un partenaire du Sud Kivu en RDC, dont la mission est axée sur la résolution de conflits fonciers.

Même type d’intervention au Moyen-Orient, où l’ONG soutient le travail d’une organisation palestinienne qui a créé le blog : We are not numbers. Elle vise à donner un visage aux victimes de la guerre de 2014 et recueille aussi des témoignages de Palestiniens, notamment de Gaza, sur leur réalité, leur vie quotidienne.

Un journaliste israélien a ensuite développé avec un journaliste de We are not numbers un média en hébreu Beyond the Wall pour raconter la vie des femmes et des hommes de Gaza aux Israéliens.

« Nous appuyons ces initiatives, qui permettent au grand public de lire l’histoire du point de vue des Palestiniens et de créer des liens entre les deux socié­tés sur une base politique », explique la spécialiste du Moyen-Orient au CCFD-Terre Solidaire.

Cette stratégie répond également à des logiques communes. « Nous soutenons le plaidoyer local de nos partenaires, mais nous développons aussi un plaidoyer vis-à-vis des décideurs français et euro­péens, précise Samuel Pommeret. Nous sommes notamment engagés dans le réseau EurAc (European Network for Central Africa), basé à Bruxelles, où notre connaissance du terrain est reconnue. »

Ce travail en réseau est aussi important en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien. Il se fait toujours au sein de collectifs et de mouvements de solidarité plus larges. « Le CCFD-terre Solidaire est membre fondateur de la Plateforme des ONG pour la Palestine qui rassemble une quarantaine d’organisations. Nous sommes aussi membre fonda­teur d’un groupe de travail avec la CIDSE[[La CIDSE regroupe 18 ONG catholiques européennes et nord-américaines qui travaillent dans 120 pays œuvrant pour la justice sociale]], regrou­pant des organisations belge, française, anglaise, irlandaise et allemande. »

Cohérence philosophique

Reste à savoir si l’engagement du CCFD-Terre Solidaire dans des pays marqués par des situations de conflits ou de post-conflits correspond à ses valeurs. Pour Samuel Pommeret, la cohérence est double, en matière d’action et de philosophie. « Lorsque quelque chose ne va pas, il ne suffit pas de dénoncer. Il faut se donner les moyens d’agir avec les citoyens, et solliciter les décideurs. Les deux leviers que sont le partenariat et le plaidoyer répondent aussi à une démarche ancrée dans la doctrine sociale de l’Église qui appelle à la transformation et qui passe par l’action sociale et politique. » Un point de vue partagé par spécialiste du Moyen-Orient. « Notre présence dans les zones de conflits est cohérente, car nous sommes engagés pour le res­pect de la justice sociale et de la paix. En outre, en ce qui concerne la Palestine et Israël, la charge symbo­lique de Jérusalem, ville trois fois sainte, est très importante pour tous les chrétiens. »

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Au bonheur de la rencontre https://terresolidaire.devbe.fr/au-bonheur-de-la-rencontre/ https://terresolidaire.devbe.fr/au-bonheur-de-la-rencontre/#respond Sat, 24 Jul 2021 09:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/au-bonheur-de-la-rencontre/ Engagées au CCFD-Terre Solidaire depuis de longues années, dans la Sarthe pour Bénédicte Ariaux et

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Engagées au CCFD-Terre Solidaire depuis de longues années, dans la Sarthe pour Bénédicte Ariaux et en Ille-et-Vilaine pour Adeline le Morzacec, les deux bénévoles témoignent ici de leur implication dans le projet régional Mer, depuis 2015.


Six ans plus tard, Bénédicte se souvient avec amusement de ses hésitations : « En 2015, lorsque la Vendée entraîne notre région dans un projet Mer, j’étais un peu perplexe. En tant que présidente de la délégation de la Sarthe, ma priorité était de faire connaître le CCFD-Terre Solidaire et de sensibiliser aux enjeux de la souveraineté alimentaire, du mal-dévelop­pement. »

Elle se demande « comment sus­citer un élan militant dans un département rural », sur ce sujet. Et pourtant, elle a bien conscience que « la mer, qui représente 70 % de notre planète, est un maillon essentiel de la souveraineté alimentaire, de la préserva­ tion de l’environnement et du climat, une illustration du “tout est lié” qui traverse les paroles de l’encyclique Laudato Si’ ».

