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Ethiopie Archives - Terre Solidaire Terre Solidaire - Devbe Wed, 08 Dec 2021 15:27:59 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 Iddirs, organisations communautaires génératrices de revenus https://terresolidaire.devbe.fr/iddirs-organisations-communautaires-generatrices-de-revenus/ https://terresolidaire.devbe.fr/iddirs-organisations-communautaires-generatrices-de-revenus/#respond Mon, 06 Feb 2012 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/iddirs-organisations-communautaires-generatrices-de-revenus/ Améliorer les moyens de subsistance des plus vulnérables en pariant sur les iddirs, ces associations qui couvrent les frais de funérailles, comme vecteurs de développement était loin d’être évident il y a quinze ans, lorsqu’ACORD, partenaire du CCFD-Terre Solidaire démarrait ses projets en zone urbaine. Rencontre avec certains de leurs membres dont la vie a […]

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Améliorer les moyens de subsistance des plus vulnérables en pariant sur les iddirs, ces associations qui couvrent les frais de funérailles, comme vecteurs de développement était loin d’être évident il y a quinze ans, lorsqu’ACORD, partenaire du CCFD-Terre Solidaire démarrait ses projets en zone urbaine. Rencontre avec certains de leurs membres dont la vie a changé grâce au micro-crédit.


Addis Abeba, janvier 2012

Historiquement et traditionnellement formées pour couvrir les frais des funérailles et accompagner les familles dans leur deuil, les iddirs restent des associations incontournables du paysage social éthiopien. Organisations communautaires de base par excellence – créées dit-on, par les artisans Guragué amenés par l’empereur Ménélik à la cour d’Addis Abeba au début du XXème siècle – ACORD travaille en étroite collaboration avec les idirrs en soutenant leur développement organisationnel tout en donnant le coup de pouce financier nécessaire au démarrage d’activités génératrices de revenus.

« Les iddirs ont bien plus à donner et servir leurs membres avant leur mort plutôt qu’après » résume Abdi Adem qui coordonne l’un des trois projets de réduction de la pauvreté à Addis Abeba. Entre autres réalisations d’Addis Fana qui regroupe 17 iddirs (soit 628 membres dont 530 femmes) du quartier « Fransaï legassion », la construction d’une meulerie. « Grâce à la collaboration des autorités locales qui ont donné le terrain et les matériaux et avec qui nous avons pavé le chemin » explique Laka, militaire à la retraite, trésorier d’Addis Fana et membre du comité d’achat des céréales, « nous achetons en coopérative les céréales, les moulons dans de bonnes conditions. » Il ajoute que « désormais, beaucoup de nos membres fabriquent leur injera (galette de teff, une céréale endémique qui constitue l’aliment de base des Ethiopiens) et les vendent ».

A l’instar du lieutenant Laka, Zinash Wolde, trésorière d’une autre iddir, a suivi une formation de comptabilité et elle, s’est mise à son compte. « J’ai emprunté 5000 birrs » explique-t-elle et « j’ai ouvert avec mon mari un petit magasin de maroquinerie qui rapporte en moyenne 3000 birrs par mois[[A titre de comparaison, une secrétaire de mairie touche 900 birrs par mois Guylaine Saffrais]] ». D’autres élèvent des bovins et vendent leur production laitière ou encore, ont pu construire une maison dont ils louent les différentes pièces. Tous cotisent un minimum de 5 birrs par mois et aujourd’hui, la plupart des iddirs ont triplé leur capital initial couramment réinvesti dans l’achat d’actions de nouvelles banques et entreprises éthiopiennes.

Acteurs de la démocratie locale

Après avoir réussi à intégrer un agenda économique à la mission sociale des iddirs, ACORD peut se réjouir aujourd’hui d’être parvenu à créer un pont entre ces associations populaires, l’Etat et les différents acteurs du développement qui désormais,  écoutent les iddirs, les consultent et les intègrent dans la mise en place de leurs politiques de développement et de gouvernance locale. Plus qu’un canal pour réaliser des projets, les iddirs sont devenus des partenaires du changement.

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En Ethiopie, les terres appartiennent à l’Etat et les citoyens en ont l’usufruit https://terresolidaire.devbe.fr/en-ethiopie-les-terres-appartiennent-a-letat-et-les-citoyens-en-ont-lusufruit/ https://terresolidaire.devbe.fr/en-ethiopie-les-terres-appartiennent-a-letat-et-les-citoyens-en-ont-lusufruit/#respond Wed, 11 Jan 2012 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/en-ethiopie-les-terres-appartiennent-a-letat-et-les-citoyens-en-ont-lusufruit/ Addis Abeba, janvier 2012 Généralement désigné comme l’une des causes de l’insécurité alimentaire, le régime foncier continue de faire débat. Vu du terrain, « je ne suis sûr que d’une seule chose : la propriété de la terre par l’Etat est un phénomène nouveau pour les Ethiopiens et cela reste un sujet de préoccupation. » estime Yabowerk Haile. Pour […]

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Addis Abeba, janvier 2012

Généralement désigné comme l’une des causes de l’insécurité alimentaire, le régime foncier continue de faire débat.

Vu du terrain, « je ne suis sûr que d’une seule chose : la propriété de la terre par l’Etat est un phénomène nouveau pour les Ethiopiens et cela reste un sujet de préoccupation. » estime Yabowerk Haile. Pour le coordinateur des projets d’ACORD, la question « est loin d’être simple » et le débat qui oppose le gouvernement aux agences d’aide internationales « mériterait une étude indépendante, jamais réalisée et pourtant nécessaire car c’est un point très sensible ici. » Sujet délicat et controversé car comme dans toutes les sociétés à dominante agraire, la politique de la terre constitue l’une des modalités centrales du pouvoir. Elle révèle aussi un choix de société.

Tombeur du régime militaro-marxiste du Derg – qui avait annulé toute forme de propriété privée des terres – le gouvernement de Meles Zenawi n’en considère pas moins que la réforme agraire de 1975 est bonne pour le pays, pour les paysans, leur évitant des expropriations et par delà, un exode massif qui déboucherait sur une plus grande misère urbaine. A l’opposé, les bailleurs de fonds internationaux à l’instar d’une grande partie des économistes éthiopiens, estiment, eux, que la privatisation constitue la solution à l’émergence d’entrepreneurs terriens qui grâce à leurs investissements participeraient à l’amélioration de l’utilisation des sols et de leur productivité. Equité versus productivité ? Le débat est loin d’être épuisé et peut être que la question n’est pas tant la propriété mais plutôt la sécurité foncière et les moyens mis en place pour sécuriser les droits fonciers ?

Sécuriser le droit à l’accès aux terres et aux ressources naturelles
Le responsable d’ACORD rappelle que la sécurité alimentaire du pays reste toujours très affectée par des problèmes structurels tels que le faible rendement des terres et des moyens de productions obsolètes, l’érosion des sols, l’accès à l’eau, la pression démographique ou encore le changement climatique. « S’il est difficile d’établir un lien de cause à effet entre ces facteurs et la nature de la propriété de la terre,  il est probable, cependant que le niveau d’adaptation à ces contraintes puisse dépendre du statut de la propriété ». Quoi qu’il en soit, notre partenaire insiste sur « la nécessité de garantir pour chaque petit éleveur et fermier l’accès à la terre, aux ressources naturelles et aux moyens techniques modernes de production pour subsister » et d’ajouter, qu’ « en aucun cas, la priorité ne doit aller aux conglomérats internationaux ». La politique de certification des droits fonciers lancée par quatre Etats régionaux il y a une dizaine d’année va dans bien dans ce sens même si, souligne Yabowerk Haile, « il est impossible d’en mesurer l’impact notamment en terme de confiance du monde rural vis-à-vis de l’administration délivrant ces titres et de la propriété, en général ».

Guylaine Saffrais

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La sécurité alimentaire des populations éthiopiennes https://terresolidaire.devbe.fr/la-securite-alimentaire-des-populations-ethiopiennes/ https://terresolidaire.devbe.fr/la-securite-alimentaire-des-populations-ethiopiennes/#respond Tue, 08 Nov 2011 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/la-securite-alimentaire-des-populations-ethiopiennes/ Que révèle la dernière crise alimentaire qui a de nouveau touché la Corne de l’Afrique cet été ? Le point de vue d’ACORD[[Association de coopération et de recherches pour le développement – consortium d’ONG africaines présent dans 18 pays du continent]], partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Le responsable de l’antenne éthiopienne d’ACORD, Yabowerk Haile rappelle ce […]

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Que révèle la dernière crise alimentaire qui a de nouveau touché la Corne de l’Afrique cet été ? Le point de vue d’ACORD[[Association de coopération et de recherches pour le développement – consortium d’ONG africaines présent dans 18 pays du continent]], partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Le responsable de l’antenne éthiopienne d’ACORD, Yabowerk Haile rappelle ce principe de bon sens qui exige de se questionner sur les causes qui provoquent et/ou, font perdurer les crises alimentaires afin de trouver des solutions adéquates et pérennes. La crise révèle d’après lui « la combinaison de trois facteurs fondamentaux : l’héritage colonial, le niveau de développement et les facteurs politiques, économiques et sociaux propres à la région. »

L’enclavement, la racine du mal éthiopien

C’est avec un sourire malicieux que Yabowerk Hailé rappelle le but principal des puissances coloniales anglaises, françaises et italiennes qui depuis l’ouverture du Canal de Suez poursuivaient deux objectifs vis-à-vis de l’Ethiopie: « soit, de nous coloniser ou pour le moins, car l’Ethiopie a résisté, nous affaiblir ».

Conséquences de cette logique : l’Ethiopie perd tous ses accès maritimes, les éleveurs nomades se retrouvent confinés, les populations jumelles d’Erythrée et d’Ethiopie sont séparées… Et aujourd’hui encore, estime-t-il « l’imposition de ces frontières artificielles reste un problème sans fin qui épuise notre énergie au mauvais endroit car nous devons réparer leurs conséquences ». L’enclavement est aussi dans les esprits, dans la tradition. « Nous sommes féodaux» souligne-t-il.

L’héritage des structures socio-économiques « féodales » – économie essentiellement agricole, hiérarchie sociale stricte, tribut payé en nature… – n’a pas permis selon Yabowerk Hailé « une évolution vers le capitalisme comme ailleurs ». Le retard pris en matière de restructuration des forces de production ou encore le sous-développement du réseau routier demeurent encore actuellement les principaux freins à la souveraineté alimentaire du pays.

A cet enclavement géographique et culturel vient s’ajouter la nature « autocratique des pouvoirs dans la région qui refusent la diversité. Aucune des ces sociétés n’est démocratique. Toutes tentent de s’imposer aux autres». Et de conclure sur ce point que « nous avons encore besoin d’un changement politique, nous avons besoin de démocratie ».

