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Opinion Archives - Terre Solidaire Terre Solidaire - Devbe Thu, 06 Jan 2022 14:31:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 « Il est temps que la France cesse d’encourager les projets climaticides de TotalEnergies en Afrique » https://terresolidaire.devbe.fr/il-est-temps-que-la-7134/ Fri, 08 Oct 2021 14:07:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/?p=17933 A l’occasion du sommet Afrique-France qui s’ouvre le 8 octobre à Montpellier, des philosophes, des

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A l’occasion du sommet Afrique-France qui s’ouvre le 8 octobre à Montpellier, des philosophes, des économistes, des responsables d’institutions et d’ONG, dont la présidente du CCFD-Terre solidaire Sylvie Bukhari-de Pontual et le député européen Pierre Larrouturou dénoncent le soutien de la France aux projets du géant pétrolier en Ouganda et au Mozambique.

Tribune. Alors que s’ouvre à Montpellier le sommet Afrique-France, et que l’urgence de réduire drastiquement l’extraction des énergies fossiles se fait chaque jour plus pressante, il est temps que la France cesse d’encourager les projets climaticides que TotalEnergies veut lancer en Afrique.

Le président de la République Emmanuel Macron annonçait sur Twitter à propos de la dernière évaluation des Nations unies : « +2,7 °C à l’horizon de 2100. Ce scénario est dramatique. » Il n’y a pas de fatalité, ce scénario dépend avant tout des décisions qui seront prises dans les semaines et les mois à venir. Or, la France s’apprête à entériner de nouvelles extractions fossiles qui, elles, vont s’avérer réellement dramatiques.

En effet, en Ouganda et au Mozambique, TotalEnergies est en passe de faire exploser deux « bombes climatiques » avec le soutien actif de nos institutions et de notre appareil diplomatique.

Quatre cents puits de pétrole

En Ouganda, ce sont quatre cents puits de pétrole et un oléoduc de 1 443 km de long que TotalEnergies souhaite construire jusqu’à la côte tanzanienne, afin d’exploiter des réserves pétrolières (générant 34 millions de tonnes de CO2) au sein d’un parc naturel protégé et sur les rives du lac Albert, à la source du Nil. Au Mozambique, la mise en exploitation des 9es plus grandes réserves gazières du monde émettra autant que sept années d’émissions de gaz à effet de serre de la France.

Alors que l’Agence internationale de l’énergie nous enjoint désormais de cesser tout nouveau projet d’extraction d’énergie fossile pour espérer maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5 °C décidée par l’accord de Paris, l’envergure de ces nouveaux projets dépasse l’entendement : plus de 11 milliards de dollars (environ 9,53 milliards d’euros) d’investissement en Ouganda et en Tanzanie, 24 milliards de dollars au Mozambique.

Malgré ses déclarations vertueuses, l’Elysée a envoyé, en mai, une lettre au président ougandais pour lui affirmer son soutien au projet pétrolier de TotalEnergies, alors même qu’un recours en justice avait été déposé par six ONG françaises et ougandaises au titre de la loi sur le devoir de vigilance en raison des multiples violations des droits humains et des dommages environnementaux qu’implique ce projet.

Selon un rapport de l’ONG les Amis de la Terre, le gouvernement français a également accentué ses efforts diplomatiques et économiques au Mozambique pour y défendre les intérêts de TotalEnergies (visites diplomatiques, financements publics, missions d’affaires, coopération militaire…), engageant de facto la France, et l’ensemble de nos concitoyens, dans cette aventure climaticide.

A quelques semaines de la COP26 à Glasgow, le gouvernement français et notre diplomatie s’emploient donc à saboter notre avenir à tous.

La France ne pourra pas lutter contre le dérèglement climatique si son président, tel Janus, offre deux visages opposés : héraut du climat sur la scène internationale et façonnier du « business as usual » sur le terrain.

Dans son encyclique Laudato Si’, le Pape François a des mots très fermes contre l’attentisme des Etats qui ne font que retarder la catastrophe : « Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier […]. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement ». (LS 194) Nous devons rechercher des alternatives aux énergies fossiles, aujourd’hui et non dans le futur. Et les mettre en œuvre maintenant. Sans attendre. En levant tout soutien public aux projets climaticides.


Emmanuel Macron a affirmé que le Sommet Afrique-France permettra de « refonder les relations entre la France et l’Afrique ». Nous appelons la France à s’engager auprès des sociétés africaines pour les soutenir dans la voie de la transition écologique. Ne ratons pas ce rendez-vous !

Signataires :
Guy Aurenche, avocat honoraire, défenseur des droits humains
Monique Baujard, présidente des Amis de La Vie
Dominique Bourg, philosophe, professeur des universités honoraire, directeur de la revue La Pensée Ecologique
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente, CCFD-Terre Solidaire
William Clapier, auteur et théologien
François Euvé, rédacteur en chef d’Etudes
Elisabeth Flichy Saint-Bonnet, Chrétiens Unis pour la Terre
Benoit Halgand, étudiant mobilisé contre le projet TotalEnergies à polytechnique, engagé chez Pour un réveil écologique
Pierre Larrouturou, député européen
Elena Lasida, économiste
Laura Morosini, Mouvement Laudato Si’
Marcel Rémond, jésuite, directeur du Ceras
Michel Roy, secrétaire général de Justice et Paix…

Lire aussi :

Les Amis de la Terre France, Mozambique et International
Mozambique : de l’eldorado gazier au chaos (dont un rapport de 39 pages)

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Alors que le président Emmanuel Macron vient d’annoncer la fin de l’opération Barkhane, des voix s’élèvent – en France comme au Sahel – pour appeler à ouvrir le débat sur l’après-Barkhane et saisir l’occasion pour refonder en profondeur la politique française dans la région. En étant cette fois à l’écoute des populations.


Cette tribune a été publiée sur le site du Monde le 23 juin 2021

Huit ans.

Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires.

En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public.

Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport.

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Il n’y a pas de solutions simples à un problème complexe. Les crises du Sahel reposent sur une pauvreté touchant 40 % de la population, des inégalités criantes et des abus répétés contre les droits humains. Des changements climatiques qui bouleversent déjà le quotidien de millions de personnes. Des problèmes de gouvernance adossés au manque de légitimité des Etats, à l’impunité et à un profond sentiment d’injustice. Et, pourtant, l’aide au développement française vers le Sahel sous forme de dons stagne depuis dix ans.

Bien sûr, la France porte des initiatives pour donner des gages d’un rééquilibrage vers ces enjeux, comme l’Alliance Sahel, la Coalition internationale pour le Sahel ou encore le récent sommet du G5 à N’Djamena. Mais la traduction en un réel changement de vision et de pratiques reste encore à démontrer. Ce sont les modèles de développement et les relations de pouvoir que la France et la communauté internationale promeuvent dans la région qu’il faut repenser.

Ces dernières semaines, la France a été prise au piège de ses propres contradictions en soulignant l’incohérence de ses prises de position face aux récents événements politiques au Tchad et au Mali. Pour avoir misé sur une approche avant tout sécuritaire et en sous-estimant les défis liés au développement, à la cohésion sociale et à la gouvernance, la stratégie sahélienne de la France est dans une impasse. La fin annoncée de Barkhane ne fait qu’acter cette réalité.

Depuis huit ans, cette stratégie semble décidée entre les quatre murs de l’Elysée : le début comme la fin de Barkhane ont été actés par un seul homme. Où est le débat démocratique sur les choix politiques qui ont été pris sur le Sahel ? L’Assemblée nationale semble incapable de jouer son rôle de contrôle de l’action du pouvoir exécutif : le dernier vote sur les opérations militaires au Sahel datait de 2013. Pourtant, des vies humaines continueront d’y être engagées et près de 1 milliard d’euros d’argent public aura été dépensé chaque année en opérations militaires ; 41 fois plus que pour aider les populations à faire face aux défis humanitaires. La démocratie a besoin de redevabilité. Il est temps de débattre.

