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]]>La récente flambée de violences questionne à nouveau l’avenir des populations gazaouis sous occupation israélienne. Au lendemain du cessez le feu à Gaza, nous faisons le point sur la situation avec Joséphine Picart, chargée de mission au CCFD-Terre Solidaire.

L’escalade de violence entre la bande de Gaza et Israël, n’est autre que le fruit d’une colonisation israélienne multiforme qui dure depuis des décennies.
Le blocus de la bande Gaza, la colonisation en Cisjordanie, le déplacement forcé des populations palestiniennes et les discriminations à leur égard, forment les différents pans de la politique coloniale israélienne.
Mais pour comprendre les enjeux du conflit, il est nécessaire d’envisager l’occupation sous une perspective globale et historique afin de comprendre que le récent cessez-le-feu est loin d’être une solution pérenne à la résolution du conflit.
La bande de Gaza est sous blocus depuis presque quatorze ans : c’est une punition collective illégale selon le droit international.
Depuis plus de cinquante ans, le CCFD-Terre Solidaire intervient dans la région israélo-palestinienne en soutenant l’action de nombreux partenaires.
Sur le territoire occupé de la bande de Gaza, les actions de nos partenaires, La CPL et Filastiniyat, sont principalement axées autour des enjeux qui touchent la jeunesse et les femmes. Leurs objectifs : aider les Palestiniens à écrire leur histoire et à revendiquer leurs droits.
“Avoir 13 ans à Gaza, c’est déjà avoir connu quatre guerres !”
Joséphine Picart, chargée de mission.
La CPL (Culture et Pensée Libre), œuvre principalement autour de la jeunesse. C’est un enjeu majeur car : ” avoir 13 ans à Gaza, c’est déjà avoir connu quatre guerres ! “.
L’objectif de l’association est de les aider à devenir les citoyens de demain. Pour ce faire, elle offre un soutien psychologique important et tout un panel d’activités tels que du soutien scolaire ou des activités récréatives.
Filastiniyat, dont leurs locaux ont été récemment bombardés par les tirs israéliens, offrent quant à eux, un accompagnement important auprès des femmes journalistes, qui souffrent à la fois de l’occupation et du patriarcat.
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]]>La CIDSE et de ACT Alliance EU condamnent la désignation de plusieurs organisations de défense des droits humains comme “terroristes” par le gouvernement israélien et invitent les pays d’Europe à réagir.
Le 19 octobre, le ministère israélien de la Défense a désigné six organisations palestiniennes de défense des droits humains et de la société civile comme des “organisations terroristes”, ce qui a été à son tour suivi d’un ordre militaire le 7 novembre par le commandant militaire israélien en Cisjordanie occupée, rendant les activités de ces six organisations illégales en Cisjordanie.
La CIDSE et ACT Alliance EU condamnent fermement cette désignation. Parmi les organisations visées figurent Al Haq et Defense for Children International-Palestine, partenaires de la CIDSE et de ACT Alliance EU, ainsi qu’Addameer, l’Union des comités de femmes palestiniennes, le Centre Bisan pour la recherche et le développement et l’Union des comités de travail agricole.
Nos partenaires palestiniens ont travaillé sans relâche en première ligne pour maintenir les Palestiniens sur leurs terres et protéger leurs droits humains en documentant les violations du droit humanitaire international et des droits humains. Leur travail vital est maintenant criminalisé, leur personnel risque d’être arrêté, leurs bureaux fermés, leurs fonds gelés et leurs biens confisqués.
Pendant des années, ces organisations ont fait l’objet de campagnes de diffamation et d’accusations sans preuves
La CIDSE et ACT Alliance EU sont également profondément troublées par les dernières informations selon lesquelles les téléphones de plusieurs membres du personnel des organisations ont été piratés par le logiciel espion Pegasus du groupe israélien NSO, une société de surveillance qui figure désormais sur la liste noire du gouvernement américain pour avoir ciblé des activistes de manière malveillante. Ce piratage constitue une violation du droit du personnel à la vie privée et à la sécurité personnelle, et porte atteinte à son droit à la liberté d’expression.
Pendant des années, ces organisations ont fait l’objet de campagnes de diffamation et d’accusations de liens avec des organisations terroristes afin de délégitimer leur travail, sans que des preuves substantielles ne viennent étayer leurs affirmations. Cette dernière décision, sans précédent, est le point culminant des efforts visant à saper, réduire au silence et effacer les défenseurs des droits des Palestiniens et la société civile en général. À plusieurs reprises, l’UE a publiquement réfuté ces accusations portées contre les organisations palestiniennes de défense des droits humains : la délégation de l’UE en Israël, la VP/HR Mogherini et récemment aussi la Commission européenne. Dans une déclaration commune, 16 rapporteurs spéciaux et experts de l’ONU nous rappellent que « ces organisations de la société civile sont les lanceurs d’alerte des droits humains, nous alertant sur les schémas de violations, rappelant à la communauté internationale ses obligations de garantir la responsabilité, et offrant une voix à ceux qui n’en ont pas. »
La CIDSE, ACT Alliance EU et ses membres continueront à soutenir et à défendre leur travail essentiel. Rappelant l’engagement de l’UE à soutenir et protéger les défenseurs des droits humains, la CIDSE et ACT Alliance EU exhortent l’UE et les États membres, en particulier ceux qui ont des partenariats de longue date avec ces organisations palestiniennes, à adopter une position de principe et à prendre des mesures urgentes au-delà des déclarations en :
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Une fois de plus les bombes sont tombées sur Gaza.
Les habitants voisins des lieux bombardés évoquent leurs immeubles qui ont tremblé comme dans un séisme
Lire aussi : Bombardements à Gaza : témoignage d’une « nuit difficile »
Le bilan est lourd :
– 254 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants, selon les autorités locales.