La sécurité alimentaire passe par l’autonomisation des populations

A l’opposé des opérations d’aide humanitaire d’urgence qui par définition ne s’attaquent pas aux racines des problèmes, la stratégie et les actions d’ACORD encouragent les communautés à trouver leurs propres réponses pour vivre dignement et de manière autonome. Parce que la justice sociale et le développement social passent avant tout par la sécurité alimentaire des populations, « nous sommes là pour aider les communautés à assurer leur ressources, leur bien être ».

Propos recueillis par Guylaine Saffrais

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Programme d’accès à l’eau https://terresolidaire.devbe.fr/programme-dacces-a-leau/ https://terresolidaire.devbe.fr/programme-dacces-a-leau/#respond Wed, 24 Aug 2011 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/programme-dacces-a-leau/ Un système de bornes de fontaine dans un village enclavé a amélioré radicalement la vie quotidienne de la population. Ankober a été la capitale d’un royaume d’Ethiopie. Enclavé, délaissé par les quelques efforts de développement du pays, laissé sans eau ni électricité, Ankober s’appauvrissait dans un pays parmi les plus pauvres du monde. L’accès à […]

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Un système de bornes de fontaine dans un village enclavé a amélioré radicalement la vie quotidienne de la population.


Ankober a été la capitale d’un royaume d’Ethiopie. Enclavé, délaissé par les quelques efforts de développement du pays, laissé sans eau ni électricité, Ankober s’appauvrissait dans un pays parmi les plus pauvres du monde.

L’accès à l’eau était particulièrement pénible.

Les sources d’eau se situent dans la vallée et le village est perché tout au-dessus. Les adultes se souviennent qu’enfants, avant d’aller à l’école, ils devaient passer jusqu’à trois heures chaque matin pour aller chercher les 10 litres d’eau nécessaires aux premières heures de la journée.

« Il fallait s’éclairer à la torche. Les filles se faisaient agresser sur le chemin escarpé. Les élèves somnolaient en classe. »

Exposées à toutes les contaminations, les sources d’eau étaient aussi des foyers de maladies et disséminaient thypoïde, dyssentries et parasites intestinaux. Le bureau de développement de l’Eglise catholique d’Addis Abeba a choisi d’intervenir dans ce contexte pour enrayer cette malédiction de l’Histoire, grâce à la mise en œuvre d’un programme d’accès à l’eau.

Le bureau de développement de l’Eglise catholique d’Addis Abeba

Dans un pays dont la tradition chrétienne remonte au VIème siècle (avant même la conversion de l’Empire romain à la nouvelle religion), les catholiques ne sont que quelques dizaines de milliers. L’Eglise a néanmoins une importante activité de développement. Notamment autour de l’accès à l’eau. C’est un partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis 1994.

L’initiative

Des installations de captage ont été disposées sur le trajet des sources. Un système de canalisation achemine l’eau jusqu’à sept bornes fontaines dans le village, mises en route en septembre 2004. Elles sont ouvertes deux fois par jour pour que les familles puissent venir s’approvisionner à côté de chez elles. Les paysans autour du village ont eux accès à quelques fontaines proches de leurs maisons. Un comité d’utilisateurs a été formé avec l’ensemble des habitants du village pour gérer l’entretien des installations et les recettes des pompes. Dix emplois ont été créés. L’épargne permettra de construire de nouvelles fontaines.

L’impact

L’arrivée de l’eau a radicalement changé la vie d’Ankober. Aller chercher de l’eau tous les jours ne prend plus des heures, la propreté des citernes est surveillée et si les maladies liées à l’eau ou à l’hygiène ne sont pas éradiquées totalement, globalement la situation sanitaire s’est nettement amélioré. Le patrimoine historique et le cadre grandiose d’Ankober se prêtent à une petite activité touristique. Un hôtel s’est ouvert prêt du lieu de l’ancien palais royal. Avant l’installation des bornes, l’approvisionnement en eau accaparait 10% du chiffre d’affaire. Le coût est divisé par dix et l’eau arrive en permanence dans les chambres. Le petit hôtel-restaurant du centre ville a obtenu l’accord du comité d’utilisateurs pour disposer d’une ligne directe. Il pourra bientôt disposer de sanitaires et de douche avec l’eau courante.

Déjà, les économies réalisées sur le transport de l’eau, ont permis d’investir dans une machine à café. Désormais, plus de visiteurs viennent et restent à Ankober. L’activité économique de l’ensemble du village s’en ressent et les jeunes se disent aujourd’hui disposés à rester, plutôt que de descendre dans les villes de la vallée pour trouver de meilleures conditions de vie.

L'eau change la vie à Ankober La province du Choa est une région verte, bien éloignée de l'image désertique associée à l'Ethiopie. Les paysans vivent au plus près des leurs terres, dans des petites fermes. Les techniques agricoles n'ont guère changé depuis des siècles. « La seule différence avec la vie de mes parents, c'est que j'ai moins de terre et que mes enfants vont à l'école ». Un paysan d'Ankober, 48 ans. Le souvenir des famines liées aux bouleversements politiques du pays est encore frais dans les mémoires Ankober était autrefois la capitale d'un des royaumes d'Ethiopie. La place du marché d'Ankober. Les petits métiers d'appoint sont nécessaires pour compléter le revenu des paysans. Une des citernes du dispositif construit par le bureau de développement de l'Eglise. Un des sept points d'eau d'Ankober, ouvert deux fois par jour (matin et après midi). Chaque utilisateur paie un droit d'accès à la fontaine qui alimente un fonds utilisé pour financer l'entretien et le développement Avant la construction des fontaines, il fallait plusieurs heures par jour pour aller chercher l'eau à la source. Les enfants passaient les premières heures de la journée à aller chercher l'eau. Trop fatigués, certains s'endormaient ensuite à l'école. L'eau de la source était un lieu de propagation de maladies (typhoïde, parasites intestinaux...). Le système actuel permet de garantir la qualité sanitaire de l'eau. Des petits porteurs approvisionnent le principal café du village. Le propriétaire du café a pu investir dans une machine à café et demande à bénéficier d'une ligne directe pour les sanitaires de l'hôtel. L'hôtel touristique sur les hauteurs d'Ankober offre désormais l'eau dans les chambres. Promis à l'abandon, le village d'Ankober est aujourd'hui attractif et peut valoriser son patrimoine historique.

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Corne de l’Afrique, une région convoitée faite de crises politiques et humanitaires récurrentes… https://terresolidaire.devbe.fr/corne-de-lafrique-une-region-convoitee-faite-de-crises-politiques-et-humanitaires-recurrentes/ https://terresolidaire.devbe.fr/corne-de-lafrique-une-region-convoitee-faite-de-crises-politiques-et-humanitaires-recurrentes/#respond Wed, 24 Aug 2011 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/corne-de-lafrique-une-region-convoitee-faite-de-crises-politiques-et-humanitaires-recurrentes/ En dehors des crises humanitaires comme celle de l’été 2011, la Corne de l’Afrique nous parait absente de toutes les préoccupations internationales et semble n’intéresser qu’une poignée d’universitaires et d’ONG de part le monde. Et pourtant, cette partie du continent africain est au contraire un enjeu stratégique majeur pour les grandes puissances et ce depuis […]

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En dehors des crises humanitaires comme celle de l’été 2011, la Corne de l’Afrique nous parait absente de toutes les préoccupations internationales et semble n’intéresser qu’une poignée d’universitaires et d’ONG de part le monde.


Et pourtant, cette partie du continent africain est au contraire un enjeu stratégique majeur pour les grandes puissances et ce depuis la fin du 19ème siècle. Ce ne sont pas les populations et leurs devenirs qui intéressent ainsi, mais le contrôle politique – et militaire – de ces territoires bordant la côte sud de la mer Rouge et le golfe d’Aden.

Après l’ouverture du canal de Suez en 1869, le contrôle de cette nouvelle route vers l’Océan Indien devient un enjeu stratégique pour les grandes puissances européennes qui commencent à y exercer leur emprise : l’Italie colonisa de 1880 à 1941 l’Erythrée et de 1890 à 1960 la Somalie ; la Grande Bretagne occupa le Nord de la Somalie (l’actuel Somaliland) de 1887 à 1960 et l’Erythrée de 1941 à 1952. Quant à la  France, elle occupa Djibouti.de 1884 à 1977.

Après la seconde guerre mondiale et pendant la guerre froide, la Corne de l’Afrique est un point chaud de la rivalité Est/Ouest. L’enjeu reste bien sûr le contrôle de la mer Rouge et du Golfe d’Aden mais aussi la lutte d’influence Est/Ouest sur l’ensemble du continent africain. Au cours de cette période, les deux blocs soutiennent des régimes forts – souvent dictatoriaux et opprimants pour leur peuple – et tentent régulièrement de renverser les régimes soutenus par le camp adverse. Les Etats Unis soutiennent ainsi jusqu’en 1974 l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié, renversé ensuite par le dictateur Haïlé Mariam Mengistu. Ce dernier sera alors soutenu par l’Union Soviétique et Cuba. En Somalie, l’URSS soutient la dictature du général Siyaad Barre. Suite à un conflit avec l’Ethiopie, le dictateur somalien change d’alliance et se tourne en 1978 vers les États-Unis, avec lesquels il signe un accord militaire en 1980. Quant à la France, elle veille précieusement sur la stabilité politique de Djibouti en finançant et soutenant le régime en place.

Une région marquée par une histoire récente faite de crises politiques et humanitaires récurrentes

La chute de l’URSS et la fin de la guerre froide n’entrainent pas une stabilisation politique de la Corne de l’Afrique. Bien au contraire.

