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« Grâce à Dieu, la force, la résilience et la solidarité nous maintiennent. Notre pays a été cloué par 2 ouragans qui ont principalement affecté la côte caraïbe, mais aussi le département de Rivas.
D’abord l’ouragan Eta et quelques jours plus tard Iota, ce dernier beaucoup plus destructeur dans tous ses aspects.
Il a emporté des vies et a détruit plus de 1.800 maisons, rasant totalement les cultures. Les chemins sont détruits, des zones entières sans communication, sans électricité.
Des familles ont tout perdu et ne sont restées qu’avec les vêtements qu’elles portaient. C’est très triste.
Ochomogo, la communauté où j’habite, est une des zones les plus affectées du département de Rivas, avec la municipalité de Tola.
Dans ma communauté, Iota a emporté les toits et les maisons étaient inondées. Tout a été perdu dans cette zone rurale où les gens vivent de l’agriculture. Il y avait déjà 206 familles affectées avec Eta et encore 680 avec Iota.
L’aide du gouvernement est absente. Politisée, elle est seulement octroyée aux membres du parti au pouvoir.
Au niveau local, il y a peu de municipalités qui ont pu apporter de l’aide.
Des entraves gouvernementales empêchent les organisations de la société civile de venir en aide des populations des Caraïbes. Le gouvernement veut concentrer les ressources économiques de l’aide.
A Rivas, nous nous sommes mobilisés pour la collecte et la distribution d’aide alimentaire et de vêtements et pour l’organisation d’une aide médicale pour les familles les plus affectées.
La Croix Rouge, l’Eglise catholique, les Eglises évangéliques et les gens de bonne volonté ont apporté des colis alimentaires.
Le soutien prévu dans le projet soutenu par le CCFD-Terre Solidaire à des projets productifs pour les familles de migrants a permis d’acheminer des semences et quelques intrants à un certain nombre de personnes affectées, pour qu’on puisse recommencer à cultiver, d’autant que le secteur est totalement abandonné.
Les gens continuent de fuir vers le Costa Rica.
La pauvreté et la faim se voient au quotidien.
Si les gens ont un petit quelque chose, ça ne suffit que pour quelques jours. Il y a des résurgences de dengue, beaucoup de maladies respiratoires et de diarrhées en raison des eaux polluées. De nouveaux cas de Covid sont apparus, invisibilisés par l’Etat.
Malheureusement, la Covid a emporté Don Rafael Valdez, directeur du Centre Antonio Valvidieso – CAV [ONG membre et support administratif du Réseau nicaraguayen pour les migrations].
Une transition a été réalisée avec un nouveau conseil d’administration et une nouvelle directrice, Doña Miriam Porras. »
Propos recueillis et traduits par Emmanuel Cochon, le 1er décembre 2020
Lire aussi : Cinq ans après l’Accord de Paris, l’Amérique centrale frappée par les dérèglements climatiques
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Walter Prysthon est responsable du service Amérique latine au CCFD-Terre Solidaire.
Ce mois de novembre, pendant que des millions de personnes subissaient les conséquences d’ouragans en Amérique centrale, environ la moitié de la population de la plus grande puissance économique mondiale votaient pour Trump, un candidat qui nie la réalité du changement climatique.
Le mardi 3 novembre 2020, l’ouragan Eta touchait terre dans la région Caraïbe nord du Nicaragua avec des vents à plus de 230 km/h. Se déroulaient en même temps les élections présidentielles aux Etats Unis…Ainsi, les dégâts occasionnés sont restés sous relatif silence dans la presse internationale.
Les populations indigènes du nord du Nicaragua, les premières touchées, ont tout perdu : leurs maisons, leurs récoltes… Transportées d’urgence vers des refuges, les familles affectées se sont alors confrontées à l’absence totale de mesures de protection face à la Covid, faisant craindre un regain en puissance de la pandémie.
Poursuivant lentement son chemin dans les terres centraméricaines, Eta, devenu tempête tropicale, a occasionné des pluies torrentielles qui se sont traduites par des inondations majeures sur plusieurs bassins et des éboulements de terrain qui ont parfois englouti des villages entiers.
Les images de ponts s’écroulant emportés par des flots d’une violence inouïe, des montagnes amputées de leurs terres et des villages isolés ont fait le tour des réseaux sociaux dans la région. Les crues et les rafales de vent ont détruit des milliers d’hectares juste avant les récoltes.
Quinze jours ne s’étaient pas écoulés et la région était à nouveau frappée par un autre événement climatique majeur, l’ouragan Iota… La côte caraïbe nicaraguayenne a été balayée pour la deuxième fois.

– 10 pays affectés : Nicaragua, Honduras, Guatemala, Mexique, Salvador, Costa Rica, Panama, Belice et même Cuba et la Colombie.
– Plus de 300 morts cumulés dans la région.
– Rien qu’au Guatemala, environ 1,8 million de personnes affectées : au 6 décembre, trois semaines après le passage de la tempête Iota, 135 communautés restent complètement isolées et sont obligées de rationner l’alimentation.
– Sur la côte caraïbe au Nicaragua, de villages entiers ont été rasés.
La saison cyclonique qui vient de se clôturer a été la plus active de l’histoire. Un alphabet n’a pas été suffisant pour nommer tous les cyclones de la saison : 30 événements majeurs ont été répertoriés sur l’Atlantique. Pour la 5e année consécutive, l’activité cyclonique a été au-dessus de la moyenne historique.
L’Amérique centrale a été particulièrement concernée cette année, et ce dès le mois de mai, avec la tempête tropicale Amanda sur le Salvador et le Guatemala. Trois ouragans ont aussi traversé la péninsule d’Yucatán au Mexique en 2020. Avec les ouragans Eta et Iota, le bilan économique et social est dévastateur.
Tout cela n’est pas sans rappeler la tragédie subie par la population des Alpes-Maritimes en France, mais aussi en Italie, lors du passage de la tempête Alex début octobre. La protection sociale et l’attention de l’État en moins… La situation préalable d’insécurité alimentaire en plus… pour ce qui concerne les Centraméricains.
Lira aussi le témoignage de Sheila Reyes après les deux ouragans qui ont frappé le Nicaragua
Au Guatemala environ 2,7 millions de personnes (plus de 15 % de la population) se trouvaient déjà en situation de crise alimentaire. Les ouragans Eta et Iota aggravent considérablement la situation. Le Ministère de l’agriculture estime que 164 390 hectares de cultures agricoles ont été endommagés, notamment dans les départements caractérisés par les plus forts niveaux d’insécurité alimentaire et de malnutrition infantile.
Les récoltes de maïs, haricots et courges, cultures qui composent l’alimentation de base dans la région, ainsi que des cultures de rente, comme le cardamome, l’avocat et le café, pour ne citer que quelques-unes, sont compromises.
Dans son appel à la solidarité, le Comité Paysan de l’Altiplano (CCDA) interrogeait les responsabilités de l’Etat et du modèle économique extractiviste qui démultiplient les impacts des catastrophes dites naturelles. Le gouvernement guatémaltèque, déjà très critiqué par la mauvaise gestion des programmes sociaux en réponse à la pandémie, majoritairement sous-exécutés ou maculés par la corruption, est interpellé dans sa capacité à faire face à la crise humanitaire. Certains gouvernements dans la région cherchent à contrôler et à tirer des bénéfices de la gestion d’une aide au compte gouttes. Or, la relance de la production agricole est urgente.

Les mouvements paysans de la région considèrent que cela ne peut se faire sans une réforme agraire qui favorise l’accès à la terre et sans la reconnaissance du rôle des peuples indigènes dans la gestion des territoires.
En Amérique centrale aujourd’hui, urgence climatique, crise sanitaire liée à la pandémie et insécurité alimentaire chronique se joignent et réclament des mesures courageuses pour protéger la vie.
Climato-sceptiques et conspirationnistes, de tous les horizons, dictateurs et corrompus, les déshérités de la terre vous pointent du doigt ! Des mobilisations sociales voient le jour pour réclamer davantage de démocratie et respect des droits humains et de l’environnement. Il faut savoir écouter la clameur populaire et les signes de la nature.
C’est dans un monde fracturé, malade de ses inégalités, aux éléments déchaînés que nous sommes appelés à agir, à nous réinventer dans notre pédagogie et dans nos méthodes pour sensibiliser aux causes et aux effets des changements climatiques et pour faire vivre le souffle de l’espoir et de la solidarité, en alliance avec les acteurs qui se mobilisent localement !
Des territoires où travaillent de nombreux partenaires du CCFD–Terre Solidaire ont été affectés par les tempêtes Eta et Iota :
– Au Nicaragua : le département de Rivas, où le Réseau Nicaraguayen de la Société Civile pour les Migrations accompagne des familles de personnes migrantes en zones rurales.
– Au Guatemala : le département d’Alta Verapaz, où le CCDA compte des membres dans plusieurs communautés affectées ; la municipalité d’Ixcán (au département de Quiché), où travaille SERJUS.
