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]]>Pour la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, Alice Champseix, chargée de mission Maghreb, nous fait découvrir l’action de notre partenaire, Quartiers du Monde, qui se mobilise auprès des femmes marocaines, trop nombreuses à être victimes d’abus.
Au Maroc, plus de 60 % des femmes ont subi des violences physiques, sexuelles, économiques ou psychologiques, en 2009.
Face à cette situation critique, de nombreuses associations de défense des droits des femmes ont mené une lutte conjointe qui a permis l’obtention, en 2018, d’une loi pour leur apporter plus de protection. Une loi qui reste néanmoins lacunaire, notamment sur le financement des réformes.
La violence à leur égard est aussi alimentée, par le poids des normes sociales qui entravent leur liberté dans tous les domaines et notamment professionnel. Au Maroc, le taux de participation des femmes à la vie active, est l’un des plus bas du monde et régresse. Et pour la plupart de celles qui travaillent, leur emploi est synonyme de précarité.
« Au cours d’une de mes missions au Maroc, j’ai rencontré des ouvrières agricoles qui travaillent jusqu’à 14h par jour, avec des rémunérations au-dessous du seuil légal, sans couverture sociale, sans congé maternité, sans retraite ».
Notre partenaire local, Quartiers du Monde, se mobilise pour faire respecter le droit des femmes et permettre une amélioration de leurs conditions d’existence.
L’association agit aussi bien au niveau des politiques publiques pour faire bouger les lois, qu’au niveau sociétal et individuel pour faire évoluer les mentalités.
Par exemple, l’association a développé un jeu pédagogique à destination de collégiens, pour les amener à se questionner et à déconstruire les stéréotypes discriminants qu’ils intériorisent dès leur plus jeune âge.
A terme, Quartiers du Monde, vise l’inclusion de ces outils dans les programmes scolaires.
Pour aller plus loin :
Au Maroc, jouer pour comprendre les enjeux de l’émancipation des femmes
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]]>The post En Afrique : pollueurs et pilleurs, le droit de dire NON (film d’animation) appeared first on Terre Solidaire.
]]>En Afrique, les femmes paysannes s’unissent pour lutter contre l’avarice destructrice de l’industrie extractive qui piétine les droits humains et l’environnement. Le collectif Womin Africa soutient leur lutte et partage à travers ce film d’animation, qui nous émeut autant qu’il nous indigne, leur histoire et leur combat.
Riche en ressources minières et gazières, le continent africain attire la convoitise de l’industrie extractive. Pendant que les multinationales s’enrichissent, les populations locales paient le prix fort d’une crise climatique causée par le pillage et la pollution de leurs ressources.
Les femmes sont celles qui portent le fardeau le plus lourd : contraintes de marcher toujours plus loin à la recherche d’eau potable et de moyens de subsistance pour nourrir leurs familles, pendant que la violence à leur égard s’accentue.
Le collectif Womin Africa, que nous soutenons, se mobilise pour porter leurs voix et dénoncer les agissements et les conséquences d’une industrie qui agit depuis trop longtemps dans l’impunité.
Ce film d’animation nous raconte l’histoire de ces vies brisées par la violence et l’accaparement de leurs ressources.
Mais il nous raconte surtout l’histoire d’une résistance portée par les femmes et les communautés qui se lèvent pour dire NON à l’oppression des pilleurs pollueurs et défendre une justice climatique.

Womin Africa est un réseau d’organisations sud-africaines et régionales qui travaille sur les conséquences de l’industrie extractive sur la vie des femmes.
Ce film d’animation est le premier volet d’une série qui aborde les multiples crises imbriquées en Afrique ainsi que la résistance collective des peuples. Cette série s’inscrit dans la campagne #TheRight2SayNO portée par de nombreuses associations de la société civile africaine. Elle témoigne des visions portées par les femmes et leurs communautés, porteuses d’alternatives pour le développement en Afrique.
Pour aller plus loin :
Quand féminisme et écologie se rencontrent
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]]>The post Les femmes à la pointe des combats contre les inégalités appeared first on Terre Solidaire.
]]>Ce constat du pape nous le partageons, bien sûr. Si l’égalité des sexes constitue un des principes de la Déclaration universelle des droits humains, si les Nations unies en ont fait un des objectifs de 2030 du développement durable (ODD), nous sommes pourtant loin du compte. La moitié de l’humanité doit subir encore aujourd’hui une véritable discrimination de genre.
Actrices de paix et de non-violence, elles ont constitué un corps efficace de médiatrices sociales au sein de la Plateforme interconfessionnelle de la jeunesse centrafricaine (PIJCA), travaillant inlassablement au dialogue et à la réconciliation, dans ce pays ravagé par la guerre.
Ce sont aussi des femmes qui dénoncent les situations subies par les Palestiniennes et les Palestiniens. Leur arme : l’écriture. Au sein de l’agence de presse « Nawa », 400 journalistes racontent avec compétence le quotidien de leur peuple et réussissent à faire entendre sa voix sur la scène internationale (p.17).