Pour Adeline, qui a été coprésidente de la délégation pendant cinq ans et est à présent engagée dans les équipes justice économique et souveraineté alimentaire « la mer est un terrain inconnu ». Mais elle voit dans ce projet matière à découvertes, et est particulièrement intéressée par « les regards croisés entre quatre pays et trois continents : le Sénégal, la Mauritanie, l’Indonésie et la France ». Elle se porte alors volontaire pour faire partie du Comité de pilotage (Copil) qui prépare le projet « sous la houlette de Julie Marchand et de Christine Luziack, chargées de développement asso­ciatif. J’ai pu rencontrer de nombreux amis du CCFD-Terre Solidaire des Pays de la Loire et de Bretagne. Nous avons compris que la mer est notre bien commun et à quel point les océans sont vitaux pour l’humanité : ils nous permettent de respirer autant que les forêts, ils régulent le climat, ils nous alimentent ».

Après quelques hésitations, elles s’inscrivent toutes les deux au voyage d’immersion : pour Bénédicte, ce sera l’Indonésie, l’Afrique pour Adeline.

L’Afrique pour Adeline.

« En novembre 2018, se souvient Adeline, avec le groupe de bénévoles nous nous sommes envolés vers le Sénégal et la Mauritanie invités par l’Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale (ADEPA), partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Nous avons rencontré des femmes et des hommes passionnants, qui aiment leur métier et le font avec un grand respect de la protection de la ressource. »

Mais le groupe d’immergés découvre aussi « la convoitise des grands armateurs étran­gers qui pêchent des quantités monstrueuses de poissons pour les transformer en farine afin de nourrir du poisson d’élevage ».

Bénédicte, elle, a réussi à convaincre une amie, agricultrice et membre du Mouvement des chrétiens en monde rural (CMR), « de participer à l’aventure ». « Le lien terre-mer était fait ! » pointe-t-elle. Pour se préparer, elles approfondissent leurs connaissances sur le sujet. « De mon côté, explique Bénédicte, passionnée de langues, je me suis lancée dans l’apprentissage de l’indonésien à raison de 2 ou 3 heures par nuit, pour mieux profiter du voyage et échan­ger de manière plus intense avec nos amis indonésiens. » Et les rencontres vont être extraordinaires. « Les partenaires ne mènent pas seulement des projets de déve­loppement, mais ils s’engagent au service des habitants tout en portant leurs revendi­cations auprès des autorités. »

Bénédicte va être particulièrement marquée par sa rencontre avec Armand. « Ce descendant d’une lignée de princes locaux consacre sa vie à permettre aux habitants de devenir les acteurs de leur propre développement, qu’il s’agisse des jeunes de la ville de BauBau ou des Bajos, ces nomades de la mer sédentari­sés. Autrefois marginalisés et méprisés, leurs leaders, formés par JPKP[[JPKP (Réseau de développement de la zone littorale) est une des organisations membres du réseau KIARA (Coalition pour la justice dans le monde de la pêche), le partenaire qui nous a accueillis en Indonésie.]], osent désormais porter leurs revendications auprès du gou­vernement ou même des institutions inter­nationales. »

Mais, le rappelle Bénédicte « une immer­sion, ce n’est pas seulement 15 jours sur place. C’est un voyage au long cours qui com­mence au moins un an avant et se poursuit pendant plusieurs années avec des moments au cours desquels on partage ces rencontres tellement marquantes. Le travail mené en amont du voyage et la création, en aval, des outils de restitution : vidéos réalisées par Mathilde Jounot, expo photos, et aussi un carnet de portraits permettent de trans­mettre toute la richesse de l’engagement des partenaires », et ont été particulièrement formateurs pour les bénévoles.

Sans oublier la conférence gesticulée à laquelle se sont formées Adeline et Bénédicte avec d’autres bénévoles. « La conférence gesticulée, c’est un moyen de faire comprendre des problèmes complexes à partir de témoignages et de rencontres personnelles et de susciter la parole et l’engagement du public », souligne-t-elle.

