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Argentine Archives - Terre Solidaire Terre Solidaire - Devbe Mon, 10 Jan 2022 08:56:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 Réinventer l’accueil des personnes migrantes dans les villes https://terresolidaire.devbe.fr/journee-internationale-7217/ Wed, 15 Dec 2021 10:39:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=18993 S’appuyant sur l’exemple de la politique migratoire de São Paulo au Brésil, qu’il a participé

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S’appuyant sur l’exemple de la politique migratoire de São Paulo au Brésil, qu’il a participé à construire, le réseau Red Sin Fronteras, partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis 2012, agit auprès des villes pour développer un modèle fondé sur le respect des droits et la participation politique des exilés.

Arrivées d’Europe et d’Asie à la fin du XIXe siècle puis des pays voisins d’Amérique latine, des personnes migrantes de trente nationalités résident aujourd’hui à Catamarca, région andine prospère et point de passage en Argentine avec le Chili, le Paraguay et la Bolivie. Mais ni la ville ni même l’État ne proposent de politique d’intégration pour les personnes étrangères, dont d’importantes communautés venues – par l’Espagne du temps de Franco- ou plus récemment du Pérou et de Bolivie pour travailler. Elles étaient alors souvent privées de droits ou contraintes de se rendre dans la province de la Rioja pour effectuer leurs démarches administratives.
Face à l’absence de politique de protection des plus vulnérables, et notamment des exilés durant la pandémie, les acteurs locaux ont continué à porter des alternatives, jouant un rôle essentiel.

Originaire de la capitale, San Fernando del Valle de Catamarca, Adriana Fadel, chercheuse au Brésil et militante au sein du réseau Red Sin Fronteras, connaît bien la politique inclusive de São Paulo. Elle suit aussi de près le travail du réseau sur les villes accueillantes. En 2019, de retour de Paris où elle a participé au lancement de l’Alliance autorités locales/société civile pour une autre gouvernance des migrations que soutient le CCFD-Terre Solidaire , elle a organisé des ateliers auprès des communautés étrangères pour qu’elles comprennent la force de l’alliance entre municipalité et associations afin de faire progresser les droits des personnes migrantes (voir encadré). Elle a également engagé sur ce sujet un dialogue avec la ville.

Le premier conseil municipal de migrants d’Argentine

Après plusieurs mois de travail avec les communautés migrantes, la ville de Catamarca, dont Adriana est depuis devenue conseillère municipale, met en place, en septembre 2020, un conseil municipal des migrants. La première expérience de ce type dans le nord-ouest de l’Argentine ! Son objectif : être un espace de consultation des exilés et des associations pour la construction de politiques d’accueil et d’intégration. Il se veut enfin un lieu de formation à la protection et à la défense des droits des migrants, notamment pour les élus et les différents fonctionnaires de la ville. La création de ce conseil souligne la volonté de la municipalité de promouvoir une vision interculturelle. Pour que ces orientations soient appliquées par les différents services de la ville, le Conseil des migrants crée un groupe de travail dont les membres sont élus parmi les différentes communautés, résidant à Catamarca ; son bureau est composé d’un Japonais, d’un Colombien, d’un Cubain et d’un Brésilien. Par ailleurs, le premier recensement des personnes immigrées a permis que cette population, jusqu’alors quasi invisible, soit prise en compte dans les politiques publiques.

Lorsque le dialogue s’ouvre entre collectivités, associations solidaires et exilés, l’accueil est un moteur de changement social qui bénéficie à tous.

Le Conseil a également lancé des actions de sensibilisation et des événements culturels, comme la fête des communautés, qui a donné plus de visibilité aux questions de la migration à Catamarca. Depuis son échelon local, le Conseil des migrants a ainsi permis une réelle prise en considération de l’enjeu de l’intégration. Un an après son lancement, en septembre 2021, le gouverneur de la Province, Raúl Jalil, a annoncé l’ouverture de l’Office national des migrations à Catamarca, autorisant les personnes migrantes à effectuer leurs démarches administratives dans la ville.

Un laboratoire de pratiques nouvelles

L’initiative de Catamarca est une expérience modèle pour le réseau Red Sin Fronteras et un véritable laboratoire de pratiques nouvelles riches d’enseignement. Elle traduit concrètement les principes fondateurs de l’Alliance pour une autre gouvernance des migrations : son engagement en faveur de l’interculturalité, l’approche transversale des politiques publiques, l’importance des actions de formation et de sensibilisa- tion. Accompagné par le réseau, Catamarca est un exemple de plus pour montrer, et même démontrer, que lorsque le dialogue s’ouvre entre collectivités, associations solidaires et exilés, l’accueil est non seulement possible mais est un moteur de changement social qui bénéficie à tous.

Justine Festjens, responsable de l’équipe migrations internationales

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En Argentine, défendre les « gardiens de la nature » et l’agriculture familiale https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-defendre-les-gardiens-de-la-nature-et-lagriculture-familiale/ https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-defendre-les-gardiens-de-la-nature-et-lagriculture-familiale/#respond Tue, 23 Mar 2021 11:54:45 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-defendre-les-gardiens-de-la-nature-et-lagriculture-familiale/ En Argentine, l’association Incupo accompagne les populations rurales autochtones et paysannes à lutter pour leurs

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En Argentine, l’association Incupo accompagne les populations rurales autochtones et paysannes à lutter pour leurs droits sur leurs territoires. L’organisation, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, les aide à faire face à la pression d’une agro-industrie puissante.

Organisation paysanne du Nord de l'Argentine © Floriane LOUVET/ CCFD-Terre Solidaire
Organisation paysanne du Nord de l’Argentine © Floriane LOUVET/ CCFD-Terre Solidaire

Une association engagée auprès des “gardiens de la nature”

L’association est particulièrement active dans la Province du Chaco, qui est la terre ancestrale de nombreuses communautés autochtones, qui en véritables gardiens de la nature, luttent pour la préservation des forêts et de la biodiversité.

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L’agriculture familiale, un acteur clé de la sécurité et de la souveraineté alimentaire

L’association accompagne également les communautés paysannes, qui exercent le plus souvent leur activité en famille. La préservation de l’agriculture familiale est fondamentale, car elle joue un rôle social et économique majeur.

les_communautes_rurales_en_argentine-2.png

Les droits des communautés autochtones bafoués

La Constitution argentine reconnaît la préexistence ethnique et culturelle des peuples autochtones et garantit le respect de leur identité.
Pourtant, leurs droits sont systématiquement bafoués :

– Ils sont discriminés et marginalisés en raison de leurs modes de vie et de leurs langues.

– Ils subissent un manque criant d’infrastructures et de services de base, comme l’accès à l’eau potable, au logement, à la santé, à l’éducation et à des voies de communication publiques.

– Ils sont exclus des processus décisionnels, et pendant ce temps, les politiques de développement menées dans les territoires, répondent à des intérêts purement financiers en faveur du secteur privé.

Une souveraineté alimentaire menacée par une déforestation massive

Les populations rurales sont également impactées par une déforestation massive. Au Chaco, l’expansion des terres agricoles destinées à l’élevage intensif ou aux monocultures, comme le soja, a considérablement réduit la surface des forêts :

Les peuples, forcés de s’exiler vers les centres urbains et périurbains, voient leur souveraineté et leur sécurité alimentaire menacées, car la déforestation restreint l’accès à la terre et à d’autres ressources comme l’eau.

L’élection d’Alberto Fernandez : une promesse ou un leurre pour la préservation de l’agriculture familiale ?

L’arrivée d’Alberto Fernandez, du parti justicialiste, au pouvoir en 2019 est bien vu par les communautés rurales qui espèrent une mise en œuvre de politiques favorisant la commercialisation des produits issus de l’agriculture familiale.

Mais reste à savoir si le Président parviendra à assurer la bonne mise en œuvre de ces politiques compte-tenu de la situation actuelle du pays : rongé par la crise économique et en plein démantèlement de ses services publics mené par le précédent gouvernement « néolibéral ». Sans oublier la crise de Covid-19.

Par ailleurs, la situation critique des communautés rurales est aggravée par la sécheresse et les incendies de 2020. Et les acteurs de l’agro-industrie disposent de puissants mécanismes de lobbying.

Pour l’association Incupo, il faut renforcer la mobilisation pour rendre visibles les revendications portées afin que les lois et les engagements gouvernementaux soient effectivement respectés.

L’association Incupo milite et agit pour la préservation de leurs droits et de leur agriculture

L’association Incupo, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire :

– Contribue à renforcer la participation des organisations autochtones pour défendre leurs droits notamment : l’accès à un habitat digne ; l’approvisionnement en eau ; et la préservation de leurs terres via des plans de gestion durable des forêts.

– Plaide pour des politiques publiques de soutien à l’agriculture familiale.

– Promeut une approche agroécologique notamment : l’autorisation des circuits courts, la sensibilisation de la population à la consommation d’aliments sains et locaux, et des réglementations sanitaires adéquates.

– Agit au niveau national pour que la loi de 2004 sur le rétablissement de l’agriculture familiale soit réellement appliquée et que des lois protégeant les biens communs, comme les forêts ou les zones humides, soient élaborées.

A lire pour aller plus loin et découvrir les combats d’Incupo :

Les paysans argentins dénoncent (aussi) l’accord Mercosur.