Décidées à changer le regard de la société, elles ont fondé l’association Nirantar en Inde. Elles sont sur tous les fronts pour réclamer des droits, courageusement, dans ce pays qui est certainement l’un des plus violents envers les femmes (p. 19).
Face aux exactions subies lors des conflits armés, elles s’organisent aussi pour soigner les corps et les âmes blessés. C’est par le biais du théâtre que les femmes du Guatemala ont choisi d’exprimer leurs désirs de changement et leur soif de dignité (p. 23).
L’Écho du monde vous propose de rencontrer ces femmes actives, courageuses, solidaires. Bien plus qu’un engagement pour faire avancer leurs droits, elles œuvrent à établir un monde de paix et de justice. Ce que nous voulons pour tous les humains. Notre monde s’est construit sur des rapports de domination. S’il porte atteinte aux droits des femmes, le patriarcat est aussi à la racine de l’exclusion, du racisme, de la guerre, des inégalités, et de la destruction de notre planète. Mais ce modèle n’est pas une fatalité. D’autres relations humaines sont déjà en train de s’inventer.
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]]>The post Maroc : Doha, 15 ans, révoltée contre les mariages précoces appeared first on Terre Solidaire.
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Le collège, à Salé, ville jumelle de la capitale Rabat, a été baptisé en 2010 Sayyida El Hourra, régente de Tétouan au 15e siècle, alliée du pirate Barberousse pour combattre sur les mers les Espagnols. L’élève Doha trouve dans son établissement une équipe pédagogique sensible à ses préoccupations. « Dans mon entourage, plusieurs preuves des inégalités entre femmes et hommes m’ont choquées », explique la jeune fille. Ces cas, par exemple, de mariages précoces de jeunes filles, bien avant 18 ans, l’âge légal.
« Au collège, une fille de 11 ans a dû arrêter ses études parce que ses parents voulaient la marier, et dans ma famille élargie, c’est une adolescente de 15 ans. Elle pleurait sans arrêt quand ses parents l’ont enlevée de l’école. Mon père et ma mère ont essayé de les convaincre de la laisser poursuivre sa scolarité, mais ils ont échoué », raconte Doha. L’adolescente ne peut que s’identifier à ces gamines, même si elle même ne risque rien. Sa mère a obtenu une licence d’études islamiques et son père est officier de police.
À 15 ans, Doha ne souffre pas encore de ces restrictions. « La seule chose qu’un garçon peut faire et qui m’est interdite, c’est de sortir seule le soir, affirme-t-elle. Car cela peut être dangereux, pour une fille. » Elle souffre cependant déjà du regard de certains hommes dans la rue : « Ils considèrent les femmes comme des objets. C’est, avec les mariages précoces, une des choses les plus importantes à changer. » Et sensibiliser les élèves de son âge ne lui suffit pas : « Il faut aussi éduquer les petits garçons et les parents. Car ce sont les parents qui transmettent les valeurs à leurs enfants. » L’adolescente possède déjà un sacré bon sens : « le plus efficace, c’est le partage des tâches domestiques. Si je fais la vaisselle, mon frère doit la faire aussi. »
Wafa Lakhlifi, aînée de Doha dans le combat féministe, assure-elle aussi qu’il faut intégrer les hommes pour faire progresser l’égalité. « Le patriarcat est trop fort, reconnaît-elle. Il ne suffit pas de travailler auprès des femmes. Il faut aussi agir auprès des pères, des frères, des profs, des voisins. Nous en avons pris conscience et avons changé notre angle d’attaque. »
La jeune femme de 38 ans connaît les ravages de la société patriarcale. Elle a souffert de violences et de discriminations dans son enfance de la part d’un père polygame qui préférait sa deuxième épouse à la mère de Wafa. Puis a vécu une histoire d’amour qui s’est terminée par un mariage et un désastre. « Les hommes dans ma famille sont très attachés aux privilèges masculins de notre société. Ils ont toujours un mot à dire. Je devais négocier en permanence mes droits, dit-elle. C’était en contradiction complète avec ma vie et ce que je prône dans mon activité professionnelle. » Divorcée, elle doit repousser les intrusions permanentes de ses frères et sœurs dans sa vie.
Aujourd’hui, Wafa se dit que la vie de Doha ne sera pas forcément plus facile que la sienne. La société reste très conservatrice. Mais, ajoute-elle, « c’est bien si nous réussissons à ancrer l’idée d’une société juste et égalitaire dans ces esprits de 15 ans. » Optimiste, Doha voit déjà de petites évolutions chez ses camarades masculins : « Ils sont de plus en plus nombreux à trouver normal de partager le travail domestique avec leur mère et leurs sœurs. » Et nul ne la critique quand elle proclame qu’une de ses figures tutélaires est : Touria Chaoui, la première femme pilote du monde arabe. Une Marocaine.