– Au Salvador : à Chalatenango et Santa Ana, où travaille FUNPROCOOP, des coopératives ont perdu leurs récoltes.
– Au Mexique : la zone des Hauts plateaux du Chiapas et la ville de San Cristobal de Las Casas, où travaille DESMI.
Walter Prysthon, Responsable du Service Amérique Latine du CCFD-Terre Solidaire.
Photos : mobilisation du CDDA, partenaire du CCFD-Terre Solidaire
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« Le Covid-19 est sous contrôle. » Dans une rare apparition depuis le début de la pandémie, après une absence de 40 jours entre mars et avril, le président nicaraguayen, Daniel Ortega, a affirmé le 19 juillet, maîtriser la situation sanitaire. Tout en assurant que le système de santé n’avait pas été affecté, contrairement à ceux des pays « capitalistes ». Le dirigeant a aussi vanté le mérite des « travailleurs et paysans dévoués qui, dans les pires moments, n’ont cessé de produire ».
Le Nicaragua, l’un des pays les plus pauvres de la région, est le seul en Amérique centrale à ne pas avoir adopté de mesure de confinement ou décidé de fermer les écoles, bars et restaurants pour endiguer l’épidémie.
Les autorités ont toujours nié la gravité de la situation, au point d’organiser des manifestations publiques et autres festivités de masse. Comme celle, ce 19 juillet, du 41e anniversaire de la révolution sandiniste qui a renversé la dictature des Somoza.
Le ministère de la Santé dénombrait en juillet 108 décès et 3 439 personnes infectées par le virus, sur 6,5 millions d’habitants. Des statistiques largement sous-évaluées selon des experts locaux, comme l’Observatoire citoyen Covid-19, un réseau indépendant d’épidémiologistes, de professionnels de santé et d’étudiants, qui recense plus de 8 500 cas suspects et 2 260 décès probablement dus au coronavirus.
Dans ce contexte sanitaire explosif, 700 médecins ont signé, le 28 mai, une lettre ouverte pour dénoncer la gestion de la crise par les autorités. Quatre jours plus tard, trente-quatre associations médicales appelaient à se confiner « volontairement » pendant au moins un mois, réclamant des mesures « à grande échelle ». Seule réponse : plus d’une quinzaine de médecins de la santé publique ont été licenciés, en pleine pandémie.
Le régime lui-même ne semble pourtant pas épargné. Le Covid-19 aurait entraîné le décès de plusieurs ministres, conseillers présidentiels, parlementaires, maires et dirigeants du parti au pouvoir, le Front sandiniste de libération nationale.
Alors que le pays est plongé dans une profonde crise politique et économique, les critiques sur la gestion de la situation sanitaire se font de plus en plus pressantes. Mais pas de quoi, semble-t-il, faire vaciller le président au pouvoir depuis 2007, qui a fait face entre 2018 et 2019, à un mouvement de contestation massif pour réclamer son départ.
Des manifestations qualifiées par le gouvernement de tentative de coup d’État et réprimées dans le sang : au moins 328 morts selon la Commission interaméricaine des droits humains. Près de 100 000 Nicaraguayens se sont exilés dans les pays voisins.
Juan Carlos Arce a passé illégalement la frontière pour se réfugier au Costa Rica le 19 décembre 2018, en pleine période de persécution des militants des droits humains. En 2019, avec une partie de l’équipe du Centre nicaraguayen des droits de l’Homme (Cenidh), ils forment le collectif Nicaragua Nunca mas (« Plus jamais »), allié du CCFD-Terre Solidaire.
D’autres membres vivent toujours au Nicaragua, comme Marta Maria Blandon, qui se définit comme une « féministe et militante depuis 30 ans ». Début 2020, Juan Carlos Arce et Marta Maria Blandon se rendent à l’Onu, à Genève, pour exposer au Rapporteur spécial sur la torture, leur rapport Volviendo a ser humano (Redevenir humain). Il recense 56 témoignages de tortures infligées à d’ex-prisonniers politiques, incarcérés entre 2018 et 2019. Des récits de victimes classés par groupes de populations : femmes, hommes, jeunes, paysans, LGBTIQ+… Leur objectif : « déterminer des schémas afin de comprendre l’intentionnalité de la torture. Car, au-delà de soutirer des informations, il y a dans les pratiques une volonté de dénigrer les personnes et de les démobiliser », explique Marta Maria Blandon. Comme pour briser définitivement leur soif de lutte à l’avenir.
Informer pour exiger la vérité, la fin de l’impunité, l’arrêt de ces violations sont les principales missions de Nicaragua Nunca mas. Le collectif effectue aussi un travail de mémoire, « car les mécanismes de dépôts de plaintes sont longs », précise Juan Carlos Arce. « Nos rapports rendent visibles les violences graves d’État, ajoute Marta Maria Blandon. Elles se sont intensifiées à partir de 2018, mais elles avaient cours bien avant. »
Au Nicaragua, « il existe une violence systémique et une torture institutionnalisée », appuie Juan Carlos Arce. Pour preuve, les paramilitaires sont toujours en activité. « Ils n’ont pas été désarmés, malgré les recommandations des organismes de droits humains en 2018, dans un appel à la fin de la répression. Pire, ils disposent d’une totale impunité : il n’y pas d’enquête ni de procès », condamne-t-il. Et alors que le pouvoir a retiré le statut légal à des ONG comme le Cenidh, il l’a octroyé à des groupes clairement identifiés comme paramilitaires selon les représentants du collectif. « Nous voulons démonter le discours qui laisse penser que les violences ont cessé, que la situation s’est normalisée. C’est faux. Le pouvoir a compris que trop de morts dans la rue, cela se voit. Il réprime de manière plus sélective, dans le milieu rural, les populations moins visibles », affirme Marta Maria Blandon.
La prochaine élection présidentielle en 2021, peut-elle apporter l’espoir d’un changement ? Sans des réformes minimales, aucune chance, selon la féministe et militante : « Ce qu’il faut, c’est obliger l’État à garantir les droits fondamentaux d’opinion, d’expression, de réunion. Sans cela, le processus électoral ne sera jamais juste. »
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Tribune rédigée par Emmanuel Cochon, chargé de mission pour l’Amérique centrale au CCFD-Terre Solidaire
Depuis le mois d’avril, le Nicaragua vit une situation sociale et politique inédite. C’est la plus forte contestation du pouvoir exercé par Daniel Ortega depuis son retour à la présidence en 2006.
Tout a démarré avec une première manifestation de retraités contre un projet de réforme de l’Institut National de Sécurité Sociale, prévoyant une baisse de 5 % de leurs maigres pensions, dans un pays où plus de 50 % de la population vit dans la pauvreté. La répression conduite par des nervis casqués motorisés aux ordres du gouvernement, enflamme le pays et notamment la jeunesse étudiante.
Les manifestations suivantes, rassemblant jeunes et retraités, sont encore plus durement réprimées. La couverture des violences par les réseaux sociaux, au moment où le gouvernement fermait autoritairement les dernières chaines TV non assujetties au pouvoir, a entrainé une solidarité croissante au sein de la population et certains quartiers se sont couverts de barricades.
Le 22 avril, après 4 jours de protestations le bilan s’élevait déjà à plus de soixante morts, dont des journalistes, plusieurs dizaines de blessés et jusqu’à 200 arrestations arbitraires parmi les étudiants.
Une nouvelle manifestation le jour de la fête des mères a encore été très durement réprimée au Nicaragua, faisant 16 morts et plus de 88 blessés mercredi 30 mai, amenant le bilan global de la répression des derniers mois à plus de 100 morts.
Les seules réactions du gouvernement ont consisté en un appel au « dialogue » tout en rejetant la responsabilité des « émeutes » sur des groupes cherchant à briser la paix sociale – des « vampires réclamant du sang pour nourrir leur agenda social », et d’hypothétiques groupes influencés par l’étranger. Quant aux violences de la police ou des groupes de nervis, ils ne seraient que « légitime défense ».
Un processus de dialogue national, accompagné par l’Eglise, a été lancé pour apaiser les tensions, mais la gestion violente de la crise par le gouvernement a atteint un tel niveau que la population réclame désormais non plus des réformes mais le départ du couple présidentiel.
Par la voix de Mgr Silvio Baez, évêque auxiliaire de Managua, l’Eglise nicaraguayenne, pourtant peu encline à s’exprimer sur des sujets liés à la politique, demande l’arrêt des violences contre la population et « la reconstruction de la démocratie » dans un pays « fondé sur la liberté et la justice sociale ».
