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]]>Un an après le coup d’État en Birmanie, qui a conduit à l’emprisonnement de la Présidente démocrate, Aung An Su Ki, le peuple birman continue de faire face à la terreur de la junte militaire. Jérémie Beja, chargé de mission Asie, nous éclaire sur l’incroyable ténacité du peuple birman et de nos partenaires locaux.

Depuis le coup d’État, la situation en Birmanie est de plus en plus critique, tant sur le plan économique que pour les droits humains.
La junte birmane, toujours au pouvoir, intensifie la guerre contre son propre peuple.
Une situation particulièrement dramatique dans l’État Kayah où plus de la moitié de la population, à majorité chrétienne, sont contraints de fuir dans la jungle et dans les zones rurales.
« Le jour du réveillon de Noël, des églises ont été bombardées et plus de 35 personnes ont été massacrées par les forces armées ».
Jérémie Béja, chargé de mission.
A ce coup d’État, s’ajoutent les conséquences de la pandémie de la COVID-19 qui a mis à plat l’économie du pays. Dans les villes, le chômage explose et l’insécurité alimentaire ne cesse de s’intensifier.
8 000
1 500
Le peuple birman continue de se mobiliser, avec une ténacité et un courage incroyable, pour contester le coup d’État et exiger le retour de la démocratie, malgré la violence de la répression.
En effet, l’association des prisonniers birmans décompte aujourd’hui, plus de 8 000 arrestations et près de 1 500 personnes tuées depuis la prise de pouvoir de la junte.
Pour autant, la lutte ne faiblit pas. Certains se sont réfugiés dans les zones contrôlées par les armées ethniques qui combattent la junte depuis des décennies. D’autres ont rejoint des mouvements de désobéissance civile ou se cachent aux quatre coins du pays.
Face à cette situation, nos partenaires locaux se mobilisent malgré des conditions extrêmement compliquées en raison de la multiplication des barrages, des zones de combats et des coupures internet par la junte.
Par exemple, notre partenaire, Spirit in Education Movement, apporte son soutien aux personnes réfugiées et à ses partenaires, depuis la Thaïlande, en envoyant des biens de premières nécessités de l’autre côté de la frontière.
Ses actions permettent, à la fois, de soutenir le peuple birman et de faire pression sur le gouvernement thaïlandais pour qu’il prenne ses distances avec la junte birmane, notamment au sein de l’ASEAN.
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]]>The post En Asie, Somboon Chungprampree promeut un bouddhisme engagé appeared first on Terre Solidaire.
]]>Somboon Chungprampree est un bouddhiste engagé, qui, à la différence d’autres traditions, valorise l’engagement dans la société sur les questions sociales et écologiques. Portrait d’un bouddhiste qui entend changer le monde.

Somboon Chungprampree est content d’être revenu à Paris, nous retrouver enfin et nous voir en vrai, après en un an et demi d’épidémie de Covid.
Cela fait 35 ans qu’il monte des projets en partenariat avec le CCFD-Terre Solidaire. Il dirige le SEM (Spirit in Education Movement), une association qui propose des programmes de formation à destination de tous ceux qui ont déjà des responsabilités ou sont appelés à en avoir. Ces formations s’adressent autant à des moines, qu’à des responsables d’associations ou des représentants d’autorités locales. Tous portent des initiatives et structures locales engagées dans la lutte contre la pauvreté et l’écologie.
Somboon explique : « Nous nous concentrons sur l’éducation à la vie, à la société, à la nature. Notre approche est holistique, c’est-à-dire que nous voulons prouver qu’il est possible de concilier la spiritualité et un engagement dans le monde ».
« Dans les pays occidentaux, le Bouddhisme a souvent séduit des gens aisés qui y trouve un mode de développement personnel. Ce n’est pas le cas en Asie » souligne-t-il.
Somboon est originaire d’un village thaïlandais proche de la frontière cambodgienne. Ses grands-parents étaient des Chinois qui avaient fui la misère et la guerre civile. Ses parents ont fondé une clinique privée, qui prospère. « Ma famille a baigné dans le confucianisme et le bouddhisme ».
Après un diplôme universitaire en finance, « j’ai décidé de m’engager pour la société, en mettant mes compétences au service des autres, pas seulement au service de ma famille. »
Il est alors marqué par la mobilisation des paysans thaïlandais contre le programme de barrages lancé par le gouvernement. « C’était un enjeu environnemental majeur dans plusieurs provinces. J’avais appris enfant à être proche de la nature et je voulais contribuer à la faire respecter. »
Il quitte la finance, sans hésiter. « Je savais que l’argent de ma famille suffirait à m’apporter une certaine sécurité en cas de pépin. Je n’avais pas besoin de plus. » Il suit alors les pas de Sulak Sivakasa, un intellectuel bouddhiste qui a milité pour la démocratie en Thaïlande.
Somboon entre au SEM, créé en 1995 par son mentor. Il s’agit de former des bouddhistes pour les accompagner dans leur développement personnel et les encourager à s’engager dans la transformation de la société.

Les formations du SEM abordent la spiritualité, comme les questions sociales, l’environnement et la mondialisation. « J’aime la notion d’équilibre entre l’activisme et la spiritualité. Les deux sont compatibles » assure celui qui dirige maintenant le SEM.
Il y a une dizaine d’années, Somboon a envisagé d’être moine bouddhiste. Il s’est plié à une retraite spirituelle de trois mois dans un monastère, avant de renoncer à cet engagement. « Ce n’était pas pour moi. Je tiens à mes deux piliers : le monde et le spirituel. »
Le SEM propose ses stages de formation à des leaders communautaires en Thaïlande. Le but est de « rechercher plus de justice dans un monde moderne où l’agent et le pouvoir creusent les inégalités. »
Pour cette activité, il ne fait pas appel à des financements étrangers, la Thaïlande étant maintenant un pays émergent. « En revanche, l’appui du CCFD-Terre Solidaire est déterminant dans le développement de notre activité au Myanmar. Chaque année, nous proposons à une quarantaine de Birmans de suivre nos formations. »
L’approche est interreligieuse, les partenaires de SEM pouvant être baptiste, catholique, musulman ou bouddhiste. « Le stage dure trois mois et permet de mieux comprendre la nature, la beauté, les relations interpersonnelles dans le travail et la conduite d’équipes multiculturelles » explique Somboon.
Il aime comparer les différentes religions et spiritualités avec lesquelles il travaille. « Le bouddhisme n’inclue pas le concept de Dieu, mais celui de vérité ultime. Il est aussi plus décentralisé, dans sa structure, que la religion catholique.
Par exemple, l’organisation des bouddhistes au Myanmar est beaucoup plus démocratique qu’en Thaïlande. En revanche, il existe 300 moines femmes dans ce dernier pays, aucune au Myanmar ou au Laos » détaille-t-il.
