file-renaming-on-upload domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the init action or later. Please see Debugging in WordPress for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in /var/www/html/wp-includes/functions.php on line 6121file-renaming-on-upload a été déclenché trop tôt. Cela indique généralement que du code dans l’extension ou le thème s’exécute trop tôt. Les traductions doivent être chargées au moment de l’action init ou plus tard. Veuillez lire Débogage dans WordPress (en) pour plus d’informations. (Ce message a été ajouté à la version 6.7.0.) in /var/www/html/wp-includes/functions.php on line 6121rocket a été déclenché trop tôt. Cela indique généralement que du code dans l’extension ou le thème s’exécute trop tôt. Les traductions doivent être chargées au moment de l’action init ou plus tard. Veuillez lire Débogage dans WordPress (en) pour plus d’informations. (Ce message a été ajouté à la version 6.7.0.) in /var/www/html/wp-includes/functions.php on line 6121acf a été déclenché trop tôt. Cela indique généralement que du code dans l’extension ou le thème s’exécute trop tôt. Les traductions doivent être chargées au moment de l’action init ou plus tard. Veuillez lire Débogage dans WordPress (en) pour plus d’informations. (Ce message a été ajouté à la version 6.7.0.) in /var/www/html/wp-includes/functions.php on line 6121The post Timor-Leste : des solutions pour lutter contre la faim climatique (vidéo) appeared first on Terre Solidaire.
]]>Au Timor-Leste, les dérèglements climatiques causent régulièrement des catastrophes naturelles extrêmes qui menacent la souveraineté alimentaire du pays. Face à ces enjeux, notre partenaire, Permatil, soutient de nombreuses initiatives pour permettre à la population de retrouver sa sécurité alimentaire.
Cyclones, inondations, sécheresses … ces évènements météorologiques récurrents au Timor-Leste, mettent en péril les récoltes et déstabilisent l’économie.
Notre organisation partenaire local, Permatil, soutient la réhabilitation des bassins versants permettant de s’adapter aux fortes pluies et de stocker l’eau en cas de sécheresse.
Elle aide également les paysans à engager des démarches agro-écologiques durables pour régénérer les sols et retrouver leur sécurité alimentaire.
Grâce à son action, une loi inédite a été adoptée en 2015, permettant d’intégrer la permaculture et l’aménagement des jardins potagers dans les programmes scolaires.
Faim climatique, changeons les prévisions !
Pour aller plus loin :
L’agroécologie vue du Timor Leste : des potagers en permaculture dans toutes les écoles ?
The post Timor-Leste : des solutions pour lutter contre la faim climatique (vidéo) appeared first on Terre Solidaire.
]]>The post Timor oriental et extractivisme : pour un autre modèle économique appeared first on Terre Solidaire.
]]>
Quel est le modèle de développement mis
en œuvre par le gouvernement depuis l’indépendance en 2002 ?
Maxi Tahu – Après l’occupation indonésienne, tout était détruit. Le gouvernement s’est donc concentré sur les infrastructures : les routes, les ponts, etc.
Pendant cette période de reconstruction, le pays dépendait fortement de l’aide étrangère et les autorités suivaient les diktats des agences internationales. Le développement de notre économie reposait sur l’industrie extractive.
À partir de 2012, l’aide étrangère a progressivement diminué. Aujourd’hui, notre budget dépend à 90 % du pétrole et du gaz, et nous importons 80 % de ce que nous consommons.
Entre 2002 et 2018, le Timor oriental a engrangé quelque 22 milliards de dollars grâce à l’extraction du pétrole et du gaz. Mais d’ici à 2023, les réserves d’hydrocarbures en exploitation seront épuisées.
Au lieu de tenter de sortir de sa dépendance vis-à-vis des matières premières, le Timor oriental a décidé d’engager des milliards de dollars dans de nouveaux mégaprojets d’extraction.
La mer qui sépare le Timor et l’Australie regorge encore de réserves inexploitées de gaz et de pétrole convoitées par des pays voisins. La’o Hamutuk a une position très critique par rapport à cette décision.
L’expérience d’autres pays montre que l’économie extractive ne contribue pas durablement à la réduction de la pauvreté. Cette stratégie met aussi le pays à la merci des aléas des prix du marché. Et ces investissements bénéficient surtout aux nantis.