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]]>The post Glafira Jiménez : L’écoféminisme au service d’une écologie intégrale appeared first on Terre Solidaire.
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« En tant que communauté chrétienne, nous accueillons le chemin du Carême vers Pâques comme une opportunité de conversion pour que notre enseignement soit radical et authentique face au défi de la crise environnementale, à l’origine de la mort prématurée de beaucoup de pauvres (LS, 48). Les pauvres en sont les principales victimes » nous dit Glafira Jiménez París, membre de l’équipe de réflexion théologique à l’Institut Bartolomé de las Casas.
Pour Glafira Jiménez París, l’écoféminisme, qui allie l’écologie et le féminisme, peut aider à aller vers davantage de justice. Cette discipline fait le parallèle entre la destruction de la nature par l’homme et la domination des femmes par l’homme.
« Les logiques de hiérarchisation, de soumission et de violence qui s’appliquent aux personnes en fonction de leur genre, de leur condition sociale, race ou culture se répliquent dans l’exploitation de la nature » affirme-t-elle.
Il est nécessaire et urgent de combattre ces logiques et ces dynamiques et de réparer ces relations brisées, seule condition pour une réponse durable à la crise environnementale.
Glafira Jiménez París appelle aussi à un examen critique de l’imaginaire qui associe la Nature à la femme en dénonçant son destin commun de violence et de mauvais traitements alimentés par les préjugés, les stéréotypes, les mentalités et les coutumes.
Dans la pratique, l’Institut organise depuis une vingtaine d’années un atelier biblique qui promeut une lecture féministe de la Bible en s’appuyant à la fois sur des dialogues entre femmes et sur des apports théoriques comme l’écoféminisme (repris en 2018 après la visite du pape au Pérou).
Des méthodologies innovantes comme « la danse de la sagesse », mise au point par la théologienne Elisabeth Schüssler Fiorenza, sont utilisées pour découvrir le caractère implicite des textes sacrés : les femmes sont invitées à les interpréter sous le prisme de la domination et des relations de pouvoir.
Cette théologie critique de libération met en lumière la construction patriarcale et discriminante de l’Église qui perpétue et légitime l’exploitation et la violence sociétales des femmes.
L’idée étant que cette lecture les mène à réfléchir à leur propre vie et que les participantes puissent répliquer ces exercices dans leur communauté respective (religieuse, indigène).
Par ailleurs, des femmes de plusieurs confessions et spiritualités (chrétiennes, juives, musulmanes…) se réunissent pour échanger et valoriser le rôle des femmes dans leur culte.
L’Institut est aussi à l’origine d’une école de leadership Hugo Echegarray. Cette école forme chaque année une soixantaine de leaders populaires impliqués dans la société civile et les communautés religieuses, dont plus de la moitié des élèves sont des femmes.
Le CCFD-Terre Solidaire appuie cette formation qui vise à favoriser le partage d’expériences par la culture de la justice et de la paix, l’interculturalité et l’environnement.
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]]>The post Sensibiliser la jeunesse cubaine aux violences sexistes (Podcast) appeared first on Terre Solidaire.
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Même dans les pays les plus égalitaires du globe, les violences à l’encontre des femmes persistent, principalement au sein du foyer familial.
C’est le cas à Cuba, où les discriminations et agressions sexistes ont tendance à augmenter depuis quelques années.
Selon une enquête nationale, 39,6 % des cubaines interrogées ont subi des violences conjugales, tandis que 26,7 % ont déclaré avoir été victimes d’abus au cours des 12 derniers mois.
Cette hausse s’explique d’une part par les mesures de confinement strictes qui ont été prises sur l’île, mais aussi par la montée du fondamentalisme religieux qui met en péril les avancées en matière d’équité de genre dans le pays.
Pour en savoir plus : Cuba : lutter contre la violence de genre
C’est pour lutter contre ce système patriarcal que notre partenaire, le Centre Oscar Arnulfo Romero, mène depuis 2004 une campagne d’information annuelle sur le sujet.
Cette année, la campagne nommée « Evoluciona » (Évolue !) s’attaque aux normes de séduction hétéronormées et machistes et ambitionne de transformer les représentations sociales. Elle s’adresse principalement aux plus jeunes en prenant place sur les réseaux sociaux.
Consulter le dossier : Égalité : elles bougent le monde
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]]>The post Adolé Quaye, révélatrice des talents des femmes immigrées appeared first on Terre Solidaire.
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« Je suis née au Togo, mais je suis française ». Adolé Quaye a 13 ans quand elle rejoint sa mère en France pour étudier. « A l’époque, c’était une chance d’envoyer ses enfants étudier en France. »
Diplômée des sciences économiques et gestion des collectivités, Adolé Quaye a deux enfants et cherche du travail. Mais elle est très vite confrontée à la difficulté de l’accès à l’emploi, et subit, en tant que femme noire, des discriminations à l’embauche. « La lutte contre les discriminations n’existait pas vraiment à l’époque, on n’était pas informés, donc on subissait. »
C’est dans le milieu associatif qu’elle trouvera finalement sa place. En 1989, elle devient la directrice nationale de Femmes Inter association – Inter service migrants, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui accompagne les femmes issues de l’immigration en France.