Cette diversité des spiritualités lui va bien. Elle rime avec le mouvement de la vie.
Somboon en appelle à Bouddha qui évoque l’impermanence nécessaire et inévitable. « Il n’est pas réaliste d’espérer que rien ne change dans nos vies. Rien n’est permanent. Cette pensée n’a rien de stressant pour moi » conclut-il dans un large sourire.
Pierre Cochez
Lire aussi :
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]]>The post Timor-Leste : des solutions pour lutter contre la faim climatique (vidéo) appeared first on Terre Solidaire.
]]>Au Timor-Leste, les dérèglements climatiques causent régulièrement des catastrophes naturelles extrêmes qui menacent la souveraineté alimentaire du pays. Face à ces enjeux, notre partenaire, Permatil, soutient de nombreuses initiatives pour permettre à la population de retrouver sa sécurité alimentaire.
Cyclones, inondations, sécheresses … ces évènements météorologiques récurrents au Timor-Leste, mettent en péril les récoltes et déstabilisent l’économie.
Notre organisation partenaire local, Permatil, soutient la réhabilitation des bassins versants permettant de s’adapter aux fortes pluies et de stocker l’eau en cas de sécheresse.
Elle aide également les paysans à engager des démarches agro-écologiques durables pour régénérer les sols et retrouver leur sécurité alimentaire.
Grâce à son action, une loi inédite a été adoptée en 2015, permettant d’intégrer la permaculture et l’aménagement des jardins potagers dans les programmes scolaires.
Faim climatique, changeons les prévisions !
Pour aller plus loin :
L’agroécologie vue du Timor Leste : des potagers en permaculture dans toutes les écoles ?
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]]>The post Cambodge : former les citoyens de demain appeared first on Terre Solidaire.
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Vann Ul, le président de l’association partenaire du CCFD-Terre Solidaire explique : « Nous touchons en particulier des étudiants ou des lycéens qui viennent à Phnom Pen pour suivre leurs études. Ils sont souvent, eux-mêmes, issus de familles pauvres et ont pu être témoins de violations des droits fondamentaux dans leur entourage. Instruits sur les protections garanties par la Constitution et les grands principes internationaux de protection des droits, ils se sentent plus confiants pour s’impliquer politiquement . »
Séduits par les opportunités offertes par la vie citadine, ces jeunes hésitent, une fois leur diplôme obtenu, à retourner travailler dans les zones rurales. Pour les motiver, CYN leur propose des camps de cinq jours dans la nature, auprès des villageois. Ils échangent avec eux et prennent conscience du rôle de chacun dans la préservation des ressources naturelles dont les communautés rurales dépendent.
Un enjeu majeur et risqué dans le contexte politique cambodgien. Car, le sujet de l’accaparement des terres, et plus généralement de l’accès aux ressources naturelles, est une question essentielle, et a généré de nombreux conflits dans le pays ces vingt dernières années. L’implication de CYN dans la dénonciation de la destruction de plus de 100 000 hectares de la forêt de Prey Lang (voir encadré) lui vaut d’ailleurs d’être interdite dans la province de Preah Vihear. « Nous sommes continuellement sous surveillance. Certains de nos membres ont été poursuivis en justice. Les autorités enregistrent les noms et les coordonnées des participants à nos activités, une forme d’intimidation », détaille le président.
Une liberté d’expression limitée jusqu’au sein des universités où les directeurs d’établissements découragent toute recherche sur les questions sociales et politiques. Pas facile pour CYN, petit poucet de la mobilisation des jeunes, de trouver sa place face au mastodonte que constitue l’Union de la fédération de la jeunesse du Cambodge (UFJC). Cette organisation dirigée par Hun Many, le fils du tout-puissant Premier ministre Hun Sen, revendique 10 000 adhérents ; en devenir membre ouvre l’accès à la fonction publique, ou au Parti du peuple cambodgien (PPC).
Signe de la réduction drastique de l’espace démocratique, les établissements où l’UFJC est active interdisent à CYN d’intervenir. Les élèves sont dissuadés de rejoindre ce type d’organisations considérées comme subversives et favorables à l’opposition, dont le principal mouvement, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) a été dissous en 2017 et ses leaders bannis de la vie politique pour cinq années.
Malgré les obstacles, Vann Ul, déterminé, reste convaincu : « Pour arriver au changement, nous devons travailler ensemble, être solidaires. »
Prey Lang est la plus grande forêt primaire d’Asie du Sud-Est. Elle abrite une très riche biodiversité, dont près de cinquante espèces menacées : tigres, éléphants et ours noirs d’Asie… et représente une réserve d’eau essentielle pour cette région rizicole. Elle est aujourd’hui menacée par l’exploitation forestière illégale et l’exploitation minière, ainsi que par des plantations agro-industrielles et des barrages hydroélectriques.
D’après le collectif de conservation des ressources naturelles du Cambodge, elle aurait perdu près de 75 % de sa superficie. Cette surexploitation est aussi une catastrophe pour le peuple kuy qui tire ses ressources de la forêt avec laquelle il vit en harmonie depuis des siècles.
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]]>The post Asie : mobilisation contre l’économie bleue appeared first on Terre Solidaire.
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Plage de sable fin, horizon azuré, eaux limpides fermées par un lagon. Voilà comment sont décrites les quatorze îles de l’archipel de Kalpitiya au nord-est du Sri Lanka. Un paysage idyllique dans l’imaginaire occidental. Mais pour les habitants de cette région, cet espace représente leur garde-manger et leur habitat ancestral et les lieux où sont enterrés leurs ancêtres. Des zones d’où, désormais, ils sont exclus au profit du développement d’activités touristiques.
Après le tsunami de décembre 2004, le gouvernement sri lankais a lancé une vaste opération de sécurisation des côtes. Plus question d’autoriser les installations humaines durables sur le littoral : un retrait de 200 mètres par rapport à l’océan est imposé. Dans cette zone tampon, même les huttes dans lesquelles les pêcheurs rangent leurs moteurs et leurs filets sont désormais interdites. La population, choquée par le souvenir vif des dévastations énormes, accepte. Puis, sous l’impulsion de l’équipe de Travail pour la reconstruction de la nation (TAFREN), le gouvernement srilankais adopte une politique de reconstruction misant sur le tourisme. Rien d’étonnant, car neuf des quatorze membres du comité sont des professionnels du tourisme.
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« Ces zones réservées, vidées de leurs pêcheurs, ont été attribuées à des projets touristiques », s’insurge Herman Kumara coordinateur du Mouvement national de solidarité pour la pêche (NAFSO), partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Plus de 2 500 familles ont ainsi été expulsées de la péninsule de Kalpitiya, où un hôtel de 500 chambres a été construit. Les pêcheurs doivent éviter l’endroit « pour ne pas gêner les clients ».