Une fois les ressources épuisées, les investisseurs disparaissent, laissant aux populations un environnement pollué. Paysans et pêcheurs perdent alors leurs terres fertiles et leurs riches écosystèmes marins. Alors que l’on parle de la sortie de l’économie carbonée, il est temps de changer de stratégie.
Nous regrettons que le gouvernement continue à accorder une telle priorité aux grands projets d’infrastructures tels que des autoroutes et des aéroports.
Près de 70 % des Timorais vivent dans les zones rurales, la plupart d’entre eux pratiquent une agriculture de subsistance. Pourtant, seul 1,5 % du projet de budget de l’État pour 2020 est dédié à l’agriculture.
L’ensemble des dépenses publiques pour l’éducation, la santé et l’eau n’atteint que 19 % du budget total. C’est insuffisant pour faire face au faible niveau d’éducation, à la malnutrition généralisée et à un accès peu fiable à l’eau propre.
Nous faisons la promotion d’une diversification de l’économie. Nous sommes conscients que nous ne pourrons pas empêcher les investissements miniers prévus. Mais nous interpellons les autorités pour qu’elles se concentrent sur les secteurs productifs : la petite industrie nationale, l’agriculture paysanne et le tourisme à petite échelle.
Nous ne sommes pas contre les infrastructures, mais elles devraient s’orienter vers les besoins de base de la population, comme des routes rurales, des écoles, des hôpitaux…
Une grande partie de notre alimentation est importée, car notre secteur agricole est peu développé et notre productivité très basse. Par exemple, nous ne produisons qu’entre 30 et 40 % du riz que nous consommons. C’est pour cela que nous défendons une agriculture familiale durable pour développer le pays.
Le terrain est favorable, car les pesticides sont très peu répandus et l’agro-industrie très peu présente. Nous restons cependant très vigilants, car des institutions comme l’Agence asiatique de développement ou l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) essayent d’influencer les politiques vers l’agro-industrie.
La pression sur la terre augmente avec les projets de développement, et les paysans perdent leur accès à la terre. Nous croyons qu’une agriculture paysanne durable permettra de diversifier l’alimentation locale, de développer l’économie familiale et de nourrir le pays.
Tous les citoyens doivent bénéficier des ressources du Timor oriental, tout en prenant la responsabilité de les protéger.
Propos recueillis par Isabelle Delforge à Dili, le 26 novembre 2019
Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine disponible sur abonnement payant.
The post Timor oriental et extractivisme : pour un autre modèle économique appeared first on Terre Solidaire.
]]>The post Au Timor-Leste, une loi inédite pour promouvoir l’agroécologie dans les écoles appeared first on Terre Solidaire.
]]>

Estanislau Claudio Ximenes est responsable de programmes de l’association timoraise Permatil, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire.
Très investie dans la formation de la population paysanne, l’association se consacre à la reconquête de la souveraineté alimentaire par la population majoritairement rurale et très jeune ce nouveau pays.
C’est ainsi que l’association a commencé à créer des jardins en permaculture dans les écoles.
Après plusieurs années d’expérimentations réussies, l’association décroche en 2015 un résultat spectaculaire : une loi nationale rend obligatoire l’implantation de potagers en permaculture dans les écoles primaires de Timor Leste.
Pour Estanislau Claudio Ximenes, la mission éducative des jardins dans les écoles commence par la délocalisation de la classe hors des murs : « Nous ne considérons pas ces jardins comme de simples parcelles productives, mais comme des laboratoires de vie. »
Bien sûr les élèves consomment les légumes, et une partie est vendue, ce qui permet de financer la cantine.
Mais on y fait aussi des maths : connaissant les dimensions de la parcelle, combien de piments pourra-t-on récolter ? Et d’ailleurs, comment dit-on « piment » dans divers dialectes de l’île ?

Nutrition, santé, environnement, la palette des enseignements est vaste. Et la dynamique profite à l’ensemble de la communauté.
De retour à la maison, les élèves transmettent au jardin familial les principes de la permaculture : l’attention à la nature, à la santé des personnes, aux générations futures, aux interdépendances entre l’air, l’eau, les sols, les semences.

Permatil popularise ainsi à l’échelle des communautés rurales cette agriculture respectueuse de la nature dénommée permaculture.