– En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts, parmi lesquels un enfant et une adolescente, d’après la police.
– 75 000 personnes sont déplacées
Les destructions sont énormes.
– A Gaza le prix de la reconstruction est estimé à 350 millions de dollars
-16 800 logements sont endommagés dont 1000 totalement détruit
– 800 000 personnes ont des difficultés pour accéder à l’eau potable
L’armée israélienne a bombardé les routes qui mènent aux hôpitaux rendant leur accès difficile voire impossible, et les bureaux de plusieurs médias ont été volontairement détruits.
L’un de nos partenaires Filastiniyat, qui accompagne les femmes journalistes de la Bande de Gaza, a eu ses locaux détruits.
Comme après chaque guerre, Gaza doit se relever. Il faut reconstruire les immeubles. Et aussi se reconstruire mentalement pour rester debout. Un défi pour ceux qui accompagnent les enfants particulièrement affectés, dans ce territoire où 45% de la population a moins de 15 ans.
Les enfants qui grandissent à Gaza aujourd’hui ont déjà connu plusieurs épisodes de bombardement meurtriers.
Ils ne sont pour la plupart jamais sorti de cette étroite bande de terre de seulement 40 kilomètres de long.
Ils n’ont aussi jamais rencontré d’Israéliens ni d’autres étrangers.
Cette fois encore notre partenaire Culture et Pensée libre va s’attacher à offrir aux enfants un accompagnement et ce qui fait une vie normale d’enfants : jouer, dessiner, danser, faire du sport, s’exprimer par le théatre, la vidéo, l’art.
De nombreux Palestiniens, notamment les jeunes, se mobilisent pour témoigner sur le web. C’est la cas de notre partenaire We are not numbers dont nous avons reproduit certains des témoignages sur notre site.
Coté Israélien notre partenaire We beyond the wall diffuse des témoignages de Gaza, dans un contexte où la plupart des Israéliens n’ont aussi jamais rencontré personne de Gaza !
Dans un contexte de plus en plus déshumanisant, nos partenaires s’attachent à redonner un visage à l’Autre et un message d’humanité.
Plus que jamais nos partenaires ont besoin de notre solidarité pour se reconstruire.
Ils nous demandent aussi d’agir politiquement pour mettre fin à cette occupation qui rend leur vie impossible ;
Les associations palestiniennes et israéliennes avec lesquelles nous travaillons depuis des années l’affirment : tant qu’il ne sera pas mis un terme à l’occupation, la violence ne fera qu’empirer.
Pour aller plus loin :
–Il faut mettre fin à l’occupation illégale de la Palestine (Tribune de Manuèle Derolez, déléguée générale du CCFD-Terre Solidaire, parue dans La Croix )
– Comprendre la colonisation à Jérusalem en trois minutes
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Le point de départ de la révolte :
– Plusieurs familles du quartier de Sheikh Jarrah, au coeur de Jérusalem Est, la partie palestinienne de la ville, sont menacées d’expulsion imminente par des colons (voir la carte des expulsions dans le quartier de Sheykh Jarra ci-dessous). Des Palestiniens et des activistes Israéliens de gauche manifestent pour s’y opposer
– Les fêtes de fin de ramadan et l’impossibilité pour des milliers de Palestiniens de pouvoir venir prier sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem. Les jeunes palestiniens protestent aussi contre de nouvelles restrictions d’accès à la porte de Damas qui mène à l’Esplanade des mosquées et est aussi un lieu de vie pour les habitants palestiniens de la ville
– Comme chaque année, le 10 mai, les colons et nationalistes israéliens prévoient de parader dans les quartiers palestiniens de Jérusalem lors du Yom Yeroushalaïm (la « Journée de Jérusalem » ), qui commémore la prise de la ville par les forces israéliennes lors de la guerre de 1967. Devant la pression, Netanyahou doit pour la première fois annuler cette manifestation mais la répression des Palestiniens sur l’esplanade des mosquées déclenche les premiers tirs du Hamas depuis Gaza

Carte des expulsions en cours et planifiées dans le quartier de Sheikh Jarrah
1947 : Selon le plan de partage de la Palestine alors sous mandat britannique de l’Onu, Jérusalem doit avoir un statut international à part.
1948 : Première guerre israélo-arabe
1949 : l’armistice sépare la ville en deux de chaque côté de la “ligne verte”. Jérusalem Ouest est sous souveraineté israélienne et l’État d’Israël en fait sa capitale en 1949.
Jérusalem Est est sous souveraineté jordanienne, dont la vieille ville qui abrite la plupart des lieux saints. A cette époque les Israéliens n’ont pas accès au mur des Lamentations.
1967 : Pendant la guerre des Six Jours, Israël conquiert la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est. Israël proclame la «réunification» de Jérusalem.
1980 : Israël proclame l’annexion de Jérusalem-Est, peuplée majoritairement de Palestiniens, à Israël.
Jérusalem Est est considéré comme un territoire occupé par la communauté internationale
La communauté internationale considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé depuis 1967 et n’a jamais reconnu cette annexion.
Après 1967, c’est à Jérusalem-Est que vont être fondées les premières colonies.
Aujourd’hui l’ONG israélienne Btselem compte plus de 220 000 colons installés à Jérusalem-Est, tandis que 300 000 Palestiniens y sont cantonnés dans des zones de plus en plus limitées.
La partie ouest est elle presque exclusivement peuplée de juifs israéliens (290 000 sur 300 000 habitants).
En 2012, la population totale pour l’ensemble de Jérusalem était de 815 000 personnes.[[Les chiffres concernant Jérusalem proviennent du Jerusalem Institute for Israeli Studies, Jerusalem facts and Tends, 2014.]]