La force et l’ampleur de la mobilisation a pris par surprise un gouvernement habitué à tuer dans l’œuf les velléités d’expression de la population. Mais l’arbitraire et la violence de la répression a entrainé une solidarité populaire : étudiants et retraités, habitants des quartiers, paysans mobilisés contre la construction du canal interocéanique qui les spolient de leurs terres (et qui eux aussi ont eu à subir une forte répression)…
Lundi 23 avril, une immense manifestation rassemblait près de 500 000 personnes à Managua et plusieurs villes du pays. Le Président Daniel Ortega finit par annuler le décret de réforme de l’INSS.
Mais cela ne suffit pas à calmer une colère sociale accumulée depuis plus de dix ans. Le témoignage d’Osiris, communicatrice sociale, est éloquent au sujet de cette manifestation :
« Au milieu de tant de douleur, aujourd’hui mon cœur s’éveille plein d’espérance. Dans les manifestations, il n’y avait pas de partis ni de personnes obligées à marcher, seulement des citoyens et des citoyennes qui demandaient à avoir une voix, une dignité et des droits : Etat de droit, liberté d’expression et de manifestation, sécurité sociale, liberté de la presse… »
En même temps, elle réclame « justice pour les jeunes assassinés par le gouvernement ».
Le parti au pouvoir, tout en se réclamant de l’expérience historique du sandinisme et faisant appel à une rhétorique « chrétienne, socialiste et solidaire », se révèle avant tout défenseur des intérêts d’une nouvelle élite, très bien intégrée à un capitalisme autocratique.
Une chape de contrôle social s’est ainsi abattue sur le pays depuis environ 5 ans : remise en cause, voire disparition des organisations de la société civile non alignées au parti au pouvoir, recul des droits des femmes et des indigènes, atteintes graves à la liberté d’expression et de la presse.
Les territoires et les quartiers sont quadrillés de cellules et organisations « sandinistes », qui loin de permettre une appropriation citoyenne de la « révolution », sont devenus des outils de clientélisme et de contrôle social.
Jusqu’à présent, par peur, le mécontentement s’exprimait surtout par l’abstention massive, notamment chez les jeunes. Le pouvoir, allié au Conseil Suprême Electoral, gêne ou interdit sous de multiples prétextes les partis ou organisations politiques opposés à sa ligne.

La mobilisation populaire au Nicaragua est emblématique à plusieurs points de vue.
Tout d’abord elle est intergénérationnelle. C’est un fait nouveau : beaucoup d’ainés se sentaient foncièrement « sandinistes », fiers d’avoir participé au renversement de la dictature somoziste dans les années 70. La répression et la violence qui s’abattent sur la jeunesse aujourd’hui les a fait vaciller et douter.
L’ampleur de la mobilisation de la jeunesse a également surpris une partie des observateurs. Considérée jusqu’ici comme apathique, elle s’était récemment mobilisée, essentiellement sur les réseaux sociaux, pour appeler le gouvernement à réagir aux incendies de forêts massifs qui avaient touché la réserve Indio Maiz début avril. Elle protestait alors contre le contrôle de l’information, le refus de l’aide internationale, la persécution des organisations de défense de l’environnement.
Cette génération, très nombreuse (les moins de 24 ans représentent 50 % de la population), est surtout frappée par le chômage et l’absence de liberté d’expression. La situation économique du pays est fragile. Le Nicaragua reste un pays pauvre, assez rural. Les zones franches n’offrent que peu d’emplois, non qualifiés, mal payés et pénibles. Les conditions de vie des paysans, rendues encore plus difficiles par les dérèglements climatiques, attirent peu de jeunes. D’autant qu’un paysan doit mener son activité agricole avec un appui technique limité, octroyé sur des bases clientélistes, en concurrence pour l’accès à la terre ou à l’eau avec des grands propriétaires terriens et les entreprises minières.
Des responsables de Cantera, une organisation d’éducation populaire partenaire du CCFD-Terre Solidaire, travaillant auprès de la jeunesse dans des quartiers de Managua, témoignent de la présence de groupes armés, infiltrant, intimidant et menaçant ceux qui se mobilisent.
Les médias officiels développent une rhétorique du « complot étranger » ou nient les violences. L’incertitude autour des manifestants disparus (entre 50 et 200) contribue à crisper une situation déjà tendue. La société rejette la responsabilité de la crise et des violences sur le gouvernement. Rien ne permet de dire aujourd’hui ce qui en sortira politiquement. Mais il n’est pas exagéré d’imaginer que le Nicaragua ne sera plus comme avant.
La population s’indigne des cas de torture et des « assassinats » commis par la police. Elle demande aussi des comptes sur le modèle autoritaire de gouvernance, le modèle prédateur de développement, l’appropriation des ressources de la nation par un clan et les libertés prises avec l’Etat de droit pour son maintien au pouvoir.
La violence de la répression aux manifestations du 30 mai a été énergiquement dénoncée par l’Eglise nicaraguayenne :
« [Nous] condamnons tous ces actes de répression de la part de groupes proches du gouvernement et affirmons qu’on ne peut relancer le processus de dialogue national tandis que le peuple du Nicaragua voit ses droits à manifester librement bafoués, et continue d’être réprimé et assassiné », affirme un communiqué de la Conférence épiscopale.
Aujourd’hui, les appels à la grève générale se multiplient, et malgré les incertitudes, la population semble prête à maintenir sa mobilisation.
La responsabilité du gouvernement est clairement engagée. Les appels au dialogue ne pourront calmer la tension que si la violence institutionnelle, les pratiques de manipulation et de menaces cessent et si les responsables des violences sont traduits en justice. Ce sont là les conditions pour qu’un dialogue national intégrant les nouvelles générations, un projet de justice sociale et environnementale puisse voir le jour.
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« Tu veux voir comment ça fait, d’être migrant ? Il suffit de traverser la rue. » Ou presque. Sous ses dehors bravaches, la proposition est lancée sans malice. Et Sheila Reyes Aguilar, animatrice au sein de la Casa de la mujer de Rivas [[Maison de la femme de Rivas]], association fondatrice du Réseau nicaraguayen de la société civile pour les migrations (RNSCM) [[partenaire du CCFD-Terre Solidaire]], accepte ce jour-là de suivre ces jeunes hommes qui se préparent à traverser clandestinement la frontière. Souvent pour un aller simple, et parfois pour de courts séjours répétés au gré de petits ou gros trafics.
« À Rivas, je n’avais connaissance que de deux points de passage non surveillés pour passer du Nicaragua au Costa Rica. Ils m’ont dit qu’il en existait plus de 80 ! » Sheila Reyes Aguilar, 29 ans, n’a personnellement aucune intention de tenter sa chance de l’autre côté, elle a déjà donné. « Je suis fille d’une famille de migrants. Mes trois frères ont pris leur valise les uns après les autres. Avec ma sœur, nous sommes les seules à être restées. »
Tenter sa chance, au Costa Rica, au Panama, en Espagne ou aux États-Unis plutôt que d’attendre sans espoir un hypothétique emploi : le Nicaragua est écrasé par une crise économique qui touche le monde paysan de plein fouet et n’épargne même pas les plus diplômés des urbains.
L’appel du large s’est encore accentué avec le dérèglement climatique. En 2015, le pays, très rural, est balayé par une grande sécheresse qui décime les récoltes : haricot, maïs, riz, légumes, tous les prix grimpent. Certes, comme dans les pays voisins, le Nicaragua offre des emplois dans les « maquillas », ces usines de multinationales produisant pour l’export dans des zones franches gratifiées d’importantes facilités fiscales. « Mais on y travaille beaucoup pour pas grand-chose. Beaucoup arrivent à la conclusion que migrer, vers une autre province ou plus généralement à l’étranger, est la seule alternative qui reste », explique Sheila.
Encore adolescente, la jeune femme s’engage auprès de la Maison de la femme de Rivas, une association qui vient en aide à celles qui sont touchées par le phénomène : elles représentent près des deux tiers du contingent des migrants, et il s’agit souvent de mères seules et exploitées, ouvrières dans une maquilla, vendeuses ou domestiques. « La pression économique est bien sûr une motivation importante pour fuir, mais on a longtemps occulté l’influence de la violence dont elles sont aussi victime, dans la famille ou au-dehors, souligne Sheila. La nouveauté, aujourd’hui, c’est que les femmes en parlent. »
Au cours de l’excursion illégale mais pédagogique qu’elle accepte au Costa Rica, Sheila constate avec surprise que des femmes tentent le passage avec leurs enfants. Des collines escarpées, des rivières à traverser à gué, des sables mouvants dissimulés. Mais les difficultés physiques sont presque secondaires. « On évoque souvent les dangers de la route de l’immigration vers les États-Unis. Mais le terrain n’est pas moins risqué à deux pas de Rivas. » Agressions, brigandages, viols, assassinats alimentent la chronique frontalière. « Le trafic de drogues, qui s’est considérablement accru ces dernières années, emprunte les mêmes sentiers que l’émigration. »
Peut-être s’agissait-il pour elle de ressentir en situation les périls et les angoisses qui guettent ceux qui décident de jouer leur va-tout, et qu’elle ne rencontrait que dans les bureaux de la Maison de la femme. Mais ce jour-là, elle mettait aussi ses pas dans les traces depuis longtemps effacées de son frère Almicar. Ses aînés, partis avant lui, étaient restés en contact et retournaient au pays de temps à autres. Mais le benjamin s’était évaporé corps et biens quelque part au Costa Rica, à l’âge de 16 ans et sans papiers. « Huit années sans une nouvelle de lui, une souffrance continue pour notre mère. Était-il mort ? » Sheila était enfant à l’époque. « Pour seule mémoire de lui, je ne possédais que la photo d’un jeune homme avec un petit sac à dos. »
Visionner notre vidéo :
Œuvrer pour maintenir le contact avec les familles : c’est la première tâche à laquelle s’est attelé le Réseau nicaraguayen de la société civile pour les migrants. Sheila Reyes Aguilar y siège pour le compte la Casa de la mujer de Rivas qui l’a co-fondée en 2002. Cette structure faîtière, qui regroupe neuf organisations, a largement contribué à constituer le phénomène migratoire nicaraguayen en une question politique nationale.