Estanislau Claudio Ximenes explique : « Il ne s’agit pas simplement de produire durablement des aliments sains, mais d’induire un changement profond dans la société ».
Non seulement la permaculture bannit les intrants chimiques mais elle intègre plus largement des pratiques de préservation des ressources naturelles (terre, eau, semences…), de recyclage, de revalorisation de l’art et de la culture.
C’est le point de départ d’une démarche globale de transformation de la société timoraise, dans un contexte où celle-ci cherche à reconquérir son patrimoine naturel et culturel.
Après 25 ans de lutte, ce tout jeune état a acquis chèrement son indépendance, en 1999. Avec la guerre, la population a été décimée au tiers, et les zones rurales ont beaucoup souffert.
Claudio raconte : « L’armée coupait les arbres, car les résistants timorais se dissimulaient dans les forêts. Ce déboisement a fortement affecté les sources et entrainé un desséchement de nombreuses zones. »
L’agriculture, qui était sous perfusion de l’occupant indonésien, ne parvient pas à nourrir la population :
« Il nous fallait réapprendre à gérer et préserver l’eau, les sols, les semences, à fabriquer des traitements naturels et du compost —autant d’enseignements scientifiques abordés dans les potagers ! Nous insistons aussi beaucoup sur la récupération des déchets : comment cultiver dans une bouteille en plastique, quand on a peu de terre à sa disposition, etc »

Fabrication du liquide de compostage/intrant biologique © Ego Lemos/Permatil/CCFD-Terre Solidaire
Les jardins scolaires sont un support pour reconstituer une somme de connaissances patrimoniales, y compris dans l’art et la culture, « balayées pendant l’occupation. »
Pour être comprises et acceptées, les étapes importantes de ce travail sont accompagnées de cérémonies traditionnelles menées par les anciens.
A l’origine, l’association a commencé par implanter 8 potagers scolaires, avec l’appui du CCFD-Terre solidaire.
« Certes, le principe était déjà mis en œuvre par la FAO. Mais ça ne marchait pas bien. Ils utilisaient des intrants importés, les semences notamment. Et puis une fois les jardins installés, ils repartaient, et ça périclitait. Nous avons voulu montrer qu’il était possible de faire mieux en utilisant moins de moyens et de ressources naturelles. »
Après leur visite, le ministre de l’éducation est convaincu. Il organise alors un grand séminaire national de présentation du concept, où tous les responsables des écoles primaires sont invités.
Puis il propose une loi permettant de généraliser cette pratique à toutes les écoles.
Quand le projet démarre, toute la communauté est impliquée.
L’association prend contact avec les autorités et les leaders locaux, les professeurs mais aussi les parents d’élèves.
Des personnes sont formées à la conduite des potagers sur le long terme.
Les premiers jardins implantés ont fait l’objet d’une évaluation en 2018. Aujourd’hui, 151 écoles, sur un total de 1 108, en sont équipées, bénéficiant directement à 41 000 personnes.

« Les témoignages des élèves, des enseignants, des parents sont tout à fait encourageants, indique Estanislau Claudio Ximenes. Notamment venant des jeunes, qui envisagent souvent d’aller en ville pour trouver du travail, et considèrent que la terre, c’est une activité pour les vieux. Ce projet contribue à changer cette image, en montrant que l’agriculture n’est pas un travail dégradant : c’est une part essentielle de la vie, qui mérite que l’on s’implique dans les communautés rurales. C’est une ambition à long terme, pour les dix à vingt années à venir. »
Intégré dans la cadre du programme mondial de transition vers une agroécologie paysanne Tapsa, le projet se développe et des dizaines de jardins sont en cours de création dans les écoles.
Patrick Piro
The post Au Timor-Leste, une loi inédite pour promouvoir l’agroécologie dans les écoles appeared first on Terre Solidaire.
]]>The post Bernard Pinaud au Timor Leste, “soutenir les paysans et la société civile” appeared first on Terre Solidaire.
]]>
Alors que nous montons le flanc d’une montagne en voiture pour visiter un projet de gestion d’une source d’eau par une communauté paysanne, Jenito Santana, le directeur de l’organisation Kdadalak Sulimutuk Institute (KSI), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, me dit « Tu vois, Bernard, mon oncle vivait, là, sous terre, pour se cacher pendant la Résistance ».