Les colonies forment une véritable ceinture qui isole la population palestinienne de Jérusalem du reste de la Cisjordanie. Or Jérusalem est situé au milieu de la Cisjordanie. L’autorité Palestinienne avait prévu d’y établir la capitale de son futur Etat.
Les colonies existantes et la volonté de les étendre et de les développer fait parti du projet de “Grand Jérusalem” des autorités israéliennes. La réunification des colonies entre elles coupe en deux la Cisjordanie et la prive de toute continuité territoriale.
Ce projet enterre de facto la possibilité de création d’un Etat palestinien, celui ci se retrouvant potentiellement à la tête d’un territoire composé de multiples petites entités territoriales isolées les unes de autres.
A l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem, le Mur de séparation est long de 168 km. Seuls 4 km (3%) suivent le tracé de la Ligne verte (ligne de démarcation à l’issue de la guerre en 49 et reconnue comme frontière potentielle). Le reste du tracé passe à l’intérieur des terres palestiniennes. Résultat, plusieurs milliers de palestiniens vivent dans des enclaves encerclées par le Mur et sont menacés d’expulsion.
Près de 160 000 résidents palestiniens sont isolés du reste de la ville par le Mur, restreignant leur accès aux services de base (santé, éducation…).
Après la guerre des Six Jours, les Palestiniens qui habitaient Jérusalem Est rejettent la tutelle israélienne et refusent de prendre la nationalité israélienne.
Ils se voient alors dotés d’un statut de « résidents permanents ».
Seuls les Palestiniens possédant ce statut de « résident » sont autorisés à habiter Jérusalem-Est.
De plus en plus difficile à faire renouveler et révocable, cette carte ne leur garantit pas non plus l’accès aux mêmes droits ni aux mêmes services publics qu’aux autres habitants israéliens.
Aujourd’hui les résidents palestiniens de Jérusalem vivent dans la crainte permanente de perdre ce statut et de ne plus avoir le droit de vivre dans la ville.
Le statut de « résident permanent » est en effet soumis à une réglementation de plus en exigeante. Les résidents doivent prouver que Jérusalem est leur lieu d’habitation et de travail. Ceux qui partent à l’étranger perdent leur statut si leur absence dure plus de sept ans.
Depuis 2002, la réunification des familles n’est plus autorisée.
Si un Palestinien de Jérusalem épouse une Palestinienne de Cisjordanie, il perd son statut de résident. Les couples mixtes (l’un résident de Jérusalem, l’autre de Cisjordanie ou d’ailleurs) sont donc obligés de vivre séparés ou de perdre le statut de résident.
Les colonies séparent les quartiers palestiniens les uns des autres et leur interdisent tout développement.
Étranglés et surpeuplés, les quartiers palestiniens étouffent. 99 % des demandes de permis de construire y sont refusées alors qu’il manque plus de 40 000 logements.
20 000 immeubles construits sans permis sont menacés de démolition, tandis que les colonies, elles, ne cessent de s’étendre.[[Report “East Jerusalem 2015 : Facts and Figures”, Association for Civil Rights in Israel, May 2015 http://www.acri.org.il/en/wp-content/uploads/2015/05/EJ-Facts-and-Figures-2015.pd.]] Il n’est possible d’obtenir des permis de construire que dans des zones extrêmement limitées. Les démarches administratives pour en obtenir un sont très longues (jusqu’à dix ans) et onéreuses (pouvant aller jusqu’à 20 000 €). D’où la prolifération des constructions « illégales ».
La loi sur les propriétaires absents permet à l’État israélien de s’approprier des biens fonciers appartenant à des Palestiniens qui n’ont pas la qualité de résidents de Jérusalem mais qui possèdent un bien foncier à Jérusalem-Est.
Si les résidents palestiniens de Jérusalem forment 36,8 % de la population, l’objectif officiel de la mairie de Jérusalem est de ramener ce chiffre à 30%.[[Cf. Nir Barkat, maire de Jérusalem, déclarait ainsi le 12 janvier 2010 : « Il y a vingt ans, Jérusalem était à 70 % juive et 30 % arabe, ce qui est l’objectif du gouvernement. Aujourd’hui, le ratio est de 65 % et 35 %, ce qui constitue une menace stratégique pour Jérusalem. »]]
Pour aller plus loin :
A Jérusalem, une association d’archéologues israéliens dénonce l’utilisation politique des fouilles
Appel à action pour mettre fin aux expulsions de familles palestiniennes à Jérusalem-Est
Lire aussi :
A Gaza, les bureaux de notre partenaire Filastiniyat bombardés (deuxième témoignage)
Bombardements à Gaza : témoignage d’une « nuit difficile » (premier témoignage)
Le quotidien de Gaza raconté en hébreu par deux passeurs d’humanité
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]]>The post Sous les bombardements à Gaza, la menace du silence appeared first on Terre Solidaire.
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Il y a une souffrance qui ne peut être exprimée. L’odeur de la mort plane au-dessus de nous, et les nuits sont lourdes et longues. Ici, les gens passent des jours à prier pour ne pas être tués par les bombes ou les raids incessants. Ils comptent les minutes en se demandant où se sauver alors que les bombardements sont omniprésents et que les civils innocents sont les cibles directes des frappes aériennes israéliennes. Les enfants rêveurs, les femmes et les hommes sans armes sont les victimes de cette guerre.
Le monde entier observe en silence les massacres sanglants qui se déroulent à Gaza. Dans ce monde injuste, nous demandons simplement notre droit de mourir entier et avec des funérailles décentes.
