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Six ans plus tard, Bénédicte se souvient avec amusement de ses hésitations : « En 2015, lorsque la Vendée entraîne notre région dans un projet Mer, j’étais un peu perplexe. En tant que présidente de la délégation de la Sarthe, ma priorité était de faire connaître le CCFD-Terre Solidaire et de sensibiliser aux enjeux de la souveraineté alimentaire, du mal-développement. »
Elle se demande « comment susciter un élan militant dans un département rural », sur ce sujet. Et pourtant, elle a bien conscience que « la mer, qui représente 70 % de notre planète, est un maillon essentiel de la souveraineté alimentaire, de la préserva tion de l’environnement et du climat, une illustration du “tout est lié” qui traverse les paroles de l’encyclique Laudato Si’ ».
Pour Adeline, qui a été coprésidente de la délégation pendant cinq ans et est à présent engagée dans les équipes justice économique et souveraineté alimentaire « la mer est un terrain inconnu ». Mais elle voit dans ce projet matière à découvertes, et est particulièrement intéressée par « les regards croisés entre quatre pays et trois continents : le Sénégal, la Mauritanie, l’Indonésie et la France ». Elle se porte alors volontaire pour faire partie du Comité de pilotage (Copil) qui prépare le projet « sous la houlette de Julie Marchand et de Christine Luziack, chargées de développement associatif. J’ai pu rencontrer de nombreux amis du CCFD-Terre Solidaire des Pays de la Loire et de Bretagne. Nous avons compris que la mer est notre bien commun et à quel point les océans sont vitaux pour l’humanité : ils nous permettent de respirer autant que les forêts, ils régulent le climat, ils nous alimentent ».
Après quelques hésitations, elles s’inscrivent toutes les deux au voyage d’immersion : pour Bénédicte, ce sera l’Indonésie, l’Afrique pour Adeline.
« En novembre 2018, se souvient Adeline, avec le groupe de bénévoles nous nous sommes envolés vers le Sénégal et la Mauritanie invités par l’Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale (ADEPA), partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Nous avons rencontré des femmes et des hommes passionnants, qui aiment leur métier et le font avec un grand respect de la protection de la ressource. »
Mais le groupe d’immergés découvre aussi « la convoitise des grands armateurs étrangers qui pêchent des quantités monstrueuses de poissons pour les transformer en farine afin de nourrir du poisson d’élevage ».
Bénédicte, elle, a réussi à convaincre une amie, agricultrice et membre du Mouvement des chrétiens en monde rural (CMR), « de participer à l’aventure ». « Le lien terre-mer était fait ! » pointe-t-elle. Pour se préparer, elles approfondissent leurs connaissances sur le sujet. « De mon côté, explique Bénédicte, passionnée de langues, je me suis lancée dans l’apprentissage de l’indonésien à raison de 2 ou 3 heures par nuit, pour mieux profiter du voyage et échanger de manière plus intense avec nos amis indonésiens. » Et les rencontres vont être extraordinaires. « Les partenaires ne mènent pas seulement des projets de développement, mais ils s’engagent au service des habitants tout en portant leurs revendications auprès des autorités. »
Bénédicte va être particulièrement marquée par sa rencontre avec Armand. « Ce descendant d’une lignée de princes locaux consacre sa vie à permettre aux habitants de devenir les acteurs de leur propre développement, qu’il s’agisse des jeunes de la ville de BauBau ou des Bajos, ces nomades de la mer sédentarisés. Autrefois marginalisés et méprisés, leurs leaders, formés par JPKP[[JPKP (Réseau de développement de la zone littorale) est une des organisations membres du réseau KIARA (Coalition pour la justice dans le monde de la pêche), le partenaire qui nous a accueillis en Indonésie.]], osent désormais porter leurs revendications auprès du gouvernement ou même des institutions internationales. »
Mais, le rappelle Bénédicte « une immersion, ce n’est pas seulement 15 jours sur place. C’est un voyage au long cours qui commence au moins un an avant et se poursuit pendant plusieurs années avec des moments au cours desquels on partage ces rencontres tellement marquantes. Le travail mené en amont du voyage et la création, en aval, des outils de restitution : vidéos réalisées par Mathilde Jounot, expo photos, et aussi un carnet de portraits permettent de transmettre toute la richesse de l’engagement des partenaires », et ont été particulièrement formateurs pour les bénévoles.
Sans oublier la conférence gesticulée à laquelle se sont formées Adeline et Bénédicte avec d’autres bénévoles. « La conférence gesticulée, c’est un moyen de faire comprendre des problèmes complexes à partir de témoignages et de rencontres personnelles et de susciter la parole et l’engagement du public », souligne-t-elle.
En se formant à la conférence, Adeline a appris « à restituer de façon vivante » ce qu’elle a vécu pendant ce voyage. Et, surtout, elle a pu parler de Bintou Sonko, la présidente de l’Association des femmes coquillages de Joal Fadiouth, avec qui elle a noué des liens forts. « Avec son témoignage, j’ai compris que la polygamie est une épreuve considérable subie par les femmes. Pudiquement, elle m’a dit : “Tu sais, Adeline, je ne connais pas une seule femme que cela ne rend pas malheureuse”. » « Nous continuons à échanger par messages téléphonés. Nos conférences se sont arrêtées net avec l’arrivée du Covid, mais nous gardons l’espoir de reprendre nos témoignages lorsque la vie redeviendra normale. »
À travers ce projet, Bénédicte a pris « conscience de l’évolution de la place donnée aux bénévoles ». « Le projet Mer est né d’une proposition de militants, relayée et appuyée par les salariés de la région. Nous l’avons coconstruit sur plusieurs années, en organisant une semaine de rencontre du monde de la pêche en France, avec des représentants des partenaires sénégalais et indonésiens, puis le projet d’immersion de bénévoles au Sénégal et en Indonésie afin de sensibiliser aux enjeux de la solidarité internationale. »
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Toujours et encore, le décompte n’en finit plus.
Selon la Direction régionale de la sûreté Nationale à Nouadhibou, un total de 164 personnes migrantes, sénégalaises, maliennes et ivoiriennes ont été secourus à Nouadhibou sur la journée du 3 février 2021.
Une dizaine d’entre elles sont mortes de déshydratation durant 5 jours de calvaire, alors qu’elles traversaient la mer Méditerranée pour gagner les îles Canaries.
Ce sont d’abord 118 personnes migrantes sénégalaises, maliennes et ivoiriennes, dont des femmes avec enfants et une majorité de jeunes âgés de 18 à 30 ans, en route vers les Îles Canaries, qui ont été secourues, suite à la panne du moteur de leur embarcation.
Leur bateau n’avait plus d’essence. 10 d’entre elles, dont un enfant, sont mortes affamées, assoiffées et épuisées, dans la pirogue à environ 25km au nord de la ville de Nouadhibou, près de la frontière avec le Sahara occidental, encore un drame qui rappelle combien les migrations de la Mauritanie vers les îles Canaries restent meurtrières.
C’est un nouveau témoignage des risques considérables que prennent de très nombreux jeunes africains et africaines pour tenter de gagner l’Europe pour des raisons économiques, sociales et politiques.
Les 108 rescapés ont été acheminés au port de Nouadhibou, où ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge et la Caritas Paroissiale Nouadhibou : distribution de tenues vestimentaires contre le froid, assistance médicale d’urgence, nourriture chaude et eau minérale. Une dizaine d’entre eux sont en ce moment dans un état critique à l’hôpital de base de Nouadhibou.
Le même jour, aux environs de 18h, 36 autres personnes migrantes, toutes de nationalité malienne, ont été également interceptés par Frontex, dans le cadre de la lutte contre l’émigration irrégulière, au cœur du désert du Sahara occidental alors qu’elles cherchaient à se rendre au Maroc.
Les dangers de cette route sont connus : le 22 janvier dernier, un migrant guinéen est mort de soif dans le désert à 18km de Nouadhibou, au cours d’une tentative identique.
Ces personnes migrantes, abusées par leurs passeurs, ont été abandonnées au milieu du désert entre les villes de Nouadhibou et Dakhla.
Les passeurs leur ont dit qu’ils allaient revenir les chercher dans quelques heures, mais ils ne l’ont jamais fait, a déclaré un survivant.
Égarées après un jour de marche dans le désert pour chercher de l’aide, elles ont été victimes de la chaleur (la température avoisinait les 42 degrés) et de la déshydratation, ne disposant que de deux bouteilles de 75 centilitres chacun.
Toutes ont commencé à ressentir une fatigue extrême, des crampes, un état semblable à l’ébriété. Leur peau et leur langue sont devenues sèches.
Elles ont été sauvées et acheminées à Nouadhibou, suite à une opération aérienne de recherche et de sauvetage. Une assistance d’urgence et les soins médicaux leur ont été donnés à Nouadhibou, par la Caritas Nouadhibou.
Dans le cadre de son engagement pour les personnes migrantes et réfugiées vulnérables depuis environ dix ans, la Caritas Nouadhibou soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, met tout en œuvre pour sensibiliser sur les risques et dangers des routes migratoires, et pour combattre la traite et le trafic des personnes.
Elles ont mis également en place à Nouadhibou un mécanisme de protection sociale et sanitaire au profit des personnes migrantes, réfugiées et personnes vulnérables.
En conclusion, nous lançons un vibrant appel à toutes les personnes de bonne volonté, afin de porter plus d’attention aux populations migrantes affectées par la crise sanitaire et sociale du Covid-19.
« Puisse le Seigneur nous rendre la vue, pour redécouvrir ce que signifie être membres de la famille humaine » – Pape François.
Florian Pachel Mbabe Mohizi, de la Caritas Nouadhibou
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]]>The post En Mauritanie, la jeunesse se bat pour une société soudée et égalitaire appeared first on Terre Solidaire.
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La Mauritanie, en Afrique du Nord-Ouest, est forte de sa diversité culturelle, mais très divisée entre ses différentes communautés. Le pays est composé de populations arabes et de populations Peuls, Soninké, Wolof et Bambara entre lesquelles existent de profondes inégalités. La société mauritanienne est fortement fractionnée et hiérarchisée.
Par ailleurs, malgré sa criminalisation en 2015, l’esclavage persiste dans le pays.
La population mauritanienne est très jeune et se bat pour un avenir différent. En effet, 77% de la population a moins de 35 ans, et 43% ont moins de 15 ans. Pour notre partenaire sur place Citoyennes et Citoyens Debout (CDD), cette jeunesse qui souhaite mettre fin aux conflits intercommunautaires et qui rêve d’un vivre ensemble est la solution.
Citoyennes et Citoyens Debout est une organisation non gouvernementale de promotion de la culture, de la citoyenneté et des droits humains en Mauritanie. Elle est composée de sociologues, de juristes, d’environnementalistes et de spécialistes en économie de développement et de communication.