En Somalie, dès la fin des années 80, de multiples rebellions au nord et au sud provoquent une guerre civile. Elle entraîne la chute du dictateur en 1991, l’indépendance du Somaliland (avec les anciennes frontières coloniales) et laisse le sud du pays (l’ancienne Somalie italienne) dans un état de guerre permanent sans autorité gouvernementale centrale et uniquement contrôlé par un ensemble de seigneurs de guerre rackettant et pillant les populations locales. Le sud du pays sombre alors dans un chaos politique et humanitaire qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Cette crise profonde entraine l’exode de centaines de milliers de personnes et le décès de centaines de milliers d’autres. En décembre 1992, face à l’urgence humanitaire – mais également inquiet par l’instabilité politique de la Somalie dangereuse pour la sécurisation de la voie maritime stratégique vers l’Océan Indien – le gouvernement américain intervient militairement en Somalie. Sous l’égide de l’ONU, cette opération humanitaire et militaire, Restore Hope, est un échec. Elle se termine en 1995 par le retrait des troupes américaines et de celles de l’ONU laissant sur place des populations aux mains de chefs de guerres et autres milices islamiques.  En 2006, l’Union des Tribunaux Islamiques (UTI) parvient à reprendre Mogadiscio aux mains des « Seigneurs de Guerre » – alors soutenus par les USA – et envisage de reconstruire une Somalie unie. L’Ethiopie voisine voit alors d’un mauvais œil la perspective d’un tel Etat islamique (même si beaucoup d’observateurs qualifiaient l’Union des Tribunaux Islamiques comme modérés) d’autant plus que l’Ethiopie soupçonne l’Erythrée de soutenir l’UTI. Enfin, l’Ethiopie redoute que la Somalie revendique une nouvelle fois le territoire éthiopien de l’Ogaden. Après les attentats du 11 septembre 2001, les USA craignent que la Somalie devienne un Etat islamique radical. Ce vaste territoire non contrôlé pourrait servir de base arrière pour des mouvements terroristes (l’UTI est soupçonnée par les USA d’être soutenue par l’Iran et d’être également liée à la mouvance Al-Qaida) et qui menacerait la circulation maritime dans le Golfe d’Aden. C’est ainsi, que fin 2006, l’Ethiopie intervient militairement en Somalie avec le soutien des USA et de l’Union Africaine. Cette opération permet au Gouvernement Fédéral de Transition Somalien – issu des accords de Djibouti de 2000,  mais contesté par les Tribunaux Islamiques et par les Seigneurs de Guerre – de revenir dans la capitale. Depuis, la situation est enlisée. L’armée éthiopienne – épaulée par une force de l’Union Africaine (troupes ougandaises et burundaises) – est très impopulaire auprès des populations et est soumise à des attaques incessantes de la part des milices islamiques (Al-Shabab issues des éléments extrémistes de l’UTI et liées à Al-Qaida) et des Seigneurs de Guerre. Le Gouvernement Fédéral de Transition, instance reconnue par la communauté internationale, et soutenu par l’Ethiopie et l’Union Africaine ne contrôle qu’une infime partie du territoire somalien (même la capitale n’est pas contrôlée).

En Ethiopie, la fin des années 80 (1984-1985) est marquée par de grandes famines. Celles-ci sont provoquées par une situation climatique extrême mais amplifiée par les conséquences des politiques passées en matière de réforme agraire et également aggravées par le régime socialiste de Mengistu. Celui-ci, au plus fort de la famine et au motif de lutter contre l’insécurité alimentaire, déplaça manu-militari plus de 600.000 personnes du nord (particulièrement les régions où sévissaient des mouvements rebelles) vers le sud du pays. Le régime imposa également en 1985 aux populations paysannes déjà fragilisées (plus particulièrement celles des territoires en proie à des mouvements rebelles hostiles au régime) une politique de  villagisation, officiellement pour optimiser les productions agricoles mais dans la réalité pour mieux contrôler ces territoires et les mouvements de populations. Cette politique de villagisation et de déplacement forcé de populations entraina une diminution forte des récoltes. Pire, il s’est avéré par la suite qu’une grande partie de l’aide alimentaire et financière mobilisée au niveau international était détournée par le régime de Mengistu pour nourrir son armée et ses milices et fixer la population civile ciblée par la politique de villagisation. Comme en 1973, où une famine très grave provoqua la chute du pouvoir impérial d’Haïlé Sélassié, le régime de Mengistu sort fragilisé de cette tragédie humanitaire (plus d’un million de morts). Ayant perdu avec la fin de la guerre froide le soutien financier et politique de l’URSS, étant accusé par la communauté internationale d’avoir amplifié la crise par le déplacement forcé de populations, fortement contesté à l’interne du pays, Mengistu est renversé en 1991 par le Front Révolutionnaire Démocratique du Peuple Ethiopien (FRDPE) et par les forces du Front Populaire de Libération de l’Erythrée. Un gouvernement de transition est mis en place en Ethiopie et des élections législatives sont organisées en 1995 et gagnées par le FRDPE. Ce parti – contrôlé par Meles Zenawi – dirige le pays depuis cette date et a gagné de façon contesté les différentes élections qui y ont été organisées depuis (en 2005, le résultat des élections générales est remis en cause par l’opposition. De violentes manifestations éclatent dans le pays font de nombreux morts). Depuis, ce pays – touristique et qui accueille le siège de l’Union Africaine (ce qui fait d’Addis- Abeba un grand centre diplomatique sur le continent) – donne l’apparence d’un pays avec une certaine stabilité politique qui masque néanmoins de fortes contestations internes. Mais la liberté d’association et d’opinion y est extrêmement restreinte. Le régime éthiopien est accusé régulièrement par les organisations internationales comme Human Rights Watch de violations des droits de l’homme et de détournement de l’aide de développement internationale  à des fins partisanes (discrimination contre les opposants politiques et les dissidentes). Le fait que l’Ethiopie accueille le siège de l’Union Africaine et soit le principal allié des puissances occidentales dans cette région particulièrement instable, explique la diplomatie silencieuse et la relative mansuétude dont bénéficie le régime éthiopien.

Deux ans après la chute de Mengistu, et après trois décennies de rebellions, l‘Erythrée déclare son indépendance privant ainsi l’Ethiopie d’un accès vital à la mer. Les relations avec l’Erythrée se détériorent jusqu’à l’éclatement (juin 1998 – décembre 2000) d’un conflit armé – particulièrement meurtrier et dramatiques pour les populations. Depuis, les relations entre les deux Etats demeurent tendues. L’Erythrée est un pays fermé, contrôlé par un régime politique dictatorial et où la liberté d’association, d’opinion et de circulation n’existe pas. Les violations des droits de l’Homme (comme la torture, le travail forcé) sont fréquentes et sans cesse dénoncées par les grandes organisations internationales comme Human Rights Watch. La situation stratégique de l’Erythrée en bord de la mer Rouge, ses soutiens aux milices islamiques en Somalie et son nationalisme sourcilleux et belliqueux  vis-à-vis de l’Ethiopie fait de l’Erythrée un pays particulièrement suivi par la communauté internationale mais paradoxalement sans initiative politique de grande envergure pour aider à une normalisation de la situation. La situation sociale et alimentaire des populations est régulièrement préoccupante et l’isolement du pays fait que les interventions extérieures pour leur venir en aide restent très limitées.

Le Soudan est quant à lui dirigé par un régime militaro-islamique, présidé par le général Omar el-Béchir depuis 1989. Le pays est miné depuis son indépendance de 1956 par des conflits internes très violents entre le pouvoir central basé à Khartoum et des mouvements rebelles issues des régions périphériques : le Sud Soudan (de 1955 à 1972 puis de 1983 à 2005), l’Est du Soudan (de 1958 à 2006), au centre dans les Monts Nouba (des années 60 à 2002) et à l’Ouest, dans la région du Darfour depuis 2003. Ces multiples conflits créent une instabilité récurrente auprès des populations, particulièrement en zone rurale et entraînent des situations humanitaires graves comme au Darfour depuis 2003 mais également au Sud Soudan (famine de 1988 par exemple). Un processus de paix entre le Nord et le Sud Soudan a été initié en 2001 et a abouti à un accord de paix global (CPA- Comprehensive Peace Agreement) entrée en vigueur en janvier 2005. Cet accord porte à la fois sur les relations entre Khartoum et le sud Soudan mais aussi sur l’ensemble du pays (partage du pouvoir et des richesses, conflits au sud Kordofan, au Nil Bleu, à Abyei,…). Cet accord prévoyait entre autre la tenue d’un référendum d’autodétermination pour le Sud Soudan qui s’est déroulé en janvier 2011 et a conduit à l’indépendance de la République du Soudan du Sud le 9 juillet 2011. La création de ce nouvel Etat ne veut pas dire normalisation de la situation politique, sociale et économique des deux Soudan bien au contraire. Des défis colossaux attendent ces deux pays dans les années à venir. L’indépendance du Sud Soudan est vécue par les élites politiques du nord comme un traumatisme. La survie politique du régime pourrait passer par un durcissement de celui-ci via un renforcement annoncé de la charia et un recul des espaces démocratiques qui ont été favorisés par le CPA. Le nord Soudan connait une situation sociale et économique difficile et exacerbée par la perte de la rente pétrolifère (les ressources en pétrole se situent majoritairement au sud). En janvier 2011, des manifestations contre la vie chère ont été durement réprimées. Afin d’éviter une contagion du « Printemps Arabe », sont fréquemment répétées diverses annonces officielles rappelant la révolution de 1989 et l’ouverture de négociations sociales. La perte du sud-Soudan change également la donne politique au nord. Par exemple, la région du Darfour représente dorénavant le tiers du territoire soudanais ce qui risque de raviver les revendications darfouries.

La nouvelle République du Soudan du Sud, quant à elle est confrontée au double défi de la construction d’un Etat sur le long terme tout en faisant face à des urgences sociales et économiques très fortes (le sud-Soudan sera très vraisemblablement le dernier pays du prochain classement IDH (Indice de Développement Humain), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) tant ses capacités en matière d’éducation, de santé, de sécurité alimentaire, etc., sont faibles). Les mouvements de populations de grande ampleur entre le nord et le sud Soudan constatés depuis le début de l’année 2011 viennent accentuer la pression démographique au Sud qui ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour les accueillir ni parfois les nourrir. Malgré la fin du CPA et l’indépendance du Soudan du Sud, de nombreux points d’achoppement existent entre le Nord et le Sud Soudan qui compromettent les relations entre les deux pays (litiges territoriaux, partage de la manne pétrolière, répartition de la dette, etc.). La création du Soudan du Sud, les évolutions à venir au Soudan mais également les conséquences des changements de régimes politiques en Egypte et en Libye auront des répercussions pour la région et modifieront des équilibres politiques déjà fragiles. Par exemple, le partage des eaux du Nil était jusqu’ici régit par un accord de 1959 qui octroie au Soudan et à l’Egypte 74% des eaux du Nil. L’arrivée du Soudan du Sud entraînera très vraisemblablement une remise en cause de cet accord réclamée de longue date par l’Ethiopie, l’Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda.

Depuis le 11 septembre 2001, une région d’abord perçue comme une menace pour l’Occident.

