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]]>Ninawa Huni Kuin est le président de la Fédération des peuples Huni Kuin de l’Etat de l’Acre au Brésil. Il ne mâche pas ses mots pour dénoncer dans cette vidéo l’impact des programmes de compensation carbone sur son peuple et la forêt amazonienne.
Le thème de la compensation carbone est apparu dans l’État de l’Acre, au cœur de l’Amazonie brésilienne, dans les années 2000 à travers le mécanisme REDD (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation forestière).
Comme d’autres peuples indigènes, les Huni Kui ont cru que leur environnement allait être protégé et que leurs conditions de vie allaient s’améliorer.
Mais ils ont vite déchanté.
Le chef Ninawa Huni Kui dénonce aujourd’hui l’impact négatif de ce programme sur leur peuple : “Le Programme REDD interfère dans la vie des Huni Kui car l’état de l’Acre a reçu des millions pour implanter des services sociaux dans la communauté, comme l’éducation et les services de santé, mais ces fonds n’ont pas bénéficié aux communautés. “
En fait, le gouvernement de l’État s’est approprié les terres indigènes pour récupérer des fonds à travers la compensation carbone. Et au contraire, la déforestation a triplé dans l’État de l’Acre témoigne-t-il.
À cause de cette déforestation, le mode de vie traditionnel des 16 500 indiens Huni Kui du Brésil est aujourd’hui menacé. Les Huni Kui vivent de l’agriculture de subsistance, de la chasse, de la pêche : ” Mon peuple préserve 80 % de ses traditions, perpétue la connaissance des médecines traditionnelles et pratique la spiritualité à travers la médecine. Pour nous la forêt représente tout.”
Les défis à relever pour les Huni Kuin sont nombreux : “Nous sommes aujourd’hui engagés dans une grande lutte pour protéger nos territoires qui sont menacés d’invasions pour implanter l’élevage, l’agro-négoce, les compagnies minières et l’industrie forestière. Tout cela dans le but d’exploiter nos territoires.”
Les indiens Huni Kui sont farouchement opposés aux mécanismes de compensation carbone. “La compensation carbone est pour nous une fausse solution car les entreprises qui financent ces programmes sont aussi celles qui polluent, comme les compagnies pétrolières, minières et aériennes. C’est pour cela que les émissions de gaz polluants n’ont pas diminué. “
Pour les accompagner, les indiens Huni Kui peuvent compter sur l’appui du (CIMI), association brésilienne soutenue par le CCFD-Terre Solidaire.
Lindomar Padilha, membre du Cimi témoigne :
Le CIMI travaille principalement sur trois fronts. Nous effectuons d’abord des recherches sur le thème de la compensation carbone. Ensuite nous formons des communautés et des leaders de communautés indigènes sur le marché du carbone et les mécanismes qui y sont associés. Et enfin nous organisons des mobilisations pour dénoncer ces mécanismes comme étant une fausse solution.
Au CIMI, nous pensons que notre travail au côté des communautés indigènes est fondamental parce que notre mission est de défendre la vie de ces peuples. Et le marché de la compensation carbone atteint justement la dignité des peuples indigènes, car il ne respecte pas leurs structures ni leur organisation communautaire.
Le CIMI accompagne 13 peuples indigènes dans l’État de l’Acre.
Tous sont impactés par les conséquences de la compensation carbone.
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]]>The post Le collectionneur d’expériences appeared first on Terre Solidaire.
]]>Au sein du Conseil indigéniste missionnaire (Cimi), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, Lindomar Padilha lutte depuis trente ans pour que les droits des Indiens d’Amazonie brésilienne soient respectés.
L’engagement de Lindomar Padilha au côté des Indiens d’Amazonie est né lors d’une nuit de souffrance. « C’était en 1990. J’avais 22 ans. J’effectuais mon premier séjour dans une communauté indigène, celle du peuple Aikewara, au cœur de l’État du Para. Un jour, le pajé Warini a dit vouloir m’enseigner à chasser de nuit. C’est en tout cas le prétexte utilisé pour me demander de grimper avec lui sur un arbre et d’attendre que la nuit tombe. »
Au bout d’une heure, le sorcier-guérisseur l’informe qu’il va se rendre sur un autre lieu de chasse, mais que Lindomar doit impérativement rester assis sur cette branche jusqu’à son retour.
Je suis toujours ému de pouvoir contribuer à la défense des peuples indigènes et, à travers eux, à celle de la vie et de toute l’humanité.
Lindomar
Muni de son arc et de ses flèches, le jeune homme va essuyer un violent orage, endurer le froid et subir les assauts incessants des moustiques. « Le pajé n’a réapparu qu’à l’aube, sourire aux lèvres. Sur le moment, j’ai contenu ma colère. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que son objectif n’était pas de m’initier à la chasse, mais de tester ma ténacité et ma loyauté à la parole donnée. Cette nuit a été fondamentale dans mon existence. » Et a conditionné son engagement au sein du Conseil indigéniste missionnaire (Cimi, partenaire du CCFD-Terre Solidaire) pour défendre les droits des Indiens.
Rien pourtant ne prédestinait Lindomar Padilha à consacrer son existence à la défense des peuples natifs du Brésil. Né près de Rio de Janeiro, il est l’avant-dernier d’une lignée de 21 enfants. La vie dans cette famille, catholique, très pratiquante, est chiche malgré les efforts du père, petit agriculteur, dur au labeur. Pas de surprise donc lorsque l’adolescent envisage de devenir religieux. Il entre au séminaire et y passe cinq ans. Le temps de découvrir et se passionner pour la philosophie : Socrate, Platon, Descartes.
Un jour, une inconnue lui offre Une vie, de l’Indien Jiddu Krishnamurti. C’est la révélation. « Je me suis dit que si un Indien écrivait l’histoire de l’humanité, elle n’aurait pas la même forme que celle des penseurs occidentaux. » C’est de là que va naître son intérêt pour les peuples indigènes. « Chacun de ces peuples a une identité, une langue, une spiritualité et une philosophie propres. » D’où son besoin de tenter de comprendre la logique de la pensée des peuples originaux « qui n’est pas structurée selon un modèle cartésien ». Pour y parvenir, Lindomar décide d’aller à leur rencontre. « Car plus qu’être un chercheur en philosophie, je veux être un collectionneur d’expériences. »
Aidé par la bienveillance de prêtres qui l’encouragent à suivre ses convictions, le jeune homme entame son expérience chez les Aikewara. Il y rencontre Rose, sa future épouse, anthropologue, elle aussi très impliquée au sein du Cimi. Il découvre surtout la violence des grands propriétaires terriens pour qui les territoires indigènes ne sont vus que comme sources d’enrichissement pour le bois et comme des freins à l’élevage extensif. Envers et contre tout, Lindomar défend une posture légaliste.
Le développement, depuis les années 2008, des programmes de séquestration carbone, orchestrés par les pouvoirs locaux, n’a apporté que des bénéfices dérisoires aux communautés.
« La Constitution de 1988 reconnaît les droits des peuples indigènes à posséder leur territoire. Je ne fais que me battre pour qu’elle soit appliquée. » Cette détermination lui vaut de nombreuses menaces de mort et tentatives de corruption. Mais surtout le respect des peuples indigènes qui l’accueillent avec les honneurs, où qu’il aille. « J’admire sa capacité de réflexion, mais surtout son courage, confie son épouse. Un jour, en pleine réunion avec les puissants représentants de l’Institut brésilien de l’environnement (Ibama) qui menaçaient d’incarcérer un cacique indien, Lindomar s’est levé et leur a dit : “Aussitôt que vous mettrez cet homme en prison, soyez sûrs que nous mobiliserons tous nos moyens financiers, humains et intellectuels pour le libérer”. »
Fin des années 1990, le couple est pressenti par le Cimi pour aller travailler dans l’État de L’Acre, à la frontière avec le Pérou. Lindomar y est promu coordinateur. « J’ai assumé cette fonction très politique par devoir », sourit-il.