L’épreuve de la polygamie subie par les femmes

En se formant à la conférence, Adeline a appris « à restituer de façon vivante » ce qu’elle a vécu pendant ce voyage. Et, surtout, elle a pu parler de Bintou Sonko, la présidente de l’Association des femmes coquillages de Joal Fadiouth, avec qui elle a noué des liens forts. « Avec son témoi­gnage, j’ai compris que la polygamie est une épreuve considérable subie par les femmes. Pudiquement, elle m’a dit : “Tu sais, Adeline, je ne connais pas une seule femme que cela ne rend pas malheureuse”. » « Nous continuons à échanger par messages téléphonés. Nos conférences se sont arrêtées net avec l’arri­vée du Covid, mais nous gardons l’espoir de reprendre nos témoignages lorsque la vie redeviendra normale. »

À travers ce projet, Bénédicte a pris « conscience de l’évolution de la place donnée aux bénévoles ». « Le projet Mer est né d’une proposition de militants, relayée et appuyée par les salariés de la région. Nous l’avons coconstruit sur plusieurs années, en organi­sant une semaine de rencontre du monde de la pêche en France, avec des représentants des partenaires sénégalais et indonésiens, puis le projet d’immersion de bénévoles au Sénégal et en Indonésie afin de sensibiliser aux enjeux de la solidarité internationale. »

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Signataires : « Avenir de la politique française au Sahel : il est temps d’ouvrir le débat » https://terresolidaire.devbe.fr/avenir-de-la-politique-francaise-au-sahel-il-est-temps-douvrir-le-debat-signataires/ https://terresolidaire.devbe.fr/avenir-de-la-politique-francaise-au-sahel-il-est-temps-douvrir-le-debat-signataires/#respond Fri, 18 Jun 2021 06:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/avenir-de-la-politique-francaise-au-sahel-il-est-temps-douvrir-le-debat-signataires/ Alors que le président Emmanuel Macron vient d’annoncer la fin de l’opération Barkhane, des voix

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Alors que le président Emmanuel Macron vient d’annoncer la fin de l’opération Barkhane, des voix s’élèvent – en France comme au Sahel – pour appeler à ouvrir le débat sur l’après-Barkhane et saisir l’occasion pour refonder en profondeur la politique française dans la région. En étant cette fois à l’écoute des populations.


Cette tribune a été publiée sur le site du Monde le 23 juin 2021

Huit ans.

Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires.

En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public.

Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport.

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Il n’y a pas de solutions simples à un problème complexe. Les crises du Sahel reposent sur une pauvreté touchant 40 % de la population, des inégalités criantes et des abus répétés contre les droits humains. Des changements climatiques qui bouleversent déjà le quotidien de millions de personnes. Des problèmes de gouvernance adossés au manque de légitimité des Etats, à l’impunité et à un profond sentiment d’injustice. Et, pourtant, l’aide au développement française vers le Sahel sous forme de dons stagne depuis dix ans.

Bien sûr, la France porte des initiatives pour donner des gages d’un rééquilibrage vers ces enjeux, comme l’Alliance Sahel, la Coalition internationale pour le Sahel ou encore le récent sommet du G5 à N’Djamena. Mais la traduction en un réel changement de vision et de pratiques reste encore à démontrer. Ce sont les modèles de développement et les relations de pouvoir que la France et la communauté internationale promeuvent dans la région qu’il faut repenser.

Ces dernières semaines, la France a été prise au piège de ses propres contradictions en soulignant l’incohérence de ses prises de position face aux récents événements politiques au Tchad et au Mali. Pour avoir misé sur une approche avant tout sécuritaire et en sous-estimant les défis liés au développement, à la cohésion sociale et à la gouvernance, la stratégie sahélienne de la France est dans une impasse. La fin annoncée de Barkhane ne fait qu’acter cette réalité.

Depuis huit ans, cette stratégie semble décidée entre les quatre murs de l’Elysée : le début comme la fin de Barkhane ont été actés par un seul homme. Où est le débat démocratique sur les choix politiques qui ont été pris sur le Sahel ? L’Assemblée nationale semble incapable de jouer son rôle de contrôle de l’action du pouvoir exécutif : le dernier vote sur les opérations militaires au Sahel datait de 2013. Pourtant, des vies humaines continueront d’y être engagées et près de 1 milliard d’euros d’argent public aura été dépensé chaque année en opérations militaires ; 41 fois plus que pour aider les populations à faire face aux défis humanitaires. La démocratie a besoin de redevabilité. Il est temps de débattre.