Les attentats d’août 1998 contre les Ambassades des Etats-Unis à Nairobi (Kenya) et Dar-es-Salam (Tanzanie) suivi en octobre 2000 par l’attaque du navire américain USS Cole à Aden (Yemen) entraînent un regain d’attention des USA et de la communauté internationale pour cette région d’Afrique. Ce ne sont plus seulement le contrôle de la mer Rouge, ni les famines récurrentes qui préoccupent les USA et leurs alliés, mais également le fait que ces territoires politiquement fragiles et non contrôlés puissent héberger des mouvements armés avec une capacité militaires suffisante pour s’opposer aux puissances occidentales et à leurs intérêts. Les conséquences des attentats de 1998, puis de ceux du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis viennent donner un second intérêt géostratégique pour les USA et leurs alliés vis-à-vis de cette région. Outre le contrôle politique de la liaison maritime Méditerranée – Océan Indien, la lutte contre le terrorisme deviendra l’objectif premier de la communauté internationale vis-à-vis de cette région.

La piraterie maritime originaire de Somalie (mais également du Yemen) existe depuis les années 90 mais a connu à énorme essor en 2005. En réponse aux fréquentes attaques des navires commerciaux, des bâtiments militaires de plusieurs pays sont mobilisés depuis 2008 (Union Européenne, USA, Russie, Inde, etc.) pour escorter les navires marchands et lutter contre les pirates. En plus de la lutte contre le terrorisme international, la lutte contre la piraterie devient ainsi la deuxième préoccupation de la communauté internationale vis-à-vis de la Corne.

Enfin, cette région africaine située à la croisée du monde arabo-musulman et africain se caractérisent par un ensemble de trafics lucratifs (armes, drogues, etc.) entre le Soudan, l’Ethiopie, la Somalie, l’Ouganda, la République Démocratique du Congo (RDC), la République Centrafricaine. Ces trafics sont contrôlés par des bandes armées qui veillent jalousement sur leurs territoires d’action, contribuant ainsi à l’instabilité chroniques de vastes régions et à l’insécurité des populations locales. La jonction des bandes armées entre l’Ouest (Mali, Niger, Tchad) et l’Est de la bande sahélienne est plus que probable (sinon déjà réalisée via la LRA par exemple). Cette situation vient conforter à la Corne de l’Afrique son statut de région très instable et hostile pour l’Occident (pays de l’Union Européenne et USA) ce qui ne peut que détourner encore plus l’attention de la communauté international du sort des populations locales. La LRA (Lord’s Resistance Army- Armée de résistance du Seigneur) était au départ un mouvement de rébellion nord-ougandais crée en 1987. Ce mouvement aux motivations politiques nébuleuses était connu jusqu’aux années 2000 pour ses violences et atrocités commises contre les civils en Ouganda. Confrontée à une intense offensive de l’armée ougandaise depuis 2005, la LRA sort de son territoire traditionnel et s’éparpille entre la République Démocratique du Congo, la Centrafrique, le Soudan du Sud, et le Sud du Darfour. Dans tout ces pays, elle est accusée de massacrer les populations civiles, de procéder à des enlèvements massifs entre autres d’enfants (pour servir d’enfants soldats et d’esclaves) et de s’adonner à des trafics d’armes, de drogues et de minerais précieux. La LRA est depuis pourchassée – avec des résultats mitigés car elle reste une cause importante de trouble dans ces régions – par les forces ougandaises (Uganda People’s Defence Forces) au Sud Soudan, en RDC, en RCA avec l’appui limité des armées de ces pays qui n’ont pas les capacités opérationnelles nécessaires.

Et les populations ?

Victimes et oubliées de ces conflits, les populations de la Corne vivent majoritairement en zone rurale. Nomades et vivant du bétail pour une très grande partie ; agriculteurs sédentarisés pour les autres, l’existence de ces populations est fortement soumise aux aléas climatiques de cette région du monde caractérisée par un climat chaud et une faiblesse des précipitations annuelles (semi désertique en Erythrée, au nord du Soudan, de l’Ethiopie et de la Somalie, semi-tropical avec de longues périodes de sécheresse dans les autres parties de la Corne) Depuis une dizaine d’année, il est constaté une diminution régulière des pluies, conséquences selon les météorologues du courant chaud El Niño venu de l’Océan Indien. Ce climat ne permet pas un couvert végétal permanent et oblige les populations nomades du nord à migrer vers les pâturages du sud pendant la période de sécheresse. La quasi-majorité des agriculteurs pratiquent une agriculture peu intensive et peu mécanisée et principalement à portée vivrière (teff, sorgho, millet, arachide, etc.). Les enjeux autour de l’eau sont énormes. Eau pour la consommation humaine bien sûr, mais aussi pour les récoltes et le bétail (qui outre être un capital économique revêt d’abord une importance culturelle et de cohésion sociale au sein des clans et entre les groupes communautaires). Les conflits autour des points d’induction d’eau et entre éleveurs et agriculteurs sont nombreux. Malgré le fait que ces populations agricoles soient majoritaires, elles ont été peu accompagnées et appuyées par les gouvernements locaux et la coopération internationale pour les aider à moderniser leurs techniques agricoles mais également pour qu’elles puissent bénéficier d’infrastructure routières, de santé, d’éducation, etc. Ces populations sont bien sûr les premières victimes de l’insécurité qui caractérise l’ensemble des pays de la Corne. Il devient alors très difficile pour une famille paysanne de la Corne de pouvoir capitaliser un minimum de richesses et de développer sur le long terme ses outils et moyens de productions tant les incidents climatiques et sécuritaires sont récurrents et obligent très souvent les familles à abandonner ou revendre les quelques biens en leurs possessions.

Les organisations locales structurées

Partout dans le monde, le développement social, économique et culturel d’un territoire ne peut se faire sans ses habitants. La structuration de ces populations en organisations locales en capacité d’analyser leurs contextes et de mettre en œuvre des actions locales de développement et de transformation sociale est indispensable. C’est un formidable levier durable de développement. Les partenaires habituels du CCFD-Terre Solidaire sont ces organisations émanant des communautés locales. La Corne de l’Afrique se caractérise par une très faible structuration associative. L’instabilité politique, les nombreux conflits, les mouvements forcés de populations et les faibles espaces démocratiques laissés au citoyens ne leurs permettent pas de pouvoir s’organiser entre eux pour construire leurs propres développement et défendre leurs intérêts et leurs droits. Certes, il existe de nombreuses associations locales d’entraide et culturelle, mais peu de mouvements d’envergure en capacité d’élargir leur territoire d’action, de pérenniser leurs actions de développement et d’influer sur les Etats pour qu’ils développent des politiques sociales ambitieuses.

En Somalie, après les guerres et les sécheresses, la solidarité clanique a canalisé les seules ressources : l’aide internationale, l’argent des expatriés et les trafics en tout genre. Le nombre des intervenants humanitaires internationaux est faible compte tenu de l’insécurité récurrente. Les acteurs locaux structurés de la société civile sont peu nombreux.

L’Ethiopie quant à elle possède une société civile dynamique et très nombreuse que se soient dans les quartiers ou les villages (organisations paysannes, de jeunes, de femmes, etc.) ou au niveau national. Les actions des associations liées aux Eglises chrétiennes sont nombreuses et couvrent quasiment tout le territoire. Les ONG internationales sont également nombreuses à intervenir dans ce pays mais sont fortement restreintes dans leurs actions par une surveillance continue et accrue des autorités sur leurs activités. La majorité de ces organisations locales, nationales et internationales concentrent leurs activités vers la prestation de services sociaux pour les populations. Les faibles marges de manœuvre laissées par le pouvoir font qu’il est d’ailleurs très difficile pour la société civile de sortir des actions de prestations de service et de structurer des mouvements citoyens (paysans par exemple) en capacité de défendre leurs droits. En 2010, est entrée en vigueur en Ethiopie une législation qui interdit aux ONG internationales et nationales d’être actives sur les questions liées aux Droits de l’Homme et limite le financement extérieur des ONG locales.

L’Erythrée connait un régime politique qui ne laisse aucun espace pour une liberté associative. Il existe un très grand nombre de petites associations d’entraide ou culturelle, mais mis à part les organisations satellites du parti (Union des femmes, des jeunes) et la présence de quelques ONG étrangères, il n’y a pas de société civile organisée en Erythrée (organisations paysannes, de droit de l’homme, etc.) .
Au Soudan, il existe un fort clivage entre une élite militante, bien éduquée et parfois politisée et qui dirigent les organisations qui comptent dans le paysage associatif nord-soudanais et des associations de quartiers ou de villages moins visibles et à l’action limitée et principalement orientée vers la prestation de service et l’action culturelle. Le tissu associatif en zone rurale est faible. Le monde paysan soudanais est peu structuré. Les actions des Eglises chrétiennes au Soudan sont à souligner compte tenu de l’importance des services sociaux et éducatifs proposés (principalement dans la banlieue de Khartoum où résident la majorité des réfugiés sud soudanais). Les mouvements massifs de population du nord vers le sud du Soudan observés depuis le début de l’année 2011 influeront sur le nombre et la qualité des services proposés par les Eglises. Le resserrement des espaces démocratiques envisagés au Soudan suite à l’indépendance du Sud réduira très vraisemblablement la capacité d’action de la société civile soudanaise.

Le Soudan du Sud connaît quant à lui une quasi-absente de société civile organisée mis à part des petites associations culturelles ou d’entraides dans les quartiers de Juba, dans les villages et dans les camps. En plus de la très forte intervention étrangère (Nations Unies, ONG internationales) principalement orientées vers les actions d’urgence, les Eglises chrétiennes et plus particulièrement l’Eglise Catholique sont les seules organisations en capacité de proposer en plus des actions d’urgence, des prestations sociales régulières et un accompagnement agricoles des populations et ce dans quasiment toutes les régions du pays.

On le comprend au travers de ces rapides éléments d’analyses que du fait de l’énormité des enjeux, l’avenir de la Corne de l’Afrique ne peut plus être simplement abordé à coup d’aide humanitaire d’urgence et de lutte contre le terrorisme ou les trafics internationaux. Ce ne sont pas les quelques rencontres internationales convoquées pour faire face aux urgences humanitaires qui permettront aux millions d’hommes et de femmes qui vivent sur ces territoires de se construire un avenir meilleur. Ses habitants ont besoin d’être accompagné sur le long terme pour reconstruire une cohésion sociale mise à mal par des décennies de conflit et développer une agriculture familiale et pastorale en capacité de les nourrir et d’affronter la rigueur du climat et les conséquences du changement climatique. Ce sont sur ces deux enjeux majeurs que se mobilisent le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires depuis plus de vingt ans. Plus que pour toutes autres régions du monde,  aucune avancée pérenne ne sera possible dans la Corne de l’Afrique sans une véritable approche politique globale de la part de la communauté internationale qui permettra la résolution des multiples conflits, une stabilité politique et la mise en œuvre de véritables politiques de développement territorial impliquant les populations concernées.