Elle collabore avec les jeunes générations depuis ses débuts.
Elle se bat ainsi pour mettre en place une société plus égalitaire et non discriminatoire et faire des jeunes des acteurs du changement. Elle travaille sur quatre grandes thématiques :
Dans ce contexte social, où les rapports de force politiques et économiques ne cessent de nourrir les frustrations et les préjugés, la cohésion sociale est un véritable défi pour l’avenir de la Mauritanie.
Lire aussi : Mauritanie : elles libèrent leur parole.
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]]>The post Crise alimentaire et COVID-19: de quelle relocalisation voulons-nous? appeared first on Terre Solidaire.
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De nombreux pays européens se sont trouvés privés de main d’œuvre agricole en raison de la fermeture des frontières.
Nombre d’agricultrices et d’agriculteurs ont perdu les récoltes qu’ils ne pouvaient écouler localement à cause de la fermeture des marchés.
En Afrique de l’ouest, le Covid-19 et les mesures de riposte prises pour lutter contre sa propagation ont impacté le fonctionnement des filières agropastorales et les échanges agricoles. La fermeture des frontières nationales et régionales, l’isolement ou la mise en quarantaine de régions entières et de grands centres urbains fortement infectés ont perturbé la collecte et le transport des produits agricoles vers les zones de consommation, y compris à l’échelle locale.
A cela s’ajoute la responsabilité de l’agriculture et de l’élevage industriels dans l’émergence et la diffusion accrue des pandémies, tant en raison de leur responsabilité dans la destruction des écosystèmes que des échanges mondialisés qu’ils induisent.
La crise a révélé la faible résilience des systèmes alimentaires industrialisés, et mis en lumière les problèmes structurels qui entravent la souveraineté alimentaire des populations.
L’absurdité de nos modèles agricoles a plus que jamais été révélée, à tel point que désormais en France, plus de 9 personnes sur 10 souhaitent que l’exécutif garantisse « l’autonomie agricole de la France ».
De nombreux acteurs brandissent la relocalisation comme remède à nos maux en matière de résilience agricole. Mais ils font souvent peu de cas de l’impact qu’une relocalisation jusqu’au-boutiste aurait sur les autres pays.
Une relocalisation irréfléchie risque d’alimenter encore davantage (sans mauvais jeu de mot) la crise de la faim qu’annoncent les agences onusiennes PAM.
En suspendant leurs exportations de céréales fin avril, la Russie et plusieurs pays producteurs ont par exemple mis en danger la sécurité alimentaire de l’Algérie.

C’est quoi le « local » ? Peut-on et doit-on exclusivement s’approvisionner localement ? L’alimentation locale peut-elle nourrir tout le monde ? A quelles conditions ? Comment mettre en œuvre une relocalisation solidaire et juste, qui ne soit pas synonyme de repli sur soi ?
En Afrique de l’Ouest plusieurs organisations ont fait le pari de construire des « systèmes alimentaires territorialisés ».
Au Sahel, c’est le cas du GRDR (Groupe de recherche et de réalisations pour le développement rural), soutenu par le CCFD-Terre Solidaire qui accompagne des organisations paysannes, des collectivités et d’autres acteurs locaux dans l’élaboration de cette démarche.
Territorialiser un système alimentaire, c’est proposer une alternative durable au système alimentaire mondialisé actuel. Ce système est actuellement structuré autour de grandes firmes industrielles, tant pour le commerce des intrants (semences, pesticides, fertilisants, etc.) que pour des produits alimentaires souvent hautement transformés.
C’est un modèle très compétitif car les coûts qu’il induit pour la société ne lui sont pas imputés : destruction des écosystèmes, nivellement par le bas de la qualité avec la hausse des maladies type diabète et obésité, appauvrissement des agriculteurs, volatilité des prix. La prospérité financière de ce système s’est aussi construite sur la destruction des biens communs.
« Le modèle qualifié de « système alimentaire territorialisé » (SAT) ne constitue pas un retour nostalgique à l’organisation des systèmes alimentaires dans les économies rurales du début du XXe siècle » [8][[https://theconversation.com/lurgence-de-systemes-alimentaires-territorialises-136445]] expliquent les chercheurs Jean-Marc Meynard et Jean-Louis Rastoin. Il s’agit bien d’une mutation du modèle de production qui prenne en compte les spécificités et besoins territoriaux de l’ensemble des acteurs d’un territoire, pour penser et mettre en œuvre collectivement un modèle écologique, résilient, pourvoyeur d’emplois de qualités, développant une alimentation variée. Cela ne signifie pas couper tout échange international !
Cette évolution de l’appréhension des problématiques agricoles et alimentaires, pour le GRDR, date d’environ 2009 et fait suite aux émeutes de la faim de 2008. Une hausse des prix des denrées alimentaires importées avaient déclenché des émeutes dans de nombreuses villes de la région du Sahel.
Le GRDR, qui soutenait les producteurs locaux, s’est aperçu que les familles préféraient échanger le sorgho mis à leur disposition contre du blé et/ou du riz importés. La production locale était délaissée au profit d’une nourriture importée soumise à la spéculation et de moins bonne qualité.
Il n’était donc pas suffisant de soutenir les producteurs, il fallait aussi travailler avec les consommateurs, « de la fourche à la fourchette ». Pour cela il était aussi indispensable de travailler avec les autorités locales.
A partir de 2016, le GRDR a accompagné une première collectivité, le département de Rufisque, en périphérie de Dakar au Sénégal, dans le diagnostic de son système alimentaire puis dans la territorialisation de ce système via la mise en œuvre d’un ensemble d’actions et de mesures politiques.
Cette approche s’engage aussi par la suite dans la ville de Kayes, au Mali, avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire, et dans la ville de Ziguinchor, en Casamance (Sénégal).
L’implication des Etats ou de l’échelon local est en effet indispensable pour mobiliser les politiques publiques et en assurer la cohérence : planification, infrastructures et développement urbain (gestion du foncier agricole, localisation des points de restauration), transport public et routes, développement économique local, éducation, santé publique, gestion des déchets, etc. [[Guide GRDR « Co-construire un projet alimentaire territorial », p11]] Les pouvoirs publics sont aussi en charge de rassembler tous les acteurs concernés (et ils sont nombreux !), et de mener un diagnostic territorial, pour établir un plan d’action.
A Kayes, les autorités publiques se sont largement impliquées dans le projet : conseil municipal et services techniques comme les Directions Régionales de l’Agriculture, de la statistique et de la planification, de la concurrence et du commerce, des eaux et forêts, etc.
L’Etat est également à même de faire évoluer les habitudes des consommateurs pour accroître la demande en produits locaux. Un de ses leviers est la promotion de l’alimentation locale : éducation dès le plus jeune âge à la santé nutritionnelle, animation de campagnes d’information-communication de masse auprès des consommateurs, etc.
Un enjeu de taille quand on sait que les brisures de riz importées d’Asie sont généralement préférées au riz produit localement dans la zone de l’Office du Niger alors qu’elles présentent une qualité nutritionnelle très inférieure.
Les achats publics (hôpitaux, écoles, universités, casernes, prisons, etc.) peuvent aussi jouer un rôle déterminant dans la stimulation de la production et de la consommation locale. A Rufisque au Sénégal, le GRDR accompagne maintenant la collectivité dans l’élaboration d’un plan alimentaire territorial qui prévoit que les cantines scolaires s’approvisionnent auprès des producteurs locaux.
Les systèmes alimentaires territorialisés favorisent une plus grande proximité entre producteurs et consommateurs.
A Kayes, le GRDR a accompagné la mise en place d’une « boutique paysanne », un point de vente de produits maraîchers issus de l’agroécologie, pour que les producteurs puissent plus facilement écouler leurs productions en ville et se distinguer des producteurs conventionnels sur le grand marché.

A ce jour une vingtaine de producteurs en agroécologie paysanne alimentent la boutique. La détermination des quantités de produits à fournir à la boutique et leur écoulement est facilitée par le contact direct entre producteurs et consommateurs, via un groupe What’s App.
Le réseau social a également permis de renforcer les liens entre producteurs et associations de femmes transformatrices, garantissant des débouchés pour les uns, et la régularité de l’approvisionnement en matière première de qualité pour les autres.
Cela a également créé un engouement autour des questions d’agroécologie et de nouvelles relations de proximité et de solidarité.
« [Les membres du groupe] communiquent beaucoup par les images, les vidéos, les notes vocales. C’est aussi un groupe de formation, ils se partagent des éléments techniques sur l’entretien des champs. Cela permet aux consommateurs de comprendre dans quelles conditions les produits qu’ils consomment sont produits», témoigne Ibrahima Zerbo, coordinateur du programme TAPSA du GRDR au Mali.
Pendant la crise Covid-19, alors que la boutique paysanne était fermée et les déplacements restreints, producteurs et consommateurs se sont auto-organisés grâce à leur groupe What’sApp pour mettre en place une livraison à domicile.
Lorsque l’on donne la parole aux citoyens, leurs priorités intègrent le respect des territoires, de leur santé et des emplois, favorisant ainsi l’agroécologie .
Mais les pratiques alimentaires restent souvent contraintes par un faible pouvoir d’achat. C’est le cas en France comme pour de nombreux consommateurs kayésiens, pour lesquels les produits alimentaires importés – de qualité parfois douteuse – sont les plus accessibles financièrement.
Le développement de systèmes de production agroécologiques permettant de produire à plus grande échelle des produits sains, de qualité, respectueux de l’environnement et des écosystèmes, apporte des réponses à toutes ces préoccupations.
Dans le cadre d’un système alimentaire territorialisé, cela implique un soutien public accru à la promotion et diffusion de l’agroécologie.
Si elles sont un réel atout pour la santé et un environnement sain, l’approche « système territorial » et l’agroécologie, dont les pratiques sont hautement intensives en main d’œuvre, sont également un réel atout pour l’emploi. Par exemple avec la production d’intrants naturels à plus grande échelle : compost, biopesticides, multiplication de semences paysannes, etc.
Organisées à l’échelle des territoires, les activités de transformation, collecte, transport, distribution, commercialisation, sont autant d’opportunités d’emplois non agricoles, notamment en milieu rural.
A Kayes par exemple, les producteurs acheminent leurs produits entreposés dans des paniers ou caisses en bois confectionnées par les artisans locaux. Pendant la crise Covid-19, pour faciliter la livraison de produits à domicile, le GRDR a équipé un comité de producteurs de 3 tricycles, ce qui a permis à des jeunes de se créer une petite activité de transporteur. Ce sont de petits exemples qui, combinés et pensés à un niveau territorial, peuvent redynamiser les territoires et contribuer au maintien ou à la création d’emplois dignes.
A l’heure où la priorité est à la santé, à la résilience de nos systèmes agricoles et à la création d’emplois de qualité, espérons que les politiques de relance s’intéresseront de près aux systèmes alimentaires territorialisés et à l’agroécologie!