Le RNSCM mène ainsi une campagne permanente de sensibilisation des candidats à la migration, pour les informer de leurs droits, de la réalité des destinations qu’ils visent, des risques. Près de 90 % d’entre eux s’en allaient dépourvus de papiers — pas même une simple carte d’identité — parfois sans même avoir déclaré un jour la naissance de leurs enfants. Un facteur de vulnérabilité considérable face aux autorités ou les potentiels employeurs de leur nouveau pays.
Pendant des années, les témoignages de violations des droits humains se sont accumulés, visant le plus fréquemment les femmes — exploitation, violences, abus sexuels. « Aujourd’hui, 80 % des candidats à l’émigration partent avec un passeport, c’est un grand succès ! » Entretemps, le RNSCM a fait pression sur l’administration pour qu’elle simplifie la procédure de délivrance (il fallait entre autres un récépissé de la police), et en abaisse le coût.
Le Réseau se bat aujourd’hui pour faire passer une proposition de loi destinée garantir les droits des migrants, stipulant notamment que le gouvernement devra créer une structure d’accueil pour ses émigrés dans les consulats des pays voisins, avec lesquels Managua devra établir un dialogue constructif sur le sujet. « Nous voulons que le Nicaragua remplisse son devoir envers ses citoyens. Dans la mesure où l’État n’est pas capable de leur garantir un avenir économique, migrer en toute sécurité est un droit qui doit recueillir toute son attention. »
Sheila a pris une part toute personnelle dans ces luttes. En 2006, elle se débrouille pour se faire envoyer à une conférence de syndicats de migrants qui se tient au Costa Rica. Elle y questionne des compatriotes munie de la seule information que sa mère détient : Almicar avait dit qu’il partait chercher du travail dans les bananeraies. Elle leur parle du chagrin de sa mère et laisse la photo. Et la solidarité silencieuse agit : trois mois plus tard, le frère prodigue surgit à Rivas !
Avec un registre de péripéties long comme un roman : mordu par un serpent, hospitalisé, déporté par la police, reparti dans les bananeraies. « Je ne voulais pas revenir à la maison défait, sans un sou », pleure-t-il auprès de sa « petite sœur ». Sheila lui passe un gros savon. « Je lui ai dit qu’il était libre de repartir, mais plus nous laisser sans nouvelles. Il a donné sa parole » Et il l’a tenue à ce jour.
Ex-migrant fantôme, Almicar téléphone religieusement tous les huit jours à la maison : il a retraversé la frontière, avec des papiers cette fois-ci, pour aller rejoindre la femme « ticaya » (costaricienne) qu’il a épousé et qui lui a donné deux enfants. « Il revient nous voir avec eux tous les ans pour Noël, ils sont beaux comme lui ! » Un désir inavoué ? « Non, je n’en veux pas. Je me suis dédiée à mes sœurs victimes de violences. »
Patrick Piro
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L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a décrété l’année 2015 comme étant l’Année Internationale des Sols, a organisé ce concours pour faire prendre conscience de l’énorme quantité de terres arables perdues chaque année à cause de l’urbanisation croissante, de la déforestation, de la surexploitation des terres, de la pollution, du surpâturage et du changement climatique.
Eduardo Martínez Bendaña, animateur en communication communautaire, a reçu en janvier 2016 un prix en argent pour avoir réalisé le meilleur documentaire vidéo parmi 65 participants à l’échelle internationale.
Depuis plus de 10 ans, Eduardo suit des cours de formation intégrée à Cantera, à Ciudad Sandino, au Nicaragua. Il étudie actuellement la communication et fait partie du groupe de communicants communautaires du Programme Jeunes de Cantera depuis six ans.
« C’est un jeune plein d’initiatives qui s’implique dans les activités sociales de toutes sortes : il a participé à des ateliers d’édition vidéo et audio, d’utilisation de la caméra, d’écriture de scénarios, et aux cours de formation intégrée du Programme Jeunes de Cantera » explique le centre d’éducation ppopulaire Cantera, fier de voir des jeunes qu’il accompagne ainsi distingués.
La vidéo d’Eduardo “Une Amie de la Nature” présente l’expérience de Dominga Sotelo Vásquez, animatrice en milieu rural de Cantera, qui offre des services d’accompagnement dans la Communauté Planes de Cuajachillo. Dominga a participé à des ateliers de transformation agro-industrielle, de sécurité alimentaire et nutritionnelle, de gestion maraîchère (sols, production biologique, lutte contre les parasites et les maladies), de médecine naturelle, d’agriculture biologique, de sécurité alimentaire à partir de l’agroécologie, de lombriculture et d’apiculture.
« Dominga a toujours été intéressée et motivée par la protection de la nature, l’alimentation saine, la vie en harmonie avec la nature liée à l’agriculture bio. Elle a participé à des cours pour les animateurs en milieu rural, et à celui sur le développement et le pouvoir local dispensés par CANTERA » explique l’association.
Voir leur travail récompensé par un prix international est une source d’encouragements pour tous les jeunes de l’association.
Pour regarder la vidéo en espagnol, cliquez ici
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Mgr Blaquart, évêque accompagnateur, Jean-Claude Sauzet, aumônier national, et Emmanuel Cochon, chargé de mission au CCFD-Terre Solidaire rencontrent le cardinal Brenes, archevêque de Managua
Nous quittons Managua pour aller avec des jeunes de l’association Puntos dé Encuentro dans un quartier de la périphérie de la capitale du Nicaragua (2,5 millions d’habitants)!
Après avoir traversé des habitations très rudimentaires car construites rapidement après le tremblement de terre de 1972, nous entrons dans un complexe scolaire de 1000 élèves sous la responsabilité du mouvement jésuite Fe y Alegria de niveau primaire et secondaire.
Là, les élèves de secondaire nous attendent, et, animée par une radio locale, commence, d’abord par l’intermédiaire d’une forme ludique, une réflexion sur les abus sexuels que subissent des jeunes de la part d’adultes.
Dans un deuxième temps, des classes de 4° et 3° se retrouvent dans une grande salle pour, après de nouveau un temps ludique et pédagogique, visionner une vidéo qui relate l’histoire d’une jeune femme qui a fui sa famille quand elle était jeune parce que violée par son père.
Cette vidéo permet un échange entre groupes de filles d’un côté et de garçons de l’autre, sur cette réalité qui affecte un certain nombre d’entre eux. Le temps de restitution est animé par l’actrice de cette vidéo, un jeune chanteur connu par les jeunes et des éducatrices et éducateurs afin d’apprendre à briser le silence qui enferme les jeunes dans cette souffrance.
Durant ce temps, des jeunes témoignent simplement, mais avec beaucoup d’émotion, de cas qu’ils connaissent parmi leurs proches.
La loi du silence est rompue, la parole dénonce le mal causé par des adultes chez des jeunes, des jeunes prennent l’engagement de changer, une libération est en marche, la personne en tant que telle retrouve sa dignité.
Jean-Claude Sauzet
« Pour moi ce voyage était une vraie découverte de l’Amérique latine. J’ai été marqué par la réalité de la pauvreté de vie, mais aussi par le grand désir de s’en sortir et la dignité de la population. Les rencontres avec les partenaires ont représenté des temps forts. Notamment Puntos de Encuentro, qui travaille auprès des jeunes. Dans un contexte encore imprégné d’une culture machiste, où le harcèlement des filles est fréquent, l’association soutenue par le CCFD fait un travail très intéressant d’éducation auprès des jeunes pour que les filles apprennent à résister et les garçons, à les respecter. »
Mgr Blaquart

Le matin petit parcours à Managua pour être reçus dans les bureaux de la FENACOOP fédération nationale de coopératives (partenaire du CCFD Terre Solidaire) où nous attendent les responsables.
Durant son brillant exposé, Sympho, paysan et président nous présente les points de travail de son association qui permet la formation, la réflexion et les actions de petits paysans de différentes coopératives du pays qui veulent produire autrement et avec un grand respect de la terre.