« Les habitants de Kalpitiya n’ont pas de documents pour prouver leur présence depuis plusieurs générations. Les terrains leur ont été pris, leurs cimetières confisqués », poursuit Herman Kumara.
« Cette histoire illustre les mécanismes à l’œuvre dans ce qu’on appelle désormais l’“économie bleue”. Aujourd’hui, au Sri Lanka, tous les projets liés au tourisme, au développement des transports, de l’aquaculture, des infrastructures portent ce label. »
Soutenue par la Banque mondiale et d’autres banques de développement, dont l’Agence française de développement, cette économie bleue vise à inciter les États à adopter des législations favorisant les investissements dans les ressources halieutiques et le milieu marin. Une rhétorique pour récupérer ce que la banque qualifie dans un rapport de 2008, publié conjointement avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de « milliards engloutis ». Un processus touchant les zones litto rales, mais aussi les ressources halieutiques en haute mer ou l’exploration minière.
« La mer et ses ressources sont devenues une ultime frontière des politiques économiques libérales, détaille Jesu Rethinam directrice de SNEHA, organisation d’appui aux pêcheurs artisans, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, basée à Nagappattinam, au Tamil Nadu, sur la côte est de l’Inde. Les ressources terrestres ont été exploitées au maximum de leurs capacités. Il reste donc les ressources sous-marines, surnommées “milliards engloutis”. »
Pour dessiner les contours et les impacts de cette économie bleue en Asie, SNEHA a mené deux années de recherches, mêlant travail documentaire et étude de terrain auprès des communautés de pêcheurs – artisans au Sri Lanka, en Thaïlande, en Indonésie, aux Philippines, au Bangladesh. Le CCFD-Terre Solidaire a favorisé la mise en contact entre certains partenaires travaillant avec les communautés de pêcheurs artisanaux. Dans chacun de ces cinq pays, l’association a dressé la liste des projets ayant un impact sur la pêche et les littoraux : nouveaux ports ou expansion de ceux qui sont existants, infrastructures routières, aquaculture, développement touristique, exploration minière.
Dans le cadre des nouvelles routes de la soie promues par Pékin, le financement chinois joue un rôle important notamment dans la construction de nouveaux ports comme celui de Colombo au Sri Lanka.
La restitution de cette étude devait donner lieu à un tribunal populaire à New Delhi en septembre 2020. Crise sanitaire oblige, elle a pris la forme de six tribunaux organisés sous forme de visioconférences dans chacun de ces pays entre août 2020 et février 2021. L’attention particulière donnée à l’interprétation en langues locales, notamment grâce au financement du CCFD -Terre Solidaire, a garanti un accès du plus grand nombre. Ainsi, au Sri Lanka, 5 000 participants ont assisté en même temps aux débats dans douze districts des zones côtières. « La tenue de ce procès a été un moment décisif pour nous et notre campagne contre l’économie bleue. Il a mis en lumière les enjeux de cette économie par les personnes qui en subissent les conséquences. Ils ont pu se regrouper pour y résister », se réjouit Herman Kumara.
Le jury qui était composé de juristes, de membres d’organisations de la société civile étrangers, a pu « porter la voix des sans-voix en quelque sorte en par lant au nom des communautés », détaille Jesu Rethinam.

Car, derrière les investissements de masse se dessine un véritable accaparement des mers au détriment des communautés locales, en particulier, les pêcheurs artisans. Ils sont dépossédés et marginalisés par de grands acteurs industriels.
« On retrouve les mêmes acteurs et des mécanismes identiques à ceux de l’accaparement des terres », complète Juliette Segard, responsable du service
Asie au CCFD.
Partout, les projets économie bleue entraînent « une perte de la biodiversité du fait de l’exploitation des ressources et des moyens de subsistance des communautés exclues de leurs zones d’habitat et une privatisation et sécurisation des zones littorales, mais une sécurité au bénéfice de qui ? Pour quoi ? » s’insurge Jesu Rethinam.
Ainsi, en Indonésie, la nouvelle réglementation sur les zones côtières et des petites îles adoptée récemment inquiète. En vertu de cette disposition, à Kalimantan Est, région où doit être implantée la future capitale indonésienne, les constructions de terminaux sont prévues dans 121 lieux, espace bien plus large que celui alloué aux pêcheurs. Les 100 000 familles de pêcheurs artisanaux devront, elles, se contenter pour leurs habitations d’un espace de 25 hectares. À Jakarta, la construction d’un mur pour protéger la mégalopole des inondations induit le déplacement des communautés de pêcheurs.
<groschiffre|align=right|texte=« ces=”” espaces=”” touristiques=”” confisquent=”” aux=”” communautés=”” avoisinantes,=”” souvent=”” des=”” pêcheurs=”” artisans,=”” leur=”” espace=”” vital.=”” »=””>>Au Sri Lanka, le gouvernement a présenté, en mars dernier, au Parlement, un projet de loi controversé sur le port de Colombo. « Ce texte laisse planer un certain flou sur le statut juridique des polders gagnés sur la mer pour ce projet de port chinois à Colombo, précise Herman Kumara. Seront-ils sous souveraineté sri-lankaise ? Nous
avons porté le texte devant la Cour suprême. »</groschiffre|align=right|texte=«>
Dans un discours prononcé en 2012 devant les Nations unies, Olivier de Schutter, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation alertait déjà : « L’accaparement des mer – sous la forme d’accords d’accès déséquilibrés qui nuisent aux pêcheurs artisanaux […] et de détournement des ressources au détriment des populations locales – peut s’avérer une menace aussi sérieuse que l’accaparement des terres. » D’autant que les ressources halieutiques constituent souvent la principale source en protéines de l’alimentation de ces territoires.
« Les grands projets construits dans le cadre de l’économie bleue se parent souvent des mots de “durable”, “pérenne”, relève Herman Kumara. Des termes aux allures de piège, employés pour couvrir des manières de faire détestables. Comment parler de pérennité quand la compétition pour les mêmes ressources s’installe entre des acteurs dont les motivations ne sont pas équivalentes ? Pour les communautés de pêcheurs, il s’agit de leurs ressources vitales. Ils perdent leur mode de vie. Comment peut-on alors parler de projet équitable ? »
Que penser aussi des labels de tourisme bleu, supposément vertueux et exigeants en matière de standard pour les plages ? Ces espaces touristiques confisquent aux communautés avoisinantes, souvent des pêcheurs artisans, leur espace vital. Impossible désormais pour eux d’y produire du poisson séché par exemple. Ou de l’industrie solaire.
« Il faut créer des petites unités qui profitent aux gens sur place, aux locaux, indique Jesu Rethiman. La centralisation des formes de production est un modèle destructif qui ne sert que quelques-uns. »
Prochaine étape pour SNEHA : sur la base de deux études d’impacts au Sri Lanka et en Indonésie, démontrer l’effet négatif du principe de la compensation carbone adaptée aux océans.