Jessica Pascal, Chargée de mission partenariat Sahel
Manon Castagné, Chargée de plaidoyer Souveraineté Alimentaire et Climat
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« La voix de la femme en Mauritanie est assez négligeable. Bien que nous, les femmes, soyons une force, ce n’est pas à notre service, mais au service de l’autre sexe et de la société patriarcale. Il n’y a pas, ici, de voix qui défende les droits des femmes ou qui posent les questions des femmes ».
C’est en ces termes que Mekfoule Ahmed, militante féministe, décrit la condition de la femme mauritanienne.
En Mauritanie, la condition de la femme est marquée par un certain nombre d’interdits et de pressions sociales résultant du poids des traditions, qui constituent un frein à leur épanouissement : mariages précoces, contraintes morales et vestimentaires, vision négative du sport et des loisirs féminins, violences et harcèlement sexuel quotidiens (que ce soit dans la rue ou domestiques), pratique de l’excision, etc.
Mais cette situation est encore peu évoquée hors des cercles militants ou des ateliers organisés par telle ou telle ONG ou agence de l’ONU dans les hôtels de la capitale. En l’occurrence, les espaces d’expression et de débats entre femmes sont rares (plus encore en périphérie de la capitale ou en zone rurale) – et ce malgré une vision parfois idéalisée de la condition féminine.
Mekfoule Ahmed, membre du collectif Voix des femmes, explique :
« La condition des femmes est une question mondiale. Mais en Mauritanie, les gens pensent que la femme mauritanienne, et notamment la femme mauresque, est dans de bonnes conditions. Alors que non, si l’on excepte la femme mauresque bourgeoise. Et l’on sait que partout, les conditions de la bourgeoisie sont différentes et ne constituent pas la règle. Le système social impose un fonctionnement patriarcal sur les femmes et sur leur vie. Nous subissons des viols, des violences, des discriminations ».
Absentes des pôles de décision, des espaces de loisirs, des cafés, des mosquées, etc., les femmes ne sont pas invitées à s’exprimer, ni sur leur vie ni sur les questions collectives touchant la société.
Face à ce rapport particulier de la femme à l’espace public, plusieurs jeunes femmes engagées se sont organisées de façon informelle depuis octobre 2015 autour d’un objectif : favoriser l’expression de la femme mauritanienne. Le nom du collectif, « Voix des femmes », donne le ton.
« En Mauritanie, nous dit Dieynaba Ndiom (également membre du collectif), la voix de la femme n’est autorisée que quand elle est dans les sphères privées. C’est-à-dire tant que c’est une voix qui parle de la famille, qui parle en tant que sœur, qui parle en tant que femme, c’est bon. Mais cette voix, elle posera problème dès qu’elle s’entendra dans les sphères publiques. […] Ça pose un problème parce qu’on renvoie toujours la femme à son rôle domestique et à sa fonction biologique, c’est-à-dire la maternité, la couveuse, celle qui éduque… une femme-mère ! Mais on la veut moins dans l’espace public. Il y a des sujets qu’on n’aborde pas dans le milieu familial, ni même dans le milieu éducatif, à l’école. D’où l’idée de créer des cadres d’expression ou des espaces de débats comme Voix des femmes, où l’on pourrait parler de tout, avec un groupe constitué uniquement de femmes. C’est déjà une première forme de libération de la parole sur des sujets qui se disent tabous, et c’est une manière aussi pour les femmes de parler, de donner leur avis, sans contrainte ».
Derrière cette initiative, plusieurs postulats : la nécessité d’un travail de terrain et d’une démarche discrète, qui s’appuie sur une certaine pédagogie ; une logique de « pas à pas » qui réfléchisse à des processus sur le long terme en levant progressivement les tabous.

Mekfoule explique : « Voix des femmes est un espace public qu’on a créé pour les femmes, qui nous donne l’occasion de discuter avec les femmes, sur les questions des femmes, pour qu’on puisse réfléchir ensemble sur comment trouver des causes communes ».
Aujourd’hui, des groupes se sont mis en place dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, Nouakchott, ainsi qu’à Bogué (dans la Région du Brakna), et un autre se met actuellement en place dans la ville de Nouadhibou.
En 2018, l’appui que nous a apporté le CCFD-Terre Solidaire a permis au mouvement de se doter de matériel et de développer un nouveau type d’activité.
Notre appui modeste a offert une opportunité depuis longtemps attendue par les membres du collectif, de réunir les différents groupes des quartiers de Nouakchott autour d’une activité commune. Cette activité, intitulée « Témoignage du corps », s’est réalisée le 16 décembre 2018 au niveau de l’Espace culturel Camara, dans le quartier Socogim PS de Nouakchott, et a réuni un public dépassant la centaine de jeunes (hommes et femmes). Cette performance scénique voyait s’exprimer une douzaine de jeunes femmes au nom de différentes parties du corps féminin, pour en aborder les modes de contrôle et de domination dans la société mauritanienne.
Salka Hmeida, membre du collectif et qui parlait ce jour-là au nom de « la bouche », nous raconte : « C’était nouveau et ouvert au public, qui a pu voir une nouvelle forme de manifestation pour les femmes. L’objectif était de montrer les souffrances des femmes dans chaque partie de leur corps. Beaucoup de problèmes ont été dénoncé. Je crois que l’activité est réussie parce que beaucoup de gens ont réagi après ça, même sur les réseaux sociaux, et ça a ouvert un débat. L’idée est nouvelle ».
Les yeux, les oreilles, la peau, le clitoris, l’utérus, le cerveau, les mains de la femme, etc. En français, en arabe, en pulaar, wolof et soninké, l’exercice s’est voulu exhaustif afin de rendre justice à ce corps jusque-là sans voix, sans témoin, et pour mieux se faire entendre. « L’enjeu d’une telle activité est de se faire entendre, de parvenir à parler au nom de tel ou tel organe qui subit, nous dit Dieynaba (qui parlait sur scène ce jour-là au nom du « clitoris »). Le défi était de parler au nom de l’organe, parce que c’est un peu bizarre d’entendre un clitoris ou une oreille parler et vous dire ce qu’il subit ».
L’appui du CCFD-Terre Solidaire a permis également au collectif de se doter de matériel, afin que chaque groupe alimente les débats avec des supports audio ou vidéo : des vidéoprojecteurs, des enceintes, des rallonges multiprises. Le collectif gagne donc en autonomie pour la suite, participant à sa pérennisation, qui est un enjeu essentiel comme nous l’explique Dieynaba : « Le grand défi, déjà, c’est d’exister et de tenir dans la durée. Parce que ce sont des mouvements qui ne sont pas reconnus, qui peuvent même subir des répressions en fonction de leurs activités ou de ce qu’ils disent. Parce qu’on est dans une société qui n’aime pas certains changements qu’elle ne sait pas appréhender. Ce sont des mouvements qui sont susceptibles d’être persécutés ». Mekfoule ajoute : « Si l’on arrive à garder le même niveau d’activité, à un certain moment on va voir qu’il y a plus de femmes qu’au début, une base plus large qu’avant. Peut-être que c’est un groupe, après six ou sept ans, dont on verra des membres au Parlement, pourquoi pas ? »
L’apport du CCFD-Terre Solidaire est donc venu à point nommé, d’autant que le caractère informel du collectif lui limite inévitablement l’accès à d’autres types d’appui, comme le reconnaît Dieynaba : « Déjà, le fait qu’ils aient appuyé un mouvement qui agit quelque peu dans la clandestinité, qui n’est pas très structuré ni trop expérimenté dans le sens qu’attendent les bailleurs classiques, c’est une bonne chose. Cela nous a permis de nous équiper en matériel pour pouvoir faire nos activités comme il faut ». Et d’ajouter toutefois : « Mais c’est l’engagement qui doit primer. Si l’on a des appuis matériels, c’est bienvenu car cela permet de formaliser les rencontres, mais le noyau reste l’engagement ».
« C’est un partenaire, nous dit Mekfoule. On peut faire beaucoup de choses ensemble, et le travail ne s’arrête pas à l’achat de matériel. Par exemple, il serait intéressant qu’une ONG internationale comme le CCFD-Terre Solidaire nous facilite le contact avec d’autres mouvements ou groupes de jeunes féministes. Ou encore nous facilite l’accès à des formations, ou nous partage des liens, des documentaires, des films que nous pourrions projeter lors des débats ».
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CCFD-Terre Solidaire : Quelle est l’action de Mauritanie 2000 et pourquoi vise-t-elle spécifiquement les femmes de la filière pêche ?
Elbeiga Dahoud Ahmednah : Notre association a été créée en 1996 pour aider les femmes d’une façon générale. A partir de 2003, nous avons ciblé celles qui opèrent dans la filière pêche. Elles sont sur les plages pour acheter du poisson et le revendre ensuite au marché.
Nous savons qu’elles sont structurellement pauvres et non éduquées. Mauritanie 2000 compte 20 permanents qui travaillent sur trois sites, entre Nouakchott, Nouadhibou et Bandarguen, sur le littoral, en partenariat avec le CCFD-Terre Solidaire, mais aussi Novib, Oxfam et la Coopération espagnole.
Dans quels objectifs menez-vous vos programmes ?
Nos actions visent plus d’un millier de femmes, dans le but de les sortir de la pauvreté. Elles viennent aussi bien de la communauté noire des Ndiagos, qui se trouve juste à côté de Saint-Louis du Sénégal, que des tribus nomades arabo-berbères comme les Bandarguen et les Imraguen, qui ont une tradition de poisson.
Nous leur accordons du crédit, nous les aidons à se loger, à quitter des baraques de fortune pour habiter dans des maisons. Certaines d’entre elles n’ont qu’une petite table au marché pour vendre quelques poissons.
Maintenant, elles ont des petites boutiques avec des congélateurs. Avec nous, elles s’engagent à ne pas faire travailler leurs enfants, qui peuvent aller à l’école.
Comment se passe l’achat du poisson lorsque les pirogues reviennent de la pêche sur les plages ?
Nous nous adressons à des femmes qui sont au plus bas de l’échelle sociale. Lorsqu’un pêcheur rapporte sa cargaison sur la plage, il la vend en gros à des intermédiaires. Ces derniers la revendent ensuite aux commerçantes qui vont elles-mêmes vendre le poisson au détail sur les marchés.
Parfois, vous avez jusqu’à trois intermédiaires entre le pêcheur et ces femmes, ce qui fait monter le prix du poisson. Nous avons vu un jour sur la plage de Nouakchott une femme payer 600 ougiyas pour un kilo de corbine, un poisson recherché pour la préparation du tieboudienne (riz au poisson). Elle l’a vendu ensuite à une autre femme 900 ougiyas, qui l’a revendu quelques minutes plus tard 1200 ougiyas…
Une Fédération de la pêche artisanale fixe les prix, mais seulement au niveau des pêcheurs – et non au niveau des intermédiaires.