Une fonction qu’elle n’a jamais quittée depuis.
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]]>The post Inde : elles défendent leurs droits appeared first on Terre Solidaire.
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Pour informer les femmes sur leurs droits, Nirantar, centre pour l’éducation et le genre, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, revendique une vision féministe. Créé en 1993, elle agit dans cinq États en s’appuyant sur du matériel éducatif, puisant dans le récit de l’expérience des discriminations vécues par les femmes.
Rencontre croisée avec Archana Dwivedi, directrice de Nirantar, et Santosh Sharma, coordinatrice au Bihar, l’un des États les plus pauvres du pays.
Santosh Sharma : Nous soutenons ces fédérations de femmes qui existent depuis 15-20 ans. Le gouvernement a décidé brutalement de suspendre leur financement. Il nous a fallu deux/trois ans pour financer la reprise de ce programme abandonné par l’État.
Ces groupes sont structurés selon les découpages administratifs, en village, bloc, district, État. Tous les 15 jours, nous organisons des rencontres pour les adolescentes et pour les femmes plus âgées. Pour les 14-20 ans, les questions tournent autour des mariages ou des grossesses précoces (une femme sur 5 est mariée avant 15 ans). Ces mariages sont encore pratiqués malgré des campagnes d’éducation.
Suite au confinement pour lutter contre la pandémie de Covid-19, beaucoup d’hommes sont rentrés de la ville et on a constaté une recrudescence de harcèlement sexuel. Par ailleurs, les jeunes filles se plaignent de la discrimination dont elles font l’objet en termes d’accès au numérique. 80 à 85 % n’y ont pas accès. Les familles craignent qu’elles échangent avec leur petit ami.
Pour les femmes plus âgées, les préoccupations sont liées à l’école, la santé, la violence, le travail.
Archana Dwivedi : Notre objectif dépasse la question de l’accès à l’éducation. Nous souhaitons influencer le système éducatif lui-même. Car ce dernier renforce souvent les divisions de genre. Nous tentons de faire émerger chez les femmes de nouvelles réflexions.
Nous les interrogeons sur leurs connaissances, pour comprendre leur point de vue. Par exemple, qu’est-ce que le travail ? Comment le définissent-elles ? De quel travail parle-t-on ? Quel est celui qui est mis en valeur, celui des femmes marginalisées non payées, ou celui des hommes ?
Nous cherchons à créer un autre regard. Une manière de questionner la place des femmes dans l’histoire. On fait ainsi évoluer les manuels et les bases des cours, écrits dans un langage très simple, accessibles à toute.
Nous utilisons beaucoup les jeux de rôles permettant aux femmes de revivre certaines situations, avec des histoires ou des vidéos dont le contexte entre en résonnance avec leurs propres histoires. Par exemple pour évoquer les discriminations de caste et de genre. Ces jeux permettent des prises de conscience et des réflexions pour voir comment réagir.
Archana Dwivedi : De nombreuses recherches soulignent combien la chasse aux sorcières est liée à la question de la propriété ou de faveurs sexuelles. Le Bihar est un État féodal, les castes continuent à y jouer un rôle très fort.
Ces femmes appartiennent souvent aux communautés les plus marginalisées.
Les accusations de sorcellerie concernent au premier chef les veuves ou les femmes sans protection d’un homme. Cette accusation permet de les déposséder de leur patrimoine, de leur terre.
Santosh Sharma : On compte 24 nari adalat dans sept districts au Bihar. Il s’agit d’une sorte de juridiction, de lieux de conseils, qui se réunit deux fois par mois, où sont débattus des questions de droits, de garde des enfants, de propriété, de dispute familiale, de violence domestique. C’est un lieu où les femmes ne se sentent pas jugées. Cela leur offre un recours. Elles interrogent leurs pairs sur ce qu’elles peuvent faire et n’attendent pas forcément une décision, une sanction mais un conseil.
Aucun lien organique n’existe entre ces nari adalat, la police et le tribunal. Dans certains districts, la police suggère aux femmes de s’adresser au nari adalat, car ils pensent qu’elles y seront mieux écoutées. Il arrive que le tribunal reconnaisse les notes du conseil des femmes, mais cela n’est pas courant.
Les femmes qui y siègent sont souvent reconnues par la communauté comme des personnes aptes, qui connaissent bien les lois. Elles ont démontré leur impartialité. Elles écoutent le point de vue des femmes et des hommes. Les accusés décident de suivre les conclusions du conseil.