Philippe Mayol
Responsable du service Afrique
CCFD-Terre Solidaire

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Banques de céréales et accès à l’eau potable https://terresolidaire.devbe.fr/banques-de-cereales-et-acces-a-leau-potable/ https://terresolidaire.devbe.fr/banques-de-cereales-et-acces-a-leau-potable/#respond Wed, 17 Aug 2011 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/banques-de-cereales-et-acces-a-leau-potable/ Président de l’association OSRA, l’association pour l’autosubsistance des Oromos, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, le Dr Alemayehu explique : « dans la région, le problème de l’accès à l’eau potable est en tête des préoccupations dans 90 % des cas. On ne peut entreprendre aucun projet de développement, si nous ne trouvons pas de solution. » […]

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Président de l’association OSRA, l’association pour l’autosubsistance des Oromos, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, le Dr Alemayehu explique : « dans la région, le problème de l’accès à l’eau potable est en tête des préoccupations dans 90 % des cas. On ne peut entreprendre aucun projet de développement, si nous ne trouvons pas de solution. »


Près de 85 % de la population éthiopienne est rurale. Entre les hauts plateaux, véritable cœur historique et religieux du pays, les frontières du Soudan et celles de Somalie, les problématiques sont variées, avec toutefois une caractéristique commune: l’extrême précarité de la petite paysannerie, dont la survie dépend des variations climatiques.

Tesfaye Kecha, le gouverneur du district (le woreda) de Baccho, où se situe Kusaya, dresse le tableau : « Notre grand ennemi c’est la misère. La plupart des paysans n’ont pas d’autres revenus que l’agriculture et vivent en dessous du seuil de pauvreté. » En matière d’éducation, par contre, les chiffres sont  à la hauteur de l’effort de l’État : «  Nous avons 18 écoles primaires pour environ 100 000 habitants, » mais Tesfaye relativise leurs portées : « tout y manque, même la craie ».

Question santé, le dénuement est extrême « Notre district n’a qu’un centre de santé et trois petits postes de soins primaires. Tout est prioritaire !  » L’un des responsables du bureau du développement rural complète l’état des lieux : « Le gros problème c’est l’usure des sols. Le vent, les techniques trop rudimentaires, la surexploitation font perdre sa substance à la terre. Pourtant il faut augmenter la production. » Malgré la distribution d’engrais à crédit, les formations, les tentatives d’introduction de cultures maraîchères de contre-saison, la productivité baisse.

Car l’autre obstacle majeur : c’est l’eau. Un comble pour l’Éthiopie considérée comme le château d’eau de la Corne de l’Afrique avec des réserves souterraines et des eaux de surface relativement abondantes. Mais l’irrigation et le captage des eaux de pluie restent embryonnaires. Pour les paysans du district de Baccho, c’est un cauchemar. Durant longtemps, pour l’usage domestique, ils n’avaient comme ressource qu’une petite rivière où se déversent tous les détritus des bourgades traversées en amont.

Président de l’association OSRA, l’association pour l’autosubsistance des Oromos, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, le Dr Alemayehu explique : «  dans la région, le problème de l’accès à l’eau potable est en tête des préoccupations dans 90 % des cas. On ne peut entreprendre aucun projet de développement, si  nous ne trouvons pas de  solution. » Pour capter les eaux souterraines les moins profondes, l’OSRA a donc mis en place des pompes. Et autour des points d’eau ouverts matin et soir, c’est le même concert de louanges. « Ces pompes nous ont changé la vie ! Nos enfants n’ont plus de diarrhées. Nos esprits sont apaisés de pouvoir enfin boire une eau propre !  ». En raison de ces  difficultés structurelles, la paysannerie reste vulnérable aux aléas climatiques et à chaque saison, l’inquiétude est la même : « Pleuvra-t-il assez ? Ne va-t-il pas trop pleuvoir ?  ». Car en dehors des épisodes de famines, les sécheresses et les inondations tuent aussi, de manière parfois plus localisée.

Cette année, après quelques années de sécheresse, des pluies torrentielles au Sud-ouest ont lavé les terres et emporté les récoltes. Après la saison des pluies, les criquets pèlerins ont achevé le travail. Dans les réserves familiales de maïs, il manque les deux tiers des stocks. En attendant, les cultivateurs mangent des choux.

Pour assurer la sécurité alimentaire, dans le district de Baccho, OSRA a développé des banques de céréales gérées par des associations paysannes. « L’idée n’est pas seulement de stocker des grains (tef, pois chiche, maïs) en prévision des périodes de disette, explique le Dr Alemayehu. Ce qui reviendrait à entretenir la dépendance à l’égard de l’aide. Il s’agit plutôt de donner aux paysans une source de revenus. De les rendre plus forts pour qu’ils soient moins tributaires du marché. »

À tous ces défis, s’ajoute aussi un obstacle culturel : la plupart des paysans, ne considèrent pas l’agriculture comme un métier. Le travail pénible, la faim, les conditions de vie de plus en plus décalées par rapport à la ville en font, ni plus ni moins, une malédiction à laquelle les condamnent le manque d’éducation et l’absence de capacité financière. Cette certitude de son malheur prédispose aussi à de mauvais marchés.

Depuis quelques années, les investisseurs se lancent dans la culture des fleurs sous serres, coupées et exportées. Les terres sont allouées par la province et les paysans sont priés d’accepter une compensation équivalente à dix ans de production (environ 300 dollars par hectare). Avec quelques centaines de dollars en poche, les plus chanceux d’entre eux seront embauchés comme ouvriers dans les serres installées sur leur ancienne terre. Ils y seront intoxiqués par les émanations des pesticides. Les autres iront grossir les rangs des pauvres urbains.

Thierry Brésillon

Dans Faim Développement magazine n°231, mai 2008

La corvée de l’eau

District d’Ilu : une action riche d’espoir

OSRA, s’engage depuis plusieurs années aux côtés des populations concernées pour mettre en place des actions de développement visant notamment à offrir un accès à l’eau au plus grand nombre. Ainsi, en 2006, OSRA a déjà réalisé plusieurs puits grâce au soutien du CCFD-Terre Solidaire dans le village de Gogeti.

Aller plus loin

Dès mars 2008, OSRA a mis en œuvre un projet d’une plus grande ampleur. Il concerne environ 840 ménages soit 4 200 personnes qui pourront bénéficier d’un meilleur accès à l’eau. L’action entreprise par ce partenaire avec la participation des populations prévoit le forage et la mise en service de 13 puits d’une profondeur moyenne de 65 mètres.

Une formation complémentaire

Les 4 200 personnes de la communauté bénéficient parallèlement d’une formation et d’une sensibilisation sur l’hygiène et la santé à travers l’action de 120 vulgarisateurs sur l’hygiène. 84 personnes vont également recevoir une formation spécialisée sur « l’eau et l’assainissement ». Des techniciens s’occuperont de la gestion de l’eau et de la maintenance préventive des systèmes de distribution.

Des retombées directes

Ce nouveau projet va permettre d’assurer un meilleur accès à l’eau, mais également de contribuer à réduire le nombre de cas liés aux maladies hydrique. Le temps autrefois consacré à la « corvée » d’eau va pouvoir être employé à des activités génératrices de revenus. Les communautés villageoises feront l’expérience d’une gouvernance participative. Les femmes auront aussi l’opportunité de jouer un rôle plus actif au sein des instances communautaires de développement de la gestion de l’eau.

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Une crise alimentaire majeure sévit dans la Corne de l’Afrique https://terresolidaire.devbe.fr/une-crise-alimentaire-majeure-sevit-dans-la-corne-de-lafrique/ https://terresolidaire.devbe.fr/une-crise-alimentaire-majeure-sevit-dans-la-corne-de-lafrique/#respond Thu, 28 Jul 2011 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/une-crise-alimentaire-majeure-sevit-dans-la-corne-de-lafrique/ Une crise alimentaire majeure sévit dans la Corne de l’Afrique et met en danger la vie de plus de 12 millions de personnes. La Somalie, le Kenya, l’Ethiopie, Djibouti, l’Ouganda, le Sud-Soudan sont directement menacés… autant de pays qui depuis plus de 20 ans se retrouvent régulièrement sous les projecteurs des médias pour cause de […]

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Une crise alimentaire majeure sévit dans la Corne de l’Afrique et met en danger la vie de plus de 12 millions de personnes. La Somalie, le Kenya, l’Ethiopie, Djibouti, l’Ouganda, le Sud-Soudan sont directement menacés… autant de pays qui depuis plus de 20 ans se retrouvent régulièrement sous les projecteurs des médias pour cause de crises humanitaires, de guerres civiles, d’instabilité politique récurrente.


L’urgence médiatique passée, cette région retombe dans l’oubli alors même que les problèmes restent entiers. En première ligne, la France tente, dans le cadre de son mandat de présidence du G20, d’entraîner les dirigeants politiques dans la construction d’une réponse au drame qui se joue dans la Corne de l’Afrique.

Passée la stupeur provoquée par les terribles images des camps de réfugiés somaliens et, sans revenir sur les famines qui ont durement frappé la région dans les années 1980 et 1990, il convient de rappeler que la situation actuelle n’est pas nouvelle et finalement sans surprise. En effet, les Nations Unies, le Programme Alimentaire Mondial et de nombreuses ONG alertaient depuis de nombreux mois sur une situation jugée critique et prédisaient le chaos que l’on connait aujourd’hui. (1)

Selon les dernières estimations des agences de l’ONU, ce sont 12.4 millions de personnes qui souffrent aujourd’hui de la faim dans la Corne de l’Afrique : l’état de famine (2) a été décrété dans cinq régions de la Somalie ; le Nord du Kenya et le Sud de l’Ethiopie connaissent une très forte insécurité alimentaire ; et selon l’ONU, l’Ouganda pourrait être le prochain pays touché par la famine.

Un somalien sur trois souffre aujourd’hui de la faim et en juillet 2011, le gouvernement éthiopien estimait que 4,5 millions de personnes avaient désormais besoin d’une assistance alimentaire, soit 40% de plus en un an. Les enfants sont les premières victimes de ce fléau. Les taux de malnutrition enfantine ont explosé et on estime que ce sont plus de deux millions d’enfants qui sont aujourd’hui confrontés et menacés par de graves carences alimentaires.

La situation est donc critique à court et moyen terme et l’on sait d’ores et déjà que le bilan humain de cette crise alimentaire sera lourd.