Comment les aider concrètement, alors qu’elles sont livrées à ces intermédiaires ?
Nous les sensibilisons et leur donnons des crédits de 60 000 à 600 000 ouguiyas (soit de 150 à 190 euros en fonction des taux de change de la devise mauritanienne à 1500 à 1900 euros) (). Elles peuvent ainsi acheter par groupe de quatre ou cinq femmes au sein d’un même Groupement d’intérêt économique (GIE), et ainsi se passer des intermédiaires.
Les mareyeuses à qui nous prêtons de l’argent s’engagent à le rembourser au bout de six ou huit mois. Les crédits peuvent ensuite être renouvelés plusieurs fois.
Comment aidez-vous ensuite ces femmes à développer leurs activités ?
Nous les aidons à transformer les produits de la pêche, à développer des activités génératrices de revenus. Nous avons commencé par structurer les femmes des quartiers pauvres et des villages de pêcheurs en un réseau de défense de leurs intérêts.
Nous avons construit deux centres de transformation du poisson, l’un à Nouakchott (« La Sirène »), l’autre à Nouadhibou (« Yakar », qui veut dire « espoir » en wolof). Après la transformation, nous les accompagnons dans la commercialisation du poisson séché. L’objectif est de proposer des produits de qualité au niveau local et dans la sous-région.
Aujourd’hui, pour renforcer l’alliance entre transformatrices et pêcheurs, elles accompagnent aussi les petits pêcheurs dans leur structuration et la défense de leurs intérêts, face à pêche industrielle. Mauritanie 2000 se fait aussi entendre dans le plaidoyer sur les réformes à mener dans la pêche.
La Mauritanie n’est-elle pas un pays de nomades qui consomment beaucoup de viande et peu de poisson ?
C’est l’un des axes de nos campagnes. Mauritanie 2000 veut faire comprendre à tout le monde, même à l’intérieur du pays, que le poisson est un produit riche et intéressant.
Nous avons fait de la sensibilisation pour montrer les petits plats qu’on peut préparer avec le poisson – nous sommes allées jusqu’à Nema, près de la frontière malienne et à Zouarate, près de la frontière algérienne.
Nous expliquons que le poisson n’est pas plus cher que la viande, dont les prix ont augmenté et vont jusqu’à 2000 à 2500 ouguiyas le kilo (7 à 8 euros) – au même prix que le mérou, mais bien plus cher que la plupart des petits pélagiques et la dorade (1 à 1,5 euro le kilo), sans oublier les sardines (30 centimes d’euro le kilo).
En quoi le CCFD-Terre Solidaire vous soutient-il concrètement ?
Nous sommes partenaires depuis dix ans, et nous avons le soutien du CCFD-Terre Solidaire pour nos deux centres de transformation du poisson. Les femmes y appliquent la méthode du « salé-séché », qui permet de conserver le poisson sous une forme riche en protéines et qui ne nécessite pas la filière du froid. Elles font aussi du surimi, comme au Japon. Elles ont été formées à cette fin au Sénégal par l’Association de la pêche ouest-africaine (Adepa), un autre partenaire du CCFD-Terre Solidaire.
Recueilli à Paris par Sabine Cessou
Pour en savoir plus
Voir ici l’article et le diaporama réalisé sur Mauritanie 2000 par Pélerin Magazine en mars 2015
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Florian de Jacquelot, chargé de mission pour le Sahel au CCFD-Terre Solidaire, présente le projet.
Dans quelle zone le projet va-t-il s’implanter, et quelle est la situation d’insécurité alimentaire sur place ?
Florian de Jacquelot : Nous allons travailler dans la zone du bassin du fleuve Sénégal, qui traverse les régions enclavées et isolées de cinq pays : le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Niger, et le Burkina Faso. Dans toutes ces régions, éloignées des capitales et des lieux de décision,10 à 20% de la population ne peut pas s’alimenter de manière correcte en quantité et en qualité. La malnutrition infantile atteint toujours 20%. Les petits paysans, souvent isolés, et sans structure pour les aider, sont les premiers touchés. Ce sont aussi des régions concernées par un fort exode rural et des départs en migration.
Pourquoi est-ce important pour les ONG de travailler sur l’action publique ?
Cela fait une vingtaine d’années que le CCFD-Terre Solidaire travaille avec ses partenaires sur les questions de sécurité et de souveraineté alimentaire. Nous avons soutenu beaucoup de micro projets et de projets techniques dans ce domaine. Ces actions contribuent à améliorer la situation, mais souvent ponctuellement et localement. Avec les partenaires, nous ressentons maintenant le besoin d’aller plus loin pour lutter contre les causes structurelles de la faim. Or les politiques publiques peuvent avoir un impact beaucoup plus important que l’action des ONG. Le projet Diapoco propose précisément aux acteurs locaux de s’intéresser aux politiques publiques et à leur impact. C’est un premier projet lancé pour 3 ans, qui initie un travail sur le long terme.
Comment initier un dialogue politique sur la sécurité alimentaire ?
Pour arriver à être en capacité de dialogue avec l’Etat et influer les décisions politiques, nous devons aider nos partenaires à se construire localement une expertise sur les politiques publiques. Le projet cible les organisations paysannes et les acteurs locaux pour les former sur le fonctionnement de l’action publique de leur région et renforcer leurs capacités. La construction du projet passe d’abord par un inventaire réalisé par les partenaires de toutes les politiques publiques. Cet inventaire doit permettre d’identifier les points qui pourront faire bouger les lignes. Les partenaires seront amenés à réfléchir aux politiques de développement, aux moyens pour l’Etat d’investir dans une agriculture familiale. L’objectif est de repérer les initiatives intéressantes et qui fonctionnent pour les proposer à l’Etat.
Comment l’action publique des Etats de cette région peut influer sur la sécurité alimentaire ?
C’est l’Etat qui choisit comment l’argent public est investi dans l’agriculture. Ou encore s’il doit se protéger ou non de l’importation de certains produits. C’est lui aussi qui peut participer au financement des coopératives ou des organisations paysannes comme cela se fait en France. Ces politiques permettent de contribuer à la sécurité alimentaire du pays, à l’emploi des jeunes, au développement de territoires isolées.
Les tensions se sont accrues depuis une quinzaine d’années entre l’agro-industrie et l’agriculture familiale. Or on voit bien que l’agriculture industrielle ne répond pas à tous les enjeux de politique alimentaire, mais aussi de l’emploi. Il faut pouvoir porter la voix des paysans auprès de l’Etat, pour qu’il n’écoute pas que les argumentaires de ce qu’on appelle « l’agro business ».
Existe-t-il des exemples concrets ou les demandes des paysans ont permis de changer une politique publique et d’avoir un impact sur leur situation ?
A la demande des petits producteurs, le Sénégal a par exemple décidé depuis quelques années de bloquer les importations d’oignons pendant trois mois chaque année au moment de la récolte. Cette décision a permis de sécuriser toute une filière, avec l’augmentation des revenus des petits paysans. L’impact a été très important pour la population de toute une région importante productrice d’oignons.
Pourquoi travailler sur cinq pays à la fois ?
Tous les partenaires de la zone Nord du Sahel travaillent dans un environnement similaire. Mais les politiques agricoles sont très cloisonnées dans chaque pays. L’objectif est de créer des alliances et des échanges transfrontaliers.
Quels sont les acteurs qui portent le projet Diapoco ?
Le CCFD-Terre Solidaire joue un rôle de pilotage du projet, qui réunit plusieurs acteurs, dont des partenaires historiques très investis sur la question. Le GRDR existe depuis une cinquantaine d’années et rassemblait à la base des migrants, qui contribuent énormément au développement de leur région d’origine. Ils travaillent beaucoup sur les questions de souveraineté alimentaire.
Afrique verte, née dans les années 80,est une ONG dont le CCFD-Terre Solidaire est co-fondateur et travaille autour des questions de souveraineté alimentaire. Elle a beaucoup contribué à la transformation des céréales produites localement, comme le mil, le sorgho et le maïs. Aujourd’hui les associations nationales d’Afrique verte se sont autonomisées et se sont regroupées au sein d’une fédération : Afrique Verte International.
L’objectif pour les trois organisations est de définir une position commune sur les choix d’orientation des politiques publiques souhaitées. Ces positions seront ensuite relayées par d’autres acteurs. Au Mali, au Sénégal, au Niger, au Burkina-Faso, nous pouvons nous appuyer sur une forte structuration du monde paysan. Seule la Mauritanie est moins structurée. Le projet permettra de renforcer les capacités des organisations paysannes, de leurs membres et des élus des collectivités locales.
Propos recueillis par Anne-Isabelle Barthélémy
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Nos partenaires sont :
Association des Organisations Professionnelles Paysannes (AOPP). L’AOPP
rassemble plus de 250 organisations paysannes locales de toutes tailles, de toutes
spécialités agricoles et réparties sur l’ensemble du pays (soit environ 15.000 familles
paysannes touchées par les actions de l’AOPP). L’AOPP mobilise ses membres
autour du renforcement et de la structuration de filières professionnelles (comme le
Niébé – légumineuse traditionnelle), le développement de la production de semences
en milieu paysans.
L’AOPP favorise également le développement de système locaux d’épargne / crédit
pour ses membres (les Mutuelles de Solidarité développées en partenariat avec la
SIDI). A noter également qu’avec l’appui de la SIDI et du CCFD-Terre Solidaire
l’AOPP a pu négocier une ligne de crédit de campagne auprès de la Banque
Malienne de Solidarité.
Le Réseau Régional Horticole de Kayes (RHK). Le RHK rassemble 7.000
maraîchers et arboriculteurs dont 75% sont des femmes qui travaillent sur 4 248
exploitations horticoles dont 327 périmètres irrigués sur 180 km du fleuve Sénégal.
Le RHK mène des actions (foire commerciale, amélioration des techniques
culturales, valorisation des semences locales, etc.) afin de développer la
professionnalisation du secteur horticole, sa rentabilité sociale et économique.
Afrique Verte Mali (AMASSA). AMASSA intervient dans les régions de Bamako,
Kayes, Ségou-Niono, Koutiala-Sikasso, Mopti, Gao et Tombouctou. Elle apporte un
appui à plus de 700 groupements d’opérateurs actifs dans la filière céréalière :
organisations paysannes céréalières (OP), unités de transformation (UT),
coopératives de consommation, associations féminines et commerçants céréaliers.