Depuis plusieurs années, de nombreuses voix alertent sur l’inadaptation des stratégies et le besoin d’une réorientation pour s’attaquer aux causes profondes des conflits. C’est particulièrement le cas des sociétés civiles sahéliennes, notamment des jeunes et des femmes, dont les visions et propositions ont rarement voix au chapitre. La France, en préparant l’après-« Barkhane », doit être davantage à leur écoute, à l’instar de l’accueil donné au récent rapport de la Coalition citoyenne pour le Sahel.

Nous n’attendons pas de la France qu’elle trouve seule des solutions aux défis du Sahel, mais elle peut, elle doit soutenir un autre processus de reconstruction qui prenne en compte les aspirations des Sahéliens et des Sahéliennes, pas seulement celles de ceux qui les dirigent.

Lire aussi : Un touareg au service de la paix dans le Sahel

La fin programmée de « Barkhane » doit être l’occasion de faire émerger un débat sur l’avenir du rôle de la France dans la région et de demander des comptes sur les choix politiques pris ces dernières années. Ce débat doit se faire avec la diversité des analyses et expertises : parlementaires, diasporas, monde académique, sociétés civiles d’ici et de là-bas, acteurs humanitaires, du développement et de la sécurité. Il y a urgence.

POUR ALLER PLUS LOIN : 

Au Mali, l’association Azhar soutient les initiatives Touaregs contribuant au vivre-ensemble

Deux minutes pour comprendre les limites des politiques d’intervention au Sahel (infographie)

Pourquoi il faut refonder la politique de la France au Sahel

Liste des Signataires :

Laouali Aminou, Coordonnateur national, SOS-Civisme Niger
Richard Banégas, Professeur de science politique à Sciences Po et chercheur au CERI, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest
Bouaré Bintou Founé Samaké, Présidente, Women in Law and Development in Africa (WILDAF-Mali)
Philippe de Botton, Président, Médecins du Monde
Sylvie Bukhari-de Pontual, Présidente, CCFD-Terre Solidaire
Marielle Debos, Chercheuse en science politique, Université Paris Nanterre
Cécile Duflot, Directrice générale, Oxfam France
Vincent Destival, Délégué Général, Secours Catholique – Caritas France
Jean-Claude Felix Tchicaya, Chercheur, Institut de Prospective et Sécurité en Europe (IPSE)
Ali Idrissa, Coordonnateur national, Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB)
Gérard Magrin, Professeur de géographie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Gustave Massiah, Économiste, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM/IPAM)
Jean-Pierre Olivier de Sardan, Directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au LASDEL, Institut de recherche pour le développement
Marc Ona Essangui, Président, Tournons la page
Adam Oumarou, Président, Conseil des Nigériens de France
Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Directeur de recherches, Institut de recherche pour le développement
Luc de Ronne, Président de la fédération, ActionAid France-Peuples Solidaires
Assinamar Ag Rousmane, Coordinateur national, ONG AZHAR Mali
Binta Sidibe-Gascon, Vice-présidente, Observatoire KISAL
Alioune Tine, Fondateur, Think Tank Afrikajom Center
François Vaillant, Porte-parole du MAN, Le MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente)

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Journée mondiale contre la faim : crise alimentaire, l’alerte rouge https://terresolidaire.devbe.fr/journee-mondiale-contre-la-faim-crise-alimentaire-lalerte-rouge/ https://terresolidaire.devbe.fr/journee-mondiale-contre-la-faim-crise-alimentaire-lalerte-rouge/#respond Mon, 14 Jun 2021 08:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/journee-mondiale-contre-la-faim-crise-alimentaire-lalerte-rouge/ Les chiffres de la faim dans le monde atteignent des niveaux sans précédent, sous l’impact

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Les chiffres de la faim dans le monde atteignent des niveaux sans précédent, sous l’impact délétère de systèmes agroalimentaires obsolètes, dénoncés depuis des années, et désormais amplifiés par la crise du Covid.


Les fonctionnaires internationaux se disent « choqués » par la permanence, à un niveau « inacceptable », de la malnutrition dans le monde.

Début mai, un cran était pourtant franchi lors de la présentation, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’état des crises alimentaires dans le monde : en 2020, on a recensé 820 millions de personnes en situation de « faim chronique », une hausse de 130 millions en un an. À cet indicateur révélateur de la faillite structurelle des systèmes alimentaires se superpose celui des crises ponctuelles de « faim aiguë ». : elle a affecté 155 millions de personnes dans 55 pays, soit 20 millions de plus qu’en 2019.