Nous n’avons pas d’autre exigence que la mise en œuvre effective du droit international des droits humains et du droit des Palestiniens à la vie, à la sécurité et à l’autodétermination en vertu des conventions humanitaires internationales, ainsi que la poursuite impartiale des crimes de guerre israéliens devant la communauté internationale.
Les Gazaouis ont été expulsés par le pouvoir sioniste qui recourt aux bombardements aériens, maritimes et terrestres, aux massacres de civils, aux tueries ciblées, défigurant notre pays.
Nous avons passé des années à subir la détérioration de notre économie sous le blocus israélien. Nous cherchons la lumière de l’espoir, nous construisions notre pays pierre par pierre, nous vivions au jour le jour en vue d’établir une vie stable pour nos enfants et de construire un avenir : est-ce un crime ?
Et en deux jours, les maisons, les bâtiments, les rues, les moyens de subsistance, les terres agricoles, les écoles, sont tombés en cendres et nos enfants ont été tués de façon monstrueuse. Ils étaient censés célébrer la fête de l’Aïd et en garder des souvenirs inoubliables. Mais tout ce qu’ils affrontent, c’est la mort de la manière la plus barbare qui soit.
Laissez-moi être directe et vous dire que sous les décombres des maisons effondrées, on ne trouve que des morceaux de corps éparpillés.
Parmi les nombreuses histoires tristes, il y a celle de Hind Ahmad, la femme de ménage du bureau de Community Media Center[[ L’organisation palestinienne, Community Media Center, œuvre à défendre les droits humains et sociaux des personnes marginalisées, en favorisant notamment l’intégration des femmes et des jeunes dans la société palestinienne.
Le CMC se donne pour mission d’apporter une image alternative de la Palestine, et notamment de la bande de Gaza, en créant des relations de longue durée entre les médias et les citoyens, d’une part, et les médias et les décideurs/ses, d’autre part. Elle vise également à sensibiliser les jeunes journalistes à l’importance des médias pour servir une cause ou alerter sur une situation d’urgence humanitaire, ou encore pour aborder les grandes questions liées aux droits civiques et à l’évolution sociale.]] . C’est une vieille dame, seule en charge de sa famille et de ses enfants. Elle a travaillé dur pour obtenir sa maison où elle vit depuis de nombreuses années. Hind avait enfin trouvé une maison habitable. Mais dans cette escalade de violence, les bombes israéliennes ont détruit sa maison et elle doit maintenant faire face à l’expulsion, au déplacement. Elle est dorénavant sans abri.
Les sionistes nous empêchent de révéler les faits en détruisant tous les médias. Ils détruisent toutes les stations de télévision et de radio locales, dont la plupart étaient situées dans les bâtiments d’Al-Jawhara et d’Al-Shurooq, en plus des agressions mortelles et des attaques contre les journalistes.
Je souhaite également insister sur l’importance de soutenir notre cause sur les réseaux sociaux. Facebook et Instagram ont une politique abusive à l’encontre de la question palestinienne ; ils censurent des comptes qui publient des articles sur notre problématique et qui dénoncent les attaques et l’occupation. Leur politique consiste à nous empêcher de nous exprimer, en pensant qu’ils vont effacer l’identité palestinienne.
Nous devons sensibiliser les gens à notre réalité. Il faut apporter une protection internationale aux journalistes palestiniens pour qu’ils puissent atteindre leur objectif de dévoiler la vérité et rien ne doit cacher le vrai visage d’Israël. Nous devons briser le silence en mobilisant l’opinion publique de la communauté internationale. Les gens doivent savoir ce qu’il en est de nous à Gaza, où nous, civils Palestiniens, faisons face, avec notre chair, aux armes militaires illégales.
Je m’excuse de m’être exprimée longuement. Enfin et surtout, « on doit des égards aux vivants ; on ne doit aux morts que la vérité. » Voltaire.
Par Haya,
Membre de l’association Community Media Center, partenaire du CCFD-Terre Solidaire.
A Gaza, les bureaux de notre partenaire Filastiniyat bombardés (deuxième témoignage)
Bombardements à Gaza : témoignage d’une « nuit difficile » (premier témoignage)
Le quotidien de Gaza raconté en hébreu par deux passeurs d’humanité
Appel à action pour mettre fin aux expulsions de familles palestiniennes à Jérusalem-Est
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C’est par Twitter que notre partenaire a lancé l’information : “aujourd’hui, des avions de combat israéliens ont bombardé le bâtiment Ghazi Shawa à Gaza. Le bâtiment comprend des institutions civiles et privées dont le bureau de Filastiniyat. Le bombardement effectué sans avertissement, a fait deux morts: un homme et sa fille“.
Filastiniyat mène un travail unique pour soutenir le travail des femmes journalistes dans la bande de Gaza.
Après le bombardement des bureaux de Al Jazeera et d’Associated Press, c’est une nouvelle attaque envers le travail des journalistes et une ONG.
Nos partenaires, qui vivent dans l’angoisse depuis le début des bombardements, il y a maintenant une semaine, sont extrêmement choqués :
“Ce n’est pas le bâtiment que je pleure, mais le lieu sûr que nous offrons aux journalistes, aux jeunes, aux femmes. Tous mes souvenirs de Gaza sont dans ce bâtiment. Les meilleurs moments de toute l’équipe ont eu lieu dans ces bureaux. Je n’arrive pas à y croire”, témoigne Wafa’ Abdel Rahman, la directrice de Filastiniyat.
« Je suis désespérée. Je n’ai pas de mot et je n’ai de réponse à rien. J’espère que c’est un cauchemar et qu’on va bientôt se réveiller »témoigne une autre membre de l’association.