AMASSA a pour objectif de favoriser la commercialisation des produits agricoles et
ainsi contribue à l’atténuation de l’impact de la flambée des prix des denrées
alimentaires au Mali, par un soutien à la production agricole, au stockage, à la
transformation et à la commercialisation des produits locaux (crédit, identification
des circuits d’écoulement des produits, organisation des bourses aux céréales, etc.)
afin d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
GRDR Mali. Le GRDR accompagne les migrants, leurs familles et leurs partenaires sur leurs territoires de vie avec la volonté de valoriser les aspects positifs des parcours migratoires. Au Mali, le GRDR intervient spécifiquement dans la région de Kayes afin de sécuriser et renforcer le potentiel agro-sylvo-pastoral (aménagements hydro-agricoles, reboisement, puits pastoraux). Le GDRR soutient également la diversification de la production agricole (redistribution foncière, maraichage, cultures céréalières, techniques de Conservation des eaux et des sols) et l’appui à la gouvernance locale et à la bonne gestion des ressources naturelles.
ACORD Mali. ACORD apporte son soutien à des organisations locales maliennes
dans les régions de Tombouctou, Niafunke, Youwarou et Tenenkou. Ces
organisations locales travaillent avec les communautés pastorales pour améliorer
l’accès à l’eau, à l’éducation et au crédit. ACORD soutient également les groupes de
femmes engagées dans un programme de développement de l’esprit d’entreprise en
vue de la création de banques et de coopératives dans la région de Lere. Depuis
2011, ACORD Mali mène des activités qui ont pour objectifs d’améliorer les
conditions d’existence et de cohabitation des communautés de la zone pastorale à
travers l’implication des organisations de producteurs dans la préparation de la
nouvelle loi foncière, la sécurisation des revenus des ménages les plus et la gestion
non violente des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Le CCFD-Terre Solidaire soutient également le Centre DJOLIBA dans ses activités
d’alphabétisation et des formations (décentralisation, promotion de l’entreprenariat
féminin, mutilations génitales féminines, etc.)
Au Niger
Au Niger, nos objectifs sont principalement de diversifier et sécuriser la production
vivrière et de promouvoir le savoir faire paysans et la viabilité des exploitations
rurales. Nos partenaires sont :
Nos partenaires sont :
Afrique Verte Niger (ACSAA). AcSSA travaille dans les régions de Tillabéry, de
Zinder, d’Agadez et de Niamey. L’association intervient auprès de 200 OP (6.000
paysans et paysannes) en favorisant leur structuration et leur organisation pour une
meilleure commercialisation des zones excédentaires vers les zones déficitaires.
AcSSA soutient également les OP pour la production de semences améliorées afin
d’augmenter les rendements agricoles. En aval de la filière, AcSSA apporte un appui
technique et matériel à une quarantaine de groupements de femmes transformatrices
de céréales, les zones urbaines de Niamey, Zinder et Say-Kollo. Les bourses
céréalières, régulièrement organisées par AcSSA – Afrique Verte, ne se limitent pas
aux OP membres du réseau, mais s’adressent à tous les acteurs de la filière
céréalière au Niger qui sont également bénéficiaires de l’action.
En février 2012, face à la situation d’insécurité alimentaire grave des régions
d’Agadez, Filingue et Zinder, le CCFD-Terre Solidaire a décidé d’apporter un soutien
supplémentaire de 56.500 euros pour renforcer les actions d’AcSAA dans ces
régions (environs 5.000 ménages bénéficiaires) et plus particulièrement :
1-pour organiser spécifiquement une bourse internationale aux céréales pour
approvisionner les zones déficitaires en céréales à partir des excédents sous
régionaux.
2-renforcer les stocks d’atténuation des crises dans les zones vulnérables (vente de
céréales à prix social) avec l’achat par Afrique Verte d’un stock de céréales de 65
tonnes
3-la distribution d’un stock de farine infantile enrichie
4-la constitution d’un stock de semences pour les producteurs des zones les plus
touchées, afin de soutenir la campagne agricole 2012-2013.
Mooriben est une fédération de 1.288 groupements paysans (62.609 membres dont 61,45% de femmes) implantés dans 680 villages du Niger. Mooriben appui ses
membres dans les productions agricoles (appui aux cultures pluviales (boutiques
d’intrants, champs écoles paysans, réseau de paysans relais…), appui au
maraîchage et l’accès amélioré aux céréales (warrantage, banques céréales,
commercialisation…). La fédération propose aussi des crédits (embouche, petit
commerce, activités génératrices de revenus etc.) et des services d’épargne (dépôt à
vue, dépôt à terme). Mooriben mène également des actions humanitaires (promotion
des filets sociaux, suivi de la vulnérabilité, réponse aux urgences et renforcement
des capacités humanitaires). Enfin Mooriben est très active dans actions de plaidoyer
et lobbying sur la défense de la biodiversité et dans les politiques agricoles du pays
et de la région. En 2011, le CCFD-Terre Solidaire a apporté un soutien de 50.000
euros à Mooriben afin d’aider cette fédération à développer les cultures maraîchères
et céréalières le long du fleuve Niger et dans les bas fonds, à accroître les cultures
vivrières et de rente par l’adoption de nouvelles pratiques culturales et à organiser la
commercialisation.
FUCOPRI (Fédération des Unions des Coopératives des Producteurs de Riz). La
FUCOPRI est une organisation paysanne composée de 37 coopératives locale (21
000 membres) localisées le long de la vallée du fleuve Niger. Les activités de la
FUCOPRI vise à renforcer les capacités organisationnelle et institutionnelle de la
Fédération et de ses unions, d’accroitre la production nationale de riz , améliorer et
diversifier les formes de commercialisation du riz, améliorer la gestion financière et
comptable au niveau des coopératives, des unions et de la fédération, améliorer la
gestion de l’eau au niveau des coopératives.
Le CCFD-Terre Solidaire soutient également au Niger, l’organisation SOS Civisme
dans des actions d’éducation citoyenne et de gestion communale participative. Le
CCFD-Terre Solidaire est également en partenariat avec le Mouvement des
Travailleurs Chrétiens qui agit en faveur de l’amélioration des conditions de vie des
travailleuses immigrées.
En Mauritanie
En Mauritanie, nos objectifs sont principalement de diversifier et sécuriser la
production vivrière, de soutenir le secteur de la pêche artisanale et plus
spécifiquement les femmes transformatrices de poissons et de promouvoir le droit
des femmes et la lutte contre l’esclavage. Nos partenaires sont :
GRDR Mauritanie. Le GRDR accompagne les migrants, leurs familles et leurs
partenaires sur leurs territoires de vie avec la volonté de valoriser les aspects positifs
des parcours migratoires. En Mauritanie, le GRDR intervient spécifiquement dans les
régions de Brakna, Gorgol, Guidimakha, Assaba, Hodh Ech Chargui dans un projet
de relance vivrière et de sécurisation de la Production Agro-pastorale.
Mauritanie 2000 est une association qui regroupe près de 1700 femmes (Parc
national du Banc d’Arguin, Nouakchott, Nouadibou). La promotion de
l’entrepreneuriat féminin dans la pêche artisanale (transformatrice et vendeuse de
poisson) est une ambition première de Mauritanie 2000. Les actions (formation,
développement de GIE, construction d’un centre de traitement du poisson, accès aux
crédits) développées par Mauritanie 2000 visent à améliorer les conditions de vie des
femmes travaillant dans le secteur de la pêche artisanale par le renforcement de
leurs revenus.
Le CCFD-Terre Solidaire soutient également en Mauritanie, l’organisation SOS
Esclave dans ses activités de soutien aux victimes de l’esclavage et lutte contre les
violences faites aux femmes et aux mineurs. Un appui est également apporté à
Caritas Mauritanie dans son soutien apporté à des coopératives féminines de
Nouakchott qui développent des activités génératrices de revenus.
Au Burkina Faso
Au Burkina Faso, notre objectif est de diversifier et sécuriser la production et la
commercialisation des produits vivriers.
Le CCFD-Terre Solidaire soutient uniquement les activités d’Afrique Verte Burkina
Faso (APROSSA). APROSSA apporte un appui à plus de 160 organisations
paysannes céréalières basées dans les régions du Sahel, Centre-Est, de Boulgou,
de la Boucle du Mouhoun et des Hauts Bassins. Pour ce faire, APROSSA apporte un
appui à la structuration des unions et fédérations paysannes. Propose des
formations techniques et commerciales aux responsables paysans. Appui à la
commercialisation (appui-conseil, crédit…), organise des bourses aux céréales ;
diffuse de l’information commerciale (prix et disponibilité des céréales).
Au Sénégal
Le CCFD-Terre Solidaire n’a pas actuellement de soutiens dans les zones touchées
par l’insécurité alimentaire. Les partenariats du CCFD-Terre Solidaire au Sénégal
sont principalement au niveau de la Casamance (intensification de l’agriculture
familiale et formation de jeunes agriculteurs, soutien aux processus de paix et de
démocratie locale), dans la région de Mbour (développement de plantes
médicinales).
Néanmoins, le CCFD-Terre Solidaire est toujours en relation étroite avec l’Union
pour la Solidarité et l’Entraide (USE) qui mène entre autres des activités dans plus de
1000 villages de la Vallée du Fleuve (activités de formation, de développement des
périmètres irrigués, facilite l’accès à certaines machines agricoles, aux intrants
(semences, engrais, etc.). Le CCFD-Terre Solidaire reste à l’écoute de ce partenaire
quant aux évolutions dans cette région du Sénégal.
Au Tchad
Les objectifs du CCFD-Terre Solidaire au Tchad sont entre autre de contribuer à la
sécurisation alimentaire des populations agro-pastorales par la relance de l’économie
agricole, l’accès à l’eau, la contribution à la réduction des conflits autour des
ressources naturelles (eau et pâturage) et la structuration des milieux ruraux.
Pour ce faire, le CCFD-Terre Solidaire soutient plus particulièrement les activités
d’ACORD Tchad. Notre partenaire intervient dans 164 villages du Ouaddai, du
Guera, de la région de l’Hadjer-Lamis, de Chari-Baguirmi. Il développe des activités
liées aux moyens d’existence afin de réduire l’insécurité alimentaire au sein des
communautés rurales. Pour cela ACORD Tchad accompagne structures
communautaires qui renforcent les systèmes de production agricole (par exemple
augmentation de 30% de la production de céréale depuis 10 ans) et qui introduisent
de nouvelles variétés de semences ou des équipements agricoles pour les groupes
marginalisés (les femmes ou les déplacés intérieurs). ACORD Tchad encourage
aussi l’accroissement des réserves de céréales, les investissements dans l’élevage
caprin et la formation des communautés aux techniques pastorales. ACORD Tchad a
également un programme ambitieux d’induction d’eau (68 pompes installées), appuie
également les groupes de femmes pour que celles-ci puissent prendre en charge et
améliorer la production alimentaire et renforcer leurs capacités de négociation au
sein des communautés villageoises. Enfin, ACORD Tchad développe des espaces
de dialogue entre les groupes vulnérables, les autorités locales et différents
intervenants afin d’améliorer les stratégies locales de gestion des ressources
naturelles et promouvoir la gestion locale des conflits (pour l’accès à l’eau et aux
pâturages par exemple).