Depuis plusieurs années, de nombreuses voix alertent sur l’inadaptation des stratégies et le besoin d’une réorientation pour s’attaquer aux causes profondes des conflits. C’est particulièrement le cas des sociétés civiles sahéliennes, notamment des jeunes et des femmes, dont les visions et propositions ont rarement voix au chapitre. La France, en préparant l’après-« Barkhane », doit être davantage à leur écoute, à l’instar de l’accueil donné au récent rapport de la Coalition citoyenne pour le Sahel.

Nous n’attendons pas de la France qu’elle trouve seule des solutions aux défis du Sahel, mais elle peut, elle doit soutenir un autre processus de reconstruction qui prenne en compte les aspirations des Sahéliens et des Sahéliennes, pas seulement celles de ceux qui les dirigent.

Lire aussi : Un touareg au service de la paix dans le Sahel

La fin programmée de « Barkhane » doit être l’occasion de faire émerger un débat sur l’avenir du rôle de la France dans la région et de demander des comptes sur les choix politiques pris ces dernières années. Ce débat doit se faire avec la diversité des analyses et expertises : parlementaires, diasporas, monde académique, sociétés civiles d’ici et de là-bas, acteurs humanitaires, du développement et de la sécurité. Il y a urgence.

POUR ALLER PLUS LOIN : 

Au Mali, l’association Azhar soutient les initiatives Touaregs contribuant au vivre-ensemble

Deux minutes pour comprendre les limites des politiques d’intervention au Sahel (infographie)

Pourquoi il faut refonder la politique de la France au Sahel

Liste des Signataires :

Laouali Aminou, Coordonnateur national, SOS-Civisme Niger
Richard Banégas, Professeur de science politique à Sciences Po et chercheur au CERI, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest
Bouaré Bintou Founé Samaké, Présidente, Women in Law and Development in Africa (WILDAF-Mali)
Philippe de Botton, Président, Médecins du Monde
Sylvie Bukhari-de Pontual, Présidente, CCFD-Terre Solidaire
Marielle Debos, Chercheuse en science politique, Université Paris Nanterre
Cécile Duflot, Directrice générale, Oxfam France
Vincent Destival, Délégué Général, Secours Catholique – Caritas France
Jean-Claude Felix Tchicaya, Chercheur, Institut de Prospective et Sécurité en Europe (IPSE)
Ali Idrissa, Coordonnateur national, Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB)
Gérard Magrin, Professeur de géographie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Gustave Massiah, Économiste, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM/IPAM)
Jean-Pierre Olivier de Sardan, Directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au LASDEL, Institut de recherche pour le développement
Marc Ona Essangui, Président, Tournons la page
Adam Oumarou, Président, Conseil des Nigériens de France
Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Directeur de recherches, Institut de recherche pour le développement
Luc de Ronne, Président de la fédération, ActionAid France-Peuples Solidaires
Assinamar Ag Rousmane, Coordinateur national, ONG AZHAR Mali
Binta Sidibe-Gascon, Vice-présidente, Observatoire KISAL
Alioune Tine, Fondateur, Think Tank Afrikajom Center
François Vaillant, Porte-parole du MAN, Le MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente)

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Appel pour une refondation de la politique Sahélienne de la France https://terresolidaire.devbe.fr/appel-pour-une-refondation-de-la-politique-sahelienne-de-la-france/ https://terresolidaire.devbe.fr/appel-pour-une-refondation-de-la-politique-sahelienne-de-la-france/#respond Thu, 22 Apr 2021 14:48:09 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/appel-pour-une-refondation-de-la-politique-sahelienne-de-la-france/ Des organisations de la société civile françaises, dont le CCFD-Terre Solidaire, et des personnalités publiques

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Des organisations de la société civile françaises, dont le CCFD-Terre Solidaire, et des personnalités publiques expertes du Sahel interpellent les autorités françaises. Elles appellent à une refondation de la politique de la France au Sahel :

© OXFAM France
© OXFAM France

Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires françaises dans les sables du Sahel et pourtant la sécurité n’est pas rétablie dans une région toujours meurtrie par les crises.

L’opération Barkhane, devenue une des plus importantes opérations extérieures françaises de l’histoire récente, fait l’objet de peu de débat public [[Depuis une réforme de la Constitution en 2008, l’article 35 impose au gouvernement français de demander l’autorisation des parlementaires s’il veut prolonger une opération militaire au-delà de quatre mois. Le 22 avril 2013, un peu plus de trois mois après le lancement de l’opération Serval au Mali, le parlement français a approuvé la prolongation de cette mission militaire, qui est devenue Barkhane en juillet 2014. Depuis lors, le Parlement n’a plus été consulté sur l’opération Barkhane (l’évolution de ses effectifs, son maintien, etc). Depuis 10 ans, 12 réponses ont été apportées aux 15 questions parlementaires formulées sur l’opération Barkhane (www.senat.fr). Le Sénat a quant à lui débattu de l’opération Barkhane en dernière date le 9 février 2021.]].Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère de la France au Sahel[[Les politiques de la France au Sahel ont fait l’objet d’un débat public au Parlement le 4 mars 2021.]], largement dominée par une approche sécuritaire.

Il est désormais temps d’ouvrir publiquement ce débat. Une refondation de la politique sahélienne de la France est nécessaire, ancrée dans une nouvelle manière de voir le Sahel et de penser nos relations et modes de coopérations avec ces pays, comme plus largement avec le continent africain.

Sur le plan sécuritaire, l’intervention française est dans une impasse : non seulement la situation ne s’est pas améliorée mais elle s’est même gravement détériorée ces derniers mois, touchant désormais des régions et des pays autrefois épargnés.

Le Sahel connaît une hausse des violences plus rapide qu’aucune autre région d’Afrique : les incidents violents liés à des groupes armés non étatiques ont doublé chaque année depuis 2015[[D’après les chiffres de l’Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled).]]. Dans les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), 3,7 millions de personnes ont été déplacées de force par les violences[[chiffres HCR à fin février 2021]], et les massacres contre les populations civiles se multiplient. 19,6 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire et plus de 6,7 millions de Sahéliens et de Sahéliennes souffriront de la faim d’ici à l’été 2021. Et malgré cette tragédie, les organisations humanitaires font face à des difficultés croissantes pour accéder aux populations dans le besoin.

A ce triste tableau s’ajoutent exactions et violences largement impunies contre les populations civiles de la part des diverses parties au conflit, y compris des accusations visant des forces de sécurité étatiques. Ces derniers mois l’ONU et les organisations de droits humains ont ainsi répertorié des cas de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires dont seraient responsables des éléments des armées malienne, burkinabè et nigérienne[[MINUSMA, Note sur les tendances des violations et abus de droits de l’homme (1er janvier-31 mars 2020), Division des droits de l’homme et de la protection, avril 2020
– Sahel : Mettre fin aux abus commis lors des opérations de lutte contre le terrorisme | Human Rights Watch (hrw.org)
– « Ils en ont exécuté certains et emmené d’autres avec eux » – Péril pour les populations civiles dans le Sahel, Amnesty International, juin 2020]]. La MINUSMA a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021 près du village de Bounti.

La crise que traverse le Sahel est multidimensionnelle, adossée à des facteurs sociaux, économiques et politiques, qui risque encore de s’aggraver avec la pandémie de Covid-19. La pauvreté touche 40% de sahéliens et sahéliennes. Plus de 2,5 millions d’enfants n’y sont pas scolarisés.

La moitié des habitants n’a pas accès à l’eau potable. Cette situation affecte particulièrement les femmes, qui restent par ailleurs largement exclues des espaces de prise de décision.