« La compensation carbone sur les océans est le même phénomène que celui qui se joue pour les forêts. D’un côté, on détruit. Puis on dit qu’en replantant, on compense », explique Jesu Rethinam.
« Le processus des tribunaux populaires sur l’économie bleue en Asie pourrait inspirer d’autres territoires », se réjouit Juliette Segard. Ainsi, certains des membres des jurys des tribunaux asiatiques, originaires d’Afrique du Sud ou de la zone caraïbe, envisagent des processus similaires pour démystifier l’économie bleue. Des mobilisations bienvenues pour mettre davantage en lumière les enjeux liés à l’océan à quelques mois de la Cop 26 en Écosse et du sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires en octobre à New York.
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Narun fait partie d’une de ces organisations partenaires que nous soutenons mais dont nous ne pouvons plus parler, sans prendre le risque de les mettre en insécurité avec les autorités de leur pays.
Petit à petit en effet notre carte du monde se rétrécit, et la liste des pays sur lesquels nous pouvons communiquer se réduit en peau de chagrin.
Comment continuer à raconter l’histoire de nos partenaires, à partager et faire connaitre leurs combats dans ces conditions?
Comment ne pas laisser le silence s’installer, donnant ainsi la victoire à ceux qui voudraient les faire taire ? Il suffit de lire cette histoire bouleversante pour comprendre à quel point leur combat mérite d’être connu et partagé.
L’histoire de Narun est l’histoire vraie d’un de nos partenaires racontée sous la forme d’une courte nouvelle.
En faisant disparaitre le nom des pays, et des communautés concernées, ce sont aussi nos projections et nos à priori culturels qui disparaissent.
Et c’est finalement un récit universel qui se dessine, une radiographie du poison de la rumeur dont les médias sociaux et des politiques avides de pouvoir se repaissent. Narun lui agit sur le terrain, au plus près des populations parfois victimes, parfois actrices, des violences.
Armé de son drap blanc et de son vidéo projecteur, il arpente les villages, suscite la rencontre, ravive l’émotion, bouscule les représentations. Et même si nous ne savons pas où cette histoire se déroule, elle nous devient étonnamment proche…

Les tensions couvent depuis plusieurs mois. Des heurts sporadiques, des disputes entre membres des deux communautés religieuses montées en épingle et qui déclenchent des conflits communautaires. Toujours, ou presque, autour de « l’honneur des femmes ».
Un jeune aurait regardé de façon trop appuyée une jeune femme, manquant ainsi de respect à sa communauté – plus qu’à elle-même.
Elle compte peu dans ce cas-là. Elle n’est que l’objet d’un conflit instrumentalisé depuis plusieurs années par un parti politique nationaliste et ethnique, qui cherche à cliver encore davantage les communautés pour gagner des voix.
Les élections approchent à grands pas et ces circonscriptions sont clés pour obtenir le pouvoir.
Tout est bon pour gagner : monter la communauté majoritaire contre les minorités ethniques et religieuses, diaboliser l’autre, agiter le spectre du « grand remplacement », exploiter la détresse d’une jeunesse semi-rurale désœuvrée et sans perspective d’avenir, propager des rumeurs pour mettre le feu aux poudres.
Jusqu’à ce que le feu prenne, littéralement, et se répande. Les maisons et les commerces brûlent. Les corps aussi, brûlés vifs. Des voisins avec lesquels on cohabitait depuis toujours deviennent des bourreaux en quelques instants.
Des dizaines de morts, des milliers de déplacés, des vies ruinées et des traumatismes profonds qui marqueront durablement les espaces et les esprits.
Plusieurs années après, les victimes du pogrom vivent toujours dans des camps de fortune installés en périphérie des villes voisines ou sont partis à l’autre bout du pays. La peur de revenir dans un village qui n’est plus le sien, où les liens ont été durablement cassés.
A cette époque-là, Narun parcourt le pays pour comprendre.
Quels sont les ressorts culturels, sociaux, économiques de ces divisions ? Comment les politiques les exploitent et les manipulent en semant les graines de la séparation, de la discorde ? Comment cette idéologie suprémaciste se répand ?
Narun est un documentariste reconnu et un jeune militant progressiste engagé. A l’université il s’engage dans des mouvements étudiants de gauche et se forme au théâtre de l’opprimé.
Il rejoint une troupe de théâtre de rue qui sillonne les villes et villages et part à la rencontre du public, un public avec un accès limité à la culture, à l’art, à la critique sociale et politique, à la découverte de leurs droits, en général.
La troupe multiplie les pièces et scénettes, mettant en scène les injustices, la corruption, l’exploitation des travailleurs, les droits des femmes, etc. La rue réagit, tremble avec les comédiens, s’insurge contre les manipulations dénoncées, moque les oppresseurs, partage des émotions collectives.
De ces années étudiantes et de ces expériences Narun conserve le goût de l’image et de la mise en scène, la nécessité d’être près des gens – avec les gens, des communautés les plus marginalisées et exclues, et la conviction que la culture est un vecteur éminemment puissant d’émancipation.
Lorsque ces violences éclatent, Narun décide de se rendre sur place, comprenant que se joue une nouvelle sombre page de l’histoire de son pays, aux conséquences nationales.

Avec sa caméra, il rencontre les victimes, recueille les témoignages, documente l’horreur, pudiquement, respectueusement.
Il parle également aux auteurs des crimes, aux instigateurs des violences, ceux qui ont multiplié les discours de haine, les appels à la « défense de l’honneur », aux « revanches sur l’humiliation ».
Il cherche également à décrypter le contexte et assiste à des meetings politiques, suit les médias et le traitement de l’affaire, cherche à comprendre les rouages, les étapes, qui ont mené à ce drame.
Et se rend compte que la « première victime », cette jeune femme importunée par un jeune d’une autre communauté, n’existe pas. Des morts, des déplacés, des peines irréparables, à cause d’une rumeur et de politiciens incendiaires.
Le poison de la manipulation, des fausses informations, et de médias nationaux incapables de décrypter finement ce qu’il se passe sur place, contribuant, à défaut d’investigation, à entretenir le doute.
L’évidence s’impose alors à Narun. Il est essentiel de créer des médias alternatifs, citoyens, ancrés dans la réalité des communautés et des territoires, qui produisent des informations de qualité et sont en mesure de rétablir les faits.
Après quelques mois de réflexion, il décide d’initier un collectif citoyen local, au cœur des troubles, de s’engager durablement et de tenter d’apporter des solutions aux problèmes identifiés.
Progressivement, les vidéos réalisées gagnent de l’audience et attirent l’attention, des médias nationaux comme du pouvoir.