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Les accords Mercosur vus d’Amérique latine : 3 témoignages du Paraguay, de l’Argentine et du Brésil https://terresolidaire.devbe.fr/les-accords-mercosur-vus-damerique-latine-3-temoignages-du-paraguay-de-largentine-et-du-bresil/ https://terresolidaire.devbe.fr/les-accords-mercosur-vus-damerique-latine-3-temoignages-du-paraguay-de-largentine-et-du-bresil/#respond Thu, 28 Jan 2021 05:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/les-accords-mercosur-vus-damerique-latine-3-temoignages-du-paraguay-de-largentine-et-du-bresil/ Renforcement de l’agro-industrie tournée vers l’exportation, menaces sur l’agriculture familiale, absence de débat public… Trois

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Renforcement de l’agro-industrie tournée vers l’exportation, menaces sur l’agriculture familiale, absence de débat public… Trois des organisations partenaires que nous soutenons au Paraguay, au Brésil et en Argentine alertent sur les risques sociaux et environnementaux des accords de libre-échange prévus entre l’Union européenne et le Mercosur

« Les agrocarburants vont capter les récoltes de maïs, aliment de base des populations autochtones »

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Au Paraguay Guillermo Ortega est coordonnateur des formations au centre d’études sociales rurales pour l’organisation Base investigaciones sociales (Base-IS).

« De plus en plus de communautés autochtones sont affectées par l’avancée de l’agroindustrie. La situation est particulièrement tendue dans les départements frontaliers avec le Brésil et l’Argentine. C’est une expansion sauvage et très violente, sans les moindres précautions et restrictions.

Nous avons toutes les raisons de craindre une aggravation de la situation.

L’accord va pousser les grands producteurs à chercher à exploiter de nouvelles terres, notamment dans des lieux [[dans les départements de Concepción et Caaguazú]] où des organisations paysannes sont en lutte pour accéder à la terre.

Les grands propriétaires ont une méthode implacable pour chasser les familles paysannes.

Cela commence par la pression : aspersions de pesticides, mort d’animaux domestiques, champs détruits; puis vient une offre de location des terres (avec de petits loyers payés après récolte seulement), voire l’achat à bas prix; ensuite vient la persécution de celles et ceux qui résistent encore, par le biais de mesure fiscales trafiquées ou d’agressions physiques, jusqu’à l’assassinat.

Les lois protégeant les communautés autochtones, les plus vulnérables, sont piétinées par l’agroindustrie, qui achète des juges, la police, le fisc.

Autre impact prévisible de l’accord : une très forte hausse des prix du maïs, aliment de base des communautés rurales.

Les récoltes vont être aspirées par l’industrie des agrocarburants, asséchant le marché alimentaire[[Dans le département de San Pedro, 135 000 hectares de maïs, de plus transgéniques, sont déjà dédiés aux agrocarburants.]].

La voix du Paraguay, petit pays, est mineure au sein du Mercosur.

Les producteurs locaux de soja sont, pour l’occasion, adversaires de l’accord, en particulier parce qu’il interdirait la réutilisation de semences commerciales d’une année sur l’autre, pour protéger les profits des grands semenciers.

Les éleveurs familiaux de même se voient lésés, car l’accord va d’abord profiter aux exportateurs. La filière viande est contrôlé à près de 70 % par des entreprises brésiliennes, qui ont le monopole des équipements frigorifiques.

Les communautés paysannes se sentent très démunies et ne disposent que de très peu d’informations sur l’accord, dont l’élaboration leur a été totalement occultée. Il n’existe aucun débat sur le sujet dans le pays. »

« L’agroindustrie, déjà dans l’irresponsabilité totale, va encore gagner du terrain ! »

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En Argentine, Juan Carlos Figueredo accompagne les peuples autochtones dans la protection de leurs droits au sein de l’organisation argentine Instituto de cultura popular (Incupo, Argentine).

« Je vis dans le Chaco, au nord de l’Argentine, au milieu des forêts et des collines.

Mais aussi des fumigations de pesticides, des eaux et des terres contaminées, des malades de la pollution, des enfants malformés…

C’est la grande plaie de l’agroindustrie, qui exploite la terre comme un minerai dans tout le Mercosur.

L’Argentine est déjà l’un des plus gros consommateurs de pesticides, une folie sanitaire et environnementale, une irresponsabilité totale.

Et l’accord, qui vise à dynamiser les exportations de grains, viande ou éthanol de canne à sucre vers l’Europe, va étendre la frontière agricole et démultiplier la contamination chimique et sanitaire.

Les premières victimes sont les familles agricultrices, peu émettrices de CO2, qui fournissent l’essentiel des aliments sains du pays.

L’industrie automobile, déjà en crise, s’attend à un crash, et la perte quelque 200 000 emplois supplémentaires si l’accord entre en vigueur.

Les premières victimes sont les familles agricultrices

Le gouvernement, pour sa part, ne voit que les devises attendues des exportations agricoles. Un retour au colonialisme !

D’ailleurs, une bonne part des bénéfices échappera au pays, accaparés par des pôles à capitaux concentrés.

La population est totalement désinformée, car l’élaboration de l’accord a été menée dans le plus parfait secret.

Nous ne disposons même pas de la version finale, alors que l’Argentine a aussi signé l’accord d’Escazú[[ L’accord d’Escazu est le seul instrument juridique contraignant régional (latino-américain et caribéen) pour l’accès à l’information, la participation publique et l’accès à la justice en matière environnementale. Il s’agit d’une suite à la Conférence Mondiale sur l’Environnement (Rio+20)]] qui renforce les droits de l’environnement et de sa défense.

L’Incupo est l’une des seules organisations qui tente de pousser un débat public.
Nous faisons campagne avec des organisations autochtones, de l’agriculture familiale, de solidarité internationale.

Mais les gens ont la tête ailleurs, avec la crise économique et la pandémie du covid-19.

La solidarité internationale est donc plus que jamais nécessaire, également parce que les impacts sur la forêt, le climat ou la qualité des aliments ne concernent pas que le Mercosur. »

Ecouter) : Les paysans argentins dénoncent (aussi) l’accord Mercosur

« L’agriculture familiale sera menacée par la concurrence des firmes européennes »

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Au Brésil, Maureen Santos est coordinatrice du groupe national d’appui de la Fédération des organismes d’assistance sociale et d’éducation (Fase).

« Nous redoutons fort de voir des entreprises européennes concurrencer l’agriculture familiale, qui nourrit le pays.

L’accord va inciter à l’accroissement des productions agricoles destinées à l’exportation — soja, éthanol de canne à sucre, viande bovine —. Ces cultures détruisent l’agriculture familiale, génèrent la déforestation et surutilisent les pesticides, dont le Brésil est l’un des plus importants consommateurs au monde, y compris de produits interdits dans l’Union européenne.

L’accord amplifierait des dégradations sociales et environnementales, qui se sont déjà fortement accrues depuis l’arrivée de Bolsonaro au pouvoir.

D’une manière générale, l’accord aurait un impact négatif dans de nombreux domaines, touchant à la souveraineté alimentaire, aux droits humains (communautés autochtones et paysannes, femmes, etc.), aux émissions de CO2…

Essentiellement commercial, il n’a aucune prétention environnementale ni d’équité sociale. Nous le percevons très négativement.

C’est aussi le cas du secteur industriel, qui redoute l’afflux de biens manufacturés.

En revanche, le puissant secteur de l’agro-négoce soutient bien évidemment l’accord.

Dans l’opinion publique, le débat reste sporadique, réactivé en particulier lors de la publication de chiffres sur la progression de la déforestation. Mais hélas, les promesses de retombées économiques génèrent une appréciation générale globalement positive.

Pour sa part, Fase est très mobilisée. Elle produit des argumentaires et participe activement au large Front contre l’accord UE-Mercosul[Mercosur en espagnol], qui s’est allié avec plusieurs parlementaires de gauche et écologistes. »

Lire aussi : Le rapport Accord Mercosur : les risques pour le climat et les droits humains

Propos recueillis par Patrick Piro

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Femmes migrantes en Argentine : « Leur situation a empiré depuis la pandémie » https://terresolidaire.devbe.fr/femmes-migrantes-en-argentine-leur-situation-a-empire-depuis-la-pandemie/ https://terresolidaire.devbe.fr/femmes-migrantes-en-argentine-leur-situation-a-empire-depuis-la-pandemie/#respond Fri, 31 Jul 2020 10:35:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/femmes-migrantes-en-argentine-leur-situation-a-empire-depuis-la-pandemie/ Alors que l’Argentine a été plutôt épargnée jusqu’ici par le Covid-19, Valeria Chiavetta, Responsable de

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Alors que l’Argentine a été plutôt épargnée jusqu’ici par le Covid-19, Valeria Chiavetta, Responsable de la Fondation oecuménique de Cuyo (FEC), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, estime que la situation économique, sociale et administrative des migrants s’est aggravée. En particulier celles des femmes.

Quelle est la situation dans la province de Mendoza, où se trouve votre association ?

Valeria Chiavetta : Ici, la pandémie est plutôt bien contrôlée. Les consignes sont globalement respectées, sauf peut-être dans les quartiers défavorisés très peuplés et qui comptent beaucoup de travailleurs du secteur informel. Mais dans l’ensemble, la population a plutôt bien accepté les mesures de confinement. Sans doute aussi parce qu’elle bénéficie de mesures d’aides gouvernementales, comme le Revenu familial d’urgence (IFE), d’un montant mensuel de 128 euros, alors que le salaire mensuel minimum est 216 euros (voir encadré ci-dessous).

Lire aussi / Pérou, Amazonie : la crise du Covid-19 creuse les inégalités

Les migrants que vous accompagnez ont-ils bénéficié de cette allocation ?

Valeria Chiavetta : Selon une étude récente, 80 % des migrants ne perçoivent pas l’IFE ! Or à Mendoza, ces derniers représentent 4 à 5 % de la population. La majorité d’entre eux sont boliviens, péruviens, chiliens et vénézuéliens. Les hommes travaillent surtout dans le secteur agricole et la construction civile, les femmes dans les usines agro-alimentaires ou comme employées domestiques.
Tous ces secteurs d’activité ont été gravement impactés par le covid-19 et les migrants ont vraiment besoin de cette aide gouvernementale. Mais pour en bénéficier, il faut prouver un minimum de deux ans de résidence en Argentine. C’est d’autant plus incompréhensible que le décret permettant la distribution de cette allocation précise qu’elle est destinée « aux personnes les plus vulnérables ayant été impactées par la crise économique liée à la pandémie ». Or, la vulnérabilité n’a rien à voir avec la permanence sur le territoire. Donc refuser de donner une allocation à des migrants est infondé.