« Nous recommencerons tout. Filastiniyat va revenir, nous recommencerons tout à zéro s’il le faut »

Les frappes aériennes israéliennes, qui ont détruit ou gravement endommagé près de 450 bâtiments dans la bande de Gaza, ont entraîné le déplacement de plus de 52 000 Palestiniens, a déclaré, mardi 18 mai, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Plus de 212 personnes sont mortes dans les bombardements.
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Depuis un an et demi, Yuval, un journaliste israélien de 25 ans, et Ahmed, un journaliste palestinien du même âge, ont décidé de raconter la vie des hommes et des femmes de Gaza aux Israéliens.
Leur projet – « We beyond the wall » (nous, au-delà du mur) – traduit d’arabe en hébreu des récits du quotidien des habitants de la bande de Gaza.
Ces articles sont disponibles sur le site Internet border gone (frontière disparue).
Grâce à leur travail et au web, des centaines de milliers de visiteurs israéliens découvrent ainsi les vies de leurs voisins. Une initiative qui peut paraitre simple mais qui est en réalité extraordinaire dans le contexte israélo-palestinien.
« C’est essentiel pour gagner la paix, car les Israéliens n’ont pas d’outils pour comprendre. Les habitants de Gaza sont vus comme des terroristes, les rares fois où l’on en parle dans les médias. Le quotidien de ces habitants n’est pas abordé. Quand on est Israélien, il est facile d’ignorer Gaza » constate Yuval Abraham.
Ce projet est né d’une tragédie.
En 2014, à Gaza, où il vit, Ahmed Al-Naouq voit l’un de ses frères mourir pendant la guerre avec Israël.
Ce jeune étudiant en littérature britannique raconte alors la vie et la mort de ce frère sur le web.
Cette histoire, écrite en anglais, devient virale.
Ahmed décide de poursuivre l’aventure en construisant le projet « We are not numbers » (nous ne sommes pas des numéros.)
Ahmed raconte : « L’idée était de faire connaître au monde nos vies. Dans leurs quotidiens. Ce n’était pas un message politique que nous voulions transmettre. Simplement un message d’humanité, écrit en anglais ».
En 2019, de l’autre côté du mur, le journaliste Yuval Abraham doit enquêter sur l’état d’esprit des Gazaouis avant les élections en Israël.
Il a lu les portraits d’Ahmed et le contacte par téléphone. Yuval n’a pas l’autorisation de se rendre à Gaza et Ahmed ne peut entrer en Israël.
Ensemble, comme une évidence, ils font naître ce nouveau projet commun « We beyond the wall. »
Aujourd’hui, la production de contenus pour le site est assurée par une équipe de sept salariés palestiniens et israéliens.
Les histoires de Gaza sont traduites de l’arabe en hébreu par plus de 200 volontaires, Israéliens et Palestiniens citoyens d’Israël.
Elles permettent aux 100 000 visiteurs mensuels israéliens du site border gone.com et aux 8000 followers de la page Facebook de s’informer en hébreu sur la situation à Gaza.
La motivation de Yuval est de faire ainsi pression sur le gouvernement israélien pour « qu’il stoppe son siège. Il contrôle tout à Gaza, l’air comme l’eau. Cet endroit est une prison et cela crée de la violence à côté de chez nous. »
Ce qui l’a surpris dans ce travail en commun – – c’est « combien les jeunes de Gaza sont connectés au reste du monde. J’ai aussi découvert leur extraordinaire sens de l’humour. »

Yuval a commencé à apprendre l’arabe à l’université il y a cinq ans. « Pour être un meilleur journaliste ».
Et sans doute, pour revenir à son histoire familiale. Ses grands-parents étaient membres de la diaspora juive du Yémen et de Libye. « Ils comprenaient l’arabe, mais ma mère a tout oublié pour construire ses racines israéliennes. »
Yuval estime que « 1% des Israéliens parlent l’arabe. Ce sont souvent des militaires qui le pratiquent pour des raisons de sécurité nationale. »
Pour Ahmed, il s’agit, avec « We beyond the wall » de « mieux se connaître entre voisins, d’amplifier la voix des Palestiniens. »
Mais pas de commencer un dialogue entre Israéliens et Palestiniens. « On ne peut pas avoir un dialogue, quand l’un des deux participants est considéré comme un citoyen de seconde classe. »
Il en appelle aux politiques pour qu’ils aillent vers la seule solution possible à ses yeux, « celle d’un unique Etat, regroupant Palestiniens et Israéliens, sans l’apartheid que nous vivons aujourd’hui. Suivre ainsi le même chemin emprunté naguère par l’Afrique du Sud. »
Pour l’instant, Ahmed est dans la même situation que Yuval. Il ne peut fouler le sol de Gaza.
Il est bloqué à Londres.
En 2019, l’étudiant de Gaza a décroché une Bourse Chevening qui lui a permis de suivre un master en journalisme à l’université de Leeds.
Mais, depuis, Ahmed ne peut plus rentrer à Gaza et revoir ses huit frères et sœurs, tous restés dans leur bande de terre enfermée.
« J’étais piégé à Gaza. Maintenant, je suis piégé à Londres. Je n’ai pas pu y retourner quand notre mère est morte l’an dernier. »
Pierre Cochez
Retrouvez d’autres portraits et décryptages dans notre dossier Artisanes et artisans de paix
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]]>The post Les femmes à la pointe des combats contre les inégalités appeared first on Terre Solidaire.
]]>Ce constat du pape nous le partageons, bien sûr. Si l’égalité des sexes constitue un des principes de la Déclaration universelle des droits humains, si les Nations unies en ont fait un des objectifs de 2030 du développement durable (ODD), nous sommes pourtant loin du compte. La moitié de l’humanité doit subir encore aujourd’hui une véritable discrimination de genre.