Le parti ethno-nationaliste a bien emporté les élections, et dispose d’un boulevard et de tous les moyens d’Etat pour imposer son agenda, cliver de plus en plus les uns contre les autres, réprimer les voix dissidentes.
Rétablir la vérité devient une activité hautement sensible, qui expose à la répression, au harcèlement.
A plusieurs reprises, le collectif est contraint de faire profil bas, de passer « en souterrain » pour quelques semaines, lorsque la pression devient trop forte.
Ils sont clairement une épine dans le pied des milices locales et des politiciens : plusieurs reportages démontent les récits ou « narratifs » au vitriol qui visent à diviser toujours plus les communautés.
Certaines vidéos visionnées des centaines de milliers de fois, ont été reprises par les médias nationaux, exposant ainsi leurs mensonges.
A travers le travail de terrain et leurs échanges nourris avec les populations locales, Narun et l’équipe se rendent compte que d’autres interventions sont nécessaires : il faut éduquer, dialoguer, débattre, amener ces échanges au plus près des gens, qui n’ont pas toujours accès aux nouvelles, même en images.
Il faut ouvrir des espaces de discussion, où l’on parle du poids de certaines traditions, de fractures anciennes, de discriminations, d’exploitation, du rejet de l’autre, où l’on peut réfléchir, intimement, et collectivement.
Des diffusions de documentaires et de films sont alors organisées dans les villages de la région. Il suffit d’un drap blanc, d’une rallonge électrique (et d’électricité… les coupures de courant sont fréquentes), de tapis pour couvrir le sol terreux, et d’une audience enthousiaste.
Fiction sur l’histoire d’amour tragique entre deux jeunes de différentes communautés séparés par leur famille, documentaire sur l’émancipation des jeunes femmes, court métrage sur le travail dans les mines, ou encore visionnage du documentaire réalisé par Narun sur le pogrom…
Les yeux sont grands ouverts dans l’obscurité, et là aussi, l’audience frémit, rit, est submergée par l’émotion, souvent, s’emporte face à l’écran, parfois.

Lorsque le projecteur est éteint, tout le monde prend une profonde respiration, et la discussion est ouverte. On partage son ressenti, ses questions, ses réflexions, ce que cela nous rappelle d’expériences vécues.
Plusieurs communautés participent à ces projections, ensemble. C’est un lieu commun, alors que tout est fait pour les séparer de plus en plus : de l’aménagement du territoire – quartiers séparés, hameaux séparés – aux écoles, en passant par le discours, bien sûr.
Les femmes sont peu présentes pour le moment : cela demeure peu habituel, peu accepté, qu’elles soient dans l’espace public à la nuit tombée, et de toute façon, leur deuxième journée de travail les attend à la maison.
Alors le collectif a décidé d’organiser également d’autres diffusions, en « non-mixité », à des horaires adaptés, pour qu’elles puissent elles-aussi découvrir ces œuvres et s’exprimer.
Récemment, l’équipe a décidé d’ouvrir un centre culturel dans leur bureau, où tout le monde est le bienvenu pour lire, emprunter un ordinateur et regarder un film à plusieurs, passer un peu de temps dans cet espace de calme, un peu hors du temps, hors du village et du quotidien. Certains enfants y passent des heures, après l’école, quotidiennement.
Narun quant à lui commence à envisager d’ouvrir un autre centre dans le district voisin et à « essaimer » progressivement des collectifs dans la région.
Son objectif a toujours été d’appuyer les premiers concernés, les minorités marginalisées, dans leur propre quête d’émancipation et de droits.
Il se considère comme un facilitateur, un compagnon, un allié, mais ne souhaite pas être le « leader » et reproduire d’autres formes de domination.
Aujourd’hui, les jeunes du collectif sont tout à fait mûrs, compétents et légitimes pour le faire vivre, pour animer ces espaces de dialogue et pour poursuivre cette mission citoyenne d’information.
Même si le collectif est déjà parvenu à interférer dans ces dynamiques mortifères locales et a réussi à appuyer l’émergence d’un mouvement progressiste local, Narun sait que le chemin est long à parcourir.
A l’approche de nouvelles élections, où le parti ethno-nationaliste se sait fragilisé – voire menacé – les fausses nouvelles vont se répandre de plus en plus, d’anciennes plaies seront réouvertes, les politiciens reprendront leur caravane de haine, et le pouvoir se crispera de plus en plus pour se maintenir en place.
Mais, dans ce village, dans ce district, ils se heurteront au collectif, et à tous ces êtres humains qui refusent la division, et qui veulent vivre ensemble, autour d’un film, dans la douce pénombre d’une soirée paisible.
Fin.
Un récit de Juliette Segard, Responsable du service Asie.
Retrouvez notre dossier spécial “Artisanes et artisans de paix”
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Le 2 juin dernier, au large des mers srilankaises, le naufrage d’un porte-conteneur a confronté les populations du pays à la plus grande catastrophe environnementale et maritime de leur histoire.
“A une crise économique, s’ajoute aujourd’hui une crise environnementale, qui aura certainement des conséquences à long terme sur les écosystèmes et les populations “.
C’est un nouveau coup dur pour les pêcheurs artisanaux du Sri Lanka, qui ont déjà vu leur activité impactée par la COVID-19, et la promotion de ce qu’on appelle l’ « économie bleue » en Asie : occuper, exploiter et développer les côtes deviennent les nouveaux mots d’ordre et renforcent la multiplication des phénomènes d’accaparement des mers depuis quelques années.
En conséquence, les populations de pêcheurs n’ont quasiment plus d’accès à la mer : les plages sont de plus en plus privatisées pour le tourisme ou accaparées pour répondre à de grands projets d’infrastructures. De plus, la constitution d’aires maritimes protégées participe à les exclure davantage et à les priver de leur lieu de vie ancestral.
Dans cette région, le CCFD-Terre Solidaire soutient l’action de NAFSO ; un mouvement national de solidarité pour les pêcheurs artisans du Sri Lanka.
L’association se mobilise à leurs côtés pour lutter contre les différentes formes d’accaparement des océans, mais aussi contre les méthodes destructrices de la pêche industrielle.
Elle intervient, au niveau local, en favorisant la formation de syndicats de travailleurs et de travailleuses et de groupes citoyens locaux.
Et au niveau international, en menant des actions de sensibilisation du grand public, et de plaidoyer auprès des instances onusiennes, notamment dans le cadre du Forum Mondial des pêcheurs, qui défend la souveraineté alimentaire et les droits des pêcheurs-artisans du monde entier.
Ce combat commence à se faire entendre au niveau mondial, puisque les Nations unies ont décrété l’année 2022 comme l’ “Année internationale de la pêche et de l’aquaculture artisanales”.