Pourtant, en Argentine, une loi reconnaît la migration comme un droit humain et oblige l’État à régulariser les migrants ?

Valeria Chiavetta : Oui, mais pour cause de pandémie, les bureaux de migrations sont fermés. Du coup, les demandes de régularisation ou de renouvellement de permanence ne sont pas instruites.

Les migrants qui avaient déjà enregistré leur demande ont bénéficié d’un délai de 60 jours supplémentaires pour rester sur le territoire. Mais pour les autres, il n’est pas possible de déposer un dossier de régularisation.

Tout cela démontre que la thématique des migrants, qui devrait pourtant être transversale aux décisions prises par le gouvernement à propos de la pandémie, n’est pas réellement prise en compte.

La FEC essaie d’apporter à distance une assistance légale, sociale et administrative pour qu’ils puissent quand-même avoir accès à l’IFE. Mais les documents à fournir ne sont pas faciles à récupérer. Cela prend du temps, sans compter que beaucoup de personnes, notamment des femmes, sont analphabètes et requièrent une aide particulière.

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Vous développez depuis plusieurs années un programme d’accompagnement des femmes migrantes dans la province de Mendoza. Comment vivent-elles cette pandémie ?

Valeria Chiavetta : Nous suivons deux groupes, comptant chacun 20 femmes migrantes, situés à Belgrano, un quartier périphérique de la ville, et à Ugarteche, un territoire rural à 60 kilomètres au Sud. Elles se retrouvent dans le cadre d’ateliers d’échanges de savoirs sur les techniques de tissage et de filage. Elles suivent aussi une formation politique sur le thème du genre. Nous travaillons par ailleurs sur un espace baptisé « femmes migrantes pour l’action politique », composé de représentantes de collectifs de migrantes à qui nous dispensons des formations politiques pour une action directe.

La situation économique de ces femmes migrantes a empiré depuis le début de la pandémie. Notamment pour les employées journalières dans les usines de conditionnement de tomates et d’abricots qui ne sont plus embauchées, et pour celles qui travaillent sur les marchés, fermés depuis le 20 mars.

À cela, il faut rajouter un surplus de travail à la maison avec les enfants, dont il est difficile de suivre la scolarité, et les tâches ménagères… Sans compter les violences conjugales, en net regain. Et la situation, notamment économique, est encore plus inquiétante pour les mères seules.

Lire aussi / En Colombie, les femmes se transmettent le virus de la solidarité

Comment les migrantes s’en sortent-elles ?

Valeria Chiavetta : Il y a beaucoup de solidarité entre elles. De notre côté, à la FEC, nous avons procédé à des distributions de nourriture et de produits de nettoyage, en négociant avec le gouvernement de la province une autorisation exceptionnelle de circuler pendant deux jours.

Nous essayons aussi de faciliter les échanges via Whatsapp entre les femmes, ce qui leur permet notamment de montrer les différents ouvrages de tissage qu’elles ont réalisé. C’est important pour rompre l’isolement.

Dans les semaines à venir, nous allons les aider à se procurer de la laine pour qu’elles puissent travailler et réaliser des vêtements, par exemple pour leur famille, avant l’arrivée de l’hiver (en juillet/août).

Propos recueillis par Jean-Claude Gerez

La dette ou le peuple

Malgré une augmentation inquiétante du nombre de cas ces derniers jours, l’Argentine ne comptait au 20 juin « que » 39 570 personnes infectées et 980 morts pour 48 millions d’habitants. Dès le 20 mars, le pays a pris des mesures drastiques en fermant ses frontières et en imposant un confinement très strict. Élu fin octobre 2019, le président Alberto Fernandez, a souvent répété que « la priorité est de préserver avant tout la vie des Argentins ».

Assumant les conséquences sociales de sa décision, il a garanti les pensions, retraites et allocations familiales, créé un revenu familial d’urgence (IFE) bénéficiant à 8 millions de personnes, et soutenu les entreprises et les salariés à travers un programme d’aide spécifique.

Les prix des denrées de première nécessité ont été gelés, et les coupures d’électricité, de gaz et d’eau interdites. L’opinion internationale a salué la démarche et les messages de soutien ont afflué, notamment ceux de 138 économistes, dont plusieurs prix Nobel.

Mais la situation économique est catastrophique. Le pays est endetté à hauteur de 323 milliards de dollars, soit 90 % de son PIB. Cette dette a été contractée par le prédécesseur d’Alberto Fernandez, Mauricio Macri, auprès du Fonds monétaire international (FMI), du Club de Paris, de banques et de consortiums privés internationaux.

Le 22 mai 2020, le gouvernement argentin n’a pas remboursé la somme de 503 millions de dollars attendus par les créanciers et le pays s’est déclaré en cessation de paiement, donc dans l’impossibilité de rembourser la dette au FMI.

La situation économique est telle que la pauvreté pourrait passer, fin 2020, de 35 % à 45 % de la population.

L’État argentin a demandé un moratoire des échéances entre 2020 et 2022, déclarant que « payer la dette aujourd’hui signifie cesser de répondre à une série de besoins de notre peuple ». Les négociations sont en cours.

J.C.G

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Les réseaux sociaux, des armes de mobilisation massive https://terresolidaire.devbe.fr/les-reseaux-sociaux-des-armes-de-mobilisation-massive/ https://terresolidaire.devbe.fr/les-reseaux-sociaux-des-armes-de-mobilisation-massive/#respond Wed, 23 Aug 2017 08:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/les-reseaux-sociaux-des-armes-de-mobilisation-massive/ Facebook, Twitter, Instagram… En Argentine, au Brésil, comme dans toute l’Amérique latine, les réseaux sociaux

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Facebook, Twitter, Instagram… En Argentine, au Brésil, comme dans toute l’Amérique latine, les réseaux sociaux sont devenus incontournables pour mobiliser et organiser la protestation sociale.


Dix-neuf octobre 2016, place de Mai à Buenos Aires. Malgré la pluie, des dizaines de milliers d’Argentins manifestent contre les violences faites aux femmes. Quelques jours plus tôt, Lucia Perez, une jeune fille de seize ans, a été violée par deux hommes, laissée pour morte dans un quartier de la capitale. L’adolescente est la victime de trop dans un pays où une femme est assassinée toutes les trente-six heures.

Au-delà de l’émotion, l’une des particularités de cette mobilisation, initiée par le collectif « Ni una menos » (« Pas une de plus ») et une cinquantaine d’organisations de défense des droits des femmes, c’est qu’elle a été lancée et relayée massivement via les réseaux sociaux. Des réseaux qui sont devenus depuis quelques années des outils incontournables pour mobiliser et exprimer la contestation sociale et politique.

« Leur principal intérêt est de pouvoir atteindre des populations auxquelles nous ne pourrions pas avoir accès de manière personnelle et directe », explique Natalia Suárez, avocate et membre de l’Institut d’études juridiques et sociales de la femme (Indeso Mujer), partenaire du CCFD-Terre Solidaire basé à Rosario, à 300 km de la capitale. « L’autre intérêt, c’est la rapidité avec laquelle on peut partager l’information et la réactivité que cela suscite. »

Outre l’appel à des mobilisations et la diffusion d’informations ponctuelles, Indeso Mujer utilise son compte Facebook pour donner une visibilité à des thématiques comme la violence de genre et la traite des personnes.

« Cela permet de créer des liens avec d’autres espaces locaux, nationaux et internationaux qui travaillent sur les mêmes problématiques », rajoute Natalia Suárez

La réactivité liées à l’utilisation des réseaux sociaux, c’est aussi ce qui a caractérisé les manifestations de juin 2013 au Brésil, contre la hausse du coût des transports publics et la facture du Mondial de football en 2014. « Elles ont eu un caractère historique car c’est la première fois que des centaines de milliers de personnes descendaient dans la rue à l’appel de mots d’ordre lancés sur Facebook, Twitter, Instagram et WhatsApp », souligne Patricia Andrade Ladeira, spécialisée dans la production de contenus pour le web. « Cela a d’abord commencé à São Paulo. Mais très vite, les protestations se sont répandues à l’ensemble du pays, grâce à l’activité sur les réseaux sociaux. Cela a permis aussi à de nombreux citoyens de mesurer le décalage qui existait entre le traitement de ces manifestations par les grands médias nationaux et ce qu’il se passait réellement dans la rue. »

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C’est le cas de Lucas Mendes de Souza. « Jusqu’à ces manifestations, je n’allais pas souvent sur les réseaux sociaux, admet ce comptable de trente-deux ans. Le déclic est venu lorsque j’ai constaté que les journaux télévisés ne montraient que des images de vandalisme en assurant, au moins au début, que les manifestations étaient peu suivies. » Or, le frère et des amis de Lucas participent à ces manifestations. Ils lui assurent que ces actes de vandalisme sont marginaux et les mobilisations massives. « Pour le prouver, ils m’ont montré des vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux. Depuis ce jour-là, assure Lucas Mendes de Souza, j’ai ouvert un compte Twitter et j’ai suivi plusieurs hashtags [[Terme ou phrase précédé du symbole # utilisé comme mot-clé sur les réseaux sociaux.]] sur Facebook qui appellent à la protestation sociale et politique. Je me sens plus en phase avec la société réelle. En fait, je me sens davantage citoyen », affirme celui qui participe, depuis août 2016, à toutes les manifestations réclamant [la démission de Michel Temer->http://ccfd-terresolidaire.org/infos/paix-et-conflits/bresil-en-pleine-crise-5529, l’actuel président du Brésil (voir Faim et Développement n° 296).