Il y apprend la diplomatie, mais renforce aussi ses convictions en constatant « combien la nature et ceux qui y vivent sont soumis à un modèle implacable et dévastateur ». En particulier depuis 2008, « avec le développement dans la région de programmes successifs de séquestration carbone, orchestrés par les pouvoirs locaux, mais dont les bénéfices pour les populations indigènes sont dérisoires ». C’est cette volonté de défendre les peuples natifs qui pousse Lindomar à embarquer encore aujourd’hui à bord de bateaux bruyants et inconfortables pour remonter, durant parfois une douzaine de jours, les cours d’eau de la région.
« Après celle de la vie, la plus brillante des expériences est d’avoir passé tout ce temps au côté des peuples indigènes. Je suis toujours ému de pouvoir contribuer à leur défense et, à travers eux, à celle de la vie. Pas seulement de celle des peuples natifs, mais de toute l’humanité. »
Jean-Claude Gérez
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]]>The post Le faux nez vert de TotalEnergies #StopCompensation appeared first on Terre Solidaire.
]]>Changement de nom, stratégie climat, plan de « neutralité carbone », le pétrolier multiplie les annonces pour convaincre de sa transition écologique… tout en développant ses projets d’exploitation d’hydrocarbures dans le monde.
Le printemps est une saison propice pour parler regain végétal. Mi-mars, Total annonçait la signature d’un accord avec le gouvernement du Congo pour planter une vaste forêt d’acacias de 40 000 hectares (environ deux fois le massif de Fontainebleau) sur les plateaux Batéké.
Objectif : créer un « puits » d’absorption de CO2 atmosphérique, en compensation d’une partie des émissions générées par l’activité du pétrolier français. La croissance des arbres devrait en séquestrer 10 millions de tonnes sur vingt ans. Recours à une agroforesterie bénéficiant aux populations locales, accroissement de la biodiversité, production de bois d’œuvre par des coupes sélectives : la présentation du projet est bien ripolinée.
Deux mois plus tard, lors de son assemblée générale annuelle, le pétrolier devient TotalEnergies pour affirmer son ambition de devenir un acteur majeur des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse…) et présente à ses actionnaires son plan visant la « neutralité carbone » en 2050 Il recueille plus de 90 % des votes.
Voilà pour la communication verte. Que les organisations écologistes et de solidarité internationale se sont empressées de démonter. « Le pétrolier tient un double langage, résume Myrto Tilianaki, chargée de mission souveraineté alimentaire et climat au CCFD-Terre Solidaire.
Car, en dépit de ses annonces, il entend poursuivre significativement sa production d’hydrocarbures. TotalEnergies va rester un acteur majeur des énergies fossiles. »
Première émettrice de CO 2 du panel du CAC40, et produisant à ce jour 447 fois plus d’énergies fossiles que renouvelables, l’entreprise est bien loin du compte, et son plan de neutralité carbone semble conçu pour noyer le poisson.
Pour l’étape intermédiaire cruciale de 2030, il vise une réduction de 40 % du CO 2 émis par ses activités (exploitation, raffinage, transport…) « Mais ce périmètre ne représente que de 10 % des émissions de l’entreprise, décrypte Henri Her, de l’association Reclaim Finance[1]. Le reste, 90 %, provient de la combustion des hydrocarbures vendus par le pétrolier. »
Un segment où l’entreprise limite son engagement à une baisse de 30 % des émissions pour l’Europe seule. En référence aux calculs du cabinet Carbone 4, l’engagement de TotalEnergies ne correspond qu’à environ 25 % de l’effort nécessaire pour agir en cohérence avec l’accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement planétaire à 2 °C d’augmentation maximum, voire 1,5 °C d’ici à 2050.
Pour faire bonne mesure, le pétrolier veut recourir massivement aux pratiques de compensations controversées (voir p. 17) du captage et stockage de CO2 , avec l’important projet Northern Light en cours en Norvège, et la plantation de forêts dans les pays du Sud. « Le moyen aujourd’hui le plus efficace pour éliminer le carbone, pour moins de dix dollars la tonne », vantait, en 2019, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies. Surtout s’il s’agit de mono-culture de variétés à croissance rapide, comme l’acacia au Congo.
De multiples questions surgissent dans le grand flou qui entoure le projet congolais, écrit un rapport endossé par près de 80 organisations[2]. Ainsi, une grande partie de ces terres abriteraient des groupes de Pygmées autochtones Aka et des communautés paysannes bantous, dont il faut imaginer l’expulsion. TotalEnergies parle de compensations et de création d’emplois, sans plus de précisions. Aucun détail ni cartographie précise, pas plus que d’éléments sur d’éventuelles discussions avec ces populations locales.
Comble de duplicité, le pétrolier prévoit qu’en 2030 les sources renouvelables ne représenteront que 15 % du volume d’énergie qu’il délivrera, alors que 80 % de ses investissements iront encore à des projets d’hydrocarbures, misant en particulier une augmentation de 30 % de sa production de gaz fossile au cours de la prochaine décennie.
En mai dernier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), boussole constante des acteurs dominants de l’énergie depuis des décennies, poursuivait un revirement guidé par sa prise de conscience de l’urgence climatique en préconisant qu’aucune nouvelle réserve pétrolière ou gazière ne soit désormais mise en exploitation.
Un message opportunément décrété trop « radical » par la direction de TotalEnergies.
Première émettrice de CO2 du panel du CAC40, et produisant à ce jour 447 fois plus d’énergies fossiles que renouvelables, l’entreprise est bien loin du compte.
On comprend pourquoi : peu encombré par ses minces habits verts, le pétrolier se prépare à forer comme au bon vieux temps. En Arctique bientôt, où la manne représente 5,6 % des réserves gazières. Plus actuel, le mégaprojet pétrolier Tilenga (400 puits en Ouganda) engagé en 2019, avec 1 445 km d’oléoduc (Eacop) jusqu’à la côte tanzanienne. Près de 100 000 personnes seraient affectées, avec un lot – hélas classique ! – de spoliations et de violations de droits déjà documentées, estiment les Amis de la Terre.
« Outre la facture climatique de cette production d’énergie fossile, il faut s’attendre à des catastrophes écologiques – pollution potentielle des lacs proches, destruction de biodiversité, conséquence des risques sismiques locaux », redoute Léa Kulinowski, juriste de l’association. Une étude du cabinet étasunien E-Tech International sanctionne : les techniques retenues par TotalEnergies sont les moins coûteuses et avec le plus fort impact socio-environnemental. « L’itinéraire semble dessiné dans le but de mettre en danger le plus grand nombre d’animaux possible », s’offusque l’écologiste américain Bill McKibben, fondateur de l’association 350.org. Un signe : la BNP, le Crédit agricole et la Société générale, les trois grandes banques françaises pourtant si friandes de ce genre d’investissements, n’ont pas souhaité financer Tilenga-Eacop.
Au nord du Mozambique, le pétrolier français fait aussi parler de lui « à l’ancienne ». Dans les années 2000, de gigantesques réserves de gaz naturel ont été découvertes au large de la province de Cabo Delgado, et TotalEnergies pilote un consortium d’acteurs pour la construction d’un énorme complexe de liquéfaction du gaz naturel (GNL), pour son exportation par des navires spécialisés.
Environ 550 personnes ont été déplacées dans des conditions déplorables, témoigne l’association mozambicaine Justiça Ambiental, partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Et l’insurrection armée de groupes djihadistes locaux aurait déjà causé 2 600 morts. « Leur conflit historique envers le pouvoir central a été attisé par cette prédation de ressources naturelles, soutenue sans réserve par le gouvernement », rapporte Anna-Lena Rebaud, chargée de campagne climat et transition juste aux Amis de la Terre.