Actrices de paix et de non-violence, elles ont constitué un corps efficace de médiatrices sociales au sein de la Plateforme interconfessionnelle de la jeunesse centrafricaine (PIJCA), travaillant inlassablement au dialogue et à la réconciliation, dans ce pays ravagé par la guerre.
Ce sont aussi des femmes qui dénoncent les situations subies par les Palestiniennes et les Palestiniens. Leur arme : l’écriture. Au sein de l’agence de presse « Nawa », 400 journalistes racontent avec compétence le quotidien de leur peuple et réussissent à faire entendre sa voix sur la scène internationale (p.17).
Décidées à changer le regard de la société, elles ont fondé l’association Nirantar en Inde. Elles sont sur tous les fronts pour réclamer des droits, courageusement, dans ce pays qui est certainement l’un des plus violents envers les femmes (p. 19).
Face aux exactions subies lors des conflits armés, elles s’organisent aussi pour soigner les corps et les âmes blessés. C’est par le biais du théâtre que les femmes du Guatemala ont choisi d’exprimer leurs désirs de changement et leur soif de dignité (p. 23).
L’Écho du monde vous propose de rencontrer ces femmes actives, courageuses, solidaires. Bien plus qu’un engagement pour faire avancer leurs droits, elles œuvrent à établir un monde de paix et de justice. Ce que nous voulons pour tous les humains. Notre monde s’est construit sur des rapports de domination. S’il porte atteinte aux droits des femmes, le patriarcat est aussi à la racine de l’exclusion, du racisme, de la guerre, des inégalités, et de la destruction de notre planète. Mais ce modèle n’est pas une fatalité. D’autres relations humaines sont déjà en train de s’inventer.
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]]>The post Webinaires : Pour le respect des droits humains et la fin du blocus à Gaza appeared first on Terre Solidaire.
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Le 25 février 2021 à 19h30 : Webinaire – Les jeunes de Gaza: Histoires d’une vie sous blocus. S’inscrire ICI.
Invitées:
– Asmaa el Khaldi, cinéaste et conteuse, Gaza Sky Geeks
– Majed Abusalama, directeur, We are not numbers
– Dina Khadra et Ahmed Al Aydi, Productions du jour du théâtre
Le 4 mars 2021 à 19h30 : Webinaire – Femmes de Gaza: Perspectives féminines sur XNUMX ans de vie sous le blocus – S’inscrire ICI
Invitées:
– Amaal Syam, directrice générale du Women’s Affairs Centre (WAC)
– Wafa ‘Abdel Rahman, directrice, Filastiniyat
– Maha Al Raei, directrice, Wessal Network
Ces deux webinaires se déroulent sur inscription préalable sur les liens indiqués ci-dessus et seront traduits en français et anglais.
En 2012, l’ONU a publié un rapport avertissant que Gaza deviendrait invivable d’ici 2020 à moins qu’un changement fondamental ne soit apporté et que Gaza ait un accès ouvert au monde extérieur[[ Gaza in 2020: A liveable place? [Trad.: Gaza en 2012: un endroit vivable ?]. Rapport par l’équipe de pays des Nations unies dans le territoire palestinien occupé, août XNUMX. ]].
Cette année, le blocus illégal de Gaza est entré dans sa quatorzième année et Israël continue de priver la population de Gaza de ses droits fondamentaux et d’une vie digne[[Le blocus constitue une violation des conventions de La Haye, art. 33 de la quatrième Convention de Genève et de l’article 7 du Statut de Rome.]].
Il n’y a aucune perspective réelle de changement significatif ou de redressement pour Gaza. Au contraire, la division des dirigeants palestiniens et la pandémie mondiale du Covid-19 aggravent et accélèrent l’effondrement social et économique. Il n’y a qu’un seul remède, le blocus doit être levé immédiatement!
Malgré la fermeture, les dangers et les difficultés, les habitants de Gaza refusent d’être définis par le conflit qui affecte leur vie quotidienne. Tout comme d’autres personnes dans le monde, ils espèrent et rêvent d’un avenir meilleur.
Les habitants de Gaza sont déterminés à rendre la vie «vivable» et font preuve d’une grande détermination et créativité pour y parvenir. Toutefois, nous ne devons pas oublier que la résilience humaine a ses limites lorsqu’elle est confrontée une adversité aussi extrême, comme c’est le cas à Gaza.
Découvrez l’ensemble de la campagne sur le site de la CIDSE : Respecter les droits humains à Gaza – Mettre fin au blocus illégal maintenant!
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Journaliste depuis six ans à Gaza, Marah Elwadiya, n’est pas du genre à se laisser décontenancée. Sa vie de free-lance n’est pourtant pas un long fleuve tranquille : « Sur la dizaine de propositions d’articles et de vidéos que je fais aux médias avec lesquels je collabore, seul une à deux sont retenues chaque mois », soupire-t-elle. La concurrence sévère, l’est encore plus avec la crise de Covid-19 qui se double d’une crise économique. « Mais cela n’explique pas tout. C’est très difficile pour une femme de se battre dans cet environnement encore essentiellement masculin, ajoute-t-elle. Nous ne bénéficions pas, comme les hommes, de l’appui d’organisations professionnelles puissantes qui nous représenteraient. »
Pour Marah, comme pour nombre de femmes journalistes, les défis sont de taille : Ils sont d’abord financiers, car vendre deux productions par mois, ne suffit pas pour faire vivre une famille. Mais derrière cette volonté de se battre, il y a aussi une envie d’émancipation et un besoin de bousculer une société palestinienne encore très patriarcale.