« Pas de virtuel sans base locale »

C’est aussi pour développer la citoyenneté qu’Indeso Mujer met en place différentes stratégies d’utilisation des réseaux sociaux. « Nous avons une page Facebook pour publier les productions et images enregistrées durant les ateliers destinés aux jeunes [[La page est intitulée « Talleres Por Amor a Vos ».]], que nous organisons dans les écoles de Rosario », précise Natalia Suárez. Le partenaire du CCFD-Terre Solidaire considère par ailleurs Facebook comme « un outil fondamental pour occuper l’espace public, réclamer nos droits et exiger des réponses de l’État lorsqu’ils sont attaqués ou en danger ». Comme le montre le hashtag #niunamenos (Ni una menos) qui demande l’application d’une loi d’assistance juridique, votée par le Congrès mais non appliquée dans les faits.

Cette loi doit permettre aux femmes victimes de violences d’être accompagnées gratuitement dans leurs démarches. S’il salue « les avancées démocratiques liées à l’utilisation des réseaux sociaux », Henrique Antoun, coordinateur du laboratoire Communication et transformation politique de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), rappelle néanmoins que « pour être mobilisateurs, à grande échelle, ils doivent s’appuyer sur une militance locale réelle ».

Autre bémol, « les nouvelles technologies n’ont pas la richesse des relations interpersonnelles directes ». Un sentiment partagé à Indeso Mujer. « Ce n’est pas la même chose de répondre à une consultation sur un cas de violence de genre à travers une conversation privée sur Facebook et de recevoir la victime personnellement », reconnaît Natalia Suárez.

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Elles, ils ont fait plier Monsanto https://terresolidaire.devbe.fr/elles-ils-ont-fait-plier-monsanto/ https://terresolidaire.devbe.fr/elles-ils-ont-fait-plier-monsanto/#respond Fri, 18 Aug 2017 09:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/elles-ils-ont-fait-plier-monsanto/ Le Burkina Faso se libère du coton Bt C’est ce qui s’appelle un revirement brutal

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Le Burkina Faso se libère du coton Bt

C’est ce qui s’appelle un revirement brutal : il y a trois ans, la variété Bt de Monsanto, génétiquement manipulée pour produire son propre insecticide, couvrait plus des deux tiers des champs de coton burkinabè. En 2018, elle en aura totalement disparu.

Ce coton, développé dans l’illégalité par la firme avec la connivence des autorités, puis imposé par la Sofitex, société d’État qui gère 80 % de la filière cotonnière, promettait aux petits agriculteurs une forte hausse des rendements et des revenus, et moins de travail dans les parcelles. Mais on a joué aux apprentis sorciers : les préconisations de culture du coton Bt sont fortement déconnectées des réalités paysannes, et la variété n’est pas au point. L’économie rurale est menacée, le coton étant la première culture de rente du pays.

Des universitaires s’alarment, des mouvements citoyens dénoncent la mainmise de Monsanto sur les semences, et les paysans se braquent. En 2015, la Copagen, partenaire du CCFD-Terre Solidaire palliant la défaillance de l’État, lance une enquête socio-économique de terrain dont les résultats sont une gifle pour les promoteurs du coton Bt : la variété est plus coûteuse et moins rentable que les semences conventionnelles ! Les autorités ne peuvent que s’incliner, d’autant que la Sofitex perd des marchés à l’international. Au printemps 2016, le contrat avec Monsanto est rompu.

Pour en savoir plus : L’après “coton Monsanto” au Burkina

En Argentine, la résistance du pot de terre contre le pot de fer

Le 1er novembre 2016 est un jour historique à Malvinas, dans la province argentine de Córdoba : Monsanto vient de vendre le terrain où devait être construit la plus gigantesque usine de traitement de maïs transgénique au monde.

Le mastodonte jette l’éponge devant une troupe ultra déterminée de riverains, des femmes principalement, « qui ont campé nuit et jour devant le site pendant quatre ans pour bloquer le chantier », témoigne Sofía Gatica, l’une des meneuses.

Son quartier d’Ituzaingó Anexo s’est mobilisé pour dénoncer les aspersions aériennes des champs de maïs OGM par des pesticides qui arrosaient régulièrement les zones habitées, frappées par une forte recrudescence de certaines maladies. Aussi, quand Monsanto lance son projet, le quartier voit rouge et organise immédiatement une manifestation de protestation. « Toutes ces années, nous avons connu les balles en caoutchouc, les coups de matraque, les os cassés, mais nous avons tenu bon », se félicite Sofía Gatica. La lutte devient un emblème international de la résistance du pot de terre contre le pot de fer. Et le 3 août 2016, Monsanto renonce officieusement, alléguant une stagnation de la production de maïs OGM. Prudentes, les femmes de Malvinas ne lèveront le camp que trois mois plus tard, quand la firme quittera physiquementles lieux.

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Acción Educativa, 30 ans au service de l’Education Populaire https://terresolidaire.devbe.fr/accion-educativa-30-ans-au-service-de-leducation-populaire/ https://terresolidaire.devbe.fr/accion-educativa-30-ans-au-service-de-leducation-populaire/#respond Wed, 28 Jan 2015 11:47:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/accion-educativa-30-ans-au-service-de-leducation-populaire/ Partenaire de référence du CCFD-Terre Solidaire en Amérique du Sud, Acción Educativa, basé à Santa

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Partenaire de référence du CCFD-Terre Solidaire en Amérique du Sud, Acción Educativa, basé à Santa Fé, en Argentine, fête cette année ses 30 ans d’existence. Un moment clé pour cette structure qui, malgré ses nombreux domaines d’intervention, reste fidèle à sa démarche d’Éducation Populaire.


Deux fois par semaine, c’est le même rituel. Elena Moncada pousse les meubles de la pièce principale de sa maison, située dans le quartier de Villa del Parque, à Santa Fé, en Argentine. Dans une ambiance bonne enfant, elle y accueille une cinquantaine de femmes qui se livrent à la prostitution.
Au programme de ces réunions ? « Il n’y a pas forcément d’ordre du jour, explique celle qui a fondé, en 2009, l’association « Santa Fé en activité, Pour les droits des femmes ». Car l’idée est avant tout de créer un espace de discussion et d’échanges pour toutes. »
Ayant exercé elle-même cette activité durant plus de dix-huit ans, Elena Moncada s’efforce aujourd’hui de faire passer quelques messages simples. « Nous essayons d’inciter ces femmes à avoir une attitude responsable et à réfléchir à leurs conditions de vie et de travail. Cela passe par la réflexion sur les moyens de se protéger et l’incitation à procéder à des tests de dépistage de maladies sexuelles transmissibles comme le VIH-SIDA. L’idée et aussi de dénoncer les violences et mauvais traitements et faire la promotion des droits des femmes. Sans oublier de réfléchir sur la manière de sortir de la prostitution. »

« Santa Fé en activité, pour les droits des femmes » est l’une des nombreuses associations que soutient et accompagne Acción Educativa, un partenaire du CCFD-terre Solidaire (depuis 1995), créé en 1985. « A l’époque, explique Carlos Zagni, Coordinateur Général, nous étions six personnes venues d’horizons différents. Nous avions la volonté commune d’apporter notre pierre à l’édifice d’une nouvelle Argentine, meurtrie par des années de dictature (1976-1983), à travers une démarche d’Éducation Populaire. »
Commençant avec des ateliers d’alphabétisation pour adultes, les membres d’Acción Educativa -dont la règle a toujours été et demeure d’avoir par ailleurs une activité professionnelle- se sont orienté progressivement vers une démarche de renforcement des organisations sociales. Objectif ? Que ces dernières puissent demander des droits et participer à l’élaboration des politiques publiques.

Lutter contre la traite des êtres humains

De fait, au fil des ans, Acción Educativa n’a cessé d’élargir ses domaines d’intervention. « Nous appuyons le travail d’associations locales sur plusieurs thèmes, précise le Coordinateur général, architecte de profession. Outre l’Éducation populaire et la Citoyenneté, nous accompagnons des projets et structures qui travaillent sur l’égalité des chances entre hommes et femmes et la lutte contre les violences sociales et familiales. Nous avons également lié des partenariats avec des structures qui œuvrent à la défense des droits humains, notamment pour tâcher de reconstruire le tissu social et développer la participation populaire. »
D’autres membres d’Acción Educativa suivent des structures d’avantage liées à l’Économie Solidaire, en particulier le Commerce Juste. « La communication communautaire constitue aussi l’un de nos axes de travail. Tout comme la promotion de la participation des populations à l’élaboration de politiques publiques. » Un éventail d’interventions, large et complémentaire, qui comprend donc également la Santé Communautaire, incluant l’Éducation sexuelle et la lutte contre la traite.

Depuis 2010, un travail spécifique sur le thème de la traite et le trafic de personnes est également mené avec l’association via l’Association des Femmes Argentines pour les Droits Humains (AMADH), une structure nationale qui adhère à la Campagne Abolitionniste : « Plus une femme victime des réseaux de prostitution ! ». L’objectif d’AMADH est de faire comprendre que « la prostitution et la traite des femmes à des fins d’exploitation sexuelle sont les deux visages d’une même violence. » Concrètement, une vingtaine de femmes de «Santa Fé en activité, Pour les droits des femmes » sillonnent les rues de Santa Fé à la rencontre de jeunes prostituées pour, notamment, tenter de trouver avec elles des solutions pour s’en sortir. Pour ce travail de prévention, elles perçoivent une indemnité mensuelle de 120 euros.