Le lendemain, le fondateur de KSI, Antero da Silva, nous explique lui aussi qu’il avait dix ans quand l’armée indonésienne d’occupation a tué son père adoptif. Plus tard, jeune séminariste à Manille, aux Philippines, il fait circuler des informations sur l’horreur de la répression indonésienne lors d’une rencontre internationale. Il finit par quitter le séminaire pour rentrer au pays et rejoindre la Résistance. Ici, la Résistance, c’est-à-dire la lutte armée de libération face à l’envahisseur indonésien, est très présente dans les esprits. Les combattants sont considérés comme des héros.
La période de l’occupation indonésienne, qui a duré 24 ans et fut d’une horrible brutalité, a considérablement marqué la population. Seulement dix jours après la déclaration d’indépendance du Timor Leste, ancienne colonie portugaise, l’armée indonésienne a envahi le pays début décembre 1975.
L’ONG Amnesty International estime qu’un tiers de la population, soit environ 200 000 personnes, a été tuée dans les quatre premières années de l’occupation. Pendant cette période 60 % de la population a été placée dans des camps d’internement, dans l’indifférence totale de la communauté internationale. La moitié du bétail a également été décimé, tandis que la forêt était aussi largement pillée et détruite.
Timor Leste ne redevient indépendant que le 20 mai 2002.
C’est donc une toute jeune nation que j’ai rencontrée lors de ma mission au Timor Leste en juillet 2016. La société civile est, elle aussi, jeune et fragile, à l’image de la population, dont 60% a moins de 25 ans. Les enjeux de formation et d’emploi y sont énormes.
En soutenant trois organisations partenaires dans ce petit et nouveau pays de 1,2 million d’habitants, c’est l’émergence d’une société civile structurée que le CCFD-Terre Solidaire souhaite appuyer.
Pour cela, le CCFD-Terre Solidaire a d’abord opté pour l’appui à des organisations œuvrant dans le milieu agricole. En effet, 63 % de la population travaille dans l’agriculture qui, à part le café, reste de subsistance.
– A Baucau, à l’est du pays, le CCFD-Terre Solidaire soutient son partenaire CDC – Centre de développement communautaire – dans la création d’un centre de formation professionnel agricole, le deuxième seulement dans le pays.
Les 21 élèves, dont 6 jeunes femmes, de cette deuxième promotion nous montrent un à une avec fierté, leur plantation de tomates bio. Ils nous expliquent pourquoi ils ont fait le choix de cette formation en internat sur quatre mois : ce sont des fils et des filles de paysans qui veulent développer la production horticole de la ferme de leurs parents.
Les conditions de vie sont spartiates, mais le CDC compte bien, avec l’appui du CCFD-Terre Solidaire, porter les installations aux normes pour recevoir l’accréditation du gouvernement.
– Le CCFD-Terre Solidaire soutient aussi son autre partenaire KSI dans le lancement du jeune mouvement paysan Mokatil, qui rassemble plus de 30 000 familles. Mokatil a rejoint, il y a peu, la Via Campesina, fédération de mouvements et syndicats de petits producteurs agricoles de 74 pays différents. Depuis le début, le CCFD-Terre Solidaire participe à la structuration de ce mouvement mondial, qui représente désormais 200 millions de petits paysans à travers le monde !
Avec Nicolas Heeren – chargé de mission au CCFD-Terre Solidaire – et KSI, nous avons eu la chance d’assister au premier rassemblement régional de Mokatil. Ils étaient 150 à nous attendre sous la tente pour démarrer la journée. Les échanges se sont organisés autour de l’agro-écologie, le droit à la terre, l’accès à l’eau. J’ai été particulièrement frappé par la forte présence de jeunes adultes et leur dynamisme.
– Notre troisième partenaire au Timor Leste, Permatil est, lui, engagé dans la promotion de la permaculture. Depuis ses débuts, l’organisation a formé 6 200 personnes à cette méthode. Et a réussi à faire passer dans le curriculum scolaire la mise en place d’un jardin agro-écologique par école primaire. En 2015, quatre premiers jardins ont d’ailleurs été installés !
Fière, l’équipe de Permatil nous a montré le manuel en bande dessinée qu’elle vient d’éditer. Ce manuel explique aux enfants comment prendre soin du jardin agro-écologique. Il y en a pour le moment trois par classe. Mais l’objectif de Permatil est que chaque enfant ait le sien !