<groschiffre|align=right|chiffre=820|unite=millions de=”” personnes|texte=”sont” en=”” situation=”” «=”” faim=”” chronique=”” »,=”” une=”” hausse=”” 130=”” millions=”” un=”” an.=””>En cause, les conflits (pour les deux tiers), des chocs économiques ou des conditions climatiques extrêmes. « La pandémie de Covid a amplifié tous les facteurs d’insécurité alimentaire, frappant de plein fouet les communautés les plus vulnérables, s’alarme Janez Lenarčič, commissaire européen à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises. » Et tout laisse à penser que 2021 sera pire encore. « D’autant qu’avant la crise sanitaire, nous n’étions déjà pas en voie de résoudre les problèmes de la faim, de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition », insiste Máximo Torero, économiste en chef de la FAO.</groschiffre|align=right|chiffre=820|unite=millions>

<groschiffre|align=right|chiffre=155|unite=millions de=”” personnes|texte=”dans” 55=”” pays,=”” en=”” situation=”” «=”” faim=”” aiguë=”” »=”” liée=”” à=”” crises=”” ponctuelles=””>Plus d’un an après l’explosion de la pandémie mondiale, les mécanismes aggravants ont été identifiés. Là où l’économie était chancelante, des records de chômage et de pauvreté sont atteints.</groschiffre|align=right|chiffre=155|unite=millions>

Les fermetures de frontières et de magasins ainsi que les confinements ont interrompu des circuits d’approvisionnement, les envois de fonds par les travailleurs migrants à leur famille ont baissé, le prix des denrées alimentaires a grimpé, les programmes d’aide se sont rétractés, les systèmes de santé ont été débordés.

Au Burkina, la fermeture des marchés a tari les revenus paysans

Au Burkina Faso, des marchés ont été fermés pour limiter la contamination par le coronavirus, mais aussi, dans la zone des trois frontières (avec le Mali et le Niger), sous l’injonction des bandes djihadistes qui tentent de rallier par la contrainte des populations villageoises à la charia (loi islamique). « La mise en veille de ces places névralgiques, pour la vie économique et sociale, a eu un impact négatif très fort sur la vie des familles paysannes, souligne Philippe Ki, coordinateur du réseau Afrique verte au Burkina Faso. Car leur économie domestique dépend beaucoup de la vente régulière de petites quantités de leurs excédents de production vivrière, indispensable source de revenus qui s’est fortement tarie. »

Par ailleurs, la priorité donnée par l’État à la mobilisation sur les fronts de la pandémie et de la sécurité a ponctionné une partie des ressources affectées aux programmes éducatifs et sanitaires et a conduit à sélectionner plus étroitement les bénéficiaires des distributions de denrées. « L’insécurité alimentaire, endémique au Burkina Faso, subit une aggravation à bas bruit », constate Philippe Ki.

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Au Mali voisin, la crise sécuritaire a pris une ampleur très préoccupante, entre les incursions des rebelles touaregs du Nord ou des groupes islamiques et les rançons demandées par les bandes de « coupeurs de routes ». Le village de Farabougou, dans la région de Ségou, est assiégé depuis sept mois par des djihadistes qui ont brûlé les champs de riz et pillé les greniers. Les 3 000 habitants, pris en otage, vivent du parachutage de colis alimentaires.

« Alors que les rebelles sont désormais à moins de 200 kilomètres de Bamako, il n’existe pratiquement plus de marchés dans une grande partie du nord et du centre du pays, témoigne Mohamed Haidara, coordonnateur d’Afrique verte Mali. Dans des secteurs entiers, les paysans ne cultivent plus par crainte d’exactions. »

Par ailleurs, la confusion générée par le coup d’État d’août 2020 complique les conditions de vie. Les grèves se succèdent, dont celles des transporteurs qui affectent la disponibilité des denrées alimentaires dans certaines régions. De mai à août, le Réseau de prévention des crises alimentaires prédit que la faim pourrait toucher 1,2 million de personnes dans les régions conflictuelles du Mali, un bond de 50 %.

Et les prévisions sont encore plus alarmistes dans la zone très peu sûre des trois frontières, où un tiers de la population, côté burkinabè, pourrait se retrouver en
situation d’urgence alimentaire.

Le Brésil réintègre la carte mondiale de la faim

Au Brésil, l’inconséquence politique pèse encore plus fortement sur l’insécurité alimentaire…

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