« Garder une lecture critique de la société »

Devenu un interlocuteur de référence sur cette thématique, Acción Educativa mène, avec le soutien du CCFD -Terre Solidaire, des actions contre la traite des femmes aux niveaux national et régional.
Depuis 2011, elle a même développé avec l’Université de Villa Maria le premier Diplôme universitaire contre la traite, qui accueille chaque année plus de 120 personnes, dont de nombreux fonctionnaires.
L’autre caractéristique d’Acción Educativa, qui fête ses 30 ans cette année, est l’arrivée d’une nouvelle génération au sein de la structure. « Ces jeunes n’ont pas nécessairement la militance politique qui a animé les fondateurs. En revanche, ils peuvent apporter plus de pragmatisme. Sans oublier que l’Éducation Populaire est née d’une lecture critique de la société. » Et qu’elle doit rester la préoccupation centrale d’Acción Educativa.

Jean Claude Gérez

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En Argentine, l’habitat populaire comme un espace de citoyenneté https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-lhabitat-populaire-comme-un-espace-de-citoyennete/ https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-lhabitat-populaire-comme-un-espace-de-citoyennete/#respond Wed, 14 Jan 2015 15:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-lhabitat-populaire-comme-un-espace-de-citoyennete/ Créée en 1988 par un groupe d’architectes et de travailleurs sociaux, l’ONG Canoa, partenaire du

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Créée en 1988 par un groupe d’architectes et de travailleurs sociaux, l’ONG Canoa, partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis tout juste vingt ans, travaille au développement de l’Habitat Populaire dans les quartiers défavorisés de Santa Fé, en Argentine.


A quelques centaines de mètres à peine d’un ensemble de pavillons cossus, Rosa Larras montre la maison, composée de planches de bois et de tôles ondulées, qu’elle occupe avec ses deux enfants. « Ma mère est venue s’installer dans ce quartier il y a plus de quarante ans, explique cette femme de 31 ans. A l’époque il n’y avait rien ici, ni eau courante, ni électricité. Le terrain n’avait aucune valeur immobilière. » Mais depuis 2007, les choses ont changé. « La Municipalité lorgne sur ces terres pour y construire des ensembles immobiliers de luxe. Du coup, elle nous interdit d’agrandir ou simplement d’améliorer nos logements. Nous avons même reçu des menaces d’employés de la Mairie, assurant que nous n’avions pas le droit de vivre ici. Mais nous ne céderons pas, car nous savons que nous sommes dans notre droit. »

Bienvenue à Playa Norte, un quartier de la ville argentine de Santa Fé, capitale de la province éponyme. Situé en bordure de la Laguna Setubal, au nord de cette ville de 350 000 habitants, Playa Norte accueille quelques 200 familles, soit près de 1500 personnes. « Toutes ces familles sont venues s’installer ici avec l’espoir de se construire une vie plus digne », explique Juan Picatto, coordinateur de l’ONG Canoa, partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis janvier 1995.
Quitte à occuper des emplois précaires, tels qu’employées de maison, jardiniers, maçons ou vendeurs ambulants. « La plupart n’ont pas de titres de propriété, admet Juan Picatto. Mais la loi permet à des personnes qui occupent pacifiquement un terrain, à fortiori pour s’y loger, de continuer à y vivre si le propriétaire n’a pas réclamé sa terre dans un délai de sept ans. »
Mieux, face aux pressions exercées par la Municipalité, Canoa a décidé d’accompagner l’association du quartier dans sa demande de mise en place d’infrastructures, telles que la création d’un réseau de tout à l’égout et le revêtement des rues.


Accompagner le développement des quartiers

Fondée en 1988 par un groupe d’architectes et de travailleurs sociaux, Canoa s’est en effet fixée comme objectif d’aborder différentes problématiques de l’Habitat Populaire. « Nos domaines d’intervention sont nombreux, détaille Juan Picatto. Nous nous efforçons d’apporter une assistance technique et sociale sur le thème de l’urbanisation, de l’habitat et du logement. Nous organisons aussi des sessions de formation destinées aux dirigeants de quartier pour l’élaboration et la gestion de projets d’habitat populaire, toujours à partir des demandes formulées par les habitants. » Une démarche qui se décline sous la forme de différents programmes, mais qui répond à une philosophie unique. « Dans un pays marqué par la pauvreté et l’exclusion, nous voulons contribuer à consolider une société démocratique, participative et solidaire. »

L’un des projets phare de Canoa se situe à Santa Rosa de Lima, le plus gros quartier de Santa Fé -20 000 habitants- situé à l’ouest de la ville. « Ce quartier a été fondé dans les années 1920, indique Maria Belen Rivero, travailleuse sociale, au sein de Canoa. Au fil du temps, il s’est « auto urbanisé », dans la mesure où les habitants se sont eux-mêmes chargés de délimiter les parcelles pour les logements, de tracer les rues et de gérer les services de voirie. » Résultat ? Une identité de quartier très forte et un tissu d’organisations sociales très présentes. Mais aussi des problèmes liés à la croissance parfois anarchique du quartier, notamment lors des dernières décennies. D’où la volonté des habitants de travailler sur l’amélioration du quartier et planifier de manière participative sa croissance future. Une démarche accompagnée par Canoa depuis 1999.

Le large spectre de l’Habitat Populaire

C’est aussi à Santa Rosa de Lima que Canoa développe différents programmes plus ciblés, comme « Habitat et Jeunesse». « Dans leur quête d’autonomie et d’émancipation du contexte familial, les jeunes se retrouvent souvent confrontés à l’absence de logement, précise Marcos Barberis, psychologue social. Nous avons donc développé, avec les principaux intéressés, un programme de construction de maisons grâce à l’accès à des micro crédits permettant aux jeunes, avec l’aide de professionnels, de construire eux-mêmes leur maison. »
A ce jour, une douzaine de jeunes, essentiellement des femmes, ont eu accès à ce programme. « Les femmes se mobilisent d’avantage sur la question du logement et de la vie du quartier en général, admet Marcos Barberis. Nous profitons de cette initiative pour renforcer le leadership et la participation des femmes dans les processus de décision qui concernent tous les aspects de la vie quotidienne. »
Car pour les membres de Canoa, l’Habitat Populaire ne se limite pas à avoir un toit. Cela implique de travailler aussi sur des domaines aussi divers que le travail, la santé, les services aux citoyens, l’environnement ou encore la construction d’une identité sociale et de quartier. « Nous considérons l’Habitat Populaire comme un espace physique et social, résume Juan Picatto. Un espace que chaque personne, famille ou groupe social a le droit de construire et développer. »

Jean Claude Gérez

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En Argentine, Latindadd dénonce l’attaque des « fonds vautours » https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-latindadd-denonce-lattaque-des-fonds-vautours/ https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-latindadd-denonce-lattaque-des-fonds-vautours/#respond Wed, 10 Sep 2014 10:50:22 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/en-argentine-latindadd-denonce-lattaque-des-fonds-vautours/ Les organisations membres du réseau LATINDADD (Réseau Latino-Américain sur la Dette, le Développement et les

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Les organisations membres du réseau LATINDADD (Réseau Latino-Américain sur la Dette, le Développement et les Droits), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, accusent l’assaut des fonds spéculatifs dits «fonds vautours» mené contre le gouvernement et le peuple argentin.


” Nous rejetons les pressions exercées à l’encontre de l’Argentine sur la question des “fonds vautours” qui, soutenus par la justice américaine, ont la prétention d’ignorer la législation nationale de l’Argentine, de soumettre le pays et ses institutions à des exigences usurières et de violer les droits à la souveraineté juridique et à la dignité de la nation. Ainsi affectent-ils l’ensemble des droits fondamentaux du peuple argentin, et ce sur plusieurs générations.

L’heure est à l’action et à la mobilisation conjointe et régionale, car nous ne pouvons permettre que des ajustements régressifs soient imposés aux peuples, ni accepter un “chacun pour soi” qui divise notre région.

Dans le milieu financier et politique international ont émergé deux mesures capitales qui visent à surmonter le comportement spéculatif arbitraire et insoutenable des fonds vautours et des systèmes judiciaires, lesquels sont contraires au droit international, entraînant une instabilité financière et portant atteinte à la souveraineté des Etats.

D’une part, l’Association Internationale des Marchés de Capitaux (ICMA est un organisme composé des 450 plus grandes banques et des principaux courtiers obligataires du monde) vient de publier des clauses d’action collective revues et actualisées, ainsi qu’une nouvelle clause sur l’égalité de traitement des détenteurs de titres de dette. L’utilisation de ces nouveaux termes dans les obligations d’État est destinée à faciliter les futures restructurations de dette souveraine.

D’autre part, les 130 pays membres du groupe majoritaire de l’ONU, connu sous le nom de “G77 + Chine”, ont convenu à l’unanimité de soutenir l’initiative de l’Argentine. Ils se sont engagés à soumettre à la prochaine assemblée des Nations Unies, prévue le 9 Septembre, le projet de rédaction d’une nouvelle convention internationale sur les règles du processus de restructuration de la dette souveraine “pour trouver une solution juste et équitable basée sur les résolutions de tous les états membres des Nations Unies et non plus sous la menace d’un système établi par un juge ou un pays”.

De manière évidente, ces deux décisions historiques révèlent la volonté politique des principaux acteurs privés et de plusieurs gouvernements de mettre fin au détournement du droit légitime d’un pays à restructurer sa dette en mettant en avant l’intérêt de son peuple. Elles révèlent d’autre part la nécessité politique de modifier les règles de l’ancien système financier postcolonial qui n’a jamais été en faveur de la société et qui n’est pas davantage favorable à la plupart des acteurs privés et publics. C’est une menace d’aggraver plus encore l’injustice mondiale et l’instabilité politique.

Nous, organisations de la société civile, voulons agir face aux actions des spéculateurs professionnels du système financier. Il est impératif de ne pas confondre “sécurité juridique” et cession de souveraineté. Aucun avantage fiscal ou financier ne doit être accordé à des investisseurs qui compromettent nos possibilités de développement et de promotion de politiques publiques destinées à l’inclusion sociale, et qui enfreignent les cadres juridiques de nos pays.