Ces trois organisations partenaires, au-delà de leurs projets concrets de terrain, travaillent à la structuration de la fragile société civile du Timor Leste et participent ainsi à la formation de leur jeune nation.
Le CCFD-Terre Solidaire en les accompagnants est fier d’y participer lui aussi !
Bernard Pinaud,
Délégué général du CCFD-Terre Solidaire
Pour en savoir plus :
Au Timor Leste, Permatil forme les paysans à l’agroécologie
The post Bernard Pinaud au Timor Leste, “soutenir les paysans et la société civile” appeared first on Terre Solidaire.
]]>The post Edito : Esprit de solidarité, es-tu là ? appeared first on Terre Solidaire.
]]>J’ai honte lorsque l’un de nos ministres ose dire qu’en temps de « guerre » contre le terrorisme, les valeurs fondamentales deviennent secondes.
Comment convaincre nos dirigeants qu’ils se trompent en croyant nous endormir par des manœuvres électoralistes, en s’inspirant des courants les plus démagogiques, en jouant sur nos inquiétudes ?
La solidarité, j’y crois[[La solidarité, j’y crois, Éditions Bayard. Nouvel ouvrage : Justice sur la terre comme au ciel.]]. Seul l’esprit de solidarité peut faire, non pas un miracle, mais provoquer un sursaut qui inventera des solutions réalistes nous évitant la honte.
Construire le monde, y compris la France, dans un esprit de solidarité ne relève ni d’un slogan ni d’une incantation. L’interdépendance qui existe objectivement entre tous les pays, cultures et religions, nous place devant un choix crucial. Soit faire disparaître cette dépendance en faisant disparaître l’Autre. Bonjour, la violence ! Soit laisser faire le renard dans le poulailler. Bonjour, la discrimination ! Soit choisir la stratégie du partenariat. Se mettre ensemble pour inventer les solutions. Ce n’est pas le choix de la facilité : la rencontre de l’Autre est rugueuse et risquée. Mais c’est la stratégie la plus intelligente qui évite la guerre et honore l’inventivité de chacun. C’est le choix difficile et courageux qu’a fait l’Allemagne dans l’urgence (voir Faim et Développement n° 291).
Depuis longtemps, les partenaires du CCFD-Terre Solidaire dans les pays du Sud ont choisi la solidarité. Non par gentillesse mais par réalisme. Les plus pauvres n’ont pas le temps de se lamenter ! C’est bien la solidarité des femmes entre elles au service de tous qui secoue la population et interpelle les responsables. C’est bien la solidarité des moines de Mar Moussa en Syrie avec les populations musulmanes qui sur les chemins de la violence maintient l’espoir. C’est bien la solidarité qui pousse nos ami.e.s du Timor à promouvoir le Tara bandu, code social ancestral, non pour revenir au passé mais pour inventer un vivre ensemble au cœur d’une société moderne mercantile et individualiste.
J’appelle au réveil des esprits, des intelligences et des cœurs : laissons nous pénétrer toujours davantage par l’esprit de solidarité. Qui peut prétendre bâtir un bonheur durable sans lui ? L’Esprit de Pentecôte qui permettait à des peuples étrangers de se comprendre au-delà des différences de langue nous incite à croire que cela est possible.
The post Edito : Esprit de solidarité, es-tu là ? appeared first on Terre Solidaire.
]]>The post Au Timor Leste, Permatil forme les paysans à l’agroécologie appeared first on Terre Solidaire.
]]>
En 1999, les Indonésiens quittent le Timor Leste. L’ensemble du soutien du gouvernement indonésien à la mise en œuvre d’un système agricole fondé sur les principes de la révolution verte (semences hybrides, pesticides et engrais azotés) s’arrête du jour au lendemain. Non seulement les sols sont appauvris, mais le modèle, fondé sur une agriculture d’exportation, ne répond pas aux besoins alimentaires du Timor. 90% de la nourriture est importée. Les crises alimentaires sont récurrentes en période de soudure, notamment à cause du manque d’eau et de semences locales disponibles.