Et malgré ces immenses défis, les budgets dédiés à la santé[[Pour les pays du G5 Sahel + le Sénégal, le remboursement annuel de leurs dettes est équivalent à 140% des sommes allouées à leurs budgets de santé : https://www.oxfamfrance.org/financement-du-developpement/annuler-la-dette-des-pays-pauvres-une-mesure-durgence-face-au-coronavirus/]], l’éducation, l’agriculture, l’eau, l’assainissement ou encore la protection sociale sont sous pression, notamment pour répondre à l’accroissement des dépenses sécuritaires et au remboursement de dettes souveraines qui explosent. Les restrictions aux libertés publiques se multiplient, souvent légitimées par la lutte présentée contre le terrorisme.

Et ceux et celles qui ont le courage de dénoncer de potentiels détournements d’argent public – y compris d’aides militaires censées contribuer à la sécurité et à la stabilisation des populations – se retrouvent le plus souvent criminalisés et menacés.

Face à ce constat, les voix s’élèvent – au Sahel comme en Europe – pour pointer l’inadaptation des stratégies actuelles et appeler à un sursaut. La multiplication d’initiatives et l’enchaînement de sommets et conférences internationaux ces dernières années apparaissent comme le bégaiement d’une même stratégie qui a principalement misé sur une réponse militaire pour répondre à une crise qui bouleverse les contrats sociaux et les modèles de gouvernance, et qui dès lors appelle à des réponses bien plus complexes.

Le lancement de l’Alliance pour le Sahel en 2017 a voulu donner des gages d’un rééquilibrage vers les questions de développement, sans toutefois s’affranchir d’une vision instrumentale d’un nexus « diplomatie-défense-développement » qui s’avère inopérant. Le développement ne peut être facteur de paix s’il n’intègre pas l’enjeu des droits humains, de l’inclusion, de l’équité et de la redevabilité. Si le récent sommet de N’Djamena en février a conduit à certaines évolutions positives – notamment par la prise en considération de certaines causes profondes des conflits – elles doivent désormais se traduire en un réel changement de stratégie.

La stratégie de la France n’échappe pas à ces critiques. Le rôle prédominant de notre pays ces dernières années dans la définition de ces stratégies a donné le sentiment que l’avenir du Sahel se décide plutôt à Paris qu’à Bamako ou Ouagadougou. Et avec lui, un rejet toujours plus fort de l’action et de la présence françaises par une partie des populations sahéliennes, alors qu’elle interroge aussi de plus en plus l’opinion publique française. Nous n’attendons pas de la France qu’elle solutionne les défis du Sahel mais qu’elle accompagne un autre processus de reconstruction. Une autre approche est possible.

L’aide publique au développement française au Sahel stagne depuis 10 ans et l’an dernier notre pays participait à moins de 1% des besoins de financements humanitaires.La future loi sur le développement et la lutte contre les inégalités mondiales doit être l’occasion de repenser les modèles de développement et de croissance promus par notre aide.

Il convient aujourd’hui de remettre en cohérence notre action internationale, et d’inscrire en son cœur le renforcement des sociétés civiles locales, la promotion des droits humains, la protection des civils, la gouvernance inclusive, la justice, la lutte contre la corruption, l’égalité de genre ou encore la réduction des inégalités et la justice climatique. Les organisations locales qui agissent sur ces sujets sensibles et souvent dangereux pour leurs membres ont besoin d’un soutien politique, technique et financier plus affirmé.

Alors qu’un sommet Afrique-France se tiendra à Montpellier en juillet prochain,
nous appelons à une refondation de la politique de la France au Sahel. Refondation qui doit se construire sur un dialogue inclusif et un débat démocratique qui ont cruellement manqué depuis 2013. Ce débat doit prendre en compte la diversité des analyses et expertises en regroupant parlementaires, diasporas, monde académique, sociétés civiles d’ici et de là-bas, acteurs du développement et de la sécurité.

Pour réussir cette refondation, il est nécessaire d’être véritablement à l’écoute des communautés affectées ; les femmes et la jeunesse sahéliennes notamment, sont porteurs de solutions qui n’attendent qu’à être écoutées. Nos organisations en sont témoins, les initiatives citoyennes se multiplient au Sahel pour proposer d’autres schémas pour le futur de leurs pays, comme la récente « Coalition citoyenne pour le Sahel ».

La France doit être à l’écoute de ces aspirations. Il y a urgence.

Signataires de l’appel :
– CCFD-Terre Solidaire
– Tournons la page
– Secours Catholique
– Oxfam
– Survie
– Agir ensemble pour les droits humains
– Ritimo
– Conseil des Nigériens de France
– Haut-Conseil des Maliens de France
– Solidaires
– Jean-Claude Felix Tchicaya, Chercheur pour l’Institut de Prospective et Sécurité en Europe (IPSE)
– Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Directeur de recherches, Institut de recherche pour le développement
– Mouvement pour une Alternative Non-violente
– Justice et Paix France
– Mouvement de la Paix
– Solidarité Internationale LGBTQI
– ECPAT France
– Action Aid – Peuples Solidaires
– Plateforme Dettes & Développement
– Initiative pour un autre monde (IPAM)
– Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM)
– André Bourgeot, Anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS et au Laboratoire d’anthropologie sociale et spécialiste de la bande saharo-sahélienne
– Richard Banegas, Professeur de science politique à Sciences Po, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest et des Grands Lacs
– Rémi Carayol, journaliste
– Cordination SUD
– Médecins du Monde
– Marielle Debos, chercheuse en science politique, Université Paris Nanterre
– Réseau Foi & Justice
– Roland Marchal, chercheur CNRS
– Synergie Togo
– CICCA-Europe
– CARE France
– Jean-Pierre OLIVIER de SARDAN
Directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au LASDEL (Niger)
– Géraud Magrin
Professeur de géographie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Les sociétés sahéliennes qui soutiennent l’appel :
– AZHAR (Mali)
– Alternative Espaces Cioyens (AEC) Niger
– Action de Partenaires pour l’Appui au Développement (Tchad)
– Observatoire Kisal
– Afrikajom Center
– SOS-civisme Niger
– Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse Budgétaire – ROTAB (Niger)
– Public Interest Law Center – PILC (Tchad)
– Droits de l’Homme sans frontières (Tchad)
– Tchad Non Violence – TNV
– Agir pour Être (Niger)
– Syndicat national des agents contractuels et fonctionnaires de l’éducation de base – SYNACEB (Niger)
– Union des Syndicats du Tchad – UST
– Réseau panafricain pour la paix, la démocratie et le développement – REPPAD (Niger)
– APAISE (Niger)

Pour aller plus loin :

Pourquoi il faut refonder la politique de la France au Sahel

Deux minutes pour comprendre les limites des politiques d’intervention au Sahel (infographie)

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Journée de la terre 2021 : un espoir pour la défense de l’environnement en Amérique latine https://terresolidaire.devbe.fr/journee-de-la-terre-2021-un-espoir-pour-la-defense-de-lenvironnement-en-amerique-latine/ https://terresolidaire.devbe.fr/journee-de-la-terre-2021-un-espoir-pour-la-defense-de-lenvironnement-en-amerique-latine/#respond Wed, 21 Apr 2021 16:20:15 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/journee-de-la-terre-2021-un-espoir-pour-la-defense-de-lenvironnement-en-amerique-latine/ En Amérique Latine, la lutte pour la protection de l’environnement oscille entre deuils, préoccupations et

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En Amérique Latine, la lutte pour la protection de l’environnement oscille entre deuils, préoccupations et espérance. En cette Journée de la Terre, Walter Prysthon, responsable du service Amérique Latine et Caraïbes au CCFD-Terre Solidaire, nous explique pourquoi l’Accord d’Escazu est une bonne nouvelle pour les défenseurs et défenseuses de l’environnement.


salarie-e_du_ccfd-terre_solidaire_janvier_2018-034-2.jpgLes injustices et les violences contre les défenseurs de l’environnement en Amérique latine sont encore trop nombreuses. En Colombie, au Guatemala, au Brésil, au Pérou, le nombre de militants sociaux assassinés ne cesse d’augmenter, endeuillant les communautés et les sociétés, aujourd’hui aussi frappées par la covid-19.