L’autre axe stratégique du CCFD-Terre Solidaire au Tchad porte sur
l’accompagnement des acteurs sociaux et des communautés à « vivre ensemble »
pour une paix durable à travers des objectifs de
1-participation et une représentation forte et reconnue de la communauté
musulmane dans les mobilisations citoyennes tchadiennes
2-la constitution d’un mouvement social citoyen de la jeunesse tchadienne porteuse
de valeurs citoyennes, solidaires et d’ouverture sur le monde.
3-le règlement des crises politiques, politico-militaires et sociales par la prise en
compte de la nécessité d’un nouveau pacte social et républicain pour une paix
durable. Outre ACORD Tchad, le CCFD-Terre Solidaire soutient les activités le
Réseau pour la Promotion de la Paix et de la Citoyenneté au Tchad (qui rassemble
30 associations de jeunesse), le Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la
Réconciliation (CSAPR) (réseau d’une centaine d’organisation de la société civile qui
défend l’intérêt des populations tchadiennes dans un champ politique accaparé
depuis 30 ans par des acteurs politico-militaires), le Groupe de Recherches
Alternatives et de Monitoring du Projet Pétrole Tchad Cameroun (développe des
actions pour promouvoir le développement économique, social, humain et durable du
Tchad à partir des ressources extractives telles que le pétrole). Le CCFD-Terre
Solidaire est également en lien avec les associations tchadiennes de Droits de
l’Homme.
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(Père Jérôme Dukiya, Caritas Nouadhibou)
Nouadhibou, point de départ et de transit de nombreux migrants, est à moins de 50 km de la frontière du Sahara Occidental et à 700 km des côtes espagnoles des Canaries. Le phénomène des migrations est un phénomène de longue date mais les départs en pirogue datent de 2006. À ce jour, environ 70 % des pirogues se seraient perdues en mer.
Beaucoup de migrants sont également refoulés par la police marocaine à la frontière saharo-mauritanienne. De plus en plus de femmes nigérianes sont abandonnées ainsi à Nouadhibou.
Enfin, un nombre croissant de migrants reviennent d’eux-mêmes du Maroc où ils ne parviennent pas à s’installer.
La Caritas Nouadhibou s’occupe des migrants installés à Nouadhibou et de ceux en transit. Ces migrants viennent de toute l’Afrique : Congo Brazzaville, RDC, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Nigeria, Togo, Bénin, etc. La Caritas les a aidés à s’organiser en associations de ressortissants, elle organise avec elles une grande variété d’activités : cours de langues, salles d’écoute, activités de microcrédits, activités de loisirs, activités spécifiques aux femmes, aux malades, assistance juridique.
(Hicham Baraka, ABCDS ; Pieter Van Aken, Caritas Maroc)
La frontière algéro-marocaine est une zone où les polices respectives des deux pays se renvoient les migrants comme dans un jeu de ping-pong. Deux types de refoulement sont pratiqués : les gros refoulements visibles et médiatisés, qui ont généralement lieu lors d’événements ou de rencontres internationales au Maroc ; et les petits refoulements moins médiatisés.
À Oujda, les migrants vivent dans des tranquillos, sortes de cabanes précaires disséminées dans la forêt, où ils se sont installés, le plus souvent par communautés de même pays. Chaque tranquillo est dirigé par un chairman, chef de ghetto qui gère la sécurité « zone » et les « affaires courantes » (les listes de départs, la répartition de l’assistance humanitaire, etc.).
L’association ABCDS fournit un soutien humanitaire d’urgence à ces migrants. Une permanence juridique téléphonique a également été mise en place pour les informer de leurs droits. Enfin, un travail de sensibilisation et de plaidoyer se construit peu à peu pour dénoncer les conséquences des politiques européennes au Maroc. Le « délit de solidarité » (sanction pénale contre les personnes ou associations qui viennent en aide aux migrants en séjour irrégulier), légalement officialisé par la loi 02-03 sur les étrangers, fait peser des menaces sur les militants associatifs et pourrait fragiliser l’action de l’association.
À Rabat, les migrants vivent principalement dans les zones reléguées du quartier de Takkadoum. De plus en plus de femmes sont présentes dans les groupes de migrants, en majorité d’origine nigériane embarquées dans des réseaux de prostitution.
Les migrants reconnus comme réfugiés ou demandeurs d’asile par le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) constituent le gros des publics accueillis et pris en charge par la Caritas Rabat depuis 2006.
Le CAM, Centre d’accueil des migrants, organise trois types d’appui :
-> Le volet « écoute sociale » qui permet d’orienter les réfugiés vers d’autres structures, qui les aident dans leur recherche de logement, paniers alimentaires, création d’activités génératrices de revenus (AGR), etc.
-> Le volet « santé » qui organise des permanences les après-midi et l’achat de médicaments lorsque les migrants ne peuvent pas accéder aux centres de santé publique normalement gratuits.
-> Le volet « éducation » qui organise une école informelle pour les enfants de migrants et des ateliers de formation professionnelle. Une convention a été conclue avec le HCR pour la scolarisation des enfants réfugiés dans les écoles publiques.
(Jan Heuft, Hamid fadheL, Rencontre et Développement ; Philippe Dupont, Mission catholique d’Adrar)
En Algérie, le public accueilli se compose de trois groupes : les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants. Seuls 80 migrants ont été reconnus comme réfugiés par le HCR, et ne sont pas pour autant reconnus par le gouvernement algérien.
Les migrants qui se trouvent en Algérie sont le plus souvent sans aucune protection. Alger, Tamanrasset et Maghnia en abritent le plus grand nombre. La plupart ont des passeports maliens compte tenu des facilités de circulation liées à la détention de documents maliens.
L’accès aux soins médicaux est en théorie gratuit mais ils ne peuvent bien souvent pas en bénéficier, alors même que beaucoup sont atteints de pathologies graves.
La nouvelle loi votée en juin 2008 qui instaure le « délit de solidarité » contre ceux qui viennent en aide aux migrants et officialise le concept d’« émigration clandestine » contre les Algériens « harraga », rend encore plus difficile la situation sociale des migrants subsahariens.
L’année 2008 a vu la mort de nombreuses femmes migrantes d’origine nigériane ou libérienne, atteintes de méningite, de tuberculose ou du sida.
En plus de l’accueil et de l’appui aux migrants, Rencontre et Développement a signé jusqu’en 2009 une convention, avec le HCR pour la prise en charge des réfugiés et des demandeurs d’asile.
Rencontre et Développement est à l’origine de la chaîne de relais et de sécurisation pour les migrants bloqués dans le Maghreb souhaitant retourner dans leur pays. En 2008, 92 personnes ont été réacheminées jusqu’à leur pays d’origine. Le retour se fait en bus, en plusieurs étapes.
Adrar, à l’ouest du pays, est également une ville de transit dans le sens des départs comme des retours depuis ou vers le Mali. De plus en plus de migrants passent par là pour continuer la route vers le nord. L’action de la Mission catholique, appuyée ponctuellement par Rencontre et Développement, est limitée par le manque de ressources humaines. Le père Philippe Dupont est seul à accueillir et apporter les soins de première nécessité aux migrants.
(Hassane Boukar, Aternative Niger ; Père Antoine Chenu, Mission catholique d’Arlit ; Père Augustin, Mission catholique Tchirozérine ; Père Richard Araye, Mission catholique Tahoua ; Père Delphin Nyembo, Mission catholique Zinder ; Père Moses Okwana, Mission catholique Birni N’konni )
Le Niger est un pays de transit, de passage pour les migrants qui cherchent à monter vers le nord. C’est également un pays de refoulement pour les migrants nigériens arrêtés en Libye, en Tunisie et en Algérie. Les camions libyens déversent régulièrement des migrants par la route Bilma-Dirkou. Entre le 13 janvier et le 22
février 2008, 1 500 migrants nigériens ont été expulsés de Libye par camions. Ils ont entre 20 et 45 ans, et il y a seulement 1 % de femmes.
Arlit est la première ville nigérienne après la frontière algérienne. C’est donc une ville de passage, dans le sens des départs comme des retours ou des refoulements.
Sur le chemin de la montée, les migrants ne sont guère visibles. S’ils restent plusieurs jours, le temps de gagner un peu d’argent ou de recevoir de l’aide de leurs familles, ils sont pris en charge par les passeurs qui les accompagnent et les encadrent.
Sur la route du retour, on rencontre ceux qui ont été expulsés manu militari et ceux qui souhaitent retourner volontairement. Ceux-là peuvent bénéficier, grâce à la Mission catholique qui est fortement mobilisée, d’une petite aide d’urgence pour « se remettre debout » et d’un billet pour continuer la route vers Agadez. 96 sont passés dans ce cadre par la Mission en 2009. Agadez, carrefour nigérien à l’image de Gao au Mali, est la bifurcation pour ceux qui montent vers la Libye, ceux qui montent vers l’Algérie et ceux qui descendent vers Niamey. 150 migrants passent chaque semaine par Agadez pour aller en Libye. Les convois qui montent sont composés de personnes de toutes nationalités.
Les Missions catholiques du Nord (Arlit, Agadez, Tchirozérine) se sont d’ores et déjà réunies pour harmoniser leur travail d’appui aux migrants et organiser une pastorale des migrants suite à la demande de l’évêque de Maradi.
À Tahoua et à Zinder, on peut observer à la fois des gens qui montent et qui descendent. La grande majorité est sans papier et il est souvent difficile de connaître leur parcours. Les Missions présentes dans ces localités ne sont pas pour le moment très impliquées aux côtés des migrants mais se disent prêtes à l’être.
Birni N’Konni, à la frontière Niger-Nigeria, est le point de passage obligatoire pour tous les côtiers qui montent vers le nord. Ils arrivent parfois par bus entier à l’autogare. Ceux qui reviennent sont souvent peu visibles. L’engagement de la Mission est très récent mais il est appelé à se développer.
À Niamey, la Mission catholique n’organise pas d’accueil pour les migrants qu’elle dit ne pas être sa première priorité. Elle reçoit cependant les migrants convoyés d’Algérie par Rencontre et Développement et les aide à gagner leur pays d’origine.
Par contre, l’association Forum Alternative et Espace Citoyen, experte en actions de communication et d’interpellation, travaille depuis quelque temps sur les questions de migrations internationales.
L’association souhaite construire un travail de plaidoyer pour rappeler les engagements des États en matière de libre circulation des personnes dans la zone CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et dénoncer les expulsions massives accompagnées de brimades et d’abus qui se font depuis
l’Algérie et la Libye. Il est essentiel que l’opinion publique nigérienne ait une meilleure image des migrants. En ce sens, l’association organise des émissions radios qui permettent aux migrants retournés de Libye de témoigner.