L’association Permatil (Permaculture pour le Timor Leste) nait en 1999 de la collaboration entre plusieurs militants, dont Ego Lemos, un militant indépendantiste et scientifique réputé au Timor, et Steven Cran agronome australien. Ils initient des formations à destination des paysans pour améliorer leur sécurité alimentaire grâce à une gestion optimale des ressources locales permise par la permaculture (plus connue sous le nom d’agroécologie en Europe). Celle-ci permet de produire de la nourriture avec des variétés locales, adaptées à des sols pauvres en matière organique et nécessitant des volumes d’eau réduits. Elle s’appuie sur la reproduction naturelle de la fertilité des sols pour travailler la terre (grâce notamment aux techniques de compostage), plutôt que sur des intrants importés et couteux.
Au fil des années, Permatil organise dans tout le Timor Leste des formations à l’agroécologie. Elle a aujourd’hui acquis un ancrage communautaire solide, une renommée nationale et un réel savoir-faire adapté aux différents publics concernés pour faire passer son message : « cultiver pour se nourrir, avec les richesses et les ressources locales ».
L’expérience acquise par les militants de terrain au contact des paysans lors des formations mobiles a été formalisée dans un manuel qui fait désormais référence. Avec l’appui du CCFD-Terre Solidaire, Permatil apporte une aide et un suivi spécifique aux foyers les plus vulnérables, avec une formation adaptée à leurs problèmes et attentes. En effet, la réplication et la transposition des techniques d’agro-écologie nécessite un travail d’ajustement au plus proche des situations locales.
Les formations ont mené les militants de Permatil dans des villages parfois très isolés du monde extérieur. Grâce à l’utilisation d’un vidéo projecteur, l’association propose aussi aux villageois des films sur l’histoire du Timor, l’organisation de ses nouvelles institutions, les relations hommes femmes… Ces projections sont des lieux de détente, d’ouverture sur le monde et d’éducation civique qui permettent aux plus jeunes de connaître les différents problèmes de sociétés au Timor désormais indépendant.
Le mouvement scout étant ancré dans l’église, le CCFD-Terre Solidaire a favorisé le rapprochement entre le diocèse de Baucau et Permatil en 2011, avec l’idée de faire des jeunes, des ambassadeurs d’un développement durable. Cette année là, le diocèse et Permatil lance un camp « Permascout » qui permet à des jeunes de tout le pays de se rencontrer pendant 4 jours et de faire ensemble des activités autour de la permaculture (séminaires, ateliers, discussions). Ces différentes activités ont pour but de créer des groupes de jeunes dans chaque district pour renforcer leur leadership et leur capacité de sensibilisation sur les aspects environnementaux, dans un contexte où les jeunes sont souvent accusés d’être facteurs d’insécurité et de troubles. En 2012, 1200 jeunes de 5 pays différents ont été accueillis dans le district de Laga où la population s’est mobilisée autour de l’événement. Des jeunes et représentants protestants, bouddhistes et musulmans, ont également participé au camp.
The post Au Timor Leste, Permatil forme les paysans à l’agroécologie appeared first on Terre Solidaire.
]]>The post Prévenir et résoudre les tensions communautaires au Timor Leste appeared first on Terre Solidaire.
]]>
Après la libération du Timor en 1999 [[La date de l’indépendance officielle du Timor est le 20 mai 2002]], qui a mis fin à 25 années d’occupation indonésienne, de nombreuses dissensions liées à la possession de la terre apparaissent. Il est difficile de s’y retrouver entre les titres de propriété émis successivement par les administrations portugaises et indonésiennes. Il faut aussi jongler entre les coutumes locales et les lois décidées par le nouvel Etat alors que des centaines de réfugiés reviennent et réclament leurs terres parfois occupées par d’autres Timorais. Cet imbroglio administratif et juridique aggrave les litiges existants, dans un contexte où le Timor Leste est encore fragile et les tensions sociales fortes. C’est alors que l’association Kdadalak sulimutuk Institute (KSI) : “Les fleuves qui coulent ensemble”, voit le jour afin de documenter les conflits et ainsi aider à leur résolution au travers de recherches et d’enquêtes sur le terrain.
Assez vite, KSI comprend qu’elle peut s’appuyer sur le « Tara Bandu », une méthode traditionnelle de résolution des conflits, de tradition orale et qui varie d’une région à l’autre. Le Tara Bandu permet de réguler les relations entre les personnes, les groupes mais aussi leur rapport à l’environnement, et donc à la terre. Pour beaucoup de Timorais, le Tara Bandu est davantage porteur de sens que les nouvelles lois écrites (souvent importées d’autres pays), dont un certain nombre restent incomprises et sont perçues comme allant à l’encontre de leur mode de vie.