La recherche du profit à court terme renforce les politiques extractivistes qui détruisent l’environnement et rend vulnérables les opposants aux mégaprojets.

Dans ce contexte, l’entrée en vigueur de l’Accord d’Escazu, en ce jour symbolique de la journée de la terre du 22 avril 2021, représente une espérance.

C’est aussi une manière de rendre hommage aux défenseuses et aux défenseurs qui, au quotidien, risquent leur vie face à des intérêts économiques puissants.

Du nom de la ville costaricaine où il a été adopté en 2018, l’Accord d’Escazu a pour objectif de garantir l’accès plein et effectif des citoyens à l’information en matière de projets environnementaux ; la participation publique dans des processus de prise de décision ; et l’accès à la justice en matière environnementale.

Il s’agit du premier accord régional latino-américain et caribéen contraignant en matière environnementale. Cet accord ouvre aussi la voie pour des mécanismes de coopération entre les pays. Et surtout, il contient des dispositions spécifiques sur les défenseurs des droits humains engagés sur des questions environnementales qui les protègent et encouragent dans leur travail.

© Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire
© Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

Les contenus de l’Accord sont en cohérence avec des dispositifs déjà existants comme la Convention 169 de l’Organisation International du Travail, sur le droit de consultation préalable des peuples indigènes sur des projets envisagés sur leurs territoires, ainsi qu’avec la revendication du renforcement du devoir de vigilance des entreprises en matière de droits humains et d’environnement.

Arrestation de Bernard Caal Xol
Arrestation de Bernard Caal Xol

Au regard des dispositions de l’Accord concernant la garantie d’un « environnement favorable au travail des personnes, associations, organisations ou groupes qui œuvrent en faveur de la protection de l’environnement », des situations comme celle de Bernardo Caal Xol, leader maya Q’eqchi, injustement maintenu en prison depuis plus de trois ans au Guatemala, ne seraient peut-être pas envisageables.

En effet, dans le cadre d’un conflit opposant 124 communautés à une entreprise porteuse du projet de construction de deux centrales hydroélectriques sur les fleuves Oxec et Cahabón, Bernado Caal Xol a été condamné, en absence de preuves et sans un procès équitable, à plus de 7 ans de prison.

Ce cas – malheureusement pas unique en Amérique latine – relève d’une utilisation indue du droit pénal en faveur d’intérêts économiques, et vise à intimider et affaiblir les mouvements de contestation. Ce type de procédé a été dénoncé à plusieurs reprises par des organismes tels que la Cour Interaméricaine de Droits Humains.

Sans doute, le sort de Bernardo Caal Xol pourrait être tout autre, si l’accord existait déjà à l’époque et s’il était ratifié par le Guatemala… Les communautés Q’eqchis auraient eu accès, dans leur langue, à l’information pertinente sur le projet avant sa mise en œuvre ; elles auraient été consultées ; leurs droits protégés ; leurs leaders n’auraient pas été criminalisés ; des tribunaux spécialisés avec des fonctionnaires formés se seraient saisis du cas pour un jugement équitable qui ne traîne pas en longueur.

En offrant aux défenseurs de l’environnement des garanties d’accès à l’information et de recours à la justice, les Etats ayant ratifié l’Accord d’Escazu font un pas considérable pour protéger les générations futures. La reconnaissance des défenseurs de l’environnement participe au renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit.

En cela, l’Accord d’Escazu laisse entrevoir la possibilité d’une autre voie pour la résolution des conflits socio-environnementaux, et représente un espoir pour les communautés paysannes et indigènes aujourd’hui encore assez démunies pour faire valoir leur droit au territoire et à un environnement sain.

Walter Prysthon
Responsable de Service Amérique latine – Caraïbes

POUR ALLER PLUS LOIN : 

Les défenseurs des droits humains en danger : le chiffre de la semaine

Amérique Latine et Caraïbes

Consultez notre dossier artisanes et artisans de paix.

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Pourquoi il faut refonder la politique de la France au Sahel https://terresolidaire.devbe.fr/pourquoi-il-faut-refonder-la-politique-de-la-france-au-sahel/ https://terresolidaire.devbe.fr/pourquoi-il-faut-refonder-la-politique-de-la-france-au-sahel/#respond Wed, 14 Apr 2021 17:11:01 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/pourquoi-il-faut-refonder-la-politique-de-la-france-au-sahel/ La Coalition citoyenne pour le Sahel et la société civile française se mobilisent pour repenser

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La Coalition citoyenne pour le Sahel et la société civile française se mobilisent pour repenser les stratégies de réponse à la crise sahélienne. Jessica Pascal, chargée de mission au CCFD-Terre Solidaire, nous explique pourquoi il y a urgence à écouter davantage la voix des organisations de la société civile sahélienne.


salarie_e_du_ccfd-terre_solidaire_2016-2_022-3.jpg

La région du Sahel connaît une intensification des conflits sans précédent. La crise sécuritaire que traverse cette région, est une crise multidimensionnelle alimentée par des facteurs sociaux, économiques et politiques.

Les stratégies de réponse à cette crise, promues par les Etats du Sahel central (Mali, Niger, Burkina Faso) – comme la communauté internationale– sont de plus en plus critiquées. Elles ne répondent pas aux causes profondes de cette crise et sa complexité. Bien au contraire…

Les populations sahéliennes sont confrontées à la restriction de leurs libertés publiques, à la criminalisation des acteurs des sociétés civiles, à l’impunité face à la corruption et aux exactions croissantes causées par les forces armées.

Les Etats sahéliens, avec le soutien de la communauté internationale, et de la France, particulièrement active, ont misé sur une approche principalement sécuritaire. Même si elle intègre une dimension de développement, cette approche repose sur un modèle de développement et de croissance source d’inégalités, qui alimente la crise.

Or, la France est particulièrement active auprès des Etats sahéliens et de la communauté internationale. Depuis 2013, elle intervient militairement au Sahel (avec l’opération Serval puis Barkhane), en coordination avec d’autres acteurs. Elle a également fait preuve d’un activisme diplomatique pour accroître les moyens militaires dédiés à la lutte contre le terrorisme dans la région.

Mais, de nombreux experts pointent un manque de visibilité quant aux objectifs politiques de cette intervention, au-delà des objectifs militaires, alors même que cette intervention n’a jamais été débattue au parlement français.

La France doit se montrer à l’écoute des revendications portées par les Sahéliennes et les Sahéliens. Ces revendications témoignent d’une remise en cause profonde du modèle d’Etat et de gouvernance qui est en jeu, ainsi que du modèle de développement et de croissance – promu par notre coopération – qui montre ses limites.

En tant qu’acteur de solidarité internationale, nous sommes témoins de certaines incohérences et de certaines faiblesses de notre aide qui ne prête pas assez d’attention au respect des droits humains et aux attentes de la société civile.

Nous devons interpeller les politiques pour être davantage à l’écoute de propositions alternatives, et de nouveaux modèles qui peuvent contribuer à la paix.

Au CCFD-Terre Solidaire, nous sommes témoins que les sociétés civiles sahéliennes ont beaucoup de choses à dire et qu’elles sont porteuses de solutions. C’est pourquoi nous soutenons, la Coalition Citoyenne pour le Sahel, lancée en juillet 2020. Elle réunit une cinquantaine d’organisations de la société civile et de personnalités sahéliennes, avec le soutien d’une vingtaine d’organisations internationales.