Archana Dwivedi : Ce système est une alternative au long et tortueux chemin des tribunaux dans lesquels, parfois, au bout de 15 ans de procédure, il n’y a toujours aucun résultat. Les nari adalat sont un espace qui ne nécessite pas de ressources. La victime ne cherche pas nécessairement une punition du coupable. Elle attend plutôt une résolution du conflit. Par exemple, dans notre système féodal, les hommes pensent que c’est leur droit de frapper les femmes, qu’il n’y a rien de mal à cela. Il faut leur expliquer que ce n’est pas un droit.
Les membres des classes et castes dominantes n’écoutent pas ce que des femmes pauvres leur disent, mais ils savent que le nari adalat joue un rôle de contre-pouvoir. Cela peut modifier leur attitude.
Archana Dwivedi : Si nous parlions d’approche féministe, nous aurions des résistances. Donc nous préférons parler de justice de genre. Nous nous appuyons sur la Constitution qui garantit l’égalité des droits.
Les travailleuses sociales reçoivent de nombreuses menaces. Elles sont très courageuses. Elles savent qu’elles ne peuvent pas s’opposer frontalement aux hommes de haute caste qui harcèlent ou ciblent les femmes dalit. La solidarité au sein de leurs groupes est essentielle.
Propos recueillis par Christine Chaumeau
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]]>The post Publication du Baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil appeared first on Terre Solidaire.
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Ce Baromètre se fait l’écho des cris d’alerte des mouvements sociaux face aux violations des droits humains et environnementaux, commises en toute impunité, mais il est aussi le reflet d’une société civile brésilienne qui résiste, invente et se mobilise sur les territoires.
L’année 2020, au Brésil comme ailleurs aura été marquée par la pandémie et ses conséquences dramatiques. Au Brésil plus qu’ailleurs étant donné le contexte de crise multiforme préexistant à l’arrivée du virus : celui-ci n’a fait qu’amplifier, exacerber, des inégalités et fragilités d’un système structurellement excluant.
Les conclusions du baromètre confirment que les violences, violations et inégalités ne font qu’augmenter, ciblant en particulier les populations historiquement les plus exclues, dont font partie les peuples autochtones et traditionnels, les communautés paysannes, les femmes, les populations noires, les personnes LGBTQI+, les habitant.e.s des périphéries…
À titre d’exemples :
– Les « invasions » de territoires des communautés paysannes, traditionnelles, quilombolas et peuples autochtones ont augmenté de 1880% en 2020 par rapport à 2019.
Le gouvernement Bolsonaro mène une politique agricole centrée sur l’agrobusiness, qui prédispose aux conflits pour la terre et porte atteinte à la vie de ceux et celles qui la protègent.
– D’août 2019 à juillet 2020, 11.088 km2 ont été déforestés en Amazonie, le chiffre le plus élevé depuis 2008.
La déforestation, intimement liée à l’expansion de la frontière agricole, est la manifestation par excellence de l’absence totale de préoccupation environnementale du gouvernement.
– En 2020, 39 % des écoles publiques brésiliennes ne possèdent pas un système d’assainissement de base.
La pandémie de la Covid-19 a révélé le cruel sous-équipement des établissements scolaires publics brésiliens et le désengagement croissant de l’État dans le secteur de l’éducation.
– Entre janvier et octobre 2020, une attaque par jour de Bolsonaro contre la presse a été recensée.
La presse, les professionnel.le.s de la communication et des médias, sont confronté.e.s à la violence, à la censure judiciaire et aux restrictions de leurs activités.
Ce baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil fait partie de la campagne « Le Brésil résiste. Lutter n’est pas un crime », campagne de visibilité et de dénonciation des menaces et violences que les défenseur.e.s des droits humains subissent au Brésil. lebresilresiste.org
Le baromètre est disponible ici
CONTACTS PRESSE :
– Sophie Rebours, CCFD-Terre Solidaire : s.rebours@ccfd-terresolidaire.org, 01 44 82 80 64/07 61 37 38 65
– Erika Campelo, Autres Brésils : erika@autresbresils.net, 06 10 29 52 50
-Christelle Bresin, Secours Catholique : christelle.bresin@secours-catholique.org, 06 71 00 69 73
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]]>The post En RDC, les femmes paysannes militent pour leurs droits et une meilleure politique agricole (Podcast) appeared first on Terre Solidaire.
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«Quand les droits humains sont bafoués, les effets de la crise sont plus forts et frappent en premier lieu les plus vulnérables.» explique Samuel Pommeret, chargé de mission Afrique au CCFD-Terre Solidaire
C’est le cas au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, où les femmes paysannes sont particulièrement vulnérables en temps de crise sanitaire et doivent lutter pour leurs droits et leur accès à la terre.
En effet, ces femmes sont très rarement propriétaires des terres qu’elles cultivent alors que ce sont elles qui produisent l’alimentation et génèrent des revenus.
