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C’est un obstacle à l’éradication de la pauvreté, et cela compromet le développement de pays entiers. Trop souvent, les femmes se heurtent au poids des traditions et des coutumes, de la religion aussi, qui freinent leur émancipation.
À cause de la division patriarcale du travail et de leur exclusion des processus de décisions au sein de leurs communautés, elles n’osent pas s’exprimer, ne sont pas considérées et pas consultées lors de prises de décision qui peuvent avoir un impact sur la communauté entière.
Et pourtant, ce sont elles qui cultivent, transforment et préparent l’alimentation des foyers, elles qui font des kilomètres pour trouver de l’eau potable, du bois de chauffage et soignent enfants et maris malades. Un travail non rétribué, mais crucial.
Des savoir-faire qui les rendent aptes à défendre les écosystèmes et moyens de subsistance face au changement climatique, au développement extractiviste, aux prédations des multinationales…
Mais une évolution est possible. Malgré le poids des traditions et des coutumes, les femmes se sont souvent engagées dans une résistance sur le long terme, souvent invisible et non reconnue. Elles font bloc comme des soeurs, des amies, des alliées.
Il est aujourd’hui essentiel de contribuer à soutenir et à développer leurs capacités à construire un fort mouvement de femmes connecté à d’autres organisations. Et ce, afin de remettre en question le modèle dominant et la façon de penser, mais aussi de proposer une vision renouvelée du rapport entre les femmes et les hommes.
Singulièrement dans les pays de religion musulmane comme nous le montrent plusieurs articles de ce numéro de Faim et Développement, mais pas seulement.
En effet, il faut se prémunir contre la manipulation du sacré quel qu’il soit :
jamais l’Église catholique n’a eu autant besoin de se réformer de l’intérieur. Le pape François a lui-même appelé les chrétiens à combattre le cléricalisme dans sa lettre au peuple de Dieu du 18 août 2018 – le CCFD-Terre Solidaire y a d’ailleurs répondu en cofondant la dynamique Promesses d’Église.
Et dans son exhortation apostolique post-synodale Querida Amazonia du 2 février 2020, le pape François a rappelé que : « Dans une Église synodale, les femmes qui jouent un rôle central dans les communautés amazoniennes devraient pouvoir accéder à des fonctions… Cela donne lieu aussi à ce que les femmes aient un impact réel et effectif dans l’organisation, dans les décisions les plus importantes et dans la conduite des communautés… »
En cette période de carême, nous sommes invités à promouvoir une transition économique, écologique et sociale dans l’esprit de l’encyclique Laudato Si’, § 14 : « Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous. »
À nous de contribuer activement au « Temps des solutions » en vivant ce chemin de conversion qui soit tout à la fois « intégral, pastoral, culturel, écologique et synodal » [[Document final du synode sur l’Amazonie, 26 octobre 2019.]].
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Mgr Roque Paloschi, est le président du Cimi, l’organisme mandaté la conférence des évêques du Brésil pour accompagner les peuples amérindiens, et soutenu par le CCFD-Terre Solidaire.
Mgr Roque Paloschi : J’éprouve de la gratitude, de la confiance et de l’espoir !
Cet évènement a été marqué par un engagement sans faille en faveur de la vie, de la sauvegarde des territoires et de la lutte pour la dignité des plus pauvres.
Il faut rappeler que ce synode s’est construit pendant plusieurs mois à partir de l’écoute de tous les acteurs de l’Église de cette région, restituée à travers l’Instrumentum laboris, le document de travail qui a servi de base de travail aux évêques.
Enfin, et c’est sans doute l’un des points les plus importants, ce synode a permis de reconnaître les richesses des cultures des peuples natifs, et d’admettre que notre défi est plus que jamais d’apprendre avec ces populations qui étaient là bien avant nous.
Le synode ne va pas changer la vie des peuples indigènes.
Mais l’Église s’est publiquement engagée à être l’alliée de la cause indigène et à se tenir aux côtés de ces peuples dans la défense de la vie, de leurs traditions et de leurs territoires.
Les documents du synode soulignent que les gouvernements nationaux sont responsables de la démarcation et de la protection des terres indigènes. Et qu’ils doivent respecter leurs engagements.
Le synode a également insisté sur le fait que l’Église, comme nous nous y efforçons à travers le Cimi, ne doit pas faire pour les indigènes, mais avec eux, car ils sont sujets de leur propre histoire.