Pour mettre les décideurs politiques face à leurs responsabilités, la Coalition publie un rapport, Sahel : ce qui doit changer. Ce rapport formule des recommandations politiques concrètes autour de 4 piliers citoyens et mesure la progression de leur mise en œuvre via des indicateurs de suivi.

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Une dynamique de plaidoyer proprement française a aussi récemment vu le jour, afin de pousser les autorités politiques françaises à repenser leur rôle et leur stratégie dans son soutien à la résolution de la crise au Sahel.

Le CCFD-Terre Solidaire vous invite à rejoindre l’appel qu’elle lance avec ses alliés –OXFAM, Tournons La Page et le Secours Catholique –, pour pousser, en premier lieu, à plus de concertation, plus de débat.

En tant que français, nous devons être davantage attentifs à ce que fait la France au Sahel.

Jessica Pascal, chargée de mission Sahel au CCFD-Terre Solidaire.

POUR ALLER PLUS LOIN : 

Soutenez et partagez l’appel du CCFD-Terre Solidaire, et de ses alliés, pour une refondation de la politique sahélienne de la France.

Consultez le rapport de la Coalition citoyenne pour le Sahel

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Le patriarcat est un obstacle à la lutte contre la faim dans le monde https://terresolidaire.devbe.fr/le-patriarcat-est-un-obstacle-a-la-lutte-contre-la-faim-dans-le-monde/ https://terresolidaire.devbe.fr/le-patriarcat-est-un-obstacle-a-la-lutte-contre-la-faim-dans-le-monde/#respond Mon, 08 Mar 2021 13:12:26 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/le-patriarcat-est-un-obstacle-a-la-lutte-contre-la-faim-dans-le-monde/ La pandémie de la Covid-19 montre, une fois encore et dans le monde entier, que

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La pandémie de la Covid-19 montre, une fois encore et dans le monde entier, que les femmes sont particulièrement exposées à la pauvreté.


presidente.jpgSylvie Bukhari-de Pontual est la présidente du CCFD-Terre Solidaire. En cette journée du droit des femmes, elle montre à quel point la culture patriarcale et le déni des droits des femmes sont une entrave à la lutte pour la souveraineté alimentaire dans le monde.

La crise Covid-19 jette une lumière crue sur les inégalités entre les hommes et les femmes.

Alors que 70 % des employés du secteur de la santé sont des femmes, ces dernières se trouvent exposées à des risques accrus de violences conjugales au sein de foyer confinés, de difficultés à trouver un refuge en cas de problème, de perte d’un emploi trop souvent précaire ou à temps partiel…

Le patriarcat est un système d’organisation sociale qui nie les droits des femmes partout dans le monde en produisant des rapports de domination masculines : domination économique ou financière, politique ou sociale, culturelle ou religieuse…

Cela peut prendre différentes formes :

– une organisation agricole qui ne reconnaît pas le travail des femmes et les prive de l’accès à la propriété foncière ;

– une famille au sein de laquelle les filles ne peuvent pas prendre les décisions qui les concernent au premier chef ;

– une législation qui considère les femmes comme d’éternelles mineures ;

– une société consumériste qui marchandise le corps des femmes ;

– une communauté qui ferme les yeux sur les violences sexuelles…

Se priver de la moitié de potentiel

Je crois fermement que le patriarcat est l’une des causes structurelles de la pauvreté et de la faim.

Parce qu’une société qui se prive de la moitié de ses membres se prive aussi de la moitié de son potentiel de développement.

Et parce que les obstacles à la justice sociale sont aussi des obstacles à un développement harmonieux.

Nous en faisons quotidiennement l’expérience sur le terrain, dans plus de 70 pays à travers le monde : non seulement le patriarcat va à l’encontre de nos valeurs, mais il entrave toute action contre la pauvreté et en faveur de la souveraineté alimentaire.

La lutte contre le patriarcat, un défi engagé pour les six prochaines années

Nous avons décidé d’en faire l’une des grandes orientations de notre action pour les six prochaines années : nous voulons aider les femmes à avoir un meilleur accès aux ressources et à prendre la maîtrise de leur vie.

Cela passe par l’éducation et le partage d’expériences.

Mais c’est aussi un enjeu politique : en accédant à des responsabilités locales, nationales et internationales, les femmes pourront trouver leur juste place au sein de leur famille et de leur communauté.

Qu’attendons-nous pour agir collectivement sur les mentalités et les représentations ?

Sylvie Bukhari-de-Pontual, Présidente du CCFD-Terre Solidaire. 

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A Nouadhibou en Mauritanie, un carrefour migratoire de tous les dangers https://terresolidaire.devbe.fr/a-nouadhibou-en-mauritanie-un-carrefour-migratoire-de-tous-les-dangers/ https://terresolidaire.devbe.fr/a-nouadhibou-en-mauritanie-un-carrefour-migratoire-de-tous-les-dangers/#respond Mon, 15 Feb 2021 23:38:32 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/a-nouadhibou-en-mauritanie-un-carrefour-migratoire-de-tous-les-dangers/ C’est un cri d’alarme que nous avons reçu du père Florian Pachel Mbabe Mohizi, de

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C’est un cri d’alarme que nous avons reçu du père Florian Pachel Mbabe Mohizi, de la Caritas Nouadhibou soutenue par le CCFD-Terre Solidaire en Mauritanie. Il est le témoin du destin dramatique des milliers de personnes migrantes qui passent par sa ville pour tenter de rejoindre l’Europe. Soit par la mer vers les iles Canaries, soit par le désert vers la Méditerranée.


pere_florian_pachel.pngToujours et encore, le décompte n’en finit plus.

Selon la Direction régionale de la sûreté Nationale à Nouadhibou, un total de 164 personnes migrantes, sénégalaises, maliennes et ivoiriennes ont été secourus à Nouadhibou sur la journée du 3 février 2021.

Une dizaine d’entre elles sont mortes de déshydratation durant 5 jours de calvaire, alors qu’elles traversaient la mer Méditerranée pour gagner les îles Canaries.

Ce sont d’abord 118 personnes migrantes sénégalaises, maliennes et ivoiriennes, dont des femmes avec enfants et une majorité de jeunes âgés de 18 à 30 ans, en route vers les Îles Canaries, qui ont été secourues, suite à la panne du moteur de leur embarcation.

Leur bateau n’avait plus d’essence. 10 d’entre elles, dont un enfant, sont mortes affamées, assoiffées et épuisées, dans la pirogue à environ 25km au nord de la ville de Nouadhibou, près de la frontière avec le Sahara occidental, encore un drame qui rappelle combien les migrations de la Mauritanie vers les îles Canaries restent meurtrières.

C’est un nouveau témoignage des risques considérables que prennent de très nombreux jeunes africains et africaines pour tenter de gagner l’Europe pour des raisons économiques, sociales et politiques.

Les 108 rescapés ont été acheminés au port de Nouadhibou, où ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge et la Caritas Paroissiale Nouadhibou : distribution de tenues vestimentaires contre le froid, assistance médicale d’urgence, nourriture chaude et eau minérale. Une dizaine d’entre eux sont en ce moment dans un état critique à l’hôpital de base de Nouadhibou.

Le même jour, aux environs de 18h, 36 autres personnes migrantes, toutes de nationalité malienne, ont été également interceptés par Frontex, dans le cadre de la lutte contre l’émigration irrégulière, au cœur du désert du Sahara occidental alors qu’elles cherchaient à se rendre au Maroc. 

Les dangers de cette route sont connus : le 22 janvier dernier, un migrant guinéen est mort de soif dans le désert à 18km de Nouadhibou, au cours d’une tentative identique.

Ces personnes migrantes, abusées par leurs passeurs, ont été abandonnées au milieu du désert entre les villes de Nouadhibou et Dakhla.

Les passeurs leur ont dit qu’ils allaient revenir les chercher dans quelques heures, mais ils ne l’ont jamais fait, a déclaré un survivant.