Le Mali, entre ouverture aux migrants et laxisme diplomatique au nord
(Daniel Diakité, Mission catholique Nioro du Sahel ; Père Dominique Déry, mission catholique de Bamako, en remplacement du Père Yves ; Pierre Deukeu Yossa et Alassane Maiga, Maison du Migrant Gao)
Maison du Migrant de Gao L’arrivée des participants à Gao a coïncidé avec la réception par la Maison du Migrant d’un convoi de 50 migrants refoulés d’Algérie et acheminés par la Croix-Rouge malienne. Les premiers récits des drames vécus par les migrants et la confrontation directe des visiteurs avec autant de souffrances et de difficultés ont créé une forte solidarité spontanée avec l’équipe locale et provoqué beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations sur les méthodes d’accueil et ses capacités à faire front face à un tel désastre humain.
Il a donc été décidé de prévoir un temps spécifique avec l’équipe de l’accueil pour lui permettre de mieux faire connaître son action. La discussion a fait l’objet du résumé ci-après.
Historique de la Maison du Migrant
(Pierre Deukeu Yossa et Alassane Maiga, Maison du Migrant Gao)
La Maison, qui a vu officiellement le jour le 21 mars 2009, a pour objet « l’accueil, l’écoute, l’accompagnement et la sensibilisation de tous les migrants de toutes nationalités sur les risques de la migration irrégulière ». Elle est officiellement un regroupement d’associations de Gao (Caritas Gao, Direy Ben) et de Bamako (Aracem, AME, Aide Mali) associées à la Mission catholique.
La Maison a repris le travail qu’effectuait Caritas Gao depuis maintenant 5 ans. Elle est aujourd’hui entièrement financée par Caritas de Gao (soutenue par le CCFD-Terre Solidaire) qui effectue le contrôle budgétaire et financier. Le bâtiment appartient à l’Église qui l’a affecté pour cet usage.
La Maison accueille à la fois les convois Croix-Rouge qui arrivent régulièrement de Tinzaouaten et des migrants arrivés individuellement par leurs propres moyens. Du 2 février 2009 au 30 septembre 2009, 858 personnes (822 hommes et 36 femmes) ont été accueillies. Les migrants viennent de toute l’Afrique : Nigérians, Maliens, Camerounais, Congolais, Sénégalais, Libériens, Gambiens, Ghanéens.
La Maison n’a pas pour objet de décourager les gens de partir, puisque « chacun est libre d’aller où il veut » mais elle informe pour que ces migrants sachent où ils vont et dans quelles conditions. Elle aide également les migrants à rejoindre les capitales, Bamako ou Niamey, pour continuer leur route du retour si ceuxci
le souhaitent.
À noter que les migrants qui sont sur le « chemin de la montée » passent le plus souvent incognito. Les passeurs les attendent à l’entrée de Gao, à l’endroit du contrôle de police et les embarquent directement vers les « garages » d’où s’organise la suite de leur voyage vers le nord (Bordj el Mokhtar – Regan – Adrar).
C’est seulement au retour, une fois qu’ils ont été refoulés et qu’ils n’ont plus rien pour continuer qu’ils viennent demander de l’aide à la Mission catholique ou à la Maison du Migrant. Ceux d’entre eux qui ont encore un peu d’argent, se dirigent en général vers les « ghettos » disséminés par nationalité dans la ville. Ces ghettos quoiqu’informels sont bien connus de la police locale qui fait payer une taxe aux tenanciers.
La situation à la frontière algéro-malienne de Tinzaouten
L’Algérie « déverse » les migrants subsahariens comme elle déverserait « ses poubelles ». Les autorités algériennes, d’habitude si peu avares de discours sur la fraternité africaine, n’ont même pas le courage d’assumer publiquement les expulsions de Subsahariens qu’elles pratiquent de fait, non comme un effet de conjoncture, mais comme un choix politique durablement assumé. Les refoulés, y compris non Maliens, ne sont directement remis à aucune autorité publique. Ils sont tout simplement, après des semaines de brimades et de traitements dégradants, déposés à la frontière et laissés dans un no man’s land, avec un simple « rentrez chez vous ! ».
Sur la zone frontière, il n’y a pas l’ombre d’une autorité accueillante et pas même un drapeau malien qui signale le passage d’un territoire à un autre. En réalité, aucun des deux États ne prend vraiment ses responsabilités. L’Algérie expulse à tour de bras et à l’abri de toute exposition médiatique et diplomatique, dans des conditions humainement inacceptables y compris des étrangers qui ont légalement des titres de séjour. L’État malien, quant à lui, ferme les yeux, renonce à toute affirmation de souveraineté et laisse faire passeurs, réseaux mafieux ou ses propres corps armés qui, à qui mieux mieux, rançonnent et dépouillent ces damnés de la terre sur le sort de qui tout le monde ferme les yeux.
Entre 200 et 300 refoulés africains dont des femmes et des enfants, croupissent là dans un dénuement total, sans eau ni lumière, sans nourriture ni soins, oubliés de tous, dans l’indifférence des autorités publiques et à la merci de tous les trafics. Polices, passeurs, militaires et réseaux mafieux, tout le monde profite du système.
La convention avec la Croix-Rouge
Une convention, en fait un arrangement non écrit, a été conclue entre la Maison du Migrant et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Croix- Rouge malienne pour accueillir les convois de migrants refoulés du Maghreb à Tinzaouaten. Si l’action de la Croix-Rouge permet de diminuer le nombre de personnes bloquées sans ressources, sujets aux brimades de la police et des militaires dans ce no man’s land, il semble aussi qu’elle provoque des effets pervers :
-> 1 Des discriminations ont été souvent constatées dans le choix des publics prioritaires pour l’acheminement. Ce ne sont, en effet, pas toujours les plus vulnérables qui parviennent à monter dans le camion Croix-Rouge, mais plutôt une clientèle triée sur le volet par des chefs de ghettos de Tinzaouaten ou leurs collaborateurs en contrepartie d’une « taxe » indue, perçue sur le candidat au départ déjà plus que démuni.
Il est du reste fréquent que ces « chairmen » entretiennent de bonnes relations avec les militaires, les gendarmes et les volontaires de la Croix-Rouge locale qui établissent les listes depuis Tinzaouaten. Les Maliens parviennent parfois plus facilement à trouver une place, « du fait de leur nationalité ». Les femmes, même enceintes, et par conséquent prioritaires pour l’évacuation, sont très souvent exclues des convois.
-> 2 Des contrôles de police abusifs, notamment à Kidal, sont effectués sur les migrants qui voyagent dans le convoi. Ils sont fouillés hors la présence de la Croix-Rouge et bien souvent dépouillés de leurs biens personnels.
-> 3 Des rythmes des convoyages disproportionnés et non adaptés aux capacités d’accueil de la Maison du Migrant : les convois devaient être, à l’origine, limités à 80 personnes maximum par 15 jours, mais la Croix-Rouge a décidé unilatéralement et sans complément d’aide financière ou logistique, de les porter à 50 personnes par semaine. Ce qui dépasse plus que largement les capacités de l’équipe de la Maison qui, de fait, n’a plus les moyens d’effectuer le travail d’écoute, d’information, de sensibilisation qui constitue sa vraie mission. Il faut savoir en outre qu’une fois les migrants remis à la Maison du Migrant à Gao, la Croix-Rouge considère sa mission achevée. Et l’aide financière forfaitaire qu’elle apporte (équivalent d’une journée d’accueil) demeure trop faible pour subvenir aux besoins réellement pris en charge par la Maison du Migrant.
Un réaménagement de la convention avec la Croix- Rouge devra être envisagé pour éviter la dénaturation des missions de la Maison du Migrant et pour la protéger des risques financiers et logistiques exorbitants qu’elle aurait du mal à supporter.
Nioro du Sahel
Nioro est située à 30 km de la frontière mauritanienne, 430 km de Bamako. Depuis quelques années, il est devenu un lieu privilégié des refoulements opérés par l’autorité mauritanienne. En 2008, 1 800 personnes ont été « jetées » à la frontière par la police mauritanienne. Entre janvier et octobre 2009, 550 migrants ont été refoulés. La majorité sont des Maliens ou des Africains d’autres nationalités avec des papiers d’identité maliens. Beaucoup ont été arrêtés à Nouadhibou. Certains Maliens, installés de longue date en Mauritanie et qui y travaillent, sont parfois eux aussi expulsés.
Au début, l’administration malienne a tenté de prendre la question de l’accueil en charge mais ça n’a pas duré. L’association « Human Help » organise un convoi par mois (80 personnes) de Nioro vers Bamako. La Caritas locale ne peut pas faire face seule à ce problème mais s’y est quand même mobilisée.
Bamako
À Bamako, la Mission catholique (les pères Blancs) accueille les migrants soutenus depuis le Maghreb par les relais de Rencontre et Développement. L’association ARACEM (Association des refoulés d’Afrique centrale) accueille certains migrants refoulés, arrivés seuls ou convoyés par la Maison du Migrant de Gao. Elle aide aussi et accompagne (hébergement et recherche d’emploi) certains refoulés bloqués à Bamako.
Mais les capacités d’accueil d’ARACEM sont cependant très réduites et cette association, malgré sa bonne volonté manifeste, n’a pas la logistique nécessaire pour
faire face aux importants flux de refoulés venant de Gao.
En réalité, le suivi et l’accompagnement des migrants vers d’autres pays de destination restent encore préoccupants à Bamako. Il n’est pas rare que des refoulés soient interpellés sur la voie publique sans domicile ni ressources et sans structure d’accueil de référence.
(Cheikh Diop et Ibrahima FAL, SIDEB ; Abbé Jean-Marie Ndour, Caritas Dakar)
Une petite touche d’espérance après ces parcours dramatiques !
Le Sénégal est le terminus pour les Sénégalais reconduits par la chaîne des relais. C’est par cette chaîne, depuis Kidal au nord du Mali, que Dame Sène, originaire de Diourbel, est rentré au Sénégal en 2008 après 7 ans de voyage et 5 refoulements d’Algérie. Dame est aujourd’hui installé avec sa famille et mène des activités de tissage dans sa ville d’origine.
Le Sénégal, c’est aussi le terminus pour les milliers de migrants rapatriés depuis les Îles Canaries suite aux accords hispano-sénégalais. 500 à Kayar, 400 à Mbour par exemple. Chacun avec un sandwich et 10 000 F CFA. Les migrants rapatriés se sont progressivement regroupés. Des GIE (Groupements d’intérêt économique) se sont créés sur divers corps de métiers, notamment de la pêche artisanale. L’association Solidarités et initiatives de développement économique de base (SIDEB) encadre ces processus collectifs et organise aussi des actions de sensibilisation et d’information pour mieux expliquer aux jeunes ce que signifient ces départs.