Cette année onusienne sera donc une belle opportunité de rendre plus visible les combats et les solutions portées par des millions d’acteurs qui se battent pour préserver leurs méthodes traditionnelles de pêche.
Pour aller plus loin :
Sri Lanka : appuyer les pêcheurs face à l’accaparement du littoral
Testez vos connaissances : pêche artisanale et biodiversité, sont-elles compatibles ? (Quiz)
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La crise sanitaire a exacerbé les inégalités et les répressions dans de nombreux pays. C’est le cas aux Philippines, où le président, Rodrigo Dutertre, exerce son pouvoir de manière tyrannique depuis 2016. Le Gouvernement a profité de la pandémie pour réduire davantage la portée des mouvements sociaux, pour poursuivre les assassinats extrajudiciaires et justifier les violations des droits humains commises par la police nationale.
Sous couvert de la lutte contre la drogue, on compte à présent plus de 27 000 morts sous les balles de la police depuis l’arrivée au pouvoir de Duterte.
Une loi « antiterrorisme » passée en urgence au cours de l’année 2020 a entraîné une hausse de la répression à l’égard de ses opposants politiques et des médias.
C’est au cœur de l’île de Mindanao, au sud des Philippines, que notre partenaire le MPPM (Mindanao People Peace Movement) agit pour la paix. Cette île est partagée entre trois communautés : musulmane (les Moros), chrétienne, et indigène (les Lumads).
Un accord de paix a été signé en 2014 entre l’un des mouvements indépendantistes musulmans et le gouvernement national à Manille pour mettre fin à une guerre qui les opposait depuis quarante ans. Ainsi, une nouvelle région autonome Bangsamoro, qui signifie « terre des Moros », a vu le jour en janvier 2019 par voie de référendum.
Mais cet accord néglige la troisième communauté, les populations indigènes : au delà d’un manque de reconnaissance de leur culture et de leur identité, leurs droits sur les domaines ancestraux sont ignorés, livrant les terres communes aux convoitises des compagnies minières et de l’agro-business.
Lire aussi : A Mindanao, les populations indigènes grandes perdantes de l’accord de paix.
Le MPPM regroupe 170 associations ou organisations alliées autour de la question des droits de l’homme et de la construction d’une paix durable à Mindanao. MPPM a toujours eu le souci d’inclure les trois communautés principales de l’île et leur permet des échanges et des prises de position collectives.
L’organisation a joué un rôle important au moment du référendum afin que les habitants puissent voter de manière informée. MPPM poursuit aujourd’hui son combat pour obtenir la reconnaissance des droits des populations indigènes.
Pour en savoir plus : Sur l’île de Mindanao déchirée, il fait dialoguer musulmans, chrétiens et indigènes.
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Il a commencé à militer pour la paix au début des années 2000. Valtimore Fenis – que tout le monde appelle Bong – était alors étudiant en sciences politiques à l’université d’Iligan City, une ville au nord de Mindanao, la deuxième île la plus importante – par sa superficie et sa population – des Philippines.
Bong se dressait contre la stratégie de confrontation adoptée par le gouvernement face aux mouvements indépendantistes musulmans. C’est dans cette île que l’on trouve la plus importante population musulmane des Philippines, terre à majorité chrétienne.
Bong explique :
« Dans les 20 millions d’habitants de notre île, on compte 20 à 30% de moro, c’est-à-dire de musulmans, 5 à 10% d’indigènes et le reste sont des migrants, des Philippins venus d’autres îles de l’archipel ». Sa famille fait partie de ces migrants, colons sans terres arrivés dans les années 1960.
Depuis ses études, Bong n’a pas quitté l’engagement politique. A 39 ans, il devrait cette année être élu dirigeant du MPPM (Mindanao’s People Peace Movement). L’organisation regroupe des ONG qui œuvrent pour la défense des droits humains et la construction d’une paix durable à Mindanao. Le CCFD-Terre solidaire, qui les soutient, est un de ses partenaires.
« Notre ambition est de renforcer les liens entre les différentes communautés de l’île », explique Bong.
Des progrès ont été réalisés récemment. Des accords de paix ont été signé avec des mouvements armés moro. La création de la région autonome de Bangsamoro (la terre des moros) a été approuvée par référendum en 2019.
Le siège du MPPM se situe à Cotabato, principale ville du Bangsamoro. C’est là que travaille ce fils d’un pasteur d’une église protestante. Il fait chaque semaine cinq heures de route pour retrouver son épouse et ses deux filles, à Iligan city.
Bong salue l’avancée des revendications musulmanes, mais avertit que cette « victoire des moro ne doit pas faire oublier les droits des indigènes.» Il existe sur Mindanao plus d’une trentaine de tribus différentes. « Notre mouvement fournit une enceinte pour que ces tribus parlent entre elles et élaborent des revendications communes. Cet espace de dialogue est la raison d’être du MPPM » explique Bong.
Le mouvement regroupe près de 170 organisations qui luttent pour l’environnement, le dialogue interreligieux, ou encore les droits de l’homme et des minorités indigènes. « Notre principal succès a été d’arriver à cette convergence de luttes. Nous pouvons parler ensemble, tout en gardant chacun notre identité. C’est une richesse pour la recherche de la paix » poursuit le dirigeant.

Les armes se sont tues à Mindanao mais il s’agit maintenant de « bâtir une paix durable. Et comment peut-on vivre en paix quand notre environnement est détruit par l’exploitation minière ou les monocultures qui détruisent les petites exploitations notamment celles dans les territoires indigènes ? » s’interroge Bong. Il en est convaincu, les Philippines ont beaucoup à apprendre des pratiques de ces populations autochtones. « Ils savent prendre soin de la nature. C’est essentiel à l’heure où notre environnement est menacé par l’activité humaine. »
Tous les trois ans, le MPPM organise un sommet de la paix à Mindanao. Il regroupe près de 400 militants d’associations. « Nous invitons également des représentants des agences gouvernementales concernées par le processus de paix. Durant une semaine, chacun peut exprimer son opinion dans ce lieu neutre. »
L’urgence climatique, un point de convergence
L’urgence climatique est l’un des points de convergence entre les mouvements. « Les religieux estiment que nous devons protéger notre maison commune. Les responsables paysans expliquent comment l’augmentation de la force des évènements climatiques perturbe leur activité » constate Bong.
Pierre Cochez
Retrouvez notre dossier Artisanes et artisans de la Paix
A Mindanao, les populations indigènes grandes perdantes de l’accord de paix
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]]>Ce constat du pape nous le partageons, bien sûr. Si l’égalité des sexes constitue un des principes de la Déclaration universelle des droits humains, si les Nations unies en ont fait un des objectifs de 2030 du développement durable (ODD), nous sommes pourtant loin du compte. La moitié de l’humanité doit subir encore aujourd’hui une véritable discrimination de genre.