En avril dernier, alors que des attaques ont ciblé la ville de Palma, centre névralgique de la fièvre gazière, TotalEnergies gèle le projet qui devait livrer ses premières cargaisons de GNL en 2024. Un abandon en règle ? Plutôt une pause dans l’attente d’un retour au calme : chiffré à 20 milliards de dollars, et financé, ce projet est le plus important investissement africain à date.
Et la manne annuelle fournirait l’équivalent du tiers des importations de gaz naturel de l’Europe !
[1] Voir notamment son rapport conjoint avec Greenpeace « Total fait du sale : la finance complice ? », reclaimfinance.org
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]]>Coordinateur du programme « Forêts et Biodiversité » au sein de Censat Agua Viva-Amigos de la Tierra, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, Diego Cardona dénonce l’échec des programmes de compensation carbone en Colombie.

© Canva / photo d’illustration
Diego Cardona : Ces programmes ont été lancés avec la promesse de préserver l’environnement. Or, en dix ans, l’ensemble de la faune et de la flore a drastiquement diminué. Le gouvernement affirme avoir obtenu des résultats positifs, mais les chiffres ne correspondent pas à ceux des organisations internationales indépendantes.
La déforestation en Amazonie colombienne continue, et les causes restent les mêmes. Il y a d’abord la création de pâturages pour l’élevage extensif de bétail et, fait nouveau, une spéculation foncière autour de ces terres. Il y a ensuite les monocultures de palmiers (pour l’huile), de canne à sucre et d’eucalyptus. La création d’infrastructures, comme des routes, pour l’exploitation du pétrole, et des minerais est aussi inquiétante.
Le gouvernement admet que cela génère une déforestation massive, mais continue de délivrer des licences d’exploitation et des permis de construire !
La création d’infrastructures, comme des routes, pour l’exploitation du pétrole et des minerais est inquiétante. Le gouvernement admet que cela génère une déforestation massive, mais continue de délivrer des licences d’exploitation et des permis de construire !
Les anciennes zones de conflits sont effectivement impactées par la déforestation. Mais nous récusons l’idée que la guerre civile a permis de préserver la nature ; ce serait oublier qu’elle a fait d’énormes ravages, notamment au point de vue humain. Si la déforestation a augmenté depuis la fin du conflit, c’est parce que le gouvernement n’apporte aucune solution pour assurer une présence dans ces territoires.
Pire, aujourd’hui, il y a des cartels qui construisent des routes pour extraire le pétrole, développer l’élevage ou les monocultures. Quant à la culture de la coca, présentée par l’État comme une cause de déforestation massive, les chiffres démontrent qu’elle est loin d’être aussi dévastatrice que l’élevage, par exemple.
Nous travaillons sur trois fronts. D’abord, des recherches sur ce que recouvre vraiment la compensation carbone. Car si le discours « nous allons payer pour conserver la forêt » ou « nous allons planter des arbres » sonne bien, les conséquences sont parfois terribles pour les populations.
Ces études nous permettent ensuite de communiquer sur les conflits générés par ces programmes, et relayer la manière dont ils affectent la vie, les territoires et les droits des personnes. Enfin, nous travaillons avec certains peuples qui ont signé des accords ou sont sur le point de le faire. Nous respectons leur décision, mais![]()
nous tâchons d’éclaircir les contenus des contrats pour leur éviter de se retrouver dans des situations qui peuvent influer lourdement sur leur existence.
Ils concernent généralement les accords dans le cadre du marché de compensation dit « volontaire », ou privé. Il y a beaucoup de tromperies, notamment sur les sommes destinées à indemniser les populations pour protéger la forêt. Peu de gens savent ce qu’ils ont réellement signé ou quels sont leurs droits et obligations. Comme au Brésil ou au Pérou, il est très fréquent que les contrats impliquent la sanctuarisation des territoires à préserver, empêchant les peuples indigènes de chasser, d’abattre un arbre pour construire une maison ou de déboiser une parcelle pour l’agriculture de subsistance. L’autre problème est lié à la marchandisation de la forêt, qui ne prend pas en compte sa dimension culturelle et spirituelle pour les peuples. D’où l’importance de répéter que la compensation carbone est une fausse solution.
Non seulement les entreprises continuent de détruire l’environnement, mais, surtout, ces programmes ne s’appuient pas sur les vrais remèdes que sont la gestion forestière et le respect des territoires des communautés locales qui protègent la terre et les forêts.
Propos recueillis par Jean-Claude Gerez
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]]>The post Mozambique : les communautés contre la plaie du charbon appeared first on Terre Solidaire.
]]>Le mépris et la violence pour toute réponse… Est-ce la goutte d’eau qui fera déborder le vase ? Le 6 mai dernier, dans la commune de Moatize qui jouxte Tete, capitale de la province mozambicaine du même nom, plus d’une centaine de personnes du quartier Primeiro de Maio ont bloqué pendant plusieurs heures la desserte de la mine de charbon voisine.

Les communautés locales n’ont jamais été consultées. Nous n’avons compris l’ampleur des projets que le jour où l’on a signifié à des milliers de familles qu’elles seraient déplacées pour laisser la place aux mines.
Leur protestation n’était pas motivée par les considérables nuisances générées par l’extraction à ciel ouvert – bruit, pollution de l’air, de l’eau, des terres –, mais plus prosaïquement par la défense des conditions mêmes de leur survie.
L’expansion minière, qui phagocyte déjà au moins 40 000 hectares de terre dans la région, a coupé l’accès à la rivière Moatize : plus d’eau pour l’irrigation, plus d’argile pour les briqueteries artisanales.
Ce n’est pas la première fois que des riverains lésés manifestent contre la multinationale brésilienne Vale qui exploite le site : les indemnités promises n’arrivent pas, ou bien elles ne sont pas à la hauteur. Et puis tout traîne en longueur. Les tentatives de corruption sont courantes, des responsables de communautés sont accusés de négocier avec les compagnies pour leur propre compte. La zizanie s’installe. Ainsi, les gens de Primeiro de Maio se sont-ils entendu rétorquer à leurs demandes que leur préjudice avait déjà été compensé. Un contentieux qui dure depuis deux ans
Cette stratégie d’épuisement des oppositions est bien identifiée : Vale l’a pratiquée auparavant avec d’autres communautés, dénonce l’ONG Justiça Ambiental (JA), partenaire du CCFD-Terre solidaire au Mozambique, et qui soutient les populations affectées par la plaie de l’exploitation charbonnière. Vale avait accepté d’envoyer des représentants pour discuter avec les protestataires, mais c’est la police qui est venue, menaçant de « faire couler le sang ».
Lacrymogènes, tirs à balles de caoutchouc, détentions arbitraires… Cette violence inusitée a fait monter d’un cran la tension entre des populations excédées et des compagnies minières aux intérêts économiques désormais fragilisés par la crise.
L’aventure du charbon industriel, au Mozambique, est récente et fulgurante. En 2004, on identifie dans la région de Tete l’un des plus importants gisements au monde. La houille, qui apparaît dans la balance commerciale en 2010, fournit huit ans plus tard la première source de devises du pays (33 %), devenu 10 e exportateur mondial. « Mais les communautés locales n’ont jamais été consultées, se remémore Daniel Ribeiro à JA. Nous n’avons eu connaissance de l’ampleur des projets que le jour où l’on a signifié à des milliers de familles qu’elles seraient déplacées pour laisser place aux mines. »

Si d’autres grandes compagnies minières, comme Jindal (Inde) ou Rio Tinto (Australie) ont aujourd’hui leur part du gâteau, c’est bien Vale qui a mené le bal. Le géant brésilien a ouvert la région au charbon et bâti d’importantes infrastructures. « C’est aussi Vale, soutenue par le gouvernement, qui a défini les normes d’indemnisation des populations, poursuit Daniel Ribeiro. Et, dans un premier temps, les promesses d’enrichissement faites aux communautés ont emporté leur adhésion. »
Mais elles déchanteront rapidement. Les entreprises limitent les compensations aux seuls lopins familiaux, écartant du calcul les terres d’usage collectif régies par le droit coutumier ancestral, représentant la grande majorité des hectares perdus.