Égarées après un jour de marche dans le désert pour chercher de l’aide, elles ont été victimes de la chaleur (la température avoisinait les 42 degrés) et de la déshydratation, ne disposant que de deux bouteilles de 75 centilitres chacun.

Toutes ont commencé à ressentir une fatigue extrême, des crampes, un état semblable à l’ébriété. Leur peau et leur langue sont devenues sèches.

Elles ont été sauvées et acheminées à Nouadhibou, suite à une opération aérienne de recherche et de sauvetage. Une assistance d’urgence et les soins médicaux leur ont été donnés à Nouadhibou, par la Caritas Nouadhibou.

Dans le cadre de son engagement pour les personnes migrantes et réfugiées vulnérables depuis environ dix ans, la Caritas Nouadhibou soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, met tout en œuvre pour sensibiliser sur les risques et dangers des routes migratoires, et pour combattre la traite et le trafic des personnes.
Elles ont mis également en place à Nouadhibou un mécanisme de protection sociale et sanitaire au profit des personnes migrantes, réfugiées et personnes vulnérables.

En conclusion, nous lançons un vibrant appel à toutes les personnes de bonne volonté, afin de porter plus d’attention aux populations migrantes affectées par la crise sanitaire et sociale du Covid-19.

« Puisse le Seigneur nous rendre la vue, pour redécouvrir ce que signifie être membres de la famille humaine » – Pape François.

Florian Pachel Mbabe Mohizi, de la Caritas Nouadhibou

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De Calais à Dajabon : sans papiers, pas de vie ! https://terresolidaire.devbe.fr/de-calais-a-dajabon-sans-papiers-pas-de-vie/ https://terresolidaire.devbe.fr/de-calais-a-dajabon-sans-papiers-pas-de-vie/#respond Wed, 16 Dec 2020 08:58:44 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/de-calais-a-dajabon-sans-papiers-pas-de-vie/ A l’occasion de la Journée internationale des personnes migrantes, nous attirons l’attention sur deux zones

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A l’occasion de la Journée internationale des personnes migrantes, nous attirons l’attention sur deux zones frontières avec un podcast et un reportage réalisés sur le terrain : l’un en France, sur la côte d’Opale, à la frontière avec la Grande Bretagne ; l’autre en République Dominicaine, dans la ville de Dajabon, à la frontière avec Haïti.


Pourtant éloignées de par leur contexte et leur histoire, nos associations partenaires sur place témoignent d’une même réalité : ces lieux de vie et de passage sont emprunts de discriminations, d’expulsions, de violences et de racisme à l’encontre des personnes migrantes.


Les personnes migrantes encore plus vulnérables avec la crise

 « La police nous contrôle systématiquement », témoigne Odila Jean Baptiste à Mara, bidonville de Dajabon en bordure du rio Masacre qui marque la frontière avec Haïti.

ReportageEn République dominicaine, la détresse des migrants haïtiens

Un constat qui fait tristement écho au témoignage de Mohammed battu par la police à Calais alors qu’il tentait un passage vers l’Angleterre (à écouter dans le podcast ci-dessous) .

Ces situations se sont aggravées avec la période de crise sanitaire et économique que nous avons connu en 2020. Particulièrement touchées par la crise, du fait de leur précarité économique ou leurs conditions de logement, elles ont été aussi victimes d’un durcissement des politiques migratoires à travers le monde.

Les associations venant en aide empêchées de maintenir leurs activités

La guerre contre le virus s’est doublée d’une guerre contre les personnes migrantes ». Et les associations venant en aide aux personnes migrantes ont été souvent empêchées de maintenir leurs activités d’aide et d’accompagnement malgré l’urgence de la crise.

Que ce soit en République dominicaine ou sur la côte d’Opale, les deux reportages nous montrent la force des associations soutenues par le CCFD-Terre Solidaire pour accompagner les personnes migrantes et dénoncer ces violations des droits les plus fondamentaux.

Les associations se coordonnent pour faire entendre leurs voix

Dans l’île d’Hispaniola, la plateforme « Dominicains de Droit », regroupe toutes les organisations de la société civile qui travaillent et luttent auprès des personnes rendues apatrides par l’Etat Dominicain, et ce à l’encontre des dispositions du droit international.
Cette plateforme se bat pour réclamer les droits de plus de 200 000 personnes, descendantes d’Haitiens et des Haitiennes nées en République Dominicaine et mises à l’écart de la société.

A la frontière franco-britannique, la Plateforme des Soutiens aux Migrants et Migrantes réunit plus de 30 organisations qui agissent de concert pour mener des actions de sensibilisation et de plaidoyer à destination des autorités.

« Sans papiers, pas de vie », car sans papiers, pas de droits.

L’absence de papier d’identité en République Dominicaine, comme l’absence de titre de séjour en France, vient entraver l’accès aux droits économiques et sociaux des personnes migrantes. Cette absence les expose à des arrestations arbitraires et des expulsions abusives.

Elles occupent pourtant des activités essentielles à nos société

Alors que leur existence est reniée, le rôle des travailleurs et des travailleuses migrantes a pourtant été révélé comme indispensable durant toute l’année 2020. Elles ont occupé les activités dites « essentielles » à nos sociétés, travaillant dans des conditions difficiles, souvent sans papier, pour maintenir nos économies.

Cette incohérence est décriée par les associations, citoyens et citoyennes, réunies à l’occasion de la journée internationale des migrants et migrantes pour l’Acte 4 de la Marche des Solidarités afin de réitérer leur demande pour la régularisation de tous et toutes.

Solène Bedaux , chargée de mission migrations au CCFD-Terre Solidaire
Jules Girardet , chargé de mission Caraïbes et Amazonie Brésilienne

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Coronavirus et migrations : le piège du repli sur soi https://terresolidaire.devbe.fr/coronavirus-et-migrations-le-piege-du-repli-sur-soi/ https://terresolidaire.devbe.fr/coronavirus-et-migrations-le-piege-du-repli-sur-soi/#respond Mon, 28 Sep 2020 13:15:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/coronavirus-et-migrations-le-piege-du-repli-sur-soi/ Avec la fermeture des frontières, le Covid 19 bouleverse notre rapport à la mobilité. Et

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Avec la fermeture des frontières, le Covid 19 bouleverse notre rapport à la mobilité. Et si c’était le moment de repenser l’égalité de droits et l’accession à la citoyenneté. Nina Marx, Responsable de l’équipe Migrations internationales au CCFD-Terre Solidaire nous fait part de son analyse et de ses propositions.


nina_8.jpgSpécialiste des questions de migrations internationales, Nina MARX s’est particulièrement intéressée depuis une quinzaine d’années aux situations des personnes exilées en Afrique et en Amérique Latine.

Responsable de l’équipe Migrations au CCFD-Terre Solidaire, elle coordonne l’accompagnement d’une cinquantaine d’organisations partenaires en France et a l’international. Elle est également particulièrement engagée dans la construction d’une alliance avec les villes accueillantes.

Face à la pandémie liée au Covid-19, le monde de la mobilité des personnes s’est subitement figé. En quelques heures, les frontières internes de l’espace Schengen, vieux de 30 ans, ont été rétablies.

Impossible désormais de rallier un continent à l’autre.

Chaque pays s’est replié sur lui-même, chacun s’est replié chez et sur soi.

Les citoyens européens font pour la première fois l’expérience d’être privés du droit de voyager, quand pour d’autres c’est la norme.

Malgré une crise sanitaire sans précédent, de nombreux Etats européens ont maintenu leur politique de démantèlement de campements, de persécution policière, de militarisation des frontières, de non-assistance aux personnes en danger notamment en Méditerranée.

Partout dans le monde, au Brésil, aux USA, et ailleurs on a continué à nier les droits fondamentaux des personnes les plus vulnérables… et on a clamé la construction de murs pour se replier encore un peu plus.