« Dans les territoires palestiniens, la voix des femmes mais aussi des jeunes est très peu entendues. Quand il est question d’une femme, dans les médias, elle est toujours vue et traitée comme la mère, la fille, la sœur de héros masculins », confirme Wafa Abdel Rahman, qui en 2005, a créé l’association Filastinyat pour lutter contre cette représentation. « Au départ, nous avions fait tout un travail de sensibilisation auprès de la population à travers des ateliers de décryptage des médias. Mais rapidement, nous nous sommes rendu compte que cette approche n’était pas suffisante et qu’il fallait donner aux femmes elles-mêmes les moyens d’influencer l’opinion pour changer cette image. Nous sommes passées d’une position de chargées de plaidoyer à un rôle d’accompagnement des volontaires dans l’affirmation de leur capacité à prendre leur destin en main. »
Cette mutation s’est faite par étape. Dès 2009, l’idée d’organiser des formations, des ateliers et des conférences à l’attention des femmes journalistes fait son chemin. Un an plus tard, des « clubs » rassemblant les femmes journalistes leur permettent d’échanger sur la manière dont les unes et les autres ont réussi à modifier la place des femmes dans les médias. Depuis une décennie, 400 journalistes femmes, des jeunes diplômées, mais aussi des professionnelles confirmées, ont répondu à l’appel à Gaza et 150 en Cisjordanie. Près de la moitié sont toujours très actives, car elles y trouvent une force collective et des conseils avisés sur des questions techniques, comme par exemple pour réaliser un reportage audio. « C’est aussi un moyen de se faire un réseau, de s’entraider, de pouvoir échanger des idées mais aussi des contacts avec d’autres femmes journalistes », apprécie Marah.
« Ces échanges sont d’autant plus stimulants qu’il y a un regard journalistique féminin particulier, pointe Wafa. Une attention aux aspects humains, à l’impact des décisions ou des événements sur le quotidien des gens ». C’est vrai pour les articles sociaux mais aussi pour les articles politiques. Aux grands discours et théories, les femmes préfèrent des approches plus concrètes. Derrière le nombre de morts des conflits, les journalistes féminines vont, par exemple, s’intéresser à la manière dont la guerre s’insinue dans la vie quotidienne. L’occupation palestinienne est traitée à travers son impact sur les habitants de la bande de Gaza qui se retrouvent séparés de leur famille. Sur la crise économique, même prisme : les hommes parlent de ses conséquences chiffrées et désincarnées quand les femmes vont mettre l’accent sur le ressenti d’une mère de famille qui doit se soucier du bien-être des membres de son foyer.
Grâce à cet accompagnement et cette bienveillance, les femmes journalistes prennent confiance en elles et impriment leur marque. Petit à petit, les patrons de presse commencent à considérer leur travail autrement car leurs articles font grimper l’audience de leur média, le public étant avide de cette façon de traiter l’information. « C’est notre chance car si personne ne regardait ou ne lisait leurs productions, notre influence serait bien maigre ! », reconnaît Wafa.
Mais avec la crise sanitaire, la situation économique se tend et les jeunes femmes diplômées ont bien du mal à trouver un emploi. C’est pourquoi, en plus des activités traditionnelles, l’association a renforcé ses programmes destinés aux jeunes journalistes femmes, obligées de devenir free-lance quand rien ne les y a vraiment préparé. L’association s’est ainsi équipée de matériels dernier cri. A Gaza et bientôt à Ramallah, les participantes aux différentes activités, ont la possibilité de s’initier à la création de contenus pour les médias en ligne. « Nous avons aussi créé une agence de presse interne, NAWA, qui achète certaines de leurs productions. Nous les diffusons sur notre propre réseau, ce qui accroit la visibilité de leurs auteures. Nous les aidons aussi à vendre leurs productions à des médias extérieurs. »
Les contacts noués dans le cadre des « clubs » s’avèrent, eux aussi, de véritables sésames. En raison du confinement, les rencontres en présentiel ont dû être supprimées, et ont été remplacées par des sessions de formation en visio-conférence qui ont démultiplié les opportunités de mises en relation. Les manifestations organisées par Filastinyat, ne sont plus seulement réservées aux femmes des territoires palestiniens, et sont de plus en plus regardées par un public international, dans les pays arabes mais aussi en Europe. Une dimension très enrichissante, reconnaît Wafa : « Nous devons poursuivre cette internationalisation après cette crise qui met aujourd’hui à mal nos finances. En espérant que nous pourrons reprendre nos activités quand tout sera fini. Car rien n’est acquis et les clubs de femmes restent sans doute un des meilleurs moyens d’aider leurs membres à faire bouger les lignes par rapport aux médias mais aussi par rapport à l’ensemble de la société. »
Par Laurence Estival
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Avec un tout petit territoire de 420 km2, et environ 2 millions d’habitants, la bande de Gaza compte une des plus fortes densités de population au monde.
La situation économique et sociale y est dramatique, notamment à cause du blocus imposé par Israël depuis 2007. Personne ne peut entrer ou sortir du territoire sans permis, et la circulation des marchandises est également très contrôlée.
La pandémie de la Covid-19 et le confinement instauré ont eu de graves conséquences sur cette économie déjà fragile.
Le chômage pourrait désormais atteindre 64%.
Notre partenaire, l’organisation Culture et Pensée Libre que nous soutenons depuis de nombreuses années, est située à Khan Younes dans le sud de la Bande de Gaza. Elle a été créée en 1991 à l’initiative de cinq femmes provenant de différentes organisations politiques du territoire.
Cette association indépendante et laïque offre un cadre rassurant et de nombreuses activités aux jeunes et aux enfants.