Les communautés sont relogées à distance du fleuve, où se concentrent les bonnes terres dans cette région sèche. L’installation d’écoles et de services de santé tarde. Rejetés à plusieurs dizaines de kilomètres des marchés de Tete, les paysans voyaient filer près d’un quart de leur budget en transport avant la mise en place de lignes de bus à bas coût. Les petits briquetiers ont périclité, concurrencés par des entreprises de construction attirées par le boum économique local.
« D’une manière générale, toutes les compensations ont été nivelées par le bas, résume Daniel Ribeiro. Notamment pour les terres dont la valeur a été fixée au début de l’exploitation charbonnière. Mais depuis, la fièvre économique locale a fait exploser le marché foncier, spoliant les familles qui se retrouvent avec des biens d’une valeur ridicule. Vale a profité de leur naïveté… »
Nous avons créé une culture de la revendication au sein de groupes qui n’imaginaient pas se battre pour leurs droits et contre les compagnies qui les ont floués.
Dès le départ, JA a lancé auprès des communautés une campagne d’information sur les impacts sanitaires et environnementaux, ainsi que sur leur droit à de justes compensations pour la perte d’accès à l’eau et à la terre. Des échanges ont été organisés avec des communautés sud-africaines et brésiliennes aux prises elles aussi avec le charbon ou avec Vale.
« Nous avons créé une culture de la revendication au sein de groupes qui n’imaginaient pas se battre pour leurs droits, commente Daniel Ribeiro. Aujourd’hui, ils manifestent une hostilité croissante envers des compagnies qui les ont floués. »
D’autant plus que Vale a annoncé, début 2021, son intention de se retirer du charbon mozambicain. Depuis quelques mois, des revers significatifs l’affectent : le minerai baisse en qualité, des soucis techniques apparaissent, le charbon local est concurrencé par de nouveaux acteurs étrangers. Cette énergie fossile est, en outre, la première cible de la lutte climatique internationale. « La tension monte, parce que la multinationale est soupçonnée de vouloir quitter le pays sans avoir réglé sa dette sociale envers les communautés. »
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]]>The post Brésil : les Indiens Huni Kuin face à leur destin appeared first on Terre Solidaire.
]]>Tout près de la frontière péruvienne, les Indiens Huni Kuin du Brésil luttent pour préserver leur mode de vie et leur culture. En cherchant des alternatives au programme de compensation carbone.
Siã s’est arrêté net. Inquiet, le cacique du peuple Huni Kuin scrute la forêt épaisse. Soudain, plusieurs bruits sourds se succèdent à quelques dizaines de mètres, suivis d’éclats de voix. « Ce sont les employés du grand propriétaire terrien voisin, murmure l’homme de 43 ans au physique fluet. Ils marquent les arbres à coups de hache pour revenir les abattre demain. Ils sont sûrement armés. C’est dangereux de continuer. Il vaut mieux faire demi-tour. »
Sur le chemin du retour vers son village de Formiga, Siã fait une halte devant une demi-douzaine d’arbres centenaires récemment abattus. « Ces arbres sont le symbole du danger que court mon peuple et du caractère illégal de la déforestation. Car ces terres appartiennent à l’État brésilien. Nous en avons demandé l’homologation comme terres indigènes, et il est donc interdit de déboiser. Pourtant, les fazendeiros, avec l’aide des politiciens locaux, se sont installés ici. Ils élèvent du bétail et veulent nous chasser. En détruisant la forêt, ils anéantissent notre source de nourriture, mais aussi nos plantes médicinales et notre spiritualité. »
Le mot clé de notre démarche est l’autonomie pour pouvoir vivre sans aide ni contrainte extérieures.
Cacique Ninawa

Une destruction contre laquelle les HuniKuin se battent pour assurer leur survie.
Bienvenue dans l’État de l’Acre, à l’extrémité nord-ouest de l’Amazonie brésilienne, à la frontière avec le Pérou, dans la région de Feijó. « 16 450 Indiens Huni Kuin vivent dans 17 aldeias (« villages ») répartis sur 11 territoires qui couvrent à peu près 400 000 hectares. À cela, il faut rajouter un territoire d’environ 100 000 hectares, pour lequel nous avons fait une demande d’homologation en 2002, sans réponse à ce jour », explique Ninawa Huni Kuin, président de la Fédération des peuples Huni Kuin de l’État de l’Acre (Fephac).
Créée en 2006, l’organisation entend renforcer la cohésion et la tradition de ce peuple millénaire. « Nous veillons à sauvegarder et cultiver notre langue et nos coutumes, souligne ce charismatique quadragénaire, élu à l’âge de 28 ans à la tête de la Fephac. Le mot clé de notre démarche est “l’autonomie” pour pouvoir vivre sans aide ni contrainte extérieure. Nous luttons aussi pour l’intégrité de notre territoire. »

Le village de Formiga, en bordure de la rivière Envira, se situe au cœur de ces terres non homologuées. Des dizaines de familles Huni Kuin y vivaient jusque dans les années 1960 avant de devoir s’exiler pour fuir l’invasion violente de leurs terres par des seringueros, les exploitants de caoutchouc. « À notre retour, à partir de 1998, les seringueros avaient cédé la place à de petits agriculteurs, explique Busã, 40 ans, l’un des habitants du village. Au nom de la réforme agraire, ils avaient reçu de modestes parcelles de terre de la part de politiciens locaux. Avec une condition : les paysans devaient revendre ces terres, après quelques années, à ces mêmes politiciens pour un prix modique. Ils ont ensuite regroupé ces petites exploitations, rasé la forêt et créé des pâturages pour faire de l’élevage extensif de bétail. » Un processus qui s’est accéléré dès le milieu des années 2000.
Conséquence ? « Chaque année, les fazendeiros [grands propriétaires terriens] grignotent la forêt, assure Busã. Pendant longtemps, des hommes armés nous interdisaient même de traverser les fermes pour aller chasser. Ils posaient des pièges destinés à nous blesser. Aujourd’hui, c’est plus calme. Mais avec la déforestation, il y a beaucoup moins de gibier. Il y a encore cinq ans, on partait chasser avec la certitude de ramener un pécari, un agouti ou un tatou, atteste Busã. Actuellement, on peut passer une journée ou une nuit en forêt et rentrer bredouille. »
Côté pêche, la situation n’était pas brillante non plus. « Mais c’est mieux cette année, se réjouit l’un des habitants de l’aldeia, en lançant sa tarafa, un filet circulaire. La présence de nombreux botos (dauphins d’Amazonie) laisse même penser qu’il y aura du poisson pendant trois ou quatre ans. »
Le présage est d’autant plus réjouissant que les 22 familles du village de Formigane (sur)vivent que grâce à la vente d’artisanat et de bananes et, pour certaines, avec de maigres allocations familiales.
Elles souffrent depuis plusieurs années de carences en protéines.
Car les rendements de l’agriculture de subsistance (manioc, banane, maïs) sont faibles. « À force de planter sur les mêmes terres sans pouvoir les laisser se reposer, les récoltes sont moindres, souligne Ninawa. Surtout parce que nous ne voulons déboiser que le strict minimum et maintenir sur pied ce qui nous reste de cette forêt, qui est aussi notre pharmacie et le berceau de notre spiritualité. »

Pour s’en convaincre, il suffit de suivre le pajé (sorcier-guérisseur) et son épouse. Maquillés, le visage coiffé de la Coka traditionnelle en plumes d’aras, les presque octogénaires se meuvent avec souplesse dans l’épaisseur de la forêt primaire. Ils s’arrêtent parfois pour détacher quelques feuilles d’une branche en chuchotant.