Après trois heures de route pour attendre Estelì au nord du pays, nous allons dans la montagne voir un lieu de production et de commercialisation d’engrais organique. Une piste de terre dans un paysage de montagne magnifique malgré la sécheresse qui frappe depuis plusieurs années nous conduit au sommet d’une colline qui a été un lieu de combat durant la guerre. Là, quelques maisons habitées par des familles qui produisent de l’engrais organique de manière artisanale.
Un premier monticule recouvert d’un plastique noir d’où se dégage une chaleur assez forte avec une odeur de bon terreau, d’une couleur noire: mélange de poussière de rochers venant d’un endroit de la montagne alentour ( dont le lieu est connu par tradition et qui est tenu secret), différents déchets organiques de haricots noirs, coques de la graine du café, terre travaillée par des vers… plus une composition secrète qui malgré nos questions n’a pas été dévoilé.
Le deuxième monticule est le résultat du travail fait par la nature après 50 jours et beaucoup d’attention et de travail de la part des producteurs pour que la fermentation réalise cet engrais organique.
C’est là que l’esprit européen, donc dit-on “rationnel” de certains de nous, pose la question de la vérification scientifique d’un tel produit. La réponse ne sera pas faite de formule chimique, mais de la visite d’une plantation de café avec des pieds atteints de la rouille et d’autres enrichis avec cet engrais. Sur les premiers quelques feuilles et pas de fruit et sur les autres des feuilles d’un vert impressionnant et du café en fruits de plusieurs couleurs selon leur degré de maturité.
Plus aucune utilisation d’engrais chimiques, une terre même parfois presque stérile qui retrouve par cet engrais organique sa fertilité et des produits agricoles qui ne sont plus chargés de substances dangereuses, des paysans qui trouvent des revenus dans la production d’un engrais qui respecte la terre pour que la plante soit plus saine.
Il est vrai que ce sont deux petits monticules, mais ils rendent ces familles heureuses de respecter la terre et de pouvoir produire et commercialiser une alimentation qui les fait vivre dignement.
Avec nos dons au CCFD Terre Solidaire nous permettons que ces deux petits monticules participent à un projet agricole où le paysan est heureux de travailler et que de deux ils passent à plus.
JCS
Depuis deux ans, la pluie qui suivait la période où il est de coutume de semer, ne tombe plus pour permettre à la semence de germer en terre. Ce changement climatique qui se renforce encore cette année est une catastrophe pour les paysans de cette vallée à qui nous rendons visite ce matin.
Que faire dans ce contexte si difficile? Le début de solution est trouvé dans un renforcement de la coopérative au nom de “10 mai” dans le village de Palacacuina,qui rejoint 639 paysans (282 femmes et 357 hommes). Des actions sont renforcées : vente direct des produits au marché local, recherche de semences locales qui s’adaptent mieux au changement climatique, diversification de la production en sortant des produits traditionnels.
Un projet soutenu financièrement par le CCFD Terre Solidaire a permis de tester la possibilité de produire des oignons, des carottes, des salades, des tomates, de la coriandre, des radis et ainsi de permettre à ces petits paysans de s’orienter vers de nouvelles cultures qui leur permettent de continuer à vivre sur leur propre terre en s’unissant.
Un autre groupe de paysans s’est essayé dans la vigne qui, dans cette moyenne montagne, donne pour le moment de bon résultat en utilisant la méthode d’arrosage du goutte à goutte. (D’ailleurs nous avons testé le vin!!!!). Au sein de ce même groupe, des papayers ont été plantés, des tomates, des avocats, tout en continuant l’amélioration de la semence du produit basique qu’est le haricot rouge.
Durant l’échange, ils nous ont redit l’importance du respect de la terre, que dans le contexte actuel ce doit être une attention de chacun dans tous les endroits du monde, comment ils répondent à cette exigence, car pour eux c’est surtout une question de survie.
Nous leur avons parlé du Coop 21, la prochaine conférence sur le climat à Paris et la mobilisation que cela demande pour essayer d’avoir des résultats positifs pour l’avenir de l’être humain sur notre planète.
JCS

« L’agriculture familiale et les pratiques agro-écologiques permettent aux gens d’être plus autonomes et de se développer dans la dignité et le respect de l’environnement.»
Mgr Blaquart
Sheila et Jose Antonio viennent nous rejoindre à notre hôtel. Deux jeunes du réseau nicaraguayen de la société civile pour les migrations. Les chiffres sont impressionnants : sur 4 millions d’habitants recensés au Nicaragua on dénombre 1,5 millions de migrants dont 70% se trouvent dans la pays voisin du Costa Rica, les autres aux États Unis et en Espagne dont beaucoup de femmes employées de maison.
Au sein de ce réseau qui se réunit une fois par mois, les différentes associations travaillent sur des réalités qui se complètent.
L’une est plus axée sur des mesures de prévention à la migration en œuvrant à la création d’auto-entreprise chez les jeunes; une autre vers la création de jardins communautaires; une autre vers le plaidoyer auprès des politiques du pays, pour le respect des droits des migrants; d’autres encore vers l’accompagnement des familles restées qui n’ont aucune nouvelle de ceux qui sont partis; d’information au passage de la frontière des droits des migrants au Costa Rica (projet financé par le CCFD); de campagne d’information sur la situation des migrants pour sensibiliser la population du Nicaragua.
Sheila nous raconte l’histoire de sa famille: un jour, son frère est parti et sa maman est resté 7 ans sans aucune nouvelle de lui, ne sachant pas s’il était encore vivant. Quand Sheila, lors d’un voyage avec son association a pu le localiser, la réponse de son frère sur la cause de son silence a été:”j’avais peur de la police des migrants et je restais enfermé dans ma chambre et même quand je n’avais pas de travail, je ne voulais pas revenir au pays car j’avais honte de rentrer sur un échec”.
Dans un quartier populaire d’Estelì, nous sommes reçus par plusieurs familles restées qui ont des enfants émigrés. Dans chacune, la douleur de rester très longtemps sans nouvelles tout au moins durant le trajet jusqu’aux États Unis (entre 3 à 6 mois) s’exprime avec force.
Et malgré les sommes dépensées (7000 dollars dont 3000 avant le départ et 4000 à rembourser sur les salaires à venir), les difficultés de vivre dans un pays étrangers, la peur d’être arrêtés par la police des migrants, les plus jeunes de ces quartiers ont pour beaucoup, le souhait de partir pour le rêve américain.
Pour contrecarrer ce mouvement, des associations du réseau impliquent les autorités et les familles des migrants dans une réflexion sur les potentialités économiques des municipalités et la mobilisation de ressources locales.
Nous avons rencontré des jeunes qui ont la conviction qu’ensemble par leurs actions de terrain au Nicaragua, par leurs plaidoyers auprès des décideurs politiques, par les informations qu’ils communiquent aux migrants, ils permettront à des jeunes qui le souhaitent de rester dans leur pays et d’y trouver de quoi y vivre dignement et à ceux qui veulent partir que leurs droits seront respectés dans leur pays de migration.
JCS
« J’ai aussi été marqué par la rencontre avec les familles concernées par l’émigration. Comment soutenir ceux qui se trouvent privés de ressources, quand les bras les plus forts s’en vont, et que les femmes, voire les grands-parents, se retrouvent seuls avec les enfants et petits-enfants ? »
Mgr Blaquart
Une école primaire dans un quartier populaire de Estelì nous accueille cette fin de matinée. Les deux jeunes femmes responsables de la pastorale de cette établissement Fe e Alegria et membres du réseau nicaraguayen de la société civile pour les migrations ( partenaire du CCFD Terre Solidaire) nous présentent la situation de beaucoup d’enfants qui sont d’une famille dont au moins un des deux parents est migrant. Il y a Magda en dernière année de primaire dont la maman travaille en Espagne dans une maison de personnes âgées, Roberto dont les parents sont partis tous les deux aux États Unis depuis sa naissance.
Dans les classes où nous passons, sur 40 élèves plus d’un quart vivent dans une famille de migrants. Ils sont élevés par la grand mère ou un oncle qui devient leur tuteur. Heureusement les bienfaits de moyens de communications par internet permettent un contact régulier pour la grande majorité d’entre eux, mais bien entendu cela ne remplace pas la présence physique.
Les institutrices et la sous directrice nous font part de l’utilité de l’enquête qui a été faite (financée par le CCFD Terre Solidaire) afin de savoir qui sont ces enfants. Une meilleure connaissance de leur situation d’enfants de famille migrante permet de leur donner une attention particulière et de faire en sorte que leur scolarité ne soit pas trop affectée par leurs manques affectifs d’absence de leurs parents.