Nous demandons par conséquent à nos gouvernements de lancer immédiatement des initiatives concrètes qui renforcent l’unité latino-américaine et la protection régionale. L’heure est à l’action et non aux simples paroles.

Nos propositions :

  • Vu la partialité manifeste des tribunaux des pays centraux lorsqu’ils se prononcent en faveur de leurs intérêts et de ceux des multinationales, et contre nos Etats, de dénoncer tous les contrats impliquant une cession de juridiction, en réaffirmant le droit inaliénable à la pleine souveraineté juridique nationale qui soit non transférable.
  • De discuter et de créer d’urgence de nouvelles instances indépendantes régionales et internationales, dédiées au traitement juridique de la dette souveraine, qui puissent mettre en place des tribunaux aptes à intervenir dans les situations de conflit qui pourraient survenir.
  • Nous saluons les nouvelles initiatives en cours qui peuvent être un moyen efficace de contrecarrer les actions des fonds vautours en matière de restructuration de la dette souveraine.
  • De réaffirmer la nécessité de mettre en place de nouvelles institutions pour une nouvelle Architecture Financière Régionale, el Banco del Sur en particulier dont la création est primordiale dans le contexte actuel, ainsi qu’un fonds commun de réserves devant permettre de réaliser des “swaps” de réassurance permanente entre les banques centrales régionales. Nous pensons également qu’il est important de développer et de renforcer l’échange commercial compensé par l’utilisation de devises locales et/ou d’unités de compte (comme le SUCRE).
  • De travailler à l’articulation des politiques budgétaires entre nos pays, afin de mettre fin à l’extorsion d’investissements par le biais de négociations d’exonérations fiscales unilatérales qui désolidarisent les économies de la région, et d’assurer le paiement des impôts générés par les activités commerciales et financières qui se font en Amérique latine et dans les Caraïbes.

La construction de l’intégration régionale et la réaffirmation de la souveraineté et de l’indépendance de nos pays nous font entrer dans une nouvelle phase de lutte et d’engagement. Nous, les organisations de la société civile du continent, en tant qu’émanations actives et engagées de nos peuples, réaffirmons que nos engagements citoyens, fondés sur le respect des droits humains et la défense des démocraties, nous conduisent à avoir une position claire sur le système financier qui prétend vouloir placer sa logique et ses intérêts au-dessus de ceux des peuples. Mais c’est la vie et les droits humains qui sont prioritaires, ainsi que les principes démocratiques de gouvernance. Tout autre intérêt doit leur être infailliblement subordonné.”

Latindadd, Buenos Aires, 29 août 2014

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Argentine, défendre la vie ! https://terresolidaire.devbe.fr/argentine-defendre-la-vie/ https://terresolidaire.devbe.fr/argentine-defendre-la-vie/#respond Mon, 27 Jan 2014 09:53:41 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/argentine-defendre-la-vie/ « Nous voulions vous dire que le message d’INCUPO est arrivé jusqu’au village d’Andacollo, un

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« Nous voulions vous dire que le message d’INCUPO est arrivé jusqu’au village d’Andacollo, un coin du Nord de la Patagonie ». Ainsi commence le message d’un groupe de paysans d’Andacollo, à presque 2 000 km de Reconquista (province de Santa Fé) dans le Chaco. INCUPO, Instituto de Cultura Popular, fondé il y a plus de 40 ans par des chrétiens engagés est installé à Reconquista et travaille à partir de là dans les provinces alentours : promotion des semences paysannes, lutte contre les pesticides et produits phytosanitaires, défense du territoire et des ressources naturelles, et plus généralement, protection du mode de vie paysan et indigène.


INCUPO défend la vie ! À Juan José Castelli on expulse violemment des indigènes venus défendre leur territoire contre l’expansion de la culture du soja. Une monoculture aux conséquences désastreuses qui repose sur l’usage massif de pesticides et de produits phytosanitaires. Les sols sont pollués et les familles contaminées alors que le prix des denrées alimentaires ne cesse d’augmenter. Quotidiennement, des milliers de paysans ou d’indigènes, hommes, femmes et enfants sont expulsés des campagnes. Et ceux qui tentent de résister sont menacés de mort, deux militants paysans ont été assassinés en Argentine ces deux dernières années. Contre ce système de mort qui génère pauvreté et souffrance, INCUPO soutient des pratiques qui défendent la vie.

Ensemble nous pouvons

INCUPO est né suite au Concile Vatican II – à l’instar du CCFD-Terre Solidaire – de la déclaration de Medellin qui l’a suivi en 1968 et du « Document de San Miguel » qui a tenté en 1969 de « traduire cette foi en une pratique plus proche des besoins » des populations les plus marginalisées. Les évêques du Nord-Ouest argentin avaient alors identifié les principaux facteurs de pauvreté : faim, manque de logement et d’accès à la santé, analphabétisme chez les adultes, désertion scolaire et absence d’organisations sociales…
En 1970, INCUPO lance sur les ondes radio le message « Ensemble, nous pouvons ! ». Pendant de nombreuses années, il participe à l’alphabétisation de milliers de personnes dans le Chaco et se rapproche des communautés paysannes et indigènes, très précarisées et fragilisées.
Aujourd’hui, INCUPO aide les organisations locales à se développer et participe à la transmission de savoirs traditionnels via des radios communautaires. Il accompagne la mise en place de systèmes de vente directe de produits agricoles et valorise les pratiques traditionnelles indigènes ou paysannes (plantes médicinales, recettes, technique agricole, etc.).
Depuis trois ans, INCUPO est à l’initiative des Ferias de semillas nativas (foires aux semences natives), destinées à favoriser la reproduction paysanne des semences et leur échange. Ceci constitue non seulement un retour à des pratiques solidaires mais aussi une alternative crédible, plus accessible financièrement et reproductible à volonté, face aux semences brevetées proposées par les multinationales (et qu’elles cherchent à imposer).

Agroécologie et solidarité

INCUPO fait aussi la promotion d’un ensemble de pratiques agroécologiques : protection des sols, conservation biologique de la fertilité, gestion participative des ressources en eau, redécouverte de l’agroforesterie ou de la complémentarité agriculture/élevage. Pour INCUPO les pratiques agroécologiques sont un système de vie solidaire, fragile mais durable, capable de nourrir les villes alors qu’actuellement, l’essentiel des parcelles argentines est occupé par des céréales ou des grains destinés aux élevages occidentaux ou chinois ou à la simple spéculation sur les matières premières agricoles.
C’est pour cette raison que peu à peu INCUPO, en lien avec le CCFD-Terre Solidaire (Campagnes Le Soja contre la vie, campagne Agrocarburants, ça ne nourrit pas son monde, notamment) a développé une pratique de plaidoyer auprès des décideurs ou de mise en réseau afin d’influencer les politiques publiques relatives au secteur rural. Ainsi, Il ne s’agit pas seulement pour INCUPO de lutter contre un modèle de développement rural « extractiviste » qui génère exclusion économique, sociale, pauvreté rurale, pollution, déforestation, mais aussi de défendre une certaine conception du « bien commun », que ce soit en termes de ressources productives mais aussi de mode de vie.


Incupo Instituto de Cultura Popular

Description

  • Continent : Amérique latine et Caraïbes
  • Pays : argentine
  • Zone d’action : le « Chaco » argentin
  • Réseaux : Amuyen, Plateforme Mercosur Social et Solidaire, Mouvement Agroécologique d’Amérique latine et des Caraïbes, Fondation Nuevos Surcos, Tecnycampo, Réseau de communication indigène, Communicants du Gran Chaco, Réseau Agroforestier Chaco Argentine, Equipe nationale de pastorale aborigène, Bienheureux les pauvres, Fondation pour le développement dans la justice et la paix,
    Forum argentin de radios communautaires, Association latino-américaine d’éducation radiophonique
  • Thématique : modèles de développement agricoles

Objectifs

  • Appuyer et promouvoir l’organisation et l’autogestion de communautés rurales, comme des espaces d’exercice réel de la démocratie.
  • Définir et mettre en œuvre des propositions éducatives qui, en respectant les savoirs
    traditionnels, visent à renforcer les capacités d’action et d’influence des communautés paysannes.
  • Diffuser des propositions de développement rural durable qui prennent en compte la réalité et les intérêts des secteurs populaires.
  • Favoriser l’accès, la défense et l’utilisation durable des ressources naturelles, en particulier, terre, eau et forêts.
  • Développer des propositions économiques écologiques, appropriées et appropriables par les secteurs paysans et aborigènes, pour renforcer les systèmes de vie locaux.
  • Être, en tant qu’institution, un acteur social dans les différents scénarios qui influencent le développement rural dans la région du Chaco.

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Avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire, la société civile latino-américaine se mobilise https://terresolidaire.devbe.fr/avec-le-soutien-du-ccfd-terre-solidaire-la-societe-civile-latino-americaine-se-mobilise/ https://terresolidaire.devbe.fr/avec-le-soutien-du-ccfd-terre-solidaire-la-societe-civile-latino-americaine-se-mobilise/#respond Fri, 17 Feb 2012 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/avec-le-soutien-du-ccfd-terre-solidaire-la-societe-civile-latino-americaine-se-mobilise/ La société civile latino-américaine se mobilise, avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire, contre le modèle

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La société civile latino-américaine se mobilise, avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire, contre le modèle de l’agrobusiness dans la région Cône Sud (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay et Chili). Le système intensif de production des matières premières agricoles, notamment celui du soja, ne fait qu’augmenter les problèmes environnementaux et sociaux déjà existant.


En devenant, depuis 2005, le principal produit agricole d’exportation au niveau mondial (aliment pour le bétail et agrocarburant, par exemples), la monoculture du soja a de multiples conséquences et provoque de graves déséquilibres agro-écologiques.