« Nous nous excusons auprès de la nature de lui faire mal et lui expliquons l’usage médicinal ou spirituel de notre cueillette », précise l’épouse du pajé. Le tout sous le regard attentif de Bixku, 38 ans, le « barde ». Lui s’est fixé comme mission de « transmettre le patrimoine oral des Huni Kuin, en particulier les chants que je glane auprès des anciens. C’est essentiel pour garantir la survie de notre culture ». Pour cela, il peut compter sur la jeune génération de Formiga qui se réunit tous les soirs, ou presque, dans la grande maison commune qui trône au milieu du village. Parmi eux, il y a Zianka, 23 ans.
« Nous voulons préserver ce qui nous reste de forêt qui est le berceau de notre humanité. »
Ninawa
S’interrompant régulièrement pour inhaler du « raoé », mélange de tabac à priser et de cendres, il aime accompagner à la guitare « ces chants qui évoquent les légendes de mon peuple et notre rapport aux esprits de la forêt ».
« La transmission de la culture et de la spiritua- lité Huni Kuin se fait aussi en classe », souligne Juba, 37 ans, enseignant et responsable de l’école construite en 2018 par l’État de l’Acre. Le professeur de langue portugaise, l’un des deux seuls fonctionnaires publics du village, y reçoit en demi-journée quelque 80 enfants, de 6 à 12 ans, dont ceux des villages Huni Kui voisins.
Enfin y recevait, puisque l’école est fermée depuis mars 2020 pour cause de pandémie. « C’est préjudiciable pour l’apprentissage des enfants, souffle l’enseignant, par ailleurs très critique sur le contenu des programmes imposés. Rien dans les livres d’histoire ne parle des massacres des Indiens à l’époque de la colonisation ou des conditions d’esclavage auxquelles ils ont été soumis lors de l’apogée du caoutchouc. »
Et pour Juba, les injustices continuent. « Aujourd’hui, les indigènes ne sont plus tués avec sauvagerie. C’est la loi qui les assassine. » Et notamment l’absence d’application de la Constitution du 5 octobre 1988.
« Il suffit pourtant d’appliquer l’article 231 de la Constitution du 1988, peste Lindomar Padilha, membre du Conseil indigéniste missionnaire (Cimi), partenaire du CCFD-Terre Solidaire qui accompagne les Huni Kuin dans leurs revendications pour la démarcation de leurs terres. Il stipule que toutes les terres indigènes devaient être démarquées dans un délai de cinq ans. » Or, d’après un recensement du Cimi, sur les 1 296 terres indigènes que compte le pays, 530 terres n’ont toujours pas été régularisées.
« La question de la terre est centrale pour la survie de mon peuple », insiste Ninawa Huni Kuin.

Refusant la « fausse bonne solution » du programme REDD (Le mécanisme « REDD [réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation forestière] attribue une valeur financière au carbone stocké dans les forêts.) de compensation carbone développé depuis plusieurs années dans l’État de l’Acre, le président de la Fephac assure que les Huni Kuin qui vivent au bord de la rivière Envira n’ont que trois solutions. « Attendre une hypothétique homologation des terres, mais c’est peu probable avec le gouvernement actuel de Jair Bolsonaro » ; affronter les propriétaires terriens voisins pour freiner la déforestation. « Nous sommes d’une nature pacifique, souligne Ninawa. De toute façon, le combat serait inégal avec nos arcs et nos vieux fusils. »
Dernière solution ? Rechercher des fonds pour acquérir des terres attenantes qui appartiennent à un propriétaire foncier de São Paulo, la capitale économique. « Grâce au financement d’une organisation liée à l’Union européenne, nous possédons depuis peu 340 hectares de terres recouvertes de forêt primaire. »
Une première étape : Ninawa cherche désormais à récolter quelque 100 000 euros pour acheter les 500 hectares mitoyens, également à la vente. Avec la conviction profonde que « sauver la forêt est un devoir pour tous. Car les Huni Kuin et l’humanité tout entière ont besoin de la nature pour survivre ».
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]]>The post EDF au Mexique : le silence coupable de l’État français appeared first on Terre Solidaire.
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Depuis 2017, les représentant.es de la communauté d’Union Hidalgo, l’association ProDESC (Mexique) et le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR), ont intenté une longue série de recours au Mexique et en France pour faire cesser les atteintes aux droits humains en marge d’un projet éolien de l’entreprise EDF sur les terres zapotèques.
Jusqu’à aujourd’hui, ces procédures judiciaires et extra-judiciaires continuent de se heurter au mutisme des pouvoirs publics français. Avec le CCFD-Terre Solidaire, ces acteurs dénoncent, dans le rapport “Vigilance hors tension”, les défaillances de l’État français face à ses obligations en matière de protection des droits humains, qui se rend ainsi coupable d’apathie face aux violations des droits de la communauté autochtone d’Union Hidalgo.
rapport_vigilance_hors_tension_-_fr.pdf2021-06-08_-_vigilance_hors_tension_-_rapport_-_en_-_.pdf2021-06-08_-_vigilance_hors_tension_-_rapport_-_es_-_.pdf
Prisée pour la puissance et la constance de ses vents, la commune d’Union Hidalgo, au Sud du Mexique, demeure un véritable eldorado pour les leaders mondiaux du secteur énergétique.
C’est sur ces terres zapotèques qu’EDF planifie, depuis 2015, son quatrième projet d’infrastructures éoliennes : le projet Gunaá Sicarú.
En prévoyant d’implanter 115 éoliennes, ce projet massif concerne bien évidemment, en premier lieu, les habitants d’Union Hidalgo, issus à 90 % du peuple autochtone zapotèque, pour qui le rapport à la terre et à la nature est sacré.
Pourtant, les membres de la communauté n’ont jamais été consultés conformément aux principes relatifs au consentement libre, informé et préalable (CLIP), tel que reconnu par la constitution mexicaine et les conventions de droit international. La violation de ce droit a entraîné, en conséquence, une escalade de la violence envers les membres de la communauté et ses défenseur.es des droits et de l’environnement.
“De l’autre côté de l’océan, EDF a corrompu le cœur de nos habitants. Nous n’avons plus d’espace pour grandir. Ils ont promis des emplois à nos jeunes, mais tout ce que nous voyons, c’est la mort des défenseurs des droits humains”, témoigne Rosalba Martinez, membre de l’assemblée de comuneros d’Union Hidalgo.
En détenant 83 % du capital du groupe EDF, avec un engagement actionnarial de 21 milliards d’euros –soit 40 % du portefeuille de l’Agence des participations de l’État (APE) [[L’APE est l’agence publique des participations de l’état, qui gère, en tant qu’“entité actionnaire”, la stratégie d’actionnariat public de l’État français.]], la France porte une responsabilité dans les violations aux droits humains résultant du projet EDF.
Et pourtant, aucune démarche n’a été entreprise de la part des pouvoirs publics, comme nous l’explique Cannelle Lavite, juriste entreprises et droits humains au ECCHR :
“Bien qu’actionnaires majoritaires d’EDF, l’État français et l’APE n’ont pris aucune action appropriée afin de prévenir les violations des droits d’Unión Hidalgo liées au projet Gunaá Sicarú. Selon son devoir de vigilance, EDF doit respecter les droits humains dans ses activités. En vertu du droit international, l’État français a quant à lui l’obligation de respecter et de protéger les droits humains”.
Mais en refusant d’engager son levier actionnarial pour contraindre EDF à se conformer à ses obligations envers la communauté autochtone et en continuant d’ignorer les recours des plaignant.es et de la société civile, la France se rend coupable d’apathie.
Ce silence apparaît d’autant plus problématique et contradictoire que dans six mois, la France prendra la présidence de l’Union Européenne. Swann Bommier, chargé de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire alerte sur cette situation paradoxale :
“La question d’une directive européenne relative au devoir de vigilance des multinationales devrait figurer en haut de l’agenda. Et en même temps, la France continuera d’apporter son soutien à EDF, impliqué dans des violations aux droits humains des peuples autochtones au Mexique. Un tel double langage, un tel cynisme ne peut perdurer”.