En passant entre les rangs de tables, les enfants m’accrochent en particulier, ils veulent chacun me raconter leur histoire personnelle et en sortant de la classe, c’est l’institutrice qui me parle de sa situation. Son mari est depuis 9 ans aux États Unis, mais me dit-elle: “on se parle tous les jours par internet, c’est mieux que rien….”
Ce que j’admire c’est cette facilité toute latino américaine de parler simplement et sans honte de la situation qui engendre tant de difficultés. De savoir que c’est dans ces réalités que la vie doit continuer à être vécue le mieux possible.
JCS
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Un trophée est discrètement posé sur une étagère du bureau de Sinforiano Càceres, le président de la Fédération Nationale des Coopératives du Nicaragua (Fenacoop), partenaire du CCFD-Terre Solidaire. « Ce prix nous a été décerné fin 2013 par l’Association des Producteurs et Exportateurs du Nicaragua, explique-t-il. Il récompense notre travail destiné à développer l’exportation de cacao et de haricots produits par nos coopératives adhérentes. » Dans un pays marqué par une gestion libérale de l’économie, cette distinction provenant d’une organisation patronale, est loin d’être anecdotique. « C’est une démonstration faite au gouvernement nicaraguayen que le monde coopératif est un acteur économique qui a toute sa place dans ce pays. »
La Fenacoop a été créée en 1990. Cette année-là coïncide avec l’arrivée au pouvoir de la droite, après huit ans de conflit armé entre les troupes Sandinistes de Daniel Ortega et les « Contras », les contre-révolutionnaires appuyés par les États-Unis. Objectif de la Fédération ? « Impulser le développement intégral et durable des coopératives et en améliorer l’organisation. » 24 ans plus tard, le partenaire du CCFD-Terre Solidaire regroupe 620 coopératives de production agricole et agro-industrielle réparties sur l’ensemble du territoire. Avec des ambitions qui se sont affirmées au fil des années. « Nous continuons à vouloir représenter et promouvoir les intérêts des entreprises coopératives, afin d’améliorer durablement la qualité de vie des sociétaires et de leurs familles, assure Sinforiano Càceres. Le tout, en respectant l’environnement et l’égalité des genres. » Une mission pas si simple, dans un pays où le gouvernement du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), est désormais bien loin de ses convictions révolutionnaires des années 1980.
La preuve ? La Fenacoop a été sollicitée, en 2007, comme les dix autres fédérations de coopératives nicaraguayennes, pour faire partie du gouvernement (fraichement réélu) du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN). Mais elle a été la seule à refuser. « Nous avons dit que nous voulions simplement un bon gouvernement qui nous aide à développer des programmes et des politiques permettant de structurer le monde coopératif. Nous pensions que les conditions politiques étaient réunies. Nous avons aussi expliqué que nous nous préférions conserver notre autonomie politique et notre liberté de critiquer. » Une décision courageuse, mais dont les conséquences auraient pu être fatales.
« Pendant des années, nous avons été exclus de toutes les initiatives du gouvernement, se souvient en effet Sinforiano Caceres. Nous avons failli disparaître, mais nous avons résisté. Cela a été possible car la majorité des adhérents a compris qu’il nous fallait préserver notre dignité et notre liberté de penser. » Une liberté qui était présentée comme « essentielle » lorsque le Front Sandiniste luttait avec les armes. « Aujourd’hui, notre richesse et notre force est la cohabitation de personnes aux tendances politiques et idéologiques différentes, voire opposées, sourit Sinforiano. Il y a désormais une réelle valeur à être membre d’une fédération coopérativisme, comme on peut l’être d’un parti politique. »
Mais c’est évidemment, en travaillant pour structurer les coopératives, la Fenacoop a acquis sa respectabilité : accompagnement à la production, création de circuits de commercialisation, développement de l’agriculture d’autosuffisance aussi bien que de réseaux d’exportations… Le travail a été mené dans de nombreuses directions. Au point que d’ici à la fin de l’année 2014, la production et la commercialisation du cacao et des haricots devraient permettre à la Fenacoop de se rapprocher d’un objectif hautement symbolique pour une entité qui a failli disparaître : devenir financièrement autosuffisante.
Un des symboles les plus marquants du travail réalisé par la Fenacoop est sans aucun doute cet investissement, début 2013, sur ces fonds propres, de 600 000 USD (environ 440 000 euros), pour développer plusieurs projets liés à la chaîne du cacao. C’est le cas à Nueva Guinea par exemple, dans la région autonome de l’Atlantique Sud, où la construction d’un lieu de stockage a été lancée, ainsi que la formation de petits producteurs. De quoi permettre aux agriculteurs de développer considérablement la production d’un fruit dont l’arbre offre en outre la caractéristique de participer à la reforestation du territoire.
C’est cette crédibilité à construire un projet coopératif viable et durable, tout en restant neutre par rapport au pouvoir politique en place, qui a valu à la Fenacoop une reconnaissance internationale. Le partenaire du CCFD-Terre Solidaire a ainsi établi un dialogue de coopération avec l’Union Européenne. Mais il a fait mieux. « Début 2014, nous avons obtenu un financement provenant directement du Bureau International du Travail (BIT), se réjouit Sinforiano Càceres. Cette coopération est fondamentale car elle nous donne une immunité face au chantage économique de l’État ! Elle démontre aussi que l’économie sociale peut désormais être reconnue comme un agent à part entière de la promotion du développement. Mais aussi un acteur économique en soit, avec une vision économique et sociale. » De quoi donner encore plus de valeur symbolique au trophée dans le bureau du président de la Fenacoop.
Jean-Claude Gérez
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Accompagné de Walter Prysthon, chargé du suivi des projets du CCFD-Terre Solidaire en Amérique centrale, je retrouve le Nicaragua avec de nouveau Daniel Ortega à la tête du pays. On est très loin d’une deuxième phase de la révolution sandiniste : nos partenaires nous parlent des difficultés à s’exprimer librement, du contrôle social imposé par des sympathisants sandinistes, de répressions de mouvements sociaux comme celui des retraités, pourtant appuyés par des jeunes.
La politique du gouvernement est libérale et favorise les méga projets comme celui du creusement d’un canal entre les océans atlantique et pacifique pour faire concurrence à celui de Panama. Des dizaines de milliers d’habitants risquent l’expropriation.
Ma mission se concentre sur les activités de l’Union des coopératives à Nueva Guinea (300 kilomètres au sud-est de Managua, la capitale) appuyées par la Fédération nationale des coopératives de producteurs agricoles (FENACOOP), partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis 1999.
Nueva Guinea est une ville de colons. Des migrants internes qui sont venus dans cette zone recouverte, à l’époque, de forêts luxuriantes pour défricher et cultiver la terre ainsi gagnée.
Au début, nous disent les anciens de l’Union des coopératives Ahmed Campos (UCA), on défrichait le plus possible, on achetait le plus possible de terres, on utilisait des pesticides, des engrais chimiques. On voyait grand, on voulait aller vite…
C’est en prenant conscience de la pollution de leur eau par les pesticides et grâce à l’accompagnement de la FENACOOP que, peu à peu, les 172 producteurs de l’UCA se sont tournés vers l’agro-écologie et, donc un mode de culture plus raisonné, voire biologique pour certains produits.
Afin de dégager plus de marge de gains, certains de ces producteurs ont ajouté à leurs cultures traditionnelles (maïs, manioc, haricot) la culture du cacao.
Un centre qui sert à la fois de pépinière, dit « jardin clonal », de 47 variétés de cacaotier différentes sur 21 hectares et de formation des producteurs sur les mécanismes de pollinisation du cacao ou de greffe et d’agroforesterie, a ainsi été mis en place avec le soutien de la FENACOOP. En effet, le cacaotier a sans cesse besoin d’ombre au cours de sa croissance. Il faut donc semer d’autres arbres en même temps que le cacaotier qui vont pousser à des rythmes différents et ainsi accompagner de leur ombre la croissance du cacaotier.
La UCA a aussi construit un centre de stockage qui sert pour la fermentation du cacao – pour dégager l’arôme – avant son séchage.
Cette expérience est très prometteuse d’autant plus que j’ai pu constater les compétences technique et pédagogique des formateurs du « jardin clonal » et du centre de stockage.
Ainsi ces petits producteurs qui vivent, avec leur famille, dans des conditions extrêmement précaires vont voir leurs revenus augmentés dans les années à venir grâce au cacao…grâce à la coopérative et grâce à la FENACOOP !
Autre effet de ces innovations, des jeunes se lancent de nouveau dans la production agricole. Ainsi, la migration des jeunes de la région vers le Costa Rica voisin est en train de diminuer.
Ce dynamisme des producteurs fait ainsi de la UCA un interlocuteur respecté des autres producteurs de la région et une référence pour les autorités de Nueva Guinea.