Actrices de paix et de non-violence, elles ont constitué un corps efficace de médiatrices sociales au sein de la Plateforme interconfessionnelle de la jeunesse centrafricaine (PIJCA), travaillant inlassablement au dialogue et à la réconciliation, dans ce pays ravagé par la guerre.
Ce sont aussi des femmes qui dénoncent les situations subies par les Palestiniennes et les Palestiniens. Leur arme : l’écriture. Au sein de l’agence de presse « Nawa », 400 journalistes racontent avec compétence le quotidien de leur peuple et réussissent à faire entendre sa voix sur la scène internationale (p.17).
Décidées à changer le regard de la société, elles ont fondé l’association Nirantar en Inde. Elles sont sur tous les fronts pour réclamer des droits, courageusement, dans ce pays qui est certainement l’un des plus violents envers les femmes (p. 19).
Face aux exactions subies lors des conflits armés, elles s’organisent aussi pour soigner les corps et les âmes blessés. C’est par le biais du théâtre que les femmes du Guatemala ont choisi d’exprimer leurs désirs de changement et leur soif de dignité (p. 23).
L’Écho du monde vous propose de rencontrer ces femmes actives, courageuses, solidaires. Bien plus qu’un engagement pour faire avancer leurs droits, elles œuvrent à établir un monde de paix et de justice. Ce que nous voulons pour tous les humains. Notre monde s’est construit sur des rapports de domination. S’il porte atteinte aux droits des femmes, le patriarcat est aussi à la racine de l’exclusion, du racisme, de la guerre, des inégalités, et de la destruction de notre planète. Mais ce modèle n’est pas une fatalité. D’autres relations humaines sont déjà en train de s’inventer.
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Pour informer les femmes sur leurs droits, Nirantar, centre pour l’éducation et le genre, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, revendique une vision féministe. Créé en 1993, elle agit dans cinq États en s’appuyant sur du matériel éducatif, puisant dans le récit de l’expérience des discriminations vécues par les femmes.
Rencontre croisée avec Archana Dwivedi, directrice de Nirantar, et Santosh Sharma, coordinatrice au Bihar, l’un des États les plus pauvres du pays.
Santosh Sharma : Nous soutenons ces fédérations de femmes qui existent depuis 15-20 ans. Le gouvernement a décidé brutalement de suspendre leur financement. Il nous a fallu deux/trois ans pour financer la reprise de ce programme abandonné par l’État.
Ces groupes sont structurés selon les découpages administratifs, en village, bloc, district, État. Tous les 15 jours, nous organisons des rencontres pour les adolescentes et pour les femmes plus âgées. Pour les 14-20 ans, les questions tournent autour des mariages ou des grossesses précoces (une femme sur 5 est mariée avant 15 ans). Ces mariages sont encore pratiqués malgré des campagnes d’éducation.
Suite au confinement pour lutter contre la pandémie de Covid-19, beaucoup d’hommes sont rentrés de la ville et on a constaté une recrudescence de harcèlement sexuel. Par ailleurs, les jeunes filles se plaignent de la discrimination dont elles font l’objet en termes d’accès au numérique. 80 à 85 % n’y ont pas accès. Les familles craignent qu’elles échangent avec leur petit ami.
Pour les femmes plus âgées, les préoccupations sont liées à l’école, la santé, la violence, le travail.
Archana Dwivedi : Notre objectif dépasse la question de l’accès à l’éducation. Nous souhaitons influencer le système éducatif lui-même. Car ce dernier renforce souvent les divisions de genre. Nous tentons de faire émerger chez les femmes de nouvelles réflexions.
Nous les interrogeons sur leurs connaissances, pour comprendre leur point de vue. Par exemple, qu’est-ce que le travail ? Comment le définissent-elles ? De quel travail parle-t-on ? Quel est celui qui est mis en valeur, celui des femmes marginalisées non payées, ou celui des hommes ?
Nous cherchons à créer un autre regard. Une manière de questionner la place des femmes dans l’histoire. On fait ainsi évoluer les manuels et les bases des cours, écrits dans un langage très simple, accessibles à toute.
Nous utilisons beaucoup les jeux de rôles permettant aux femmes de revivre certaines situations, avec des histoires ou des vidéos dont le contexte entre en résonnance avec leurs propres histoires. Par exemple pour évoquer les discriminations de caste et de genre. Ces jeux permettent des prises de conscience et des réflexions pour voir comment réagir.
Archana Dwivedi : De nombreuses recherches soulignent combien la chasse aux sorcières est liée à la question de la propriété ou de faveurs sexuelles. Le Bihar est un État féodal, les castes continuent à y jouer un rôle très fort.
Ces femmes appartiennent souvent aux communautés les plus marginalisées.
Les accusations de sorcellerie concernent au premier chef les veuves ou les femmes sans protection d’un homme. Cette accusation permet de les déposséder de leur patrimoine, de leur terre.
Santosh Sharma : On compte 24 nari adalat dans sept districts au Bihar. Il s’agit d’une sorte de juridiction, de lieux de conseils, qui se réunit deux fois par mois, où sont débattus des questions de droits, de garde des enfants, de propriété, de dispute familiale, de violence domestique. C’est un lieu où les femmes ne se sentent pas jugées. Cela leur offre un recours. Elles interrogent leurs pairs sur ce qu’elles peuvent faire et n’attendent pas forcément une décision, une sanction mais un conseil.
Aucun lien organique n’existe entre ces nari adalat, la police et le tribunal. Dans certains districts, la police suggère aux femmes de s’adresser au nari adalat, car ils pensent qu’elles y seront mieux écoutées. Il arrive que le tribunal reconnaisse les notes du conseil des femmes, mais cela n’est pas courant.
Les femmes qui y siègent sont souvent reconnues par la communauté comme des personnes aptes, qui connaissent bien les lois. Elles ont démontré leur impartialité. Elles écoutent le point de vue des femmes et des hommes. Les accusés décident de suivre les conclusions du conseil.
Archana Dwivedi : Ce système est une alternative au long et tortueux chemin des tribunaux dans lesquels, parfois, au bout de 15 ans de procédure, il n’y a toujours aucun résultat. Les nari adalat sont un espace qui ne nécessite pas de ressources. La victime ne cherche pas nécessairement une punition du coupable. Elle attend plutôt une résolution du conflit. Par exemple, dans notre système féodal, les hommes pensent que c’est leur droit de frapper les femmes, qu’il n’y a rien de mal à cela. Il faut leur expliquer que ce n’est pas un droit.
Les membres des classes et castes dominantes n’écoutent pas ce que des femmes pauvres leur disent, mais ils savent que le nari adalat joue un rôle de contre-pouvoir. Cela peut modifier leur attitude.
Archana Dwivedi : Si nous parlions d’approche féministe, nous aurions des résistances. Donc nous préférons parler de justice de genre. Nous nous appuyons sur la Constitution qui garantit l’égalité des droits.