La société patriarcale en place dans la région les empêche de faire entendre leur voix, de prendre des décisions sur les activités agricoles, et la coutume limite leur pouvoir d’hériter en cas de décès du conjoint ou du père. Elles risquent ainsi de se faire expulser de leurs terres.
Elles sont pourtant les piliers de leurs familles, des actrices économiques qui luttent au quotidien et des citoyennes engagées dans la construction de la Paix au sein du pays.
La lutte contre ces discriminations et la réalisation de tous les droits humains sont des conditions sine qua non du développement et de l’autonomie alimentaire et économique du pays.
Notre partenaire, l’organisation de femmes paysannes UWAKI, est mobilisée sur deux grands enjeux : la souveraineté alimentaire, et la promotion des droits des femmes rurales du Nord-Kivu, une région encore ravagée par la guerre.
Les missions d’UWAKI consistent à :
Lire aussi : Les paysannes du Congo prennent leur destin en main.
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]]>The post Asie : les defenseures des droits humains, soeurs en résistance appeared first on Terre Solidaire.
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En ce jour, nous rendons hommage aux femmes courageuses, en particulier issues des communautés rurales et autochtones, qui défendent leurs droits sur leurs terres, leurs territoires, leurs communautés, à l’environnement et à la vie, avec persévérance et avec courage.
La réponse des États face au COVID-19, en particulier en Birmanie, aux Philippines, en Inde, en Indonésie, en Thaïlande et au Cambodge, a révélé la nature de nos gouvernements : militariste, misogyne et en profonde connivence avec les entreprises qui pillent nos ressources naturelles.
Aux Philippines, des activités d’extraction minière ont été autorisées dans des zones qui étaient censées être confinées. Des femmes indigènes qui avaient monté une barricade pour arrêter des machines d’une société minière australienne, dont le permis minier était caduc, ont été violemment dispersées par la police. Traumatisées par ces violences, elles ont de surcroît été accusées d’avoir enfreint la quarantaine. En outre, durant les premiers mois de la quarantaine, une loi répressive anti-terrorisme a été adoptée par le gouvernement Duterte. Elle institutionnalise le harcèlement et les menaces contre les défenseurs des droits humains, les qualifiant de rebelles et de terroristes.
Au Cambodge, en raison du Covid-19, la population s’est mise en quarantaine, à la demande du ministère de la santé, ce qui a provoqué une perte de revenus. La situation s’est beaucoup dégradée, en particulier dans la province de Pailin, où un conflit foncier perdure depuis plus de 10 ans. Sans terres, les populations s’appauvrissent alors qu’elles sont endettées auprès des banques ou des organismes de micro-crédit. Elles réclament la mise en place d’une politique de réduction de la pauvreté qui leur permettrait de payer seulement leurs intérêts mensuels. De plus, les femmes leaders de communautés demandent au gouvernement de leur délivrer enfin leur titre foncier, et de mettre fin à ce conflit.
En Indonésie, durant la pandémie, les intimidations et les violations à l’encontre des femmes défenseures des droits humains se poursuivent. Dans le même temps, elles sont confrontées aux risques liés à l’adoption de nouvelles lois, comme la Loi Omnibus [qui réduit notamment les droits des salariés et menace l’environnement]. Les femmes ne devraient pas être réduites au silence lorsqu’elles dénoncent l’État et les entreprises qui volent leurs moyens de subsistance. Elles ont le droit de dire NON pour protéger leur corps, défendre leurs terres et les droits de leurs communautés, ainsi que le droit de Mère Nature.
Nous, RESISTers (sœurs en résistance) de Birmanie, du Cambodge, d’Inde, d’Indonésie, de Thaïlande et des Philippines, disons NON à ceux qui exercent leur pouvoir dans le but de poursuivre leur programme économique, qui enrichit quelques privilégiés et nous appauvrit, nous les femmes qui travaillons dur dans les fermes, pour protéger nos forêts et nos mers, garder nos montagnes, et qui sommes vulnérabilisées par le COVID-19. Nous disons NON à la violence d’État contre les femmes. Nous disons NON à la violence des entreprises contre les femmes rurales et autochtones. Nous sommes FAVORABLES au contrôle communautaire et aux droits des femmes sur les ressources. Nous sommes POUR le savoir et l’expérience des femmes dans la gestion de nos ressources naturelles.
En tant que RESISTers, nous avons subi menaces et harcèlement. Nous avons perdu nos sœurs aux mains de groupes armés militaires inconnus. On nous a traitées de tous les noms : sorcières, salopes, mauvaises femmes. Mais à cela aussi, nous résistons, en exigeant que justice soit faite pour toutes les femmes défenseures des droits humains partout dans le monde.
Aujourd’hui, à l’occasion de la célébration de cette journée internationale, nous nous engageons en faveur de ces rêves et de cette vision collective, pour lesquels nous travaillons à élargir nos rangs, à renforcer notre mouvement de résistance et de solidarité internationale.
Solidairement vôtres.