Le fruit du Ramon contre la malnutrition
Dans l’Ixcan, région au nord du département du Quiché au Guatemala, à la frontière avec le Mexique, notre organisation partenaire SERJUS vient en appui à cinq associations de producteurs, fédérations de coopératives, associations de femmes productrices. Elles sont rassemblées au sein du réseau alternatif d’échanges solidaires en Ixcan (RAIS), et sont pour la plupart un prolongement de la pastorale sociale du diocèse du Quiché. Cette filiation démontre l’impact sur le long terme d’une pastorale socialement engagée.
J’y ai rencontré les responsables et des membres, visité leurs centres de formation, leurs pépinières, leurs centres de stockage de production.
Ainsi, le groupe de femmes Santa Maria de los Dolores a entrepris de revaloriser l’utilisation des fruits d’un arbre local, le Ramon. Ce fruit, semblable à une noisette, largement utilisé par les anciens dans la cuisine, ne servait plus qu’à nourrir les animaux. Et pourtant le Ramon est très nutritif, alors même que le Guatemala a le taux de malnutrition infantile le plus élevé d’Amérique latine.
Ce groupe d’une dizaine de femmes a donc décidé de relancer son utilisation et le transforme en jus pour la boisson, en farine pour des « tortillas » ou des sauces, en gâteaux afin de les vendre sur les marchés. Lors d’un déjeuner chez la présidente du groupe, j’ai pu goûter du Ramon à toutes les sauces. Délicieux !
Puis elle nous a emmenés voir ses « manzanas » (unité de mesure agraire locale) de Ramon. Une heure de marche dans la boue, les maïs et une forêt luxuriante au bout duquel s’élèvent des arbres de plusieurs dizaines de mètres de haut : les fameux Ramons.
Un projet réussi qui permet de faire reculer la malnutrition, en particulier celle des enfants. Le SERJUS compte bien promouvoir avec notre appui le Ramon dans d’autres villages du département du Quiché.
Des communautés de déplacés, vingt ans plus tard
Ce voyage dans l’Ixcan m’a replongé vingt ans en arrière. Alors responsable du Service Amérique latine du CCFD-Terre Solidaire, je m’étais rendu une première fois dans cette région en janvier 1994.
Ce 15 janvier 1994, je me rends dans l’Ixcan où je rencontre les responsables de la communauté Victoria 20 de Enero en pleine installation. Tout est à construire : maisons, postes de santé, latrines, garderies. Tout est à organiser : la production agricole, l’élevage, et ce en coopérative. Cette communauté est constituée d’environ 2500 personnes rapatriés ayant fui 12 ans auparavant la guerre civile pour se réfugier de l’autre côté de la frontière dans le Chiapas mexicain. Le CCFD les soutient pour reconstruire leur vie.
Après 6 ans de négociation, l’accord de paix allait être signé le 26 décembre 1996. Cet accord a permis la fin d’un conflit entre l’armée et les guérillas qui aura fait en trente ans plus de 150 000 morts (dont 80% de mayas), un million de déplacés internes et 250 000 réfugiés en particulier au Mexique.
Février 1997, je me rends à nouveau dans l’Ixcan, cette fois pour rencontrer les responsables d’une autre communauté qui s’est installée depuis un an grâce à des financements trouvés par le diocèse du Quiché : la communauté Primeravera del Ixcan. 2000 personnes déplacées internes, des indigènes qui se sont réfugiées pendant dix ans au cœur de la forêt pour fuir la répression militaire, ses mitraillages. Je suis impressionné par leur niveau d’organisation et l’effervescence autour de nous : tout le monde s’active pour poser une charpente de la nouvelle école, creuser un fossé pour les futures canalisations, etc. Ils s’organisent en coopérative mais chacun a aussi son lopin de terre et un petit élevage pour l’alimentation familiale. Une dizaine d’étrangers vivent avec eux pour les protéger des représailles de l’armée. Là aussi, le CCFD les soutient pour cette installation.
2013. L’Ixcan a bien changé en vingt ans, de nombreuses infrastructures ont vu le jour : routes bitumées, ponts construits, électricité jusque dans des villages éloignés. Mais la pauvreté est toujours là.
Cette transformation va s’accélérer car, au bord de la route, nous voyons de grandes étendues de terre où poussent des palmiers d’Afrique pour l’huile de palme, des conduits de pétrole, et on nous parle de barrages hydrauliques à venir. Et sur les poteaux électriques de la publicité pour Bayer, Monsanto ou Sygenta. Les méga projets se développent dans l’Ixcan et transforment l’économie locale et la vie sociale à un rythme effréné.
De nouveaux acteurs sociaux se mobilisent face aux dégâts environnementaux, aux risques que comporte la monoculture pour la sécurité alimentaire. Mais le rouleau compresseur continue d’avancer.
Dans les réunions avec les responsables des associations ou fédérations de coopératives accompagnées par notre partenaire SERJUS, je retrouve des représentants de Victoria 20 de Enero et de Primeravera de l’Ixcan. Leurs installations ont réussi, leurs coopératives sont très bien structurées et économiquement les plus efficaces du département. Quand ils prennent la parole, je reconnais l’élan de la résistance et le dynamisme des pionniers que j’avais entendu il y a vingt ans !
Le procès de l’ancien dictateur Rios Montt
Dès notre première journée au Guatemala, nous sommes plongés, Walter Prysthon, notre chargé de mission pour l’Amérique centrale, et moi, dans l’actualité. En effet, notre organisation partenaire ODHAG, le Bureau de défense de droits de l’homme de l’Archidiocèse de Guatemala Ciudad, a organisé une réunion pour nous permettre d’analyser le procès de l’ancien dictateur Rios Montt.
Sont présents des représentants de l’organisation de droits de l’homme CALDH qui s’est portée partie civile, leur avocat dans l’affaire, et une responsable de notre organisation partenaire Actoras de cambio (Actrices de changement) qui a accompagné les femmes victimes de viols commis par des militaires, et qui ont accepté de témoigner pendant le procès.
Les pires atrocités de cette guerre civile se sont déroulées en 1982 et 1983 quand Rios Montt était au pouvoir.
Grâce à la levée du secret défense sur quatre documents détaillant les opérations militaires d’alors, le CALDH a pu intenter un procès contre le général Rios Montt pour « génocide » contre la population Ixile.
L’ouverture de ce procès le 19 mars 2013 était un moment attendu depuis quinze ans par les organisations de droits humains. Rios Montt y était jugé pour le massacre de 1 771 indiens de l’ethnie maya des Ixiles dans le département du Quiché.
Contre toute attente, le tribunal a condamné le 10 mai l’ancien général Rios Montt à 80 ans de prison dont 50 pour génocide et 30 pour crimes contre l’humanité. Un verdict sans précédent pour une justice nationale. En effet, c’était la première fois qu’une condamnation pour génocide était prononcée par un tribunal national et non international comme ce fut le cas pour l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda.
Lors de ce procès, des femmes violées par des militaires ont décidé de témoigner. Elles avaient demandé à ce que cela soit à huis clos, ce qui fut refusé par le tribunal. Ces « survivantes » (c’est le nom qu’elles se donnent) ont alors décidé de témoigner publiquement, le visage masqué par leurs tissus colorés d’indigènes, mais leur nom était connu. Pleines de courage, elles ont rapporté les viols collectifs, les ventres de femmes enceintes ouverts à l’arme blanche, les exécutions sommaires.
Mais, dix jours après l’annonce du verdict, la Cour constitutionnelle annulait la décision par 3 voix contre 2, non pas sur le contenu même mais sur la procédure, suspendant ainsi le jugement.
L’avocat de la CALDH nous explique avec précisions toutes les phases du procès, ses rebondissements, les 110 vices de forme déposés par la défense du général et ses 6 démarches saisissant la cour constitutionnelle.
De toute évidence, il y a eu des pressions de la part du gouvernement, de militaires voire de certains chefs d’entreprise, non pas tant pour défendre le général Rios Montt dont la responsabilité dans les massacres n’est pas pas remise en cause, mais pour éviter que le génocide soit reconnu.
Malgré l’annulation de la décision du tribunal, Albertina d’Actoras de cambio nous affirme que les femmes mayas qui ont témoigné ne sont pas déçues, « Voilà, c’est fait ! », disent-elles fièrement.
Pendant tout le temps du procès, une recrudescence de menaces et d’assassinats de défenseurs de droits de l’homme a eu lieu, ainsi que contre l’Eglise guatémaltèque et des organisations catholiques étrangères comme le CCFD-Terre Solidaire accusées par la « Fondation contre le terrorisme » (constituée d’anciens militaires du temps de la guerre civile) de financer le « terrorisme ».
Ces accusations ne nous impressionnent pas et nous allons continuer à appuyer nos partenaires guatémaltèques qui luttent courageusement, au péril de leur vie, pour la promotion des droits humains, en particulier des femmes mayas !
Bernard Pinaud
Juillet 2013
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Les sociétés civiles de toute la région condamnent le coup d’Etat et espèrent le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Plus d’un mois après la destitution du président Manuel Zelaya, de graves préoccupations persistent sur la garantie du respect des droits humains.