C’est pourquoi, en 2011, le Mouvement des Sans Terre a lancé la Campagne continentale pour la vie et contre les agrotoxiques (http://www.mst.org.br/Campanha-contra-o-uso-de-agrotoxicos)

En écho, le réseau Amuyen en Argentine – également partenaire du CCFD-Terre Solidaire, s’est fortement mobilisé en lançant la Campagne nationale pour la vie et contre l’utilisation des agrotoxiques (http://contralosagrotoxicos.org/)

AMUYEN, réseau d’organisations sociales argentines partenaires du CCFD-Terre Solidaire. Amuyen est un mot de la langue des indigènes mapuches qui signifie « En construisant ensemble ».

” Pourquoi dire non aux agrotoxiques ?

Parce qu’on ne peut pas créer de la richesse en sacrifiant la vie et la santé de millions de personnes. Chaque année on déverse plus de 300 millions de litres d’agro toxiques sur nos campagnes. Ces épandages affectent directement au moins 12 millions de personnes, qui reçoivent ces poisons sur leurs maisons, leurs écoles, leurs parcs, leurs sources d’eau, leurs installations sportives, leur lieu de travail : sur leurs vies.

Parce que ces poisons demeurent dans les aliments et que des millions de consommateurs les mangent sans le savoir. Il est prouvé que les aliments aspergés d’agrotoxiques conservent en eux une partie de ces poisons. Et pourtant il n’existe aucune information adéquate, qui nous permette de décider de ce que nous voulons ou non manger.

Parce que les épandages d’agro-toxiques expulsent hors de leurs terres des paysans et des peuples autochtones et empêchent le développement d’une autre forme d’agriculture. Les agrotoxiques polluent l’eau, l’air et le sol, ils sont d’une grande nocivité pour l’environnement. Les familles qui veulent mettre en place une agriculture durable ne peuvent pas le faire, parce que ces poisons brûlent leurs cultures et tuent leurs animaux.

Parce que chaque jour une nouvelle évidence scientifique apparaît, qui démontre que l’usage des agro toxiques a de graves conséquences pour la santé humaine. Des malformations congénitales, des avortements spontanés, des cancers, des allergies et des problèmes digestifs : voilà quelques-unes de ces conséquences. C’est ce qu’ont noté des médecins dans plusieurs régions du pays, ainsi que des chercheurs travaillant pour des organismes nationaux ou internationaux.

Parce que notre législation et de nombreux traités internationaux déterminent qu’il faut protéger notre droit à la santé et à un environnement sain. C’est ce que dit l’article 41 de la Constitution et la Loi générale sur l’Environnement. Il est également établi le principe de précaution selon lequel, devant un risque de nocivité ou de préjudice pour la santé ou l’environnement, l’usage des agrotoxiques doit être interdit jusqu’à démonstration du contraire. Cette norme et beaucoup d’autres à caractère international ne sont pas respectées aujourd’hui.

Parce qu’il est possible de produire sans poisons. C’est ce que démontre l’agriculture familiale. Les producteurs historiques de nourriture, paysans et paysannes, produisent de manière agro écologique, sans nuire à l’environnement, et nous fournissent en aliments sains et variés. Ces pratiques ont besoin de l’appui de politiques publiques pour mettre en œuvre les technologies nécessaires à la production et pour faciliter la commercialisation de ces produits.

Nous croyons en un pays pour tous.
Un pays où le droit à la vie et à la santé sera protégé, où notre Souveraineté alimentaire sera respectée. Les cultures d’OGM et les épandages d’agrotoxiques sèment la mort et la pauvreté dans nos campagnes. Contamination de l’eau et de l’air, maladies pour les personnes, mort des animaux, impossibilité de développer une autre forme d’agriculture : la quantité d’argent générée par l’exportation du soja et des autres monocultures ne suffit pas à réparer les torts que l’on fait à ceux qui vivent à la campagne et aux consommateurs qui, sans le savoir, se nourrissent d’aliments empoisonnés.

Ne te laisse pas marcher dessus,
Organise toi et participe.
Défendons nos Territoires.
Campagne nationale pour la Vie et la Santé,
Contre l’utilisation des agrotoxiques.

Traduction : Daniel Hangouët

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La société civile, l’autre pilier de la reconstruction argentine https://terresolidaire.devbe.fr/la-societe-civile-lautre-pilier-de-la-reconstruction-argentine/ https://terresolidaire.devbe.fr/la-societe-civile-lautre-pilier-de-la-reconstruction-argentine/#respond Tue, 14 Feb 2012 19:30:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/la-societe-civile-lautre-pilier-de-la-reconstruction-argentine/ Les politiques menées successivement par Néstor, puis Cristina Kirchner, depuis 2003, ont permis à l’Argentine

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Les politiques menées successivement par Néstor, puis Cristina Kirchner, depuis 2003, ont permis à l’Argentine de sortir de la crise. Mais les initiatives de la société civile et des citoyens ont également joué un rôle primordial dans la reconstruction du pays


Devant les portes de l’entreprise Mil Hoja [[mille-feuilles]] , des véhicules de livraison stoppent, chargent leurs marchandises et repartent dans un ballet incessant. À l’intérieur des locaux climatisés, une quinzaine de personnes coiffées de bonnets et de masques en papier s’activent pour donner forme à de longues plaques de pâte fraîche que débitent pétrins et autres machines. Pizzas, beignets, raviolis…

Créée en 1972 à Rosario, à 300 km au nord de Buenos Aires par une famille de notables locaux, Mil Hojas (photo page 7) est réputée pour la qualité de ses produits et la compétence de ses seize employés. Ou plutôt « sociétaires ». Car en 2000, en pleine crise économique,alors que l’entreprise était menacée de disparaître, elle fut reprise par les travailleurs sous forme de coopérative. « À cette époque, notre principal souci était d’empêcher les patrons de vendre les outils de production, se souvient Omar E. Caceres, le président de Mil Hojas. On vivait et dormait dans l’entreprise et nos épouses nous apportaient de quoi manger. » De cette période, Omar conserve des souvenirs contrastés. « C’était dur de ne pas pouvoir gagner de quoi subvenir aux besoins de nos familles, explique-t-il, sans pouvoir retenir ses larmes. Mais cette crise a aussi permis de découvrir une solidarité insoupçonnable. Comme si, dit-il, il avait fallu en passer par là pour aller puiser le meilleur au fond de nous-mêmes. »

« Mil Hojas fait partie des deux cent cinq entreprises récupérées par les travailleurs (ERT) qui existent aujourd’hui en Argentine, indique Rufi no Almeida, coordinateur général du Centre d’études pour la Nouvelle Argentine (Cnar), une association chargée de promouvoir l’autogestion et l’économie sociale. Ces ERT représentent plus de 9 000 travailleurs de différents secteurs d’activité comme la métallurgie, l’alimentation, le textile, la construction ou les services. Elles témoignent d’une période charnière de l’histoire économique et sociale du pays où l’urgence était de sauver ce qui pouvait l’être. »

Des solutions d’urgence devenues des modèles

Une dynamique aujourd’hui ancrée dans les mentalités, comme le révèle une enquête de la Faculté de philosophie et de lettres de Buenos Aires qui montre que si la majorité des entreprises ont été récupérées avant 2004, 10 % d’entre elles sont nées entre 2005 et 2007, et autant entre 2008 et 2010. « La récupération d’entreprises et l’économie sociale sont considérées aujourd’hui comme des réponses crédibles à la crise », assure Luis Alberto Caro, président du Mouvement national des entreprises récupérées. Fort de cette crédibilité, le Mouvement a été à l’origine de la réforme de la loi sur les faillites d’entreprises, adopté en 2011, qui permet aux salariés de racheter plus facilement les machines et les bâtiments des entreprises où ils travaillent.

Être son propre patron et vivre de la terre. C’était le rêve de Raoul avant 2001. « J’ai perdu mon emploi de serveur et multiplié les petits boulots, explique-t-il. Mais c’était insuffi sant pour survivre. Lorsque j’ai appris l’existence des jardins communautaires, je n’ai donc pas hésité. » Apparus dans les années 1990, les huertas familiares, les jardins communautaires urbains de Rosario, ont pris leur véritable essor en 2001. « Pour permettre à des familles sans ressources de cultiver un bout de terre selon les règles de l’agriculture bio », explique Antonio Lattuca, fondateur, en 1988, du Centre d’études et de productions agroécologiques (Cepar).

La municipalité, intéressée par la démarche de ce centre d’études a mis à disposition gratuitement des terres situées à la périphérie de la ville. Elle a fourni outils, semences et accompagnement technique et a facilité la commercialisation des produits, via des marchés installés en centreville ou la livraison de paniers. Et le constat est identique à celui des entreprises récupérées. « L’agroécologie urbaine a d’abord répondu à une urgence, constate Antonio Lattuca, qui supervise le fonctionnement de plus de huit cents jardins communautaires sur toute la commune. Mais la crise a permis de démontrer que ce système de cultures est économiquement, socialement et écologiquement viable. » Une initiative d’ailleurs reconnue par l’Onu en 2004 comme l’une des dix meilleures pratiques au monde pour lutter contre la pauvreté, dans le respect de l’environnement.

À 1 000 km plus au nord, dans la province du Chaco, le respect de l’environnement est aussi un axe important pour la société civile. Mais pour une raison bien différente. « Ici, les exploitations de soja avancent irrémédiablement et menacent des milliers de petits agriculteurs », explique Luis Nocentile responsable de la communication de l’Institut de culture populaire (Incupo). Cet institut, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, travaille depuis 1970 sur des programmes de formation, promotion et organisation communautaire en matière de développement rural.