Depuis près de 20 ans, les partenaires africains du CCFD-Terre Solidaire mènent des projets dans la Corne de l’Afrique qui visent notamment à soutenir la petite agriculture et à assurer la souveraineté alimentaire. Le CCFD-Terre Solidaire porte également ce combat dans les espaces internationaux de discussion et de négociation (Comité pour la sécurité alimentaire de la FAO, G20 Agricole, …). La souveraineté alimentaire est ainsi, et depuis toujours, au cœur de l’engagement du CCFD-Terre Solidaire. Ce sont ces expériences, à la fois de terrain et de plaidoyer, qui nous permettent aujourd’hui de dresser une analyse de la crise.

Il est nécessaire d’affirmer que toute réponse durable à la crise doit avant tout passer par une approche régionale de la situation. La Somalie est à ce jour le pays le plus touché mais ses voisins sont dans une situation également très difficile. Prendre des mesures d’ampleur pour une zone limitée n’enraillera pas le phénomène de contagion observé. L’interdépendance des situations, accentuée par les mouvements de population, doit obliger la communauté internationale à se mobiliser  pour l’ensemble de ces pays.

Une approche transversale sur les facteurs ayant amené à la crise alimentaire qui affecte des millions de personnes depuis plusieurs mois est également déterminante. Le conflit somalien et la sécheresse, pointés du doigt, ont à coup sûr été des éléments déterminants. Ils ont favorisé l’éclatement d’une crise qui s’explique également par de nombreux facteurs structurels, et particulièrement l’abandon du secteur agricole, que le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires dénoncent depuis de nombreuses années.

Recommandations du CCFD-Terre Solidaire

– Créer les conditions pour la recherche d’une solution globale au conflit sévissant depuis plus de 20 ans en Somalie, et s’assurer que le conseil de sécurité de l’ONU prenne des mesures pour s’assurer du respect effectif de l’embargo sur les armes qui pèse sur le pays.

– Débloquer rapidement les fonds supplémentaires face à l’urgence. Malgré les alertes répétées des Nations Unies depuis octobre 2010, la communauté internationale n’a que trop tardé.

– Respecter les engagements précédents d’aide et tout particulièrement dans le secteur agricole.

– Au-delà de l’urgence, agir durablement pour la sécurité alimentaire dans la région. La situation d’aujourd’hui n’est que le reflet d’un désinvestissement croissant dans le secteur agricole et du manque de soutien à l’agriculture familiale, seule à même d’assurer la souveraineté alimentaire dans la zone.

– Mettre en place des mesures concrètes pour lutter contre la volatilité des prix agricoles (stocks, régulation des marchés)


ANALYSES

Une sécheresse record
La région connait des périodes récurrentes de sécheresse dont le changement climatique ne fait qu’accentuer la sévérité. Ainsi, la Corne de l’Afrique a connu en 2010-2011 deux saisons consécutives de précipitations nettement inférieures à la moyenne, ce qui a gravement affecté la production agricole, épuisé les ressources pastorales et accentué la mortalité du bétail. Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), «On n’a pas vu de telle sécheresse depuis 60 ans»-(Elisabeth Byrs, porte-parole).

Le premier épisode de sécheresse, en octobre-novembre 2010, a fortement affecté les récoltes du mois de début 2011 et le bétail. Au printemps, un épisode encore plus sévère, avec des pluies  30% inférieures à la moyenne de 1995-2010, dans une région déjà particulièrement aride, ont entrainé des sous-récoltes, une surmortalité du bétail et un pic des prix des denrées alimentaires.

Le chaos politique en Somalie
Fruit d’une guerre civile qui dure depuis plus de deux décennies, la situation politique en Somalie donne à la crise alimentaire une résonnance particulière. Sur le papier, le pays est dirigé par un gouvernement fédéral de transition, reconnu par la communauté internationale mais sans grande emprise sur le territoire. De plus, il est empêtré dans des divisions internes qui empêchent son fonctionnement effectif. Soutenu par les soldats de l’AMISON (3) le gouvernement de transition est en guerre ouverte contre les clans et groupes armés qui contrôlent une grande partie du pays. La région centre-sud qui est la plus affectée par la sécheresse et la famine est aussi celle où les affrontements armés sont les plus intenses avec des conséquences désastreuses. Dans son rapport au conseil de sécurité sur la Somalie, le secrétaire général des Nations unies déclarait en avril dernier, que 2,4 millions de somaliens dépendent de l’aide humanitaire à cause du conflit. Une aide parfois détournée ou stoppée par les groupes armés au grand dam des populations.

La crise alimentaire vient encore rappeler l’urgence de trouver des solutions au conflit somalien qui a une dimension régionale évidente. Or, la communauté internationale ne peut pas se targuer de s’être investie dans la recherche d’une solution globale et durable au problème, plusieurs pays se limitant à percevoir la Somalie comme un élément de la lutte globale contre le terrorisme et la piraterie.

L’abandon de l’agriculture africaine
La récurrence des famines, la persistance de la faim et les crises alimentaires récentes soulignent l’urgence d’assurer la souveraineté alimentaire et ce particulièrement sur le continent africain. La communauté internationale commence peu à peu à se mobiliser, les annonces se multiplient ces dernières semaines. Mais encore faut-il que les engagements soient suivis d’effet.

Le défi de la sécurité alimentaire pour les pays du Sud a en effet déjà fait l’objet d’annonces de financement, de programmes et autres plans d’action dont l’efficacité a été mise à mal, faute de suivi des engagements.

Suite à la crise alimentaire mondiale et aux émeutes de la faim en 2007-2008, et ne pouvant plus ignorer la situation, les Etats membres du G8 ont par exemple annoncé débloquer une aide de 22 milliards de dollars sur trois ans dans le cadre de l’Initiative de l’Aquila pour la sécurité alimentaire planifiée sur 2009-2012. Un bilan intermédiaire rendu à la veille du G8 de Deauville, mi-mai 2011 fait apparaître que seulement 22% des sommes ont été réellement décaissées, et 26% sont « en voie de l’être ».

L’OCDE s’est également alarmée en avril 2011 de perspectives « préoccupantes » et d’un ralentissement concernant l’évolution de l’aide publique au développement (APD). A cela s’ajoute la baisse des financements tout particulièrement dans le secteur agricole : l’APD consacrée à l’agriculture a ainsi chuté de 17% à 4% entre 1980 et 2006.

De mêmes, les investissements publics dans l’agriculture (déjà faibles) tendent à diminuer dans la majorité des pays : en Afrique subsaharienne, la part des budgets nationaux consacrés à l’agriculture est en moyenne de 4% alors que 60% de la population vit de ce secteur.

Face à la crise de la Corne de l’Afrique, il est impératif d’agir à deux niveaux :

  • La communauté internationale doit répondre rapidement aux appels du Programme Alimentaire Mondiale et de l’agence des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO). Ce sont 300 millions de $ d’ici septembre 2011, et 1.6 milliards $ pour les 12 prochains mois, qu’il faut réunir pour pouvoir répondre à l’urgence.
  • Un véritable plan pour la souveraineté alimentaire dans la Corne de l’Afrique doit être mis sur pied, en lien avec les dirigeants, les agences de l’ONU et les ONG, afin de soutenir l’agriculture familiale et pastorale et lui permettre de s’adapter aux conséquences du changement climatique. Les financements consacrés doivent faire l’objet d’un suivi régulier et être en adéquation avec les montants prévus et annoncés.

Pour une analyse plus complète de l’exercice de redevabilité du G8 : « Partenariat Afrique-G8 : quels enjeux ? », mai 2011

Accaparements des terres, agrocarburants, … menaces supplémentaires à la souveraineté alimentaire et à la petite agriculture
Il est d’autant plus urgent d’agir en ce sens étant donné l’impact qu’ont sur le secteur agricole africain deux tendances inquiétantes que sont le développement des agrocarburants et des accaparements des terres.

L’achat ou la location par des entreprises transnationales, des pays tiers ou des fonds d’investissement de terres dédiées au développement de l’agriculture intensive d’exportation, comme la production d’agrocarburants, destinés principalement aux marchés du Nord, empêchent les paysans africains de développer leur secteur agricole et de répondre aux besoins croissants des populations.

Certains pays de la Corne de l’Afrique touchés sont déjà la cible de ce type d’investissements (Ethiopie, Kenya) et la crise qui sévit actuellement pourrait pour certains se traduire en opportunité économique… Il convient donc d’être particulièrement vigilant sur les investissements agricoles dans la Corne de l’Afrique, et les orienter vers le soutien à l’agriculture familiale, seule à même de répondre au défi alimentaire.

Les impacts croissants liés au changement climatique posent également un nouveau défi à la production alimentaire mondiale. La priorité de soutien à l’agriculture familiale faite par les organisations de la société civile internationale permettrait de développer un modèle agricole performant pour l’apport d’alimentation au niveau local, en adéquation avec le territoire. La production agricole des petits fermiers pourrait par ailleurs être doublée dans les dix prochaines années en utilisant des pratiques dites d’ « agroécologie » (4) comme démontrés par des projets pilotes menés par la FAO. Le développement du secteur agricole dans la Corne de l’Afrique doit donc prioriser les pratiques de résilience agricole, c’est-à-dire renforcer les capacités d’adaptation aux épisodes climatiques, la zone étant soumise à des périodes de sécheresse de plus en plus rudes. Cela implique également pour les éleveurs de modifier leurs pratiques culturales (cultures fourragères) et politiques (négociations entre les tribus pour la répartition de l’usufruit des pâturages, etc.) Il est déterminant de soutenir une petite agriculture, en lien avec son territoire, afin d’assurer la souveraineté alimentaire.

La volatilité des prix agricoles
Après un premier pic en 2008, puis une accalmie, les prix des denrées alimentaires sont repartis à la hausse ces derniers mois. Les prix des matières premières agricoles ont ainsi augmenté en moyenne de 29% depuis 2010. La crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique a accentué cette hausse, et les denrées de base sont aujourd’hui inaccessibles pour la majorité de la population. Des prix record ont ainsi été enregistrés dans certains marchés de détail en Somalie, notamment à Mogadiscio et à Marka où les prix du sorgho rouge en avril dernier étaient 150 à 180% plus élevés qu’il y a 12 mois. Sur les trois derniers mois, les prix de produits de base comme le riz ont augmenté de 300%. Même  phénomène en Ethiopie où en mai dernier, les prix de gros du maïs sur les principaux marchés urbains de Nairobi et de Mombasa étaient 60 à 85% plus élevés qu’en mai 2010. Les prix très élevés des denrées alimentaires et du carburant sont un fardeau supplémentaire pour les ménages pauvres qui ont de plus en plus de difficultés à accéder à la nourriture dans la Corne de l’Afrique

La succession de fortes hausses et baisses du prix des denrées agricoles est devenue une constante du commerce mondial depuis quelques années. Cette volatilité des prix met à mal la situation alimentaire des pays du Sud, et place les agriculteurs et les consommateurs dans l’incertitude. Une situation d’autant plus insupportable que des millions de personne sont actuellement menacées par la crise alimentaire.