Les travailleuses sociales reçoivent de nombreuses menaces. Elles sont très courageuses. Elles savent qu’elles ne peuvent pas s’opposer frontalement aux hommes de haute caste qui harcèlent ou ciblent les femmes dalit. La solidarité au sein de leurs groupes est essentielle.
Propos recueillis par Christine Chaumeau
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]]>The post Indonésie : l’impact de l’industrie minière sur la pêche en BD appeared first on Terre Solidaire.
]]>#Accaparementdesocéans










Depuis 2011, le CCFD-Terre Solidaire soutient KIARA qui regroupe 9 organisations de pêche artisanale ou des métiers de la pêche en Indonésie : fumage poissons, production de sel, aquaculture…
Kiara défend les droits des ouvriers (souvent en quasi-esclavage) sur les bateaux de pêche industrielle et les ouvriers dans les usines de transformation. L’organisation appuie aussi la défense d’écosystèmes et notamment des mangroves, indispensables pour la reproduction de poissons.
Son action vise à renforcer ses organisations membres afin qu’elles puissent de faire entendre auprès du Gouvernement Indonésien. L’organisation a un volet spécifique pour l’appui aux groupements de femmes de pêcheurs.
Elle lutte notamment pour que la mention de “femme pêcheuse” soit inscrite sur leur carte d’identité, afin de pouvoir bénéficier, comme les hommes des aides accordées par le gouvernement.
Lire aussi :
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]]>The post Montée des eaux : la construction des polders est-elle adaptée? appeared first on Terre Solidaire.
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Depuis 2011, le CCFD-Terre Solidaire soutient KIARA qui regroupe 9 organisations de pêche artisanale ou des métiers de la pêche en Indonésie : fumage poissons, production de sel, aquaculture…
Kiara défend les droits des ouvriers (souvent en quasi-esclavage) sur les bateaux de pêche industrielle et les ouvriers dans les usines de transformation. L’organisation appuie aussi la défense d’écosystèmes et notamment des mangroves, indispensables pour la reproduction de poissons.
Son action vise à renforcer ses organisations membres afin qu’elles puissent de faire entendre auprès du Gouvernement Indonésien. L’organisation a un volet spécifique pour l’appui aux groupements de femmes de pêcheurs.
Elle lutte notamment pour que la mention de “femme pêcheuse” soit inscrite sur leur carte d’identité, afin de pouvoir bénéficier, comme les hommes des aides accordées par le gouvernement.
Lire aussi :
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]]>The post Indonésie : l’histoire de Martinus, paysan engagé contre les accaparements de terre appeared first on Terre Solidaire.
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Il s’exprime avec une droiture de statue, le débit paisible et le regard clair. Il émane de Martinus Sinani l’expression d’un équilibre intérieur… Alors quand elle surgit calmement dans ses mots, sa colère n’en apparaît que plus irrécusable.
Martinus est cultivateur, sur l’île de Florès dans la province indonésienne de Nusa Tenggara Timur.
Il fait pousser du café, des clou de girofle, de la vanille, du gingembre, riz et des légumes, comme bien d’autres dans son village de Kampoeng Mbohang.
Il a l’ambition simple de parvenir à donner une éducation décente à ses sept enfants. Sa scolarité s’est arrêtée au lycée.
Un jour de 2002, le gouvernement local prend l’initiative de faire raser tous les caféiers semés quelques années auparavant par les paysans de sa communauté. Les autorités allèguent que ces plantations sont illégales car la zone est classée forestière. Il hoche la tête et appuie ses mots quand il dit le sentiment d’injustice qui l’a alors envahi.
« Aussi loin que nos ancêtres se souviennent, ces terres nous appartiennent, à nous populations autochtones des sociétés traditionnelles qui les occupons et y travaillons ! »
Accaparement et violences
La communauté résiste, pendant des mois.
La tension monte, jusqu’à la confrontation, violente. « En face de nous, il y avait des militaires, la police ainsi que des milices payées par le gouvernement. »
Des événements qui restent gravés dans la mémoire de Martinus : au cours des affrontements, six personnes ont perdu la vie, et quatorze autres sont restées invalides à vie.
« Et nous n’avons pas obtenu la moindre compensation, ni pour les dommages infligés aux personnes victimes des affrontements, ni pour la perte des caféiers ! »
À la suite de ce saccage, la situation économique de la petite centaine de villageois et villageoises directement affectée s’est fortement dégradée, car la vente du café représentait un part importante des budgets familiaux.
En 2003, Martinus décide alors de s’engager dans une organisation locale afin de défendre les droits de sa communauté.
« J’ai ressenti le besoin de me battre non seulement pour moi, mais aussi pour les autres, toutes ces personnes défavorisées qui souffraient de ne plus avoir accès à leur terre, et se retrouvaient dans l’incapacité de subvenir correctement à leurs besoins. Mais nous restions trop faibles… »
Alors en 2006 il rejoint le Serikat Petani Indonesia (SPI), principal syndicat paysan indonésien, dont l’envergure nationale et la réputation internationale laissent à la population locale l’espoir d’inverser le rapport de force.
À force de ténacité, les autorités ont dû renoncer à la répression.
« Et aujourd’hui, ces terres sont toujours aux mains des populations locales ! Petit à petit, nous avons replanté du café, du gingembre, du maïs, des bananes, etc. C’est extrêmement important de s’unir pour pouvoir être écoutés. C’est ce qui a forcé le gouvernement à nous considérer comme des interlocuteurs, aussi bien sur le plan politique que pour le respect de nos droits coutumiers. »
Aujourd’hui, Martinus est devenu président de la branche provinciale du SPI au Nusa Tenggara Timur. Il circule de village en village afin de faire prendre conscience à leurs membres de l’importance de s’organiser pour faire avancer leurs buts.
Il ne s’est pour autant pas senti aspiré par la notabilité. « Pendant toutes ces années, je suis resté un paysan pauvre, et j’ai vraiment dû trimer très dur pour m’en sortir avec ma famille. Mais cela reste un privilège quand je pense à l’injustice qui frappe les membres de notre communauté qui ne pouvaient plus travailler. C’est ce qui m’a motivé dans le partage de mon temps entre ma famille, mes champs et mon engagement militant. »
Il parle de sa charge comme d’une mission nécessaire, un sacerdoce même pour ce paysan qui l’ancre dans sa foi catholique.
« Pour moi, la terre a été créée par Dieu pour que les humains puissent y vivre et en vivre. Je trouvais profondément anormal que les plus puissants se l’accaparent et que les petits soient privés des moyens de nourrir leur famille. J’ai ressenti comme un devoir, en devenant membre de ce syndicat, d’agir pour les aider et tenter de les sauver. »
Patrick Piro
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