Dans un pays où les céréaliers ont été des acteurs importants du redressement économique, « les sojeros ont assis leur pouvoir et l’ont même renforcé depuis la crise des retenciones en 2008 ». Ils agissent avec un sentiment d’impunité, comme le montrent leurs pratiques dans la commune de Colonias Unidas, au coeur du Chaco, où des fumigations illégales affectent la santé de dizaines de familles de paysans. « Malgré les textes de loi interdisant ces pratiques à moins de 800 mètres des maisons, des produits hautement toxiques sont répandus tout près des maisons et des écoles. Et si les petits agriculteurs osent se plaindre, ils sont souvent menacés de représailles », assure Fernando Santiago, de l’Incupo, qui sillonne la région pour conseiller et organiser la défense des agriculteurs. Un travail de terrain qui nourrit la mission d’éducation menée par cet institut auprès des organisations rurales. Comme à Saladas, dans la province du Chaco.

Solder les comptes de la dictature

Quelques jours seulement après la réélection de Cristina de Kirchner, une session de formation y a regroupé une vingtaine de responsables d’organisations rurales locales. Avec pour thème : Repenser l’identité paysanne dans le contexte actuel. « S’il existe aujourd’hui une redistribution plus équilibrée des revenus de la richesse, le modèle économique de fond, lui, n’a pas changé, rappelle Carlos Chiarulli, animateur du Réseau agroforestier Chaco Argentine (Redaf). Il est donc indispensable de continuer à tenter d’infl uer sur les politiques publiques que le gouvernement souhaite mettre en place dans le monde rural. »

Même discours du côté des Écoles de citoyenneté, créée créées dans tout le pays en 2001 par le Centro Nueva Tierra pour « stimuler le potentiel de millions d’Argentins à s’investir dans la vie politique. » La structure réfléchit actuellement à une stra- responsables de l’École de Citoyenneté de Resistencia, capitale du Chaco. C’est ainsi que la construction de la démocratie va se poursuivre en Argentine. » Une démocratie d’autant plus solide qu’elle semble avoir soldé les comptes de la dictature.

Au-delà des mesures qui ont permis le redressement économique et social du pays, l’un des actes les plus importants de cette période restera la décision de Néstor Kirchner de revenir sur le passé douloureux de la dictature, confirme Fortunato Mallimaci, sociologue. En mettant fin aux lois d’amnistie, il a non seulement répondu aux revendications des organisations de défense des droits de l’homme, mais il a surtout redonné à l’État et à la justice la crédibilité qu’ils avaient perdue. »

Hasard du calendrier ou pas, trois jours après la réélection de Cristina de Kirchner, l’Argentine a d’ailleurs vécu un autre tournant de son histoire. Accusés d’avoir participé activement à une répression qui a fait quelque 30 000 disparus entre 1976 et 1983, seize ex-militaires, parmi lesquels fi gurent les anciens capitaines de frégate Alfredo Astiz et Jorge « le Tigre » Acosta, ont été reconnus coupables de tortures et d’assassinats. Pour ces exactions perpétrées dans les locaux de l’École supérieure mécanique de la marine, à Buenos Aires, ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison par le 5e Tribu nal fédéral de Buenos Aires, dont douze condamnations à perpétuité.

Romina Chiesa, Stella Maris et Cristina Godoy, trois restauratrices d’art, ont suivi de près ce procès, sans avoir de liens directs avec les victimes, ni représenter des associations de défense des droits humains. « Nous avons accompagné en 2008 la transformation de l’École militaire en musée de la Mémoire, explique Romina. Notre travail a consisté à faire “parler les murs”. Malgré le soin apporté par les militaires pour faire disparaître toute trace de tortures, nous avons, centimètre par centimètre, recherché des preuves du passage des personnes torturées avant d’être exécutées. »

Faire parler les murs

Noms gravés sur les murs, bouts de papiers ou mégots incrustés dans des anfractuosités… Les découvertes, croisées avec les témoignages de survivants, ont alimenté les plaidoiries de la défense lors du procès et permis de reconstituer des lieux désormais ouverts au public. Mais elles ont aussi transformé les trois femmes. « Nous avons contribué à restaurer un épisode-clé de l’histoire du pays, estime Stella. Et cela a changé notre compromis politique et social. » « Pour que cela n’arrive plus, il faut que chacun s’implique à sa manière dans la construction du pays », rajoute Cristina, conseillère municipale depuis juillet 2011 dans une petite ville de la banlieue de Buenos Aires. Une prise de conscience et un investissement qui symbolisent le cheminement politique et citoyen des Argentins depuis 2001. Et qui constitue sans doute la meilleure réponse à la crise.

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Cristian Ferreyra a été assassiné dans la Province de Santiago del Estero en Argentine https://terresolidaire.devbe.fr/cristian-ferreyra-a-ete-assassine-dans-la-province-de-santiago-del-estero-en-argentine/ https://terresolidaire.devbe.fr/cristian-ferreyra-a-ete-assassine-dans-la-province-de-santiago-del-estero-en-argentine/#respond Mon, 21 Nov 2011 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/cristian-ferreyra-a-ete-assassine-dans-la-province-de-santiago-del-estero-en-argentine/ Paris, le 21 novembre 2011 Le 16 novembre 2011, Cristian Ferreyra a été assassiné dans

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http://www.pagina12.com.ar/diario/sociedad/3-181517-2011-11-18.html Lire le communiqué de l’Evêque de Santiago del Estero (pdf)

Documents joints

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Dix ans après la crise économique, sociale et politique https://terresolidaire.devbe.fr/dix-ans-apres-la-crise-economique-sociale-et-politique/ https://terresolidaire.devbe.fr/dix-ans-apres-la-crise-economique-sociale-et-politique/#respond Tue, 15 Nov 2011 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/dix-ans-apres-la-crise-economique-sociale-et-politique/ Saladas en Argentine, le 2 novembre 2011 Ils sont venus de toute la province du

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Saladas en Argentine, le 2 novembre 2011

Ils sont venus de toute la province du Chaco, au nord de l’Argentine, pour participer à une session de formation de deux jours sur le thème « Repenser l’identité paysanne dans le contexte actuel. » Ils ont été invités par l’Institut de Culture Populaire (INCUPO), une association créé en 1970, partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Massée dans une salle du complexe socioculturel de Saladas, une vingtaine d’hommes et de femmes représentent des milliers de petits agriculteurs d’une région menacée et fragilisée par la culture intensive de soja transgénique. Au programme, échanges d’expériences, débats thématiques, exercices de groupe et interventions de spécialistes. Cet après-midi, Carlos Chiarulli, animateur du Réseau Agro forestier Chaco Argentine (REDAF), est venu présenter une cartographie du monde rural argentin. « Le modèle exportateur agricole, implanté dans les années 1990 en Argentine a provoqué la disparition de plus de 150 000 unités productives, explique t-il. Ce modèle est basé sur la concentration de la terre. Tant qu’il n’existera pas de politiques pour corriger ce problème de fond, il n’y aura pas de changements, ni d’améliorations pour les familles rurales. »

« Nous organisons régulièrement ce type de réunions à travers tout le pays, explique Luis Nocenti, responsable de la communication au sein d’INCUPO. Suivant les réalités économiques et sociales locales, nous abordons des thèmes différents. Mais avec toujours la même philosophie : contribuer à un développement rural durable » Et ce, même si le contexte politique n’a semble t-il jamais été aussi favorable aux revendications des mouvements sociaux dans ce pays, déclaré en faillite en 2001. Car le 23 octobre dernier, en réélisant massivement Cristina Fernandez Kirchner à la tête du pays, les argentins ont approuvé une politique sociale et économique marquée par la création de près de 5 millions d’emplois et l’adoption de réformes sociales importantes (retraites, allocations familiales, etc…)… « S’il existe aujourd’hui une répartition plus égalitaire des richesses, le modèle économique de fond, basé sur les monocultures d’exportation n’a pas changé, martèle Carlos Chiarulli. Il est donc important de continuer à développer l’Education populaire et à former des leaders pour qu’ils puissent sensibiliser leurs communautés et tenter d’influer sur les politiques publiques. »

De la protestation à la proposition

C’est cette mission également que s’est fixée le Centro Nueva Tierra, un autre partenaire argentin du CCFD-Terre Solidaire, à travers les « Ecoles de Citoyenneté ». « Nous avons créées ces structures après la crise de 2001, explique Nestor Borri l’un des responsables du centro Nueva Tierra. A cette époque, les argentins rejetaient en bloc la politique et criaient : Qu’ils s’en aillent tous ! ». Les Ecoles de Citoyenneté se sont alors attachées à « activer le potentiel de millions d’argentins à exercer leurs capacités de participation politique. » En s’appuyant notamment sur la grande solidarité qui a uni les argentins dans ces moments difficiles. Avec une idée force : « transformer cette solidarité en initiatives citoyennes, explique Fabian Roja, animateur au sein de l’Ecole de Citoyenneté, créée en 2006 à Resistencia, également dans la province du Chaco. Et faire en sorte que, dix ans après la crise, nos interlocuteurs passent de la protestation à la proposition. »

L’exercice pourrait sembler quelque peu obsolète dans une Argentine qui a recommencé à croire et participer à la politique. « Au contraire ! assure Jorge Jorge Luis Migueles, l’un des responsables de l’Ecole de Citoyenneté de Resistencia. Plus que jamais les citoyens doivent s’impliquer dans la politique du pays ! » Un exemple ? Le thème de « l’industrialisation de la ruralité », annoncé par la présidente. Autrement dit, comment transformer sur place les matières premières agricoles pour en tirer plus de richesses. « Il faut que tout le monde s’interroge sur les conséquences possibles d’un tel projet pour les populations rurales, assure Jorge. En se demandant, par exemple, quel doit être le rôle des organisations représentatives de l’agriculture familiale. Ces questions, sur ce thème, comme sur de nombreux autres, doivent être au centre de notre mission d’Education Populaire. C’est ainsi que la construction de la démocratie va se poursuivre en Argentine. »

Propos recueillis par Jean-Claude Gérez

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