Pendant plus de trois années, les procédures judiciaires et extra-judiciaires intentées par Union Hidalgo ont été perpétuellement ignorées par EDF et l’État français. Le 13 octobre 2020, les représentant.es de la communauté d’Union Hidalgo, ainsi que les associations ProDESC et l’ECCHR, ont assigné EDF en justice pour non-respect de ses obligations en vertu de la loi sur le devoir de vigilance.

De nombreuses organisations de la société civile, dont le CCFD-Terre Solidaire, soutiennent cette initiative pour exiger :
– La suspension du projet Gunaá Sicarú tant que ce projet bafoue les droits fondamentaux de la communauté d’Union Hidalgo et des défenseur.es des droits et de l’environnement.
– Que l’APE adopte, publie et mette en œuvre de manière effective une politique de vigilance, notamment vis-à-vis des activités d’EDF au Mexique.
– Que les pouvoirs publics français prennent la mesure de leurs obligations et de leurs responsabilités conformément au droit français et international.
Mobilisons-nous pour porter la voix de la communauté d’Union Hidalgo !
Consultez le dossier : Dossier : Face à EDF, le combat d’une communauté autochtone mexicaine pour faire reconnaître ses droits
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]]>The post Conférence : lancement du projet PEUPLE pour soutenir la lutte des Peuples Autochtones Pygmées appeared first on Terre Solidaire.
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Découvrez le projet PEUPLE: « Promouvoir la participation des Peuples Autochtones Pygmées dans la gestion durable des terres et ressources naturelles en République démocratique du Congo », soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, lors de la conférence en ligne le mercredi 12 mai à 10h.
En République démocratique du Congo, les Peuples Autochtones Pygmées font face aux discriminations et violations de leurs droits ainsi qu’à l’accaparement de leurs terres ancestrales. Ils souffrent également d’un manque de reconnaissance légale et politique, bien que la RDC ait ratifié plusieurs textes internationaux et régionaux qui traitent du droit à la terre et aux ressources naturelles des peuples autochtones.
Pour soutenir la lutte des Peuples Autochtones Pygmées dans la gestion durable des terres, des territoires et des ressources naturelles pour la protection de l’environnement, le CCFD-Terre Solidaire soutient le projet “PEUPLE”, coordonné par : d’Agir Ensemble pour les Droits Humains (AEDH) et du Réseau Européen pour l’Afrique Centrale (EURAC).
D’une durée de trois ans, l’objectif du projet est d’accompagner le renforcement des capacités de trois organisations de la société civile congolaise :
– Programme Intégré pour le Développement du Peuple Pygmée au Nord-Kivu (PIDP)
– L’organisation locale « Solidarité pour les Femmes Autochtones » (SPFA)
– Le Réseau Ecclésial du Bassin du Congo (REBAC)
L’enjeu est d’améliorer l’efficacité de leurs actions de plaidoyer ciblées auprès des décideurs institutionnels congolais et internationaux pertinents. La zone d’intervention comprend deux provinces de la RDC : Équateur et sa capitale Mbandaka, puis au Nord-Kivu et sa capitale Goma.
Pour découvrir et soutenir les enjeux du projet, nous vous invitons à vous inscrire pour participer à la conférence de lancement en ligne le 12 mai prochain à 10h.
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]]>The post Publication du Baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil appeared first on Terre Solidaire.
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Ce Baromètre se fait l’écho des cris d’alerte des mouvements sociaux face aux violations des droits humains et environnementaux, commises en toute impunité, mais il est aussi le reflet d’une société civile brésilienne qui résiste, invente et se mobilise sur les territoires.
L’année 2020, au Brésil comme ailleurs aura été marquée par la pandémie et ses conséquences dramatiques. Au Brésil plus qu’ailleurs étant donné le contexte de crise multiforme préexistant à l’arrivée du virus : celui-ci n’a fait qu’amplifier, exacerber, des inégalités et fragilités d’un système structurellement excluant.
Les conclusions du baromètre confirment que les violences, violations et inégalités ne font qu’augmenter, ciblant en particulier les populations historiquement les plus exclues, dont font partie les peuples autochtones et traditionnels, les communautés paysannes, les femmes, les populations noires, les personnes LGBTQI+, les habitant.e.s des périphéries…
À titre d’exemples :
– Les « invasions » de territoires des communautés paysannes, traditionnelles, quilombolas et peuples autochtones ont augmenté de 1880% en 2020 par rapport à 2019.
Le gouvernement Bolsonaro mène une politique agricole centrée sur l’agrobusiness, qui prédispose aux conflits pour la terre et porte atteinte à la vie de ceux et celles qui la protègent.
– D’août 2019 à juillet 2020, 11.088 km2 ont été déforestés en Amazonie, le chiffre le plus élevé depuis 2008.
La déforestation, intimement liée à l’expansion de la frontière agricole, est la manifestation par excellence de l’absence totale de préoccupation environnementale du gouvernement.
– En 2020, 39 % des écoles publiques brésiliennes ne possèdent pas un système d’assainissement de base.
La pandémie de la Covid-19 a révélé le cruel sous-équipement des établissements scolaires publics brésiliens et le désengagement croissant de l’État dans le secteur de l’éducation.
– Entre janvier et octobre 2020, une attaque par jour de Bolsonaro contre la presse a été recensée.
La presse, les professionnel.le.s de la communication et des médias, sont confronté.e.s à la violence, à la censure judiciaire et aux restrictions de leurs activités.
Ce baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil fait partie de la campagne « Le Brésil résiste. Lutter n’est pas un crime », campagne de visibilité et de dénonciation des menaces et violences que les défenseur.e.s des droits humains subissent au Brésil. lebresilresiste.org
Le baromètre est disponible ici
CONTACTS PRESSE :
– Sophie Rebours, CCFD-Terre Solidaire : s.rebours@ccfd-terresolidaire.org, 01 44 82 80 64/07 61 37 38 65
– Erika Campelo, Autres Brésils : erika@autresbresils.net, 06 10 29 52 50
-Christelle Bresin, Secours Catholique : christelle.bresin@secours-catholique.org, 06 71 00 69 73
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]]>The post Covid-19 : la faim augmente au Guatemala appeared first on Terre Solidaire.
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La pandémie de Covid-19 a aggravé des situations de vulnérabilité sociale au Guatemala, en particulier au sein des communautés paysannes et indigènes, et des travailleurs précaires de l’économie informelle. En effet, malgré les mesures prises par le gouvernement pour contenir la propagation du virus, 1,2 millions de personnes sont tombées dans la pauvreté, dont 900 000 dans l’extrême pauvreté, s’ajoutant aux 8,5 millions de personnes pauvres que comptent déjà le pays.
Pour faire face à cette crise, le gouvernement a proposé une « grande croisade nationale pour la nutrition ». Malgré son nom ambitieux, ce plan ne se base que sur la distribution de vivres issues de donations de grandes entreprises. Il maintient les personnes en situation de précarité.
D’autres facteurs impactent également le système alimentaire comme le règlement entré en vigueur en octobre 2019 autorisant l’usage des OGM, sans consultation des communautés autochtones comme le prévoit la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail. La fermeture du Secrétariat des affaires agraires met aussi en péril la continuité des programmes d’accès à la terre pour les familles paysannes. Enfin, la loi sur l’eau pour lutter contre les déchargements de produits toxiques dans les fleuves et les lacs par les grandes entreprises agricoles et extractivistes, est toujours en attente d’approbation, et les propositions des peuples indigènes, premiers touchés par ces dégâts, restent ignorées.
Un contexte dans lequel les défenseurs des droits humains continuent d’être la cible d’agressions : 677 en 2020 contre 494 en 2019 ont été dénombrées selon l’ONG Unidad de Protección a defensoras y defensores de Derechos Humanos de Guatemala.
Nous demandons :
1. La tenue des registres des familles vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et à la malnutrition aigüe soient les plus transparents possibles, que les Commissions de sécurité alimentaire communautaires et municipales y soient associés.