Contexte
Le Nicaragua compte 5,7 millions d’habitants dont plus de 70% ont moins de 30 ans. La pauvreté touche une grande majorité de la population et notamment les jeunes et les femmes.
Une étude de l’Unicef attire l’attention sur un certain nombre de faits :
La pauvreté a de graves répercussions sur l’éducation des enfants ainsi que l’équilibre familial, ayant pour conséquence un niveau élevé de violence. C’est dans ce contexte que le CCFD-Terre Solidaire soutient Cantera. Cette association contribue à changer les comportements individuels, familiaux et communautaires. Ainsi, elle met en place des programmes de formation pour les jeunes et les femmes, entreprend des actions de sensibilisation et interpelle les acteurs politiques sur la situation sociale du pays… A travers sa mission, Cantera tente aussi de reconstruire les identités individuelles et collectives.
Les objectifs :
Les activités :
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]]>Un autre point fort cette année, est la réalisation d’un Bouge ta planète… au Nicaragua ! Pour la première fois, 5 associations de jeunesse partenaires du CCFD-Terre solidaire se sont réunies et ont monté à Ciudad Sandino, dans la banlieue de Managua, une journée autour du thème « consommons local ». Une liaison Internet avec le Bouge ta planète d’Epinal a permis aux jeunes français et nicaraguayens de se présenter mutuellement des animations puis prendre un temps d’échange. Cette prouesse à la fois technique et humaine fût un moyen pour les jeunes concernés de se rencontrer et de se reconnaître au travers d’une action commune et symbolique contre l’hyperconsommation. Cette visioconférence a été retransmise en direct par web-TV sur le site et les échanges ont été prolongés par un tchat animé par Walter Prysthon, chargé de mission au CCFD-Terre solidaire pour l’Amérique centrale.
Anne-Sophie Gaulué
Chargée de projets Education Au Développement
Milieu scolaire et Bouge ta planète

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Ceci par la création de marchés locaux, où les membres des communautés rurales ont la possibilité de proposer leurs produits et d’accéder à des produits de base, sans avoir à se déplacer jusqu’à des commerces éloignés. La Coopérative Femme Exemplaire a adhéré à ce projet et a monté un marché local solidaire Benigna Mendiola. Las Grecias compte 8900 habitants, essentiellement des familles de petits producteurs agricoles. Cette communauté se situe dans un département rural (Chinandega) où la pauvreté touche près de 35% de la population. Contrairement à la pyramide d’âges du Nicaragua où plus de 70% de la population ont moins de 30 ans, l’âge moyen des membres du secteur coopératif à Chinandega est de plus de 55 ans. Le défi existe donc, de promouvoir les dynamiques associatives dans le domaine productif à l’intention des plus jeunes, en leur offrant des perspectives de formation et d’accès à des alternatives économiques.
Objectifs :
– Renforcer le modèle d’économie sociale et solidaire au Nicaragua, et à Chinandega en particulier, par l’insertion de petits producteurs dans les dynamiques de création et mise en réseau de marchés locaux.
– Participer à la création de conditions favorables pour l’insertion économique des jeunes de la communauté, en suscitant leur intérêt pour l’organisation coopérative.
– Renforcer les capacités techniques des membres de coopératives, notamment des femmes, en matière de gestion.
Activités :
– Echanges d’expériences avec des jeunes membres d’autres coopératives sur les attentes et le rôle de ce secteur dans la promotion de l’économie solidaire au Nicaragua.
– Réalisation d’une Rencontre territoriale des jeunes paysans pour faire connaître leurs expériences en matière d’organisation coopérative.
– Ateliers de formation pour les membres de la coopérative sur l’organisation coopérative, sur la gestion des marchés locaux et sur l’économie sociale, sur les questions de santé, d’alimentation et d’éducation.
– Animation d’activités culturelles destinées aux enfants pendant les journées de fonctionnement du marché local.
– Conception, impression et diffusion de matériel pédagogique adapté aux jeunes sur les coopératives et leur environnement social et économique.
– Célébration de la journée du coopératisme (le premier samedi de juillet) avec les enfants et jeunes de l’école de la communauté.
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On les exclut des processus de prise de décision, en les limitant aux rôles de consommateurs ou en les assimilant aux phénomènes de délinquance. Des relations autoritaires sont omniprésentes dans la société : dans la pratique, cela signifie que les jeunes doivent obéir aux adultes, et les femmes aux hommes. Les notions de droits humains et de citoyenneté sont très éloignées de la vie quotidienne des personnes. Puntos de Encuentro vise à faire entrer ces notions dans les relations entre les personnes aux niveaux communautaire, familial, culturel et social, à partir d’une approche de genre et d’éducation populaire. Les changements politiques et sociaux en cours au Nicaragua invitent Puntos de Encuentro à renforcer sa présence au sein des mouvements sociaux (en particulier des femmes). Encouragés par les résultats de sa stratégie du programme “Nous sommes égaux, nous sommes différents”, Puntos de Encuentro poursuit et renforce son travail.
Objectifs :
– Contribuer à la formation des jeunes leaders avec une nouvelle vision des rapports sociaux (hommes-femmes, jeunes-adultes, etc.) ;
– Développer les compétences des organisations qui travaillent avec les jeunes afin de renforcer leur participation, l’exercice et la défense de leurs droits ;
– Favoriser la reconnaissance de l’opinion publique envers ces organisations ;
– Régionaliser l’approche et les actions du Programme “Nous sommes différents, nous sommes égaux” par des échanges avec des organisations de jeunes des autres pays centre-américains.
Activités :
Puntos de Encuentro adopte une stratégie de communication sociale et d’éducation populaire basée sur le programme multimédia “Nous sommes différents, nous sommes égaux”, adressé prioritairement aux jeunes et aux femmes. Ce programme comprend :
– la diffusion au Nicaragua et dans 7autres pays de la série TV “Sixième sens”, abordant des thèmes de société tels que la sexualité, la violence domestique ;
– l’élaboration d’une nouvelle série TV (production en cours), mettant en évidence l’impact des situations de pauvreté sur les rapports familiaux entre hommes ;
– un programme interactif à la radio (transmis par un réseau de chaînes touchant tout le pays) ;
– la publication d’une revue trimestrielle informative et éducative destinée aux femmes (“La Boletina”) ;
– la promotion de débats avec les jeunes acteurs-éducateurs de la série TV autour des thèmes véhiculés dans la série et plus largement sur la citoyenneté et l’organisation des jeunes ;
– l’organisation de camps pour la jeunesse au niveau national et centre-américain, réunissant des leaders associatifs ;
– la promotion et le suivi de “groupes pour le partage” composés par des jeunes pour approfondir des thématiques liées à leur affectivité et sexualité (ces groupes constituent un “support social” au projet éducatif de Puntos de Encuentro) ;
– l’interlocution avec les autorités de l’Etat (Ministères de la santé, de l’éducation, de la famille, Secrétariat de la jeunesse, Police Nationale, Promoteurs des droits humains).
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]]>Sans garantie de survie à la campagne, les paysans partent travailler dans les zones franches de sous-traitance, les maquilas : entre 2003 et 2006, le nombre d’emplois directs y est passé de 53 000 à 80 000. La majorité des travailleurs dans les maquilas sont des jeunes femmes. La JOC, Juventu obrera cristiana, et les organisations syndicales nicaraguayennes réfutent ce modèle de développement fondé sur l’exploitation des travaillerus et le déni de leurs droits.
Le partenaire
La JOC-Nicaragua, Juventu obrera cristiana, est membre de la JOC internationale. Elle compte quelques groupes à Managua et dans sa banlieue, à Tipitapa. Ils centrent leurs activités autour de la réalité des maquilas. La JOC est un mouvement d’éducatino à travers l’action qui motive les jeunes à s’engager dans la transformation de leurs conditons de vie, en s’appuyant sur la méthodologie «voir-juger-agir ». Une quarantaine de jeunes participent directement au processus de formation et de réflexion ; leurs actions devraient toucher entre 500 et 1 000 jeunes travailleurs dans les maquilas.
Le projet
Il s’agit d’abord d’offrir un espace de formation, information et organisation aux jeunes travailleurs dans les maquilas. Ensuite de revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail ; enfin de renforcer les relations avec d’autres organisations locales et ouvrières Juventu obrera cristiana, compte quelques groupes à Managua et dans sa banlieue, à Tipitapa.
Les réalisations
• Réflexions : réalisation d’une étude sur la réalité des jeunes travailleurs des maquilas, rencontres de restitution des résultats de l’enquête, ateliers de réflexion sur les notions de travail juste et partagé, séances de vidéo-débats.
• Actions: participation aux manifestations des organisations de la société civile, plaidoyer et lobbying auprès du ministère du Travail ; organisation de la Semaine internationale de la jeunesse travailleuse, en avril ; célébration de la journée internationale de la femme et de la Semaine internationale contre la violence à l’égard des femmes, en novembre.
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