Construire un nouveau contrat social
L’équipe de KSI réunit tous les acteurs qui jouent un rôle important dans la société (en milieu rural particulièrement) pour mettre en place un nouveau Tara Bandu et ce avec les chefs de villages traditionnels, les responsables gouvernementaux, la police, des représentants de l’Eglise et des groupes communautaires. Il s’agit de trouver un terrain d’entente, notamment sur des questions qui ne sont pas directement couvertes par le droit national. L’objectif est de parvenir à construire un contrat social qui renforce les législations nationales tout en reconnaissant les spécificités locales. Le Tara Bandu « modernisé » interdit par exemple d’abattre des arbres ou de brûler des terres sans permission. Il proscrit également les violences familiales et limite le montant des sommes requises pour les dots de mariage ou les cérémonies funéraires qui endettent et appauvrissent les familles sur plusieurs générations. L’expérience des études de cas accumulées depuis 2000 permet ensuite à KSI de faire remonter les principales sources des problèmes constatés sur le terrain auprès des instances gouvernementales et d’influer les réformes en cours.
Depuis 2008, KSI a organisés des dizaines de formations locales et réalisé trois manuels fondés sur leur expérience. Elles sont très appréciées, tant par les villageois heureux de réapprendre des coutumes qui ont survécu à l’ère portugaise et indonésienne, que par les chefs de villages et les autorités gouvernementales locales. “C’est important pour les Timorais qui ont longtemps souffert de l’occupation de reprendre confiance dans leurs propres capacités d’initiative à travers la résolution des conflits“, souligne Hatim Issoufaly, chargé de mission au Timor Leste. Le CCFD-Terre Solidaire qui travaille depuis 3 ans avec KSI en coordination avec 2 autres membres du réseau des ONG catholiques de la CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité), finance le volet sur la prévention et la résolution des conflits. L’action est particulièrement ciblée dans le district d’Ermera, riche en plantations de café, où la pression foncière provoque de nombreuses dissensions entre familles mais aussi à l’intérieur même des familles.
Développer des activités génératrices de revenus pour favoriser la paix sociale
KSI développe également des activités génératrices de revenus afin de diminuer les risques de tension dans des régions très sensibles. Dans le district de Manufahi, c’est le taux de chômage élevé qui donne une importance accrue à la terre. Une coopérative a été mise en place pour proposer plusieurs activités, dont des formations et des programmes d’échange, aux membres ayant souscrit une cotisation, en fonction des besoins et désirs de chacun : transformation alimentaire, pisciculture, microcrédit. Le but étant de diversifier les sources de revenus à l’échelle de la coopérative et pas seulement individuelle.
KSI est aussi à l’origine du premier syndicat de caféiculteur du Timor Leste.
The post Prévenir et résoudre les tensions communautaires au Timor Leste appeared first on Terre Solidaire.
]]>The post Formation à l’auto-entreprenariat appeared first on Terre Solidaire.
]]>
Entretien avec Joao Pinto et Simao da Costa, respectivement directeur et chargé de projets au Centro de desenvolvimento comunitario (CDC), le Centre de développement communautaire, Ong situé à Baucau sur la côte Nord du Timor-Leste. Le CCFD-Terre Solidaire soutient le CDC depuis 1999. « Transformer les plus DÉFAVORISÉS en entrepreneurs »
Quel est aujourd’hui le contexte socio-économique dans lequel intervient le Centre de développement communautaire ?
Simao da Costa :
Huit ans après l’indépendance, les conditions de vie de ceux qui vivent en zones rurales, qui représentent quand même 86 % de la population, selon les chiffres du gouvernement, n’ont guère évolué. D’après ce que nous voyons sur le terrain, la grande majorité d’entre eux n’arrivent même pas à gagner 0,50 $ par jour.
Joao Pinto :
Au niveau de notre district [Ndlr : équivalent de nos départements], il n’y a pour l’instant aucune sorte d’industrie et très peu de créations d’emplois. Les seules perspectives de travail possibles sont dans les administrations ou dans des ONG. La plupart des gens restent donc chez eux.