2. La mise en place d’un mécanisme pour que les aides alimentaires se fassent à partir de la production locale. Avec la création de mécanismes pour l’achat et la distribution d’aliments, ainsi que la définition de « marchés soutenables » qui garantissent la disponibilité des aliments à bas coûts.
3. L’établissement de mécanismes pour favoriser l’emploi des milliers de familles qui ont perdu leurs sources de revenus. Dans les régions rurales, en appuyant la petite agriculture sur des terres appartenant à l’Etat ; dans les zones urbaines, avec la création d’emplois dans le secteur des services essentiels, débilités avec la pandémie.
4. L’approbation des lois de développement rural intégral (4084), et de l’agriculture familiale ainsi que la mise en place d’institutions consacrées au développement rural et à la thématique agraire, dotés de mécanismes et les ressources nécessaires. Ainsi que le refus des initiatives qui affaiblissent le système alimentaire national, telles celles favorables à l’usage des OGM.
5. L’approbation d’une loi sur l’eau qui garantit le droit de tous à l’eau potable et à l’assainissement, en tenant compte de la participation des divers secteurs impliqués, et en respectant l’autorité des peuples indigènes.
Par le Collectif social pour le droit à l’alimentation au Guatemala
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]]>The post Mexique : elle défend les droits de sa communauté zapotèque face à EDF appeared first on Terre Solidaire.
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« Nous avons entendu parler des parcs éoliens dès 2006. Aujourd’hui, on compte 114 mâts, dont huit notamment sont très proches des habitations. Les entreprises se sont installées sans consulter la population. Elles ont violé nos droits. En 2017, ce fut au tour du projet Gunaa Sicarú porté par la firme française EDF.
On a fait miroiter les bénéfices des éoliennes à la communauté. Au début, nous y avons crus. Mais c’était un mensonge ! Notre communauté était unie, elle est aujourd’hui divisée par les manœuvres des entreprises. Alors que nos terres sont communales, certaines personnes se sont déclarées « propriétaires » de parcelles afin de signer des contrats d’utilisation avec EDF et tirer un profit du projet.
D’autres se sont vues proposer des promesses d’emploi en échange du soutien de leurs voix.
Les plus pauvres, en revanche, n’ont rien à attendre de ce projet, à part la pollution. Les éoliennes existantes sont parfois si proches des maisons que les fenêtres vibrent. Elles leur rendent la vie impossible, les gens ne dorment plus tranquillement ! Des entreprises barrent certains accès, empêchant des paysannes et des paysans d’aller cultiver leurs terres.
Nous ne pouvons plus produire notre alimentation comme avant.
Notre communauté en est totalement démantelée. Et elle n’est pas la seule dans le cas, ici.
Une « consultation » a été organisée autour de ce projet, mais bien loin des standards internationaux, notamment ceux de l’Organisation internationale du travail.
Il s’agissait de réunions rassemblant 400 personnes au plus, se prétendant représentatives d’une population de 14 000 personnes !
Des crieurs étaient payés pour couvrir nos voix et nous empêcher de nous exprimer.
Ceux que les autorités écoutent, ce sont les prétendus propriétaires terriens, là pour en dire du bien et gagner en retour une protection. Voilà l’ambiance de ces prétendues « consultations », organisées à la main des porteurs de projet.
Des risques pour nos vies
Avec nos voix dissidentes, qui défendent les droits humains, nous avons subi des insultes, des intimidations, des menaces — de mort parfois, et étendues à nos familles. Les pressions sont permanentes, la peur s’est installée…
Ce climat nous affecte fortement. Nous n’avons plus la liberté d’aller et venir, par crainte de représailles. Nous ne sortons qu’en cas d’extrême nécessité, car les risques sont très importants. Plusieurs personnes ont déjà été tuées en relation avec la contestation des parcs.
J’ai reçu des menaces personnelles. On m’a dit : « Nous allons séquestrer ton fils ».
Un jour, ma voiture a été coincée par deux camionnettes. J’ai eu très peur, convaincue qu’il allait se produire quelque chose de grave. Par chance, quand ils ont vus que j’étais accompagnée, les assaillants ne m’ont pas forcée à descendre.
Hors de France, les bonnes intentions d’EDF s’évanouissent
Nous sommes souvent les derniers informés des avancées des projets. Par exemple, EDF a décidé au dernier moment, sans rien nous dire, de modifier le nombre et la hauteur des mâts du parc. Comment l’entreprise peut-elle prétendre se soucier du développement de Unión Hidalgo de cette manière ?
À peine hors de France, ses bonnes intentions de façade s’évanouissent.
Ce processus de consultation dévoyé depuis le début doit être suspendu.
Si nous en appelons aux autorités françaises, c’est parce que les organisations qui nous soutiennent ont fait leur possible, mais en vain, pour y parvenir.
Que les gouvernements viennent sur place se rendre compte de l’ampleur de la violation des droits humains !
Agir, pas se taire !
Ces entreprises nous ont pris le peu de richesses qui nous appartenaient. Nous ne pouvons plus vivre comme avant.
Or c’est la vie même que nous tentons de préserver, à Unión Hidalgo. Nos ancêtres nous ont enseigné la culture de la terre. Le moins que nous puissions, c’est faire notre possible pour transmettre cet héritage.
Et entraîner avec nous les gens, même dépourvus de terre, étouffés, et qui croient n’avoir aucun droit. Nous n’acceptons pas tant d’injustice, de violation des droits humains. Il est nécessaire de lutter.
Agir, pas se taire !
Propos recueillis par Patrick Piro
Le CCFD-Terre Solidaire soutient leur démarche
Le CCFD-Terre Solidaire, avec d’autres organisations alliées [[ Sherpa, les Amis de la Terre France, l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme, SOMO, OECD Watch et l’alliance FGG, ]] soutient les représentants d’Union Hidalgo, ProDESC et ECCHR dans leur combat pour faire reconnaitre leurs droits. Cette démarche est en effet possible grâce à la lutte menée depuis de longues années en France par les ONG pour l’adoption de législations contraignantes relatives au respect des droits humains et de l’environnement par les entreprises.
Les défenseurs de la communauté indigène demandent à l’entreprise EDF de respecter les droits de la communauté et de suspendre le projet de parc éolien jusqu’à ce jusqu’à ce que l’entreprise se conforme à son obligation de vigilance telle que prévue par la loi sur le devoir de vigilance adoptée en 2017.
Lire aussi : Le devoir de vigilance, fruit d’un long combat porté le CCFD-Terre Solidaire et la société civile
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]]>The post Mexique : 13 communautés mayas, cibles des paramilitaires appeared first on Terre Solidaire.
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Suite à une modification cadastrale municipale, la municipalité Chenalhó tente en effet de récupérer 60 hectares considérés comme des terres ancestrales par les communautés indigènes de la municipalité voisine d’Aldama.
Fuyant les fusillades et la violence des paramilitaires, qui n’hésitent pas utiliser des armes lourdes, de nombreuses familles ont trouvé refuge dans des campements de fortune dans la forêt. Elles ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école, cultiver leurs terres, ni produire leurs aliments.
Les violences n’ont pas cessé pendant la pandémie due au Covid-19 et se sont même intensifiées durant le mois de septembre.
En trois ans, plus de 10 000 mayas tsotsil ont ainsi été déplacés et la violence touche plusieurs communautés accompagnées par des partenaires du CCFD-Terre Solidaire.
Malgré les appels urgents des communautés locales et des organisations de défense des droits humains, dont le Centre Fray Bartolomé de Las Casas (Frayba) soutenu par le CCFD–Terre Solidaire (voir encadré ci-dessous), l’État du Chiapas et l’État fédéral mexicain n’ont pas pris les mesures qui s’imposent pour garantir les droits des populations et mettre fin à l’impunité des groupes paramilitaires.
Le centre Fray Bartolomé de Las Casas demande au gouvernement mexicain de :
– garantir les droits à la vie, à la sécurité et l’intégrité physique et phycologique des familles du peuple maya tsotsil de la municipalité d’Aldama.