Par les associations Focus on the Global South, Dhaatri Resource Centre for Adivasi Women and Children (Inde), Jatam and Tim Kerja Perempuan dan Tambang (TKPT, Indonésie), Lilak (Purple Action for Indigenous Women’s Rights, Philippines), ReSisters de Birmanie et Thaïlande.
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]]>The post Afrique du Sud : les femmes en première ligne face au Covid-19 appeared first on Terre Solidaire.
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La pandémie de Covid-19 a renforcé les vulnérabilités des femmes sud-africaines. D’abord sur le plan économique avec la perte, depuis août 2020, de 3 millions d’emplois au total. Deux tiers de ces emplois étaient issus du secteur informel, le plus durement touché par la crise, occupés en majorité par des femmes. Leur charge domestique a également explosé avec la fermeture des crèches et des écoles. Et avec le confinement, la distanciation dans des logements, souvent exigus, s’est avérée impossible. La dépendance des femmes vis-à-vis des hommes s’est accrue, parfois enfermées avec un partenaire violent. Les médias ont ainsi rapporté une nette augmentation de ces violences : la hotline de la police a enregistré 2300 appels pendant les 5 premiers jours du confinement,
3 fois plus qu’avant la pandémie. Et jusqu’à 120 000 appels recensés pendant les 3 premières semaines.
Si la plupart des associations sud-africaines soutenues par le CCFD-Terre Solidaire ont dû adapter leurs activités aux mesures prises pour endiguer le virus, toutes ont redoublé d’efforts pour venir en aide à ces femmes.
Notre allié Rural Women’s Assembly (RWA), présent dans plusieurs pays d’Afrique australe, a par exemple organisé des webinaires pour permettre aux femmes du monde rural d’échanger sur leur vécu pendant la crise. Pour mieux les accompagner, un numéro d’assistance contre les violences conjugales par messagerie instantanée, disponible jour et nuit, a également été mis à leur disposition.
RWA, avec d’autres organisations partenaires du CCFD-Terre Solidaire dont Womin (Women and Mining) et TCOE (Trust for Community Outreach and Education), a aussi initié un forum de solidarité avec les femmes pendant le Covid-19. L’objectif était d’apporter un soutien aux mouvements de femmes rurales et aux associations représentant les travailleuses agricoles pauvres, les pêcheuses, les habitantes des townships, les employées de maison, les ramasseuses de déchets et les petites productrices…
Le forum a notamment révélé la crise de l’accès l’eau à laquelle les femmes dans les communautés sont confrontées depuis des années dans les communautés. Plusieurs actions de plaidoyer ont été initiées telles que l’envoi d’une lettre au ministère de l’eau et de l’assainissement, à la présidence et au parlement, pour dénoncer certaines situations les rendant plus vulnérables. Comme le fait de marcher de longues distances, au risque de subir des violences sexuelles ou le fait, en pleine pandémie, de faire la queue pour pouvoir avoir de l’eau. Ou encore d’être harcelées par la police sur leur chemin. Plus de 200 communautés, dont 24 dans des conditions très précaires, ont ainsi été accompagnées.
Quant aux équipes de Durban et Cape Town d’Africa Unite, elles ont notamment organisé un échange entre hommes au mois de juillet 2020. Le douze participants ont reconnu que la pandémie avait créé des déséquilibres au sein de la société. Il est apparu essentiel de cultiver la culture du dialogue pour qu’ils puissent exprimer leurs émotions au lieu de se renfermer sur eux-mêmes, ce qui les conduit souvent à un comportement violent. De cet échange est également ressorti un besoin criant d’avoir plus de travailleurs sociaux et de psychologues dans les écoles et les communautés défavorisées.
Enfin, toujours dans ce contexte de crise sanitaire, des Sud-africains sont descendus dans la rue pour dénoncer la montée des violences à l’égard des femmes. Le mouvement a demandé aux hommes de changer leurs comportements et ont soumis un mémorandum à la présidence.
Par le CCFD-Terre Solidaire
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Valeria Chiavetta : Ici, la pandémie est plutôt bien contrôlée. Les consignes sont globalement respectées, sauf peut-être dans les quartiers défavorisés très peuplés et qui comptent beaucoup de travailleurs du secteur informel. Mais dans l’ensemble, la population a plutôt bien accepté les mesures de confinement. Sans doute aussi parce qu’elle bénéficie de mesures d’aides gouvernementales, comme le Revenu familial d’urgence (IFE), d’un montant mensuel de 128 euros, alors que le salaire mensuel minimum est 216 euros (voir encadré ci-dessous).
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Valeria Chiavetta : Selon une étude récente, 80 % des migrants ne perçoivent pas l’IFE ! Or à Mendoza, ces derniers représentent 4 à 5 % de la population. La majorité d’entre eux sont boliviens, péruviens, chiliens et vénézuéliens.