 

Ces pratiques ont d’ores et déjà des conséquences désastreuses :

une hausse des morts et disparitions de personnes en Méditerranée,
– le risque de développement de foyers infectieux dans des zones de privation de liberté notamment dans les centres de tri (« hot spots ») à la frontière entre la Grèce et la Turquie, et dans les campements de personnes à la rue,
l’absence d’accès aux soins
les violations des droits juridiques les plus fondamentaux, dont le droit d’asile pour les personnes qui ont été contraintes de fuir leur pays

Si un tournant n’est pas rapidement pris, cette crise sanitaire, économique et sociale aura aussi comme conséquence la précarisation extrême de personnes exilées abandonnées sans ressources.


Que sera le monde d’après ?

A quand un monde où circuler librement et de façon raisonnée sera un droit pour tous, à quand une Europe et un monde où les principes d’égalité et de solidarité ne seront plus seulement le combat des associations ?

Cette crise ne pourrait-elle pas aussi être porteuse d’espérance et constituer une opportunité pour exiger et mettre en œuvre un autre monde ?

Nina Marx, Responsable du service Migrations internationales du CCFD-Terre Solidaire. 

Pour en savoir plus, consulter la note d’analyse de Nina Marx :

Note d’analyse sur les migrations : le piège du repli sur soi,

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La France, complice de la déforestation https://terresolidaire.devbe.fr/la-france-complice-de-la-deforestation/ https://terresolidaire.devbe.fr/la-france-complice-de-la-deforestation/#respond Tue, 15 Sep 2020 10:17:03 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/la-france-complice-de-la-deforestation/ En un an, l’Amazonie a perdu l’équivalent de 1.2 millions de terrains de football. Les

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En un an, l’Amazonie a perdu l’équivalent de 1.2 millions de terrains de football. Les engagements des Etats, la médiatisation et l’indignation ne changent rien. La principale cause de déforestation, à savoir l’agriculture industrielle reste, elle, trop peu connue. Or c’est à ce niveau que le gouvernement français a en main de puissants leviers pour avoir un impact.


manon_castagne___portrait3.jpg

Manon Castagné est chargée de plaidoyer Souveraineté alimentaire et climat au CCFD-Terre Solidaire.

Spécialisée dans l’écologie politique, son travail se concentre sur les questions de séquestration et de compensation carbone par le secteur agricole.

100 incendies par jour en Amazonie.

C’est ce nombre qui s’est murmuré dans les médias au début du mois d’août, dans une indifférence générale surprenante. L’été dernier, le nombre de départs de feu, pourtant moindre, avait indigné la communauté internationale.

Les forêts naturelles sont irremplaçables – pourtant, nous continuons de les perdre.

Depuis 1990, la planète perd chaque année l’équivalent des régions Haut-de-France et Centre réunies.

Les forêts sont les écosystèmes qui abritent la plus grande biodiversité terrestre. Elles sont les lieux de vie de nombreuses communautés, dont les savoirs sont cruciaux pour la préservation des forêts.

Les forêts sont aussi un réservoir de carbone essentiel à la vie de la planète et aux équilibres climatiques.

Or on ne sait pas remplacer ce qui se perd. Malgré les prouesses scientifiques et technologiques dont l’humain est capable, il n’a pas encore trouvé comment recréer des écosystèmes aussi complexes. Notre ignorance demeure grande. Les arbres plantés, par exemple pour des projets de compensation carbone, ne viendront jamais remplacer les forêts rasées, brulées ou dégradées.


L’agriculture industrielle se sert – la France est complice

La principale cause de déforestation ne change pas : c’est l’agriculture industrielle à visée exportatrice qui est responsable à elle seule de 40% de la déforestation ces dix dernières années.

A côté de ces chiffres, la déclaration de New York sur les forêts, par lesquels les pays signataires se sont engagés à mettre un terme à la déforestation en 2020, fait pâle figure.
Cargill, géant de l’agribusiness largement présent en Amazonie, avait par exemple signé la déclaration de New York sur les forêts…


C’est principalement pour l’élevage, les cultures de soja et d’huile de palme que ces forêts sont détruites.

La France fait donc partie des complices actifs sur ce dossier en figurant dans le top 5 des pays européens importateurs de soja, avec 3.5 millions de tonnes de soja importés en 2017, pour nourrir nos bêtes.

Elle est également un poids lourd de l’importation d’huile de palme, et a donné à Total l’autorisation d’en importer 550 000 tonnes par an – pour nourrir nos voitures cette fois.

Peu de personnes savent que certains produits du quotidien ont également une empreinte de déforestation.


Agroécologie, Mercosur… la France a les cartes en main

Aujourd’hui, le gouvernement français doit prendre 3 mesures significatives contre la déforestation :

Renoncer définitivement à l’accord de libre échange UE-Mercosur, dont l’impact social et environnemental, notamment sur la déforestation, s’annonce catastrophique (à retrouver dès demain mercredi 15 septembre notre rapport à ce sujet).

Mettre en œuvre la Stratégie Nationale Déforestation Importée (SNDI) en cessant d’importer les produits contribuant à la déforestation. Adoptée il y a deux ans, elle est restée lettre morte.

Déployer l’agroécologie en France, comme alternative au modèle agricole industriel qui génère la déforestation. Pour l’instant, le plan de relance ne prévoit que 0.4% des fonds pour la transition agroécologique, sous des formes incapables de représenter un réel levier pour les agriculteurs (appels à projets, subventions, etc.)

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Pourquoi nous devons agir contre l’annexion d’une partie de la Cisjordanie (et comment) https://terresolidaire.devbe.fr/pourquoi-nous-devons-agir-contre-lannexion-dune-partie-de-la-cisjordanie-et-comment/ https://terresolidaire.devbe.fr/pourquoi-nous-devons-agir-contre-lannexion-dune-partie-de-la-cisjordanie-et-comment/#respond Fri, 26 Jun 2020 15:33:58 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/pourquoi-nous-devons-agir-contre-lannexion-dune-partie-de-la-cisjordanie-et-comment/ L’annexion d’une partie de la Cisjordanie annoncée par le gouvernement israélien représente un tournant dans

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L’annexion d’une partie de la Cisjordanie annoncée par le gouvernement israélien représente un tournant dans l’histoire du conflit israélo-palestinien. Cette violation fondamentale du droit international représente aussi un défi pour l’avenir des relations entre Etats. Il est urgent que nos gouvernements agissent enfin concrètement pour que l’occupation du Territoire occupé cesse enfin et pour un respect du droit international.

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Passionnée du Moyen-Orient, Emmanuelle Bennani-Caillouët est mobilisée sur la résolution des conflits depuis des années.

Elle accompagne des dynamiques associatives en Palestine et en Israël ainsi que des actions de sensibilisation et de plaidoyer pour une résolution du conflit israélo-palestinien. Elle est actuellement responsable du service Afrique du Nord, Moyen-Orient, Balkans au CCFD-Terre Solidaire.

 

Le gouvernement israélien d’unité nationale formé le 6 avril, dans le contexte du Covid-19 et après des mois d’atermoiements politiques, a annoncé la possibilité d’annexer unilatéralement une partie de la Cisjordanie à partir du 1er juillet.

53 années d’occupation

Depuis 1967 et l’occupation de la Cisjordanie, nous assistons à une fuite en avant. Les 53 années d’occupation israélienne sur le Territoire palestinien, et en particulier les années post Oslo (1993), ont été marquées par un contrôle accru sur les populations et sur le territoire.

Aujourd’hui la Palestine est fragmentée en Territoires séparés. Les Palestiniens de la Bande de Gaza et en Cisjordanie ne peuvent circuler librement ni vers Israël ni d’une zone à l’autre. Plus de 600 000 colons sont installés en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Un réseau d’infrastructures routières interdites aux Palestiniens permet aux colons de se déplacer facilement à l’intérieur de la Cisjordanie, tandis que la libre circulation des Palestiniens y est entravée.