La Caritas Dakar, qui abrite le PARI, Point d’accueil des réfugiés et immigrés, souhaite également amorcer un travail de mobilisation des médias et de l’opinion publique, afin que ces situations dramatiques aux frontières et dans la mer soient mieux connues et ne soient pas si vite oubliées, afin que les décideurs politiques posent le problème clairement. Des émissions radios sont ainsi organisées (l’une l’a notamment été depuis Gao, avec le témoignage d’un migrant sénégalais refoulé à Tinzaouaten), et deux forums ont déjà eu lieu en 2006 et 2007 sur les questions de migrations et d’emplois des jeunes.
(Sara Prestianni, Migreurop)
Le réseau Migreurop compte 40 associations membres, dans 13 pays. Le réseau s’est constitué en 2002 comme un réseau informel sur la question des camps d’enfermement, pour dénoncer la rétention pour le seul motif de ne pas avoir de papiers, pour dénoncer les conditions de rétention et l’externalisation de la politique de fermeture des frontières de l’espace Schengen.
Le réseau analyse la sous-traitance de la gestion des frontières européennes jusqu’aux pays d’origine, pays qui n’ont parfois même pas signé la convention de Genève sur l’asile. Depuis 2008, Migreurop a constitué un observatoire des frontières (cf. Frontières assassines de l’Europe) pour analyser les procédures de refoulement, d’expulsion et de « déshumanisation des migrants sur les routes migratoires ».
Migreurop organise également des campagnes d’interpellation auprès du Parlement européen. C’est à partir de ces actions développées autour des zones frontières de l’Europe, qu’il porte aujourd’hui un discours de dénonciation et d’interpellation politique auprès des institutions européennes et des autorités des pays concernés.
(Nina Marx, CCFD-Terre Solidaire)
Le Programme Migrants du CCFD-Terre Solidaire soutient en France trois types de partenaires :
-> associations de défense des droits des migrants et de lutte contre les discriminations qui se mobilisent pour que les migrants disposent d’une situation administrative et juridique stable, bénéficient de droits civils et sociaux reconnus et accèdent à un véritable statut citoyen dans la société,
-> associations engagées dans le renforcement du vivre ensemble et le dialogue interculturel et interreligieux dans la société française,
-> le CCFD-Terre Solidaire encourage aussi les associations d’immigrés qui participent aux actions de développement dans leurs pays et régions d’origine. En plus des actions France, Le Programme Migrants soutient depuis quelques années des partenariats internationaux.
Dans la zone Maghreb/Sahel, où sa présence est déjà ancienne, le CCFD-Terre Solidaire développe des partenariats autour des axes suivants :
-> Appui de proximité, qui vise à remettre « debout » et réhabiliter des migrants qui ont subi dans leur parcours, des échecs, des brimades et des violations de droits.
-> Aide à la réinsertion économique et sociale de migrants rapatriés et de candidats au départ.
-> Plaidoyer politique, interpellation publique des décideurs et travail d’information et de communication pour mieux faire connaître les situations et les aléas des parcours des migrants.
De nouvelles zones d’intervention sont en cours d’ouverture en Asie (Thaïlande, Philippines) en Amérique latine (Méso-Amérique, Brésil), en Afrique (Afrique du Sud) et au Moyen-Orient (Égypte, Liban).
À noter que le CCFD-Terre Solidaire ne vient pas directement en aide aux migrants pris individuellement mais appuie des associations partenaires qui les assistent, défendent leurs droits et essaient d’améliorer leurs conditions de vie.
Le CCFD-Terre Solidaire n’a pas d’antenne ni de représentation dans les pays dans lesquels il travaille. Il s’appuie sur ses partenaires locaux et essaie de converger avec eux, sur une base d’égalité, autour de leurs propres priorités d’action, pour le bien des populations en difficultés, en vue de faire reculer les injustices sociales et d’améliorer les conditions de vie des plus pauvres, par l’accès aux droits et par un meilleur partage de richesses de notre monde.
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Contexte :
Depuis le cessez-le-feu de 1991, une Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) est présente et surveille cette zone. Dans les camps de réfugiés, en Algérie, les Sahraouis sont organisés et luttent pour la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Ils vivent dans un contexte extrêmement rude, la guerre et l’exil les ont contraints à la sédentarisation et ils dépendent presque entièrement de l’aide humanitaire internationale.
Le CCFD-Terre solidaire soutient un projet avec l’Association des amis de la RASD (AARASD), cofinancé par le Ministère des Affaires étrangères, à El Aïoun, l’un des quatre camps de réfugié (la population totale des quatre camps est estimée à 165 000 habitants).
Objectifs :
Soutenu par le CCFD-Terre solidaire, le jardin est inauguré en 1995, en présence de Théodore Monod, puis il est devenu une ferme d’élevage en 2002. L’idée est de former les ouvriers Sahraouis de la ferme et développer un élevage adapté à leur nouveau mode de vie sédentaire afin de mieux gérer tous les facteurs de production (alimentation, sélection, reproduction, contrôle sanitaire…) et optimiser les ressources naturelles.
L’objectif essentiel de ce projet est de développer la production alimentaire locale. Les réfugiés consomment alors davantage de viande, notamment les enfants et les malades. Pour le CCFD-Terre solidaire ce projet s’inscrit très clairement dans une optique de développement durable.
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]]>Les deux attentats de fin décembre dont les auteurs seraient des activistes d’Al Qaida confirment la montée des idées intégristes portées par les étrangers wahhabites (originaires d’Arabie Saoudite) avec qui pourtant le régime entretient des relations économiques indispensables pour le développement de la Mauritanie. Les prises de drogue et le commerce de l’émigration clandestine laissent à penser que le pays est devenu une plaque tournante de la contrebande et inévitablement de la corruption et du trafic d’armes.
Parallèlement la hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité a justifié la révolte des jeunes et la prise pour cible des bâtiments administratifs. Les émeutes ont été réprimées par la force. Les coupures d’eau et d’électricité se font de plus en plus fréquentes.
La situation économique se dégrade et le régime actuel pourrait être tenté de prendre des mesures répressives comme actuellement la remise en cause de la loi sur les associations, et les difficultés créées pour organiser un forum social national, qui de plus est un forum maghrébin.
L’appui à une société civile encore jeune où les femmes doivent encore se battre pour être reconnues, où les migrants des pays de la sous région s’entassent à la frontière marocaine, et où l’insécurité alimentaire persiste dans certaines régions pourtant aux potentialités agricoles non exploités justifient les actions menées par les partenaires.
Depuis la fin des années 90, la Mauritanie est sujette à une attention particulière de la part du CCFD-Terre Solidaire à travers la vallée du fleuve Sénégal, zone stratégique dans la zone sahélienne. En raison du faible développement de la société civile mauritanienne, le CCFD-Terre Solidaire travaille en partenariat avec le GRDR ou Caritas Mauritanie. Ses partenaires sont ABDI-Association Boully pour le développement et l’insertion, Collectif des Unions de Coopératives du Guidimakha et Mauritanie 2000.
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]]>Les populations rurales les plus exposées à la faim
Des réponses durables ne pourront être apportées sans prendre en compte deux préoccupations trop occultées. D’une part, la dépendance alimentaire croissante des pays en développement – certains pays comme la Mauritanie importent 70% de ce qu’ils consomment – les rend incroyablement vulnérables aux aléas des marchés mondiaux. Cet état de fait contraste avec un potentiel de production qui leur permettrait le plus souvent de faire face aux besoins. Mais il faudrait pour cela des investissements appropriés, surtout, comme le souligne le secrétaire général de la FAO Jacques Diouf, « au niveau des agriculteurs pauvres, qui sont les plus nombreux et qui ont des marges de croissance de productivité et de production importantes ». D’autre part, la faim touche majoritairement les populations rurales, et n’est pas un problème nouveau. Les émeutes actuelles sont visibles car elles sont urbaines… Mais les trois quarts des 854 millions de personnes qui souffrent de la faim en permanence sont les masses rurales silencieuses. Les petits paysans ont faim, car ils sont pauvres, et ils sont pauvres car on ne leur donne pas les moyens de vivre dignement du travail agricole.
La faim, conséquence de la perte de souveraineté alimentaire
Comment en sommes-nous arrivés là ? Les pays où éclatent ces émeutes ont en commun le dé-tricotage de leur souveraineté alimentaire, résultat de politiques inadaptées, en particulier de l’offensive néolibérale menée depuis 30 ans. A coups de programmes d’ajustements structurels et de libéralisation des échanges agricoles, les producteurs agricoles se sont retrouvés sans soutien ni protection. Ils ont perdu la capacité de nourrir les villes, et de se nourrir eux-mêmes. Les gouvernements du Sud ont préféré acheter la paix sociale en recourant à des importations à bas prix pour nourrir les consommateurs urbains.
Ces pays paient aujourd’hui le prix de leur dépendance aux aléas du marché mondial. Pour répondre à cette crise alimentaire durable, on ne peut se limiter à des mesures d’urgence, il faut s’attaquer aux causes structurelles. La France et l’Union européenne ne peuvent s’exonérer d’une remise en question de leur politique étrangère, commerciale et de coopération. Un défi majeur consistera à mettre fin à la « schizophrénie de la politique des Etats » qu’évoque le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation, Jean Ziegler.
Pour une cohérence entre les discours et les actes de la France
Première puissance agricole européenne, la France se plaît à rappeler son soutien aux pays du Sud, et souligne aujourd’hui la nécessité « d’encourager la production locale ». Elle se doit de faire preuve de cohérence entre les discours et les actes. Va-t-elle réellement réorienter sa politique de coopération vers les agricultures familiales vivrières, ou continuer à privilégier les cultures d’exportation ? Va-t-elle maintenir ses subventions aux exportations, au nom d’une « vocation exportatrice » qui contribue à déstabiliser les marchés mondiaux ? Au niveau européen, la France continuera-t-elle à approuver par son silence les mal-nommés Accords de partenariat économique (APE) que la Commission européenne veut imposer aux pays d’Afrique notamment, mettant en concurrence agriculteurs africains et européens en supprimant les protections douanières ? Va-t-elle continuer à encourager le projet de Directive européenne en faveur des importations d’agrocarburants en provenance du Sud, aux dépens de la production alimentaire de ces pays ?
Sur une planète disposant d’un potentiel de production suffisant, il n’y a pas de fatalité. La France ne doit pas se contenter de jouer les french doctors, elle doit modifier ses propres politiques. Elle doit aussi interpeller les organisations multilatérales et les bailleurs de fonds internationaux, ainsi que l’Union Européenne, afin de changer les règles du jeu mondial, en faveur du droit à l’alimentation et de la souveraineté alimentaire.
Faute de quoi la désertification agricole des pays du Sud se poursuivra, avec son cortège d’émeutes de la faim urbaines.
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