Tous ces secteurs d’activité ont été gravement impactés par le covid-19 et les migrants ont vraiment besoin de cette aide gouvernementale. Mais pour en bénéficier, il faut prouver un minimum de deux ans de résidence en Argentine. C’est d’autant plus incompréhensible que le décret permettant la distribution de cette allocation précise qu’elle est destinée « aux personnes les plus vulnérables ayant été impactées par la crise économique liée à la pandémie ». Or, la vulnérabilité n’a rien à voir avec la permanence sur le territoire. Donc refuser de donner une allocation à des migrants est infondé.
Valeria Chiavetta : Oui, mais pour cause de pandémie, les bureaux de migrations sont fermés. Du coup, les demandes de régularisation ou de renouvellement de permanence ne sont pas instruites.
Les migrants qui avaient déjà enregistré leur demande ont bénéficié d’un délai de 60 jours supplémentaires pour rester sur le territoire. Mais pour les autres, il n’est pas possible de déposer un dossier de régularisation.
Tout cela démontre que la thématique des migrants, qui devrait pourtant être transversale aux décisions prises par le gouvernement à propos de la pandémie, n’est pas réellement prise en compte.
La FEC essaie d’apporter à distance une assistance légale, sociale et administrative pour qu’ils puissent quand-même avoir accès à l’IFE. Mais les documents à fournir ne sont pas faciles à récupérer. Cela prend du temps, sans compter que beaucoup de personnes, notamment des femmes, sont analphabètes et requièrent une aide particulière.

Valeria Chiavetta : Nous suivons deux groupes, comptant chacun 20 femmes migrantes, situés à Belgrano, un quartier périphérique de la ville, et à Ugarteche, un territoire rural à 60 kilomètres au Sud. Elles se retrouvent dans le cadre d’ateliers d’échanges de savoirs sur les techniques de tissage et de filage.
La situation économique de ces femmes migrantes a empiré depuis le début de la pandémie. Notamment pour les employées journalières dans les usines de conditionnement de tomates et d’abricots qui ne sont plus embauchées, et pour celles qui travaillent sur les marchés, fermés depuis le 20 mars.
À cela, il faut rajouter un surplus de travail à la maison avec les enfants, dont il est difficile de suivre la scolarité, et les tâches ménagères… Sans compter les violences conjugales, en net regain. Et la situation, notamment économique, est encore plus inquiétante pour les mères seules.
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Valeria Chiavetta : Il y a beaucoup de solidarité entre elles. De notre côté, à la FEC, nous avons procédé à des distributions de nourriture et de produits de nettoyage, en négociant avec le gouvernement de la province une autorisation exceptionnelle de circuler pendant deux jours.
Nous essayons aussi de faciliter les échanges via Whatsapp entre les femmes, ce qui leur permet notamment de montrer les différents ouvrages de tissage qu’elles ont réalisé. C’est important pour rompre l’isolement.
Dans les semaines à venir, nous allons les aider à se procurer de la laine pour qu’elles puissent travailler et réaliser des vêtements, par exemple pour leur famille, avant l’arrivée de l’hiver (en juillet/août).
Propos recueillis par Jean-Claude Gerez
Malgré une augmentation inquiétante du nombre de cas ces derniers jours, l’Argentine ne comptait au 20 juin « que » 39 570 personnes infectées et 980 morts pour 48 millions d’habitants. Dès le 20 mars, le pays a pris des mesures drastiques en fermant ses frontières et en imposant un confinement très strict. Élu fin octobre 2019, le président Alberto Fernandez, a souvent répété que « la priorité est de préserver avant tout la vie des Argentins ».
Assumant les conséquences sociales de sa décision, il a garanti les pensions, retraites et allocations familiales, créé un revenu familial d’urgence (IFE) bénéficiant à 8 millions de personnes, et soutenu les entreprises et les salariés à travers un programme d’aide spécifique.
Les prix des denrées de première nécessité ont été gelés, et les coupures d’électricité, de gaz et d’eau interdites. L’opinion internationale a salué la démarche et les messages de soutien ont afflué, notamment ceux de 138 économistes, dont plusieurs prix Nobel.
Mais la situation économique est catastrophique. Le pays est endetté à hauteur de 323 milliards de dollars, soit 90 % de son PIB. Cette dette a été contractée par le prédécesseur d’Alberto Fernandez, Mauricio Macri, auprès du Fonds monétaire international (FMI), du Club de Paris, de banques et de consortiums privés internationaux.
Le 22 mai 2020, le gouvernement argentin n’a pas remboursé la somme de 503 millions de dollars attendus par les créanciers et le pays s’est déclaré en cessation de paiement, donc dans l’impossibilité de rembourser la dette au FMI.
La situation économique est telle que la pauvreté pourrait passer, fin 2020, de 35 % à 45 % de la population.
L’État argentin a demandé un moratoire des échéances entre 2020 et 2022, déclarant que « payer la dette aujourd’hui signifie cesser de répondre à une série de besoins de notre peuple ». Les négociations sont en cours.
J.C.G
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