Le plan d’action du G20 Agricole, la solution ?
Le G20 Agricole organisé sous présidence française en juin dernier s’était engagé à s’attaquer aux causes de la volatilité des prix sur les marchés agricoles. Cependant le plan d’action adopté n’apporte pas les mesures nécessaires pour répondre au défi alimentaire mondial.

La situation dans la Corne de l’Afrique met ainsi en avant la nécessité de mettre en place immédiatement des stocks alimentaires d’urgence au niveau régional , notamment pour faciliter l’approvisionnement du PAM, mais également des stocks de régulation gérés de manière transparente, à même de lisser les prix à moyen terme. Seule une étude de faisabilité de projets pilotes sur les stocks d’urgence a été annoncée fin juin, bien loin donc de répondre à l’urgence.

La priorité est d’appuyer les pays en développement afin qu’ils constituent eux-mêmes des réserves. Le rapport de la FAO sur le gaspillage agricole et alimentaire (5) dresse un constat accablant  jusqu’à 40 % des récoltes en Afrique sont perdues faute de moyens de stockage adéquats. De nombreux pays voient leur facture alimentaire grimper en flèche alors même qu’une partie de leur récolte doit être jetée. On estime ainsi en Afrique Subsaharienne les pertes post-récoltes à 4 milliards de dollars, soit l’équivalent des importations en céréales de la région !

Il en va de même pour la régulation des marchés agricoles. La stabilisation des prix des matières premières agricoles requiert ainsi une réglementation plus stricte des marchés. Il est indispensable d’interdire la spéculation financière sur les marchés virtuels et d’encadrer les pratiques sur les marchés physiques, en obligeant les investisseurs à déclarer et enregistrer la totalité des transactions sur les marchés de matières premières, et en imposant des «limites de positionnement ». Ce dossier, désormais dans les mains des ministres des finances du G20 qui se réuniront en septembre, doit faire l’objet de mesures concrètes et immédiates. Les membres du G20 doivent fortement encourager ces cadres de réglementation afin notamment de limiter les activités des investisseurs non-commerciaux – tels que les hedge funds, les fonds indiciels ou les banques – et ainsi éviter les bulles spéculatives qui exacerbent la volatilité des prix et menacent le droit à l’alimentation des consommateurs pauvres et des petits agriculteurs.

Pour une analyse plus complète du G20 Agricole : «  G20 Agricole, Des paroles aux actes pour agir durablement contre la faim, Propositions et recommandations du CCFD-Terre Solidaire », juin 2011

Maureen Jorand,
Chargée de mission plaidoyer Souveraineté alimentaire
CCFD-Terre Solidaire

(1) Notamment : appel de John Holmes, Secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires, le 13 juillet 2010 ; appel de l’ONU pour des fonds d’urgence à destination de la Corne de l’Afrique le 3 novembre 2010 ; appel de l’UNHCR pour une mobilisation de la communauté internationale le 8 mars 2011 ; puis appels réguliers des différentes agences de l’ONU – FAO, OCHA, UNHCR, PAM – depuis juin 2011

(2) la famine est déclarée lorsque les taux de malnutrition aigüe des enfants dépassent 30%, que plus de deux personnes sur 10.000 meurent par jour et que la population n’est pas en mesure d’avoir accès à la nourriture

(3) Mission de l’Union africaine en Somalie

(4) Agroécolgie et droit à l’alimentation, Rapport présenté à la 16ème session du Conseil des droits de ‘homme de l’ONU [A/HRC/16/49], 8 mars 2011

(5) Global food losses and food waste, FAO, mai 2011

 

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Réunion opérationnelle de haut niveau sur la crise dans la Corne de l’Afrique convoquée par la FAO ce jeudi 18 août 2011 https://terresolidaire.devbe.fr/reunion-operationnelle-de-haut-niveau-sur-la-crise-dans-la-corne-de-lafrique-convoquee-par-la-fao-ce-jeudi-18-aout-2011/ https://terresolidaire.devbe.fr/reunion-operationnelle-de-haut-niveau-sur-la-crise-dans-la-corne-de-lafrique-convoquee-par-la-fao-ce-jeudi-18-aout-2011/#respond Sun, 19 Jun 2011 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/reunion-operationnelle-de-haut-niveau-sur-la-crise-dans-la-corne-de-lafrique-convoquee-par-la-fao-ce-jeudi-18-aout-2011/ Réaction du CCFD-Terre Solidaire à la réunion opérationnelle de haut niveau sur la crise dans la Corne de l’Afrique convoquée par la FAO ce jeudi 18 août La réunion de ce jeudi 18 août 2011 sur la Corne de l’Afrique convoquée par la FAO avait un double agenda : « prendre des mesures urgentes et concrètes […]

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Réaction du CCFD-Terre Solidaire à la réunion opérationnelle de haut niveau sur la crise dans la Corne de l’Afrique convoquée par la FAO ce jeudi 18 août


La réunion de ce jeudi 18 août 2011 sur la Corne de l’Afrique convoquée par la FAO avait un double agenda : « prendre des mesures urgentes et concrètes afin de renforcer la réponse internationale tout en affrontant les causes profondes de la crise ». Elle n’a, sur ce point, rien apporté. Au-delà des appels à renforcer les engagements financiers, et des déclarations d’intention, aucune proposition concrète n’a été mise sur la table concernant un soutien à moyen et long terme de l’agriculture dans la région. Il est crucial que les prochaines rencontres, dont la réunion des donateurs convoquée par l’Union Africaine le 25 août à Addis Abeba, marquent un tournant dans la mobilisation.

Pour le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires locaux, il est impératif de renforcer dès maintenant le secteur agricole de ces pays en soutenant les populations et les organisations locales, mais également en mettant en place des politiques cohérentes au niveau régional et international afin de lutter efficacement contre ces crises alimentaires à répétition dont la périodicité ne fait que s’accentuer.

Depuis un mois, les annonces d’aide se succèdent et les Etats augmentent petit à petit leurs financements, dans une sorte de concurrence à l’annonce. La multiplication des prises de paroles rend cependant aujourd’hui illisibles les montants totaux engagés et surtout l’objectif de ces financements.

La technique du pompier a depuis longtemps montré ses limites, entre autres dans ses promesses, mais la leçon n’a semble-t-il pas été retenue. Les différentes initiatives lancées ces dernières années et destinées à apporter une réponse durable à l’insécurité alimentaire, au niveau régional et international, n’ont pas vu le jour ou ont eu une portée limitée, faute de réelle volonté politique de la part de la communauté internationale  et de financements adéquats.

Des fonds supplémentaires doivent rapidement être débloqués, et les engagements précédents enfin honorés
La situation dans la région n’est pas nouvelle et aurait dû depuis longtemps entraîner une mobilisation conséquente. Une  équipe spéciale inter-agences sur la sécurité alimentaire à long terme dans la Corne de l’Afrique avait pourtant été mise en place par l’ONU dès 2000 ; puis une deuxième, sous la direction du président de la Banque mondiale, spécifiquement sur la mobilisation des ressources. Mais le programme n’a jamais décollé, à mesure que la sécurité alimentaire dans la zone repassait en bas de l’agenda.

Ce manque d’engagement, politique et financier, se reflète également au niveau international. Au lendemain de la crise alimentaire de 2007-2008, de nombreux Etats, et en premier lieu au sein du G8, s’étaient mobilisés au sein de l’Initiative de l’Aquila pour la Sécurité Alimentaire, dotée d’un budget de 22 milliards de dollars sur trois ans (juillet 2008). Un rapport d’étape rendu public la veille du G8 de Deauville (avril 2011) estimait à 22% les sommes réellement décaissées, bien loin de suffire au défi fixé :”atteindre la sécurité alimentaire mondiale durable“.

La communauté internationale doit cesser d’attendre que des millions de personnes soient menacées pour se mobiliser et une fois les caméras baissées, ne pas respecter ses engagements. Les discours actuels semblent à nouveau témoigner d’une prise de conscience. La société civile sera particulièrement vigilante à ce qu’ils se concrétisent rapidement et sur le long-terme.

Agir localement aujourd’hui, et pour demain, avec les populations locales
De véritables plans pluriannuels et transversaux, avec des étapes régulières d’évaluation, doivent être mis en place sous l’égide de la FAO. Les projets et actions développés en soutien au développement du secteur agricole dans ces pays doivent se faire en lien avec les organisations locales, seules à même d’assurer une approche cohérente et en lien avec leur territoire; d’autant plus dans le contexte difficile qui perdure en Somalie et qui impacte l’ensemble de la région.

La disparité des situations (politiques, économiques, géographiques…) appelle à ne pas tomber dans une réponse uniforme. Il est indispensable de mettre fin au chaos politique dans la région afin d’assurer un soutien pérenne aux populations, et de renforcer les stratégies locales de développement agricole.

Pour soutenir les acteurs locaux, il est également déterminant que les pays africains prennent mesure de l’importance de leur secteur agricole. La part du budget national consacré à l’agriculture doit dans de nombreux états être très fortement augmentée, et prioritairement à destination de l’agriculture vivrière et pastorale, afin d’assurer leur développement et leur adaptation. Le Kenya a pour exemple consacré en moyenne seulement 4% de son budget à l’agriculture depuis le début des années 2000 alors même que le secteur représente 24% de son PIB et que 78% de la population vit en milieu rural.

La situation sur les marchés de matières premières ne fait qu’exacerber les tensions et les difficultés d’approvisionnement pour les populations les plus vulnérables
La crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique est accentuée par la très forte hausse des prix sur les marchés locaux, rendant les denrées de base inaccessibles pour les populations. Selon la Banque mondiale, en une année, le prix du maïs a pratiquement doublé à Nairobi (Kenya) et même plus sur les marchés de Kampala (Ouganda) et de Mogadiscio (Somalie). A Addis Abeba (Ethiopie), les augmentations sont de l’ordre de 64% pour le maïs et 86% pour le blé. Le prix du sorgho a pour sa part explosé en Somalie avec des hausses de 180% sur les marchés de Mogadiscio.