Bernadette Bardet raconte sa visite sur place dans l’un des centres de l’association : « Nous avons rencontré un jeune collégien qui venait refaire, après les cours, les expériences de chimie avec le matériel adéquat. A côté de lui, un autre enfant approfondissait des notions de mathématiques avec l’aide d’un professeur. Plus loin, au studio de radio, un jeune enregistrait une émission, tandis que dans la cour, deux ados échangeaient des passes de foot, en riant. »
En plus de leur contribution au développement des enfants et à l’engagement citoyen des jeunes, l’association milite pour les droits des femmes et réalise un travail important de sensibilisation au respect des droits de chacun et chacune auprès de la communauté locale.
Dans les situations de crise, comme les attaques par Israël en 2014 par exemple, ou encore aujourd’hui avec l’épidémie, l’association apporte également des aides d’urgence et soutient près de 2 000 enfants et jeunes, 2 000 parents, touchant ainsi près de 100 000 bénéficiaires. Cette année, elle a su innover et mettre en place diverses activités à distance.
Dans la Bande de Gaza, beaucoup d’enfants, des femmes et d’hommes souffrent, et ce soutien leur est très précieux, explique Bernadette.
Lire aussi : Israël/Palestine : le défi du rapprochement en plein Covid-19
Pour en savoir plus, consulter la Plateforme des ONG Françaises pour Palestine, dont nous sommes membre.
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Sadaka et Reut signifie « amitié », respectivement en arabe et en hébreu. Les fondateurs de l’association ont fait le constat qu’elle n’existait pas entre Juifs et Palestiniens au sein d’Israël, ou si peu. Que les Palestiniens qui vivent dans l’État hébreu, autrement dit ceux qui n’ont pas été expulsés en 1948 au moment de la guerre d’indépendance d’Israël et leurs descendants, ne jouissent pas des mêmes droits que leurs concitoyens juifs. Que leur récit de l’expulsion, la Nakba [[La « catastrophe » en arabe, qui désigne l’exode forcé de milliers de Palestiniens en 1948 de ce qui deviendra le territoire d’Israël.]], n’a pas droit de citer et est ignorée de toute une partie de la population, la majorité juive.
Sadaka-Reut s’efforce donc, par des programmes éducatifs, de faire entendre ces voix différentes. Ces militants sont persuadés que c’est ainsi que seront dépassées la haine et la séparation.
Ce travail auprès de lycéens et d’étudiants, souvent de milieux défavorisés, n’est pas facile en temps normal. « Depuis quelques années, les deux communautés se durcissent et deviennent plus extrémistes. Chaque gouvernement est plus à droite que le précédent. L’extrême-droite a gagné beaucoup d’influence, déplore Dina Gardashkin, co-directrice. Les jeunes se mobilisent pour le climat ou contre la corruption, mais pas pour le partenariat judéo-arabe. Ils ont grandi à une période où il n’existe plus de discours politique sur le conflit. »
Aborder ces questions exige un certain courage… et du temps. Que le coronavirus a volé à Sadaka-Reut.
L’ONG a en effet dû interrompre ses activités dès la mi-mars. Le pays recense alors très peu de cas, mais le gouvernement israélien décrète un confinement strict : fermeture des frontières, des bars et restaurants, des centres commerciaux, ainsi que des universités et des écoles. La population est appelée à rester chez elle, et ne peut s’éloigner de plus de 100 mètres de son domicile, des barrages sont érigés entre les villes pour interdire tout déplacement.
Ce ne sera qu’à partir de mi-mai que ces mesures seront levées. « Nous venions au travail tous les jours, mais nos bureaux immenses étaient bien vides », raconte Rawan Bisharat. L’ONG travaille avec des groupes de lycéens et d’étudiants dans des écoles et les universités. Impossible en ces temps de confinement. « Nous avons proposé à des enfants de Jaffa de venir à notre siège, où ils avaient ainsi accès à des ordinateurs et à une connexion internet. Depuis le déconfinement, ils continuent à venir dans nos locaux ».
Seul le groupe de l’université de Tel-Aviv a pu poursuivre ses activités. « Ils se sont adaptés aux sessions à distance, même si maintenir la qualité des échanges est plus difficile», affirme Dina Gardashkin. Lors d’une séance, les étudiants juifs ont évoqué le travail de recherches des racines familiales qui a lieu dans toutes les écoles juives du pays : « ça consiste à faire votre arbre généalogique et à interroger les personnes de votre famille sur leur histoire, explique Dina Gardashkin. Les Palestiniens ont découvert qu’on ne leur proposait pas cet exercice au cours de leur scolarité. »
Les sessions ont servi de rattrapage et de travail en commun sur ces questions. L’outil créé a été offert à d’autres organisations qui regroupent Palestiniens et Juifs, et à des écoles arabes. « Cette initiative nous a mis du baume au cœur, reprend Dina Gardashkin. Mais nous devons bien constater que notre travail ne peut vraiment se faire qu’en présentiel. »
Se pose alors bien sûr la question de l’après période estivale. L’épidémie de Covid-19 a flambé en Israël à cause d’un déconfinement trop rapide et mal géré. Personne n’est capable de prédire quelle sera la situation après les vacances scolaires, ni la réaction des établissements scolaires.
D’ores et déjà, l’ONG appelle ses donateurs à financer l’achat d’ordinateurs portables pour les enfants qui en sont dépourvus. « Nous sponsorisons ainsi neuf familles de Jaffa », reprend la jeune femme.
Sur le plus long terme, hors de question pour Sadaka-Reut de baisser les bras. Deux écoles ont contacté l’association mi-juillet pour participer aux programmes. Entre le risque épidémique et celui de l’extrême-droite toujours plus puissante, construire un partenariat entre Juifs et Palestiniens relève plus que jamais d’une absolue nécessité.
Par Gwenaëlle Lenoir
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