– appliquer les principes directeurs du déplacement forcé des Nations unies afin d’apporter l’aide humanitaire aux familles déplacées de force des 13 communautés d’Aldama.
– lancer rapidement des enquêtes et de sanctionner et désarmer les groupes paramilitaires de Chenalhó, responsables directs de ces attaques contre les communautés des hauts plateaux du Chiapas.
Créé en 1989 à l’initiative de Mgr Samuel Ruiz, alors évêque de San Cristobal de Las Casas, le centre Frayba cherche à en finir avec la culture de violence et la discrimination dans l’État du Chiapas.
Soutenu depuis plus de 20 ans par le CCFD-Terre Solidaire, le centre mène un travail de dénonciation et d’appui aux victimes de violations des droits individuels et collectifs des populations indigènes chol, tsotsil, tseltal et tojolabal.
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]]>The post L’histoire de Pian, leader indigène assassiné en Amazonie appeared first on Terre Solidaire.
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Pian est un leader important du peuple Kanamari.
Ce peuple autochtone du Brésil vit dans l’état d’Amazonas.
Malgré la présence croissante et violente de non indigènes sur leur territoire, les Kanamari sont parvenus à maintenir leur langue et la richesse de leur culture grâce au combat mené par Pian.
Pian est un des fers de lance de la lutte qui oppose les natifs de la forêt amazonienne et un système sans âme, mais puissant et armé, qui veut se l’approprier à des fins mercantiles.
Ce système sans âme n’est pas un monde abstrait sans visage

D’un côté les éleveurs de bétail. Pour assurer les demandes croissantes de viande des pays industrialisés, ils s’accaparent des surfaces de forêt de plus en plus grandes.
Face à eux les indigènes ne disposent d’aucun acte de propriété.
La loi n’est pas de leur côté.
Pour les grands propriétaires, c’est une aubaine.
Ils installent des milices armées.
Puis mettent le feu pour débroussailler et gagner du terrain.
Sous l’effet du vent, les brûlis se transforment en incendies incontrôlables et régulièrement toute une partie de la forêt flambe.
Ils peuvent ainsi toucher l’argent des polices d’assurance, puis installer des milliers de têtes de bétail à la place de la faune et de la flore qui nourrissaient les peuples autochtones.
Et puis il y a les multinationales.
Selon la COP 21, tout pollueur doit être payeur. Sauf s’il se rachète une conscience verte.
Pour éviter la taxe carbone, ces entreprises sanctuarisent des pans entiers de la forêt d’Amazonie.
Les indigènes, qui occupent ces territoires depuis toujours, ont alors interdiction de chasser, pêcher ou cultiver leurs propres terres.
Ils sont obligés d’abandonner leur village pour s’enfoncer plus loin dans la forêt ou rejoindre la ville.
L’injustice est criante mais le monde reste sourd.
Qu’importe le sort d’une poignée d’âmes perdues dans la forêt.
Le reste du monde exige toujours plus de steaks pour ses burgers. Les restaurants MacDonald’s vendent à eux seuls 75 hamburgers par seconde !
Les gros pollueurs, eux, ont besoin d’afficher une démarche respectueuse de l’environnement. Tant pis si elle coûte la vie à des peuples qui vivent sur ces terres retranchées. La croissance doit primer.
Alors vient l’heure où protester ne suffit plus, il faut agir.
Pian, conscient que son peuple risque de disparaître, entre dans l’arène pour se battre contre ce système.
Il se rapproche du Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI) afin de faire valoir les droits « ancestraux » de son peuple qui sont inscrits dans la Constitution fédérale de 1988.
Ensemble ils engagent un bras de fer contre les autorités pour contraindre les pouvoirs public à appliquer les programmes de santé et d’éducation qui leurs sont destinés, mais aussi pour chasser les grands propriétaires qui accaparent impunément leurs terres.
Et ils parviennent à endiguer cette course effrénée au profit.
Les propriétaires et les multinationales reculent.
Mais en septembre 2019 c’est le choc. La nouvelle tombe. Brutale.
Pian vient d’être retrouvé mort.
Assassiné.

Il arrivait d’une expédition, tenue avec CIMI et la Fondation nationale de l’indien, et il se préparait pour un voyage au Vatican à l’occasion du Synode de l’Amazonie.
Le crime est crapuleux. Toute la communauté indienne est terrassée et indignée.
Mais personne dans le monde ne s’en émeut. Aucune enquête n’est diligentée. Que pèsent les intérêts d’un village face à des enjeux financiers colossaux ?
Et comme si le combat de Pian n’avait jamais existé, les bulldozers repartent à l’assaut des terres indigènes.
Le Conseil Indigéniste Missionnaire décide de poursuivre la lutte.
Il continue d’aider les peuples isolés à reprendre leur avenir en main.
Il rend visible leur combat en sensibilisant l’opinion publique.
Il informe et forme les indigènes sur leurs droits.

Il les soutient pour transmettre leur culture aux jeunes générations.
Il les aide à défendre cette forêt qui abrite l’âme de leur communauté et qui est un bien commun de l’humanité.
Un bien que nous devrions tous défendre.
Car sans cette forêt, la terre n’aura bientôt plus de rempart à opposer à la pollution et tous les climats tempérés seront menacés.
19% de la surface totale de la forêt Amazonienne a déjà été détruite.
Au-delà de 20 % elle ne pourra plus jouer son rôle de régulateur de climat pour la planète.
Or cette forêt est située précisément sur la zone du globe où le rayonnement solaire est le plus fort. Ses arbres portent l’humidité et forment un bouclier contre le rayonnement.
Sans arbres, cette zone deviendra vite une savane, puis un désert et tout l’équilibre climatique de la planète sera bouleversé.
C’est pourquoi le combat de Pian est aussi le nôtre.
Avoir une âme c’est défendre la vie contre le profit.
C’est mener chaque être humain vers le progrès social, vers une solidarité plus profonde et plus efficace.
C’est protéger ce qui nous entoure et nous nourrit et résister encore et encore à cette économie malsaine et boursouflée qui finira par tous nous détruire.

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]]>The post Covid-19 : les Indiens d’Amazonie menacés de disparition appeared first on Terre Solidaire.
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« On sait que des peuples indigènes sont déjà en danger de disparition physique puisque parfois leurs communautés sont composées de très peu de représentants. Et ce virus pourrait donc avoir des conséquences catastrophiques pour la survie de certaines ethnies.
Les peuples indigènes en Amérique latine, et notamment au Pérou, font face à un premier risque, c’est que leurs systèmes immunitaires sont différents, donc ils sont potentiellement davantage exposés à ce nouveau virus.
On sait par le passé que des épidémies ont déjà ravagé plusieurs communautés.
Au Pérou, le département de Loreto, qui est plus grand que l’Allemagne, a déjà de nombreux cas et on sait qu’il y a uniquement cinq lits en soins intensifs dans la capitale départementale.
Souvent, les solutions ont été pensées depuis des villes, depuis les capitales, et c’est rarement adapté au mode de vie des populations indigènes.
Beaucoup des communications qui ont été faites de la part des États le sont en espagnol. C’est une langue qui n’est pas comprise par les communautés locales.
Dans la réponse face à la crise, d’abord, il faut informer sur ce virus, sur les manières aussi de prévenir les risques. Et c’est là qu’il est important de faire des campagnes spécifiques dans les langues des populations indigènes.
Le CCFD-Terre Solidaire fait partie d’un mouvement qui soutient et accompagne plusieurs organisations indigènes au niveau local pour défendre leurs droits, pour aussi leur permettre de participer plus activement à la politique publique au sein de l’État. Et on sait que ça sera encore plus important demain dans un contexte de reprise après la crise.
Notre combat et notre engagement est directement auprès de ces personnes-là, pour leur permettre de préserver leur mode de vie. »
Par Martin Willaume, chargé de mission Pays andins
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