Cette tendance se retrouve sur les marchés internationaux avec, comparé à juillet 2010, une augmentation moyenne de 33% de l’indice des prix de la Banque Mondiale, favorisée par des stocks historiquement bas. La situation dans la Corne de l’Afrique met en avant l’urgence d’une réponse politique cohérente pour lutter contre la volatilité des prix. Le G20 Agricole organisé en juin dernier s’était engagé à s’attaquer aux causes de la volatilité sur les marchés. Cependant le plan d’action adopté n’apporte pas les mesures nécessaires pour répondre au défi alimentaire mondial. La présidence française du G20 qui s’est placée en tête de la mobilisation internationale pour la Corne de l’Afrique, doit d’urgence revoir sa copie.

En matière de stock, seule une étude de faisabilité sur des projets pilotes de réserves d’urgence a été annoncée, bien loin de répondre à la crise. La situation appelle à la mise en place immédiate de stocks alimentaires d’urgence au niveau régional, notamment pour faciliter l’approvisionnement du PAM, mais également de stocks de régulation, gérés de manière transparente, à même de lisser les prix à moyen terme.

Il en va de même pour la régulation des marchés agricoles. La stabilisation des prix des matières premières agricoles requiert une réglementation plus stricte. Il est indispensable d’interdire la spéculation financière sur les marchés virtuels et d’encadrer les pratiques sur les marchés physiques, notamment en imposant des «limites de positionnement ». Ce dossier, désormais dans les mains des ministres des finances du G20 qui se réuniront en octobre, doit faire l’objet de mesures concrètes et immédiates afin de mettre fin aux menaces sur le droit à l’alimentation des consommateurs pauvres et des petits agriculteurs.

Maureen Jorand,
Chargée de mission Souveraineté alimentaire
Direction plaidoyer du CCFD-Terre Solidaire

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Corne de l’Afrique https://terresolidaire.devbe.fr/corne-de-lafrique/ https://terresolidaire.devbe.fr/corne-de-lafrique/#respond Mon, 24 Aug 2009 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/corne-de-lafrique/ L’actualité de cet été 2011, nous rappelle – hélas de façon dramatique -l’existence de la Corne de l’Afrique et de sa complexité. Cette région d’Afrique de l’Est composée par 4 Etats (la Somalie, Djibouti, l’Ethiopie, l’Erythrée). Il est communément admis d’y inclure le Soudan, le Soudan du Sud et parfois même le Nord du Kenya […]

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L’actualité de cet été 2011, nous rappelle – hélas de façon dramatique -l’existence de la Corne de l’Afrique et de sa complexité. Cette région d’Afrique de l’Est composée par 4 Etats (la Somalie, Djibouti, l’Ethiopie, l’Erythrée). Il est communément admis d’y inclure le Soudan, le Soudan du Sud et parfois même le Nord du Kenya et de l’Ouganda.

Comme l’Afrique Australe dans les années 80, puis les Grands Lacs dans les décennies 90 / 2000, la Corne de l’Afrique est, et restera encore pendant au moins une décennie, le point chaud du continent africain où se mêleront crises humanitaires, instabilités politiques et intrigues géopolitiques. L’insécurité climatique qui rend l’agriculture et l’élevage aléatoires. L’hyper conflictualité et l’instabilité politique qui empêchent la mise en œuvre de stratégies de développement territorial sur le long terme. Les faibles espaces démocratiques qui limitent la structuration de la société civile locale et compromettent un développement endogène. Une communauté internationale qui n’aborde cette région que par le prisme du terrorisme, de l’insécurité et de leurs intérêts géopolitiques. Voilà ce qui caractérisent la région de la Corne de l’Afrique et expliquent en très grande partie l’ampleur et la fréquence des crises humanitaires récurrentes que connait cette région. Au vu de la situation actuelle, il est nécessaire que la communauté internationale se mobilise pour venir en aide à ces populations. Mais il est aussi important de se rendre compte que la Corne de l’Afrique ne peut pas être simplement abordée à coup d’aide humanitaire d’urgence. Ce ne sont pas les quelques rencontres internationales convoquées pour faire face aux urgences humanitaires qui permettront aux millions d’hommes et de femmes qui vivent sur ces territoires de se construire un avenir meilleur. Ses habitants ont besoin d’être accompagné sur le long terme pour reconstruire une cohésion sociale mise à mal par des décennies de conflit et développer une agriculture familiale et pastorale en capacité de les nourrir et d’affronter la rigueur du climat et les conséquences du changement climatique. Ce sont sur ces deux enjeux majeurs que se mobilisent le CCFD – Terre Solidaire et ses partenaires depuis plus de vingt ans. Plus que toutes autres régions du monde, et malgré le courage des militants associatifs locaux et la persévérance d’organisations étrangères comme le CCFD – Terre Solidaire, aucune avancée pérenne ne sera possible sans une véritable approche politique globale de la part de la communauté internationale basée sur un processus inclusif de résolution des multiples conflits et sans une politique ambitieuse et participative d’aménagement des territoires (principalement en zone rurale) soutenue par cette même communauté internationale. Corne de l’Afrique, une région convoitée faite de crises politiques et humanitaires récurrentes (pdf, août 2011) Corne de l’Afrique, analyses et recommandations (pdf, juillet 2011)

Documents joints

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Vers une union des paysans et producteurs agricoles de l’Afrique sub-saharienne. https://terresolidaire.devbe.fr/vers-une-union-des-paysans-et-producteurs-agricoles-de-lafrique-sub-saharienne/ https://terresolidaire.devbe.fr/vers-une-union-des-paysans-et-producteurs-agricoles-de-lafrique-sub-saharienne/#respond Thu, 05 Jun 2008 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/vers-une-union-des-paysans-et-producteurs-agricoles-de-lafrique-sub-saharienne/ Les professionnels de l’agriculture africaine regroupent leurs forces. Méthodiquement, les pays et professionnels de l’agriculture africains agissent pour la construction d’une « Plateforme panafricaine des organisations paysannes et de producteurs agricoles ». A l’heure où les populations africaines subissent une situation alarmante, les organisations paysannes sub-sahariennes se sont réunies à Addis-Ababa, en Ethiopie, du 21 […]

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Les professionnels de l’agriculture africaine regroupent leurs forces. Méthodiquement, les pays et professionnels de l’agriculture africains agissent pour la construction d’une « Plateforme panafricaine des organisations paysannes et de producteurs agricoles ».

A l’heure où les populations africaines subissent une situation alarmante, les organisations paysannes sub-sahariennes se sont réunies à Addis-Ababa, en Ethiopie, du 21 au 23 mai 2008. Leur but : partager les informations sur l’agriculture africaine, proposer des solutions à la crise agricole et alimentaire. Quatre grands réseaux sous-régionaux des organisations paysannes et de producteurs agricoles étaient présents : ceux de l’Afrique australe (SACAU), de l’Afrique centrale (PROPAC), de l’Afrique de l’est (EAFF) et de l’Afrique de l’ouest (ROPPA). A l’issue de la réunion, ils ont décidé de créer la « Plateforme Panafricaine des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles » de l’Afrique. Pourquoi cette plateforme ? Depuis plus de cinq ans, SACAU, PROPAC, EAFF et ROPPA ont consolidé leur connaissance mutuelle. Ils ont bâti une solidarité effective dans l’action : amélioration de la faisabilité du NEPAD (Nouveau partenariat économique pour le développement de l’Afrique) et alerte sur le danger que font courir les Accords de partenariat économique (APE) au devenir de l’agriculture africaine. Ces combats les ont convaincus. Le progrès de l’agriculture africaine ne sera durable que si les organisations paysannes et de producteurs agricoles agissent au niveau continental. A Addis-Abbeba, SACAU, PROPAC, EAFF et ROPPA ont mis en place un comité de pilotage. A lui de constituer, d’ici un an, la Plateforme panafricaine des organisations paysannes et de producteurs agricoles. Cet instrument constituera un « levier puissant au redémarrage de l’agriculture africaine afin qu’elle puisse répondre aux fonctions de toute agriculture digne de ce nom ». La déclaration finale en français La déclaration finale en anglais

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Ethiopie https://terresolidaire.devbe.fr/ethiopie/ https://terresolidaire.devbe.fr/ethiopie/#respond Fri, 09 Nov 2007 00:00:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/ethiopie/ Dans la corne de l’Afrique, mais privée d’accès à l’océan indien depuis l’indépendance de l’Erythrée en 1993, l’Ethiopie compte 80 millions d’habitants environ. Vieux de plus de 2000 ans, ce pays vaste comme deux fois la France n’a pas réussi à instaurer la démocratie. Il souffre d’affrontements ethniques violents. Près de la moitié de sa […]

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Dans la corne de l’Afrique, mais privée d’accès à l’océan indien depuis l’indépendance de l’Erythrée en 1993, l’Ethiopie compte 80 millions d’habitants environ.


Vieux de plus de 2000 ans, ce pays vaste comme deux fois la France n’a pas réussi à instaurer la démocratie. Il souffre d’affrontements ethniques violents. Près de la moitié de sa population est de religion orthodoxe copte, 40 % est musulmane. Son économie est fondée à 80 % sur l’agriculture, notamment le café. Malgré ses richesses hydrauliques dues au Nil, 5 % seulement des surfaces irrigables de l’Ethiopie sont irriguées. Ses sécheresses fragilisent surtout les éleveurs.

L’Ethiopie se caractérise par un régime autoritaire et un Etat policier. Suite à la violente répression du fort mouvement de contestation des résultats de l’élection de mai 2005 (déclaration de l’état d’urgence, arrestations des opposants sous le prétexte d’outrages à la constitution, arrestations et assassinats de manifestants), on a assisté à une érosion de l’espace politique pour les citoyens et la société civile. La liberté d’expression est muselée ; l’opposition est aujourd’hui divisée et mise au pas. Certaines régions marginalisées (Ogaden) ont des volontés indépendantistes et sont victimes d’exactions et de fréquentes violations des droits de l’Homme.

Ce pays, pôle économique de l’Afrique de l’Est, a un fort potentiel de développement, notamment sur le plan agricole. Il connaît d’ailleurs un succès indiscutable en termes de croissance économique avec quatre années consécutives de croissance forte (10% PIB), grâce à une amélioration des rendements de l’agriculture. Les petits producteurs sont laissés pour compte, l’accès à la terre devenant de plus en plus réservés aux riches propriétaires. De plus, cette croissance ne permet pas l’amélioration des conditions de vie des populations dans la mesure où la gestion des ressources publiques sert les intérêts géopolitiques au détriment des préoccupations des citoyens. Les dépenses militaires grèvent fortement le budget de l’Etat. Allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme, l’Ethiopie est en conflit avec l’Erythrée (délimitation de la frontière) et occupe militairement la Somalie depuis décembre 2006.

Le CCFD-Terre Solidaire soutient trois ONG ou associations éthiopiennes : ACORD-Ethiopie, l’archidiocèse d’Addis Abeba et OSRA (Oromo self reliance association).

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