Quel est le but du CDC ?
Joao Pinto :
L’idée du CDC est d’aider l’insertion des Timorais dans le tissu économique naissant et de participer au développement socio-économique du pays. Souvent sans formation, ni moyens financiers, ces populations défavorisées mais très motivées peuvent ainsi créer leur entreprise .
Comment vous y prenez-vous ?
Joao Pinto :
Nous identifions d’abord clairement un groupe (intéressé par des activités de production) et, ensuite, nous lui apportons les compétences techniques en matière de production, de marketing, de calculs des coûts, de comptabilité, d’organisation, de formation de cadres et de communication… Lorsque nous travaillons avec des agriculteurs, nous les formons aussi à la production de compost, à la gestion des terres, à l’arboriculture et à la prévention des maladies des arbres ou des fruits. Le CDC et le groupe élaborent enfin une stratégie afin de permettre une meilleur distribution des produits au niveau régional et national.
Combien de personnes bénéficient aujourd’hui de ces différentes activités ?
Simao da Costa :
Officiellement, 150. Mais il ne faut pas oublier qu’une famille timoraise « traditionnelle » comprend entre 7 et 10 personnes. D’autres part, chaque groupe d’auto entrepreneur du CDC crée aussi indirectement plusieurs emplois et contribue ainsi à sa manière à faire baisser le chômage. Par exemple, un groupe d’agriculteurs s’est constitué pour cultiver des ananas qui seront transformés en confiture par les femmes du village. Autre exemple, quelques voisins d’un atelier de forgerons se sont mis à la production de charbon de bois et d’autres se chargent de la récupération de ferraille abandonnée (matière première).
Quel est l’impact de ces entreprises sur la vie locale ?
Joao Pinto :
Ces activités ont un impact évident sur la communauté. Car tout cela se transforme en revenus réguliers pour les familles, pour les villages, voire le district. Cet argent servira à améliorer la qualité des repas, à se soigner, à mieux s’habiller, à payer la scolarité des enfants… Les femmes quant à elles, restaient souvent à la maison, avaient peur d’aller en ville et estimaient ne rien savoir faire. Aujourd’hui, elles sont intégrées. Et même si certains villageois regardent parfois d’un mauvais œil ces changements, l’idée d’égalité des sexes fait ainsi petit à petit son chemin.
Propos recueillis par Patrick Chesnet
The post Formation à l’auto-entreprenariat appeared first on Terre Solidaire.
]]>The post Timor Leste appeared first on Terre Solidaire.
]]>
Alors qu’en 2002 des élections présidentielles sont organisées, la situation politique et sécuritaire reste fragile et de violents affrontements entre l’armée et la police ont amené le président Xanana Gusmão à demander l’intervention de la communauté internationale. En août 2006, une mission de stabilisation (la MINUT) a été créée par le Conseil de sécurité des Nations unies qui s’achève fin 2012. Depuis mai 2009, les forces de police du pays ont progressivement repris la responsabilité du maintien de l’ordre, exercée depuis 2006 par les Nations Unies.
Le Timor Leste est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres d’Asie mais surtout le plus jeune d’Asie (80 % de la population à moins de 18 ans). Alimentée par les revenus pétroliers, la dépense publique (et la distribution de pensions par l’Etat) reste de loin le premier facteur de croissance, avec une forte progression des dépenses d’investissement avec la construction d’infrastructures basées sur l’importation de compétences étrangères.
Le chômage atteint des niveaux très élevés, surtout en ville, tandis que le pays est confronté au manque cruel de compétence locale. Les secteurs agricole et éducatif sont largement délaissés par les pouvoirs publics (ils ne reçoivent que 4 % du budget) dans un contexte où la création d’un marché local n’est pas favorisée.
Face à un secteur agricole sous-développé et en l’absence de loi foncière, le CCFD-Terre Solidaire priorise avant tout l’augmentation et la sécurisation de la production alimentaire avec 3 partenaires : CDC (Centro Desenvolvimiento Communitario), Permatil et KSI. Ces derniers concentrent leurs activités sur la promotion d’activités génératrices de revenus, la prévention des conflits liés à la terre et l’amélioration des pratiques culturales grâce à l’agro-écologie.
The post Timor Leste appeared first on Terre Solidaire.
]]>