Au fil des ans, les violations du Droit international, du droit international des droits humains et du droit international humanitaire se sont multipliées et aggravées alors qu’augmentait la violence des colons envers les populations palestiniennes.

Une annexion “de jure”, formalisée par un texte de loi renforcerait l’annexion “de facto” en place. Elle conduirait à un renforcement des accaparements et expropriations de terres, à la nationalisation des propriétés et des terres privées palestiniennes, aux restrictions accrues à la liberté de circulation, aux expulsions de population.

La fin de la solution à deux Etats

Aujourd’hui le statut juridique pour les Palestiniens vivant dans les zones qui pourraient être bientôt annexées n’est pas connu. Mais il est clair qu’avec l’annexion, une issue au conflit basée sur la solution à 2 Etats disparaîtrait définitivement pour laisser la place à une réalité à un Etat, dans lequel, en fonction de l’origine ethnique, certaines personnes auraient la pleine citoyenneté et les droits civils et politiques et d’autres non.

Le rapporteur spécial des Nations Unies pour la situation des droits de l’homme dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967, Michael Lynk, a déclaré que « le plan cristalliserait un apartheid du XXIe siècle, laissant dans son sillage la disparition du droit des Palestiniens à l’autodétermination ».

Une violation inacceptable du droit international

L’annexion aurait aussi des répercussions sur d’autres conflits territoriaux et sur le droit international.

Une annexion territoriale équivaut à un acte d’agression et est strictement interdite par le droit international en toutes circonstances. L’annexion serait une violation au droit des peuples à l’auto-détermination.

Si nos gouvernements n’agissent pas enfin concrètement pour mettre un terme à l’annexion de la Cisjordanie, un verrou de plus sautera dans le système multilatéral mis en place après la seconde guerre mondiale.

La Déclaration universelle des droits humains, les Conventions de Genève, le droit international humanitaire ont été construits pour veiller à assurer des valeurs communes au niveau mondial, pour que la justice prédomine sur la force et la barbarie.

C’est ce message que plus de 1000 parlementaires de 25 pays européens (et du parlement européen, dont 100 Français) ont lancé, à l’appui d’une initiative de A. Burg, ancien Président de la Knesset, et d’autres personnalités israéliennes aux Ministres des différents gouvernements et au Haut représentant de l’Union européenne :
« Nous soutenons pleinement cette affirmation : l’acquisition de territoire par la force n’a pas sa place en 2020 et devrait avoir des conséquences proportionnelles. L’absence de réponse adéquate encouragerait d’autres États ayant des revendications territoriales à ne pas respecter les principes fondamentaux du droit international. L’ordre mondial fondé sur des règles est essentiel pour la stabilité et la sécurité à long terme de l’Europe. Nous avons un intérêt profond à le protéger et en portons la responsabilité. ».

Au delà de la déclaration, il faut poser des actes concrets

L’annexion a fait l’objet de nombreuses condamnations officielles. Ces prises de position font écho aux nombreuses déclarations internationales et résolutions des Nations unies qui ont truffé l’histoire agitée du conflit israélo-palestinien. Sont en effet légion : les dénonciations de la colonisation, des destructions d’infrastructures – dont celles financées par nos Etats, et les demandes de levée du siège de la Bande de Gaza.

Mais sans actes concrets, elles n’ont pas empêché la poursuite de la colonisation, l’asphyxie économique et sociale de la Palestine et la poursuite du conflit israélo-palestinien. Les gouvernements israéliens successifs bénéficient ainsi d’une impunité dangereuse et criminelle.

Depuis les années 1970, le CCFD-Terre Solidaire est aux côtés d’acteurs palestiniens et israéliens qui mettent en place avec passion des projets pour transformer la vie des gens. Et pourtant, nous avons aussi assisté avec elles et eux à la dégradation dramatique de la situation.
Nous savons que seules, les mobilisations de Palestiniens et d’Israéliens ne suffiront pas. Des interventions internationales et des pressions sont nécessaires pour mettre fin à ce conflit, comme ce fut le cas en Afrique du Sud ou au Timor oriental.

L’Union européenne et la France peuvent agir concrètement

L’Union européenne et la France peuvent agir concrètement ! Dans le cas de l’annexion de la Crimée par la Russie, l’UE a prouvé sa volonté de réagir fermement contre une annexion illégale. Des moyens existent et peuvent être mis en place rapidement.

L’UE dispose de nombreuses mesures en phase avec les accords signés avec Israël et sa propre législation : elle pourrait appliquer la différenciation entre Israël et les colonies illégales de Cisjordanie (exclure les Territoires occupés des relations avec Israël) voire envisager la suspension de l’accord d’association UE-Israël en cas d’annexion.

Enfin, alors que l’administration Trump a ouvert la voie à l’annexion de la Cisjordanie avec le plan portant le nom du président américain, présenté en janvier 2020, le moment est venu pour l’UE de jouer enfin un rôle actif de médiateur pour qu’un accord multilatéral puisse être trouvé.

Ce moment est un moment charnière. Des actes concrets sont attendus pour qu’enfin Palestiniens et Israéliens puissent vivre ensemble en paix sur cette terre. Ils sont nécessaires aussi pour que le droit international reste le cadre de notre ordre international.

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Covid-19 : face à la crise économique, le devoir de vigilance https://terresolidaire.devbe.fr/covid-19-face-a-la-crise-economique-le-devoir-de-vigilance/ https://terresolidaire.devbe.fr/covid-19-face-a-la-crise-economique-le-devoir-de-vigilance/#respond Thu, 23 Apr 2020 16:06:55 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/covid-19-face-a-la-crise-economique-le-devoir-de-vigilance/ Au-delà de la crise sanitaire, se profile une crise économique mondiale sans précédent. Ouvriers, travailleurs

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Au-delà de la crise sanitaire, se profile une crise économique mondiale sans précédent. Ouvriers, travailleurs migrants, et de l’économie numérique en paient déjà, le plus lourd tribut. Dans cette tourmente, de quoi les grandes entreprises sont-elles responsables ? Comment repenser une économie plus résiliente et un monde du travail plus respectueux des droits humains ? Pour Swann Bommier, chargé de plaidoyer Régulation des multinationales au CCFD-Terre Solidaire, la loi sur le devoir de vigilance doit servir de boussole. Analyse.

Confrontés à une pandémie mondiale, dotés de moyens sanitaires et hospitaliers trop faibles pour faire face, les États optent, les uns après les autres, pour des mesures de confinement afin de réduire la vitesse de propagation du virus.

Mais ces mesures de confinement entraînent, dans leur sillage, un arrêt de la production et de la consommation de biens et services dans des proportions inédites.

Au-delà de la crise sanitaire se profile donc une crise économique et sociale d’une ampleur inégalée depuis la Grande Récession : les faillites d’entreprises devraient atteindre des records, et ce sont plus de 70 pays qui devraient entrer en récession.

Si les impacts de cette crise sont mondiaux, ce sont à nouveau les personnes les plus vulnérables et les personnes qui assurent la production des biens et services essentiels qui en paient le plus lourd tribut : les rapports et articles de presse s’accumulent pour décrire la précarité dans laquelle cette crise plonge les ouvriers, les travailleurs migrants et les travailleurs indépendants de l’économie numérique.

Quels enjeux relatifs au respect des droits humains émergent dans les chaînes de valeur mondiales ?

  • – Dans une telle tourmente, de quoi les grandes entreprises sont-elles responsables ?
  • – Que nous enseigne cette crise sur le rôle du secteur privé comme acteur au service du bien commun ?
  • – Comment repenser une économie plus résiliente, un monde du travail plus respectueux des droits humains ?

Lire notre analyse :

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