Nous sommes habitués à envisager seulement la dimension personnelle du péché.
Mais quand les cours d’eau, l’air et la terre sont pollués, c’est un péché.
Quand la création est détruite pour le profit et la concentration des richesses dans les mains d’une minorité, c’est un péché !
Quand nous alimentons la culture de l’usage unique, du gaspillage, c’est un péché !
Le péché écologique, c’est le défi de la vie.
Comme disent les indigènes : si nous ne prenons pas soin de la Terre, la Terre ne prendra pas soin de nous.
Reconnaître que nous détruisons la Création et la planète revient à admettre que nous pouvons être vénaux et égoïstes.
Tout cela empêche que la vie soit pleine pour tout un chacun.
Il n’existe pas de réponse unique à ce problème du manque de prêtres. Différents chemins peuvent être empruntés, et nous devons initier un processus de transformation de l’institution.
Aujourd’hui, l’Église se penche effectivement sur la possibilité d’ordonner des viri probati (hommes mariés ayant fait leurs preuves au plan humain et pastoral) dans les régions les plus reculées d’Amazonie.
Ces personnes aînées seraient préférablement autochtones, respectées et acceptées par leur communauté, même si elles ont une famille constituée et stable.
Ces viri probati pourraient exercer leur ministère dans les zones les plus reculées, sur des territoires marqués par les distances et l’isolement des communautés.
Dès le début du processus de préparation du synode, il est apparu crucial de reconnaître l’implication des femmes au sein de l’Église, dans l’animation, la coordination des communautés.
En Amazonie, plus de 70 % des services à l’Église sont fournis par les femmes.
Le synode nous a proposé de reconnaître les femmes comme des êtres capables de révéler la miséricorde de ce Dieu Mère et Père. Rien n’est défini précisément, mais là aussi, on sent que les choses peuvent évoluer rapidement.
C’est une initiative très importante pour donner une continuité à l’engagement auquel le synode nous a conviés. Il nous appelle, au-delà du processus synodal, à nous engager à l’égard de la Maison Commune.
Pour moi, ce ne sont pas seulement des mots. Je dois mettre cela en pratique, dans mon quotidien de prêtre, à Porto Velho, dans mon diocèse et lorsque je circule à travers l’Amazonie.
Ce pacte est important, car il nous met au défi de chercher les lumières et les chemins qui aident l’humanité à une profonde réconciliation avec la création.
Ce synode a en tout cas permis à l’Amazonie de sortir d’une certaine forme d’anonymat, d’être reconnue comme un lieu de manifestation de Dieu.
Au nom de tout ce qui a été dit durant cette réunion au Vatican, de toutes ces pistes de réflexion pour que l’Église emprunte de nouveaux chemins pastoraux, pour tous ces engagements à marcher au côté des populations de cette immense région qui doit être protégée, j’ai la profonde conviction que le synode pour l’Amazonie a été un moment clé dans l’histoire de l’Église catholique.
Mais pour que ce moment prenne toute sa dimension, il faut désormais que nous toutes et tous, religieux et laïcs, chrétiens ou non, agissions pour la sauvegarde de la Maison Commune.
Propos recueillis par Jean-Claude Gérez
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Se nourrir du synode Amazonie pour murir notre réflexion sur l’écologie intégrale
Le synode nous offre une occasion de mûrir notre propre réflexion sur l’écologie intégrale, le thème que nous avons également choisi pour notre campagne de carême 2020 et notre engagement dans la lignée de l’encyclique Laudato Si.
Le document préparatoire du synode évoque la conversion qui est attendu de nous tous :
“Changer de cap ou se convertir intégralement ne se réduit pas à une conversion au niveau individuel. Une transformation profonde du cœur, exprimée par un changement de nos habitudes personnelles, est aussi nécessaire qu’une transformation structurelle, exprimée par un changement des habitudes sociales, des lois et des programmes économiques. ”
Façonner une Eglise au visage Amazonien
Le document préparatoire du Synode invite à façonner une « Église au visage amazonien », incarnée dans les réalités locales, ouverte à la pluralité des peuples et de leurs cultures.
Cela signifie que l’Église dans son ensemble est appelée à bénéficier des réflexions et propositions qui s’y feront, afin de construire une Église qui
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Le Cacique (chef) Tulu Arara s’est arrêté au milieu de la piste de terre rouge pour constater les dégâts. De part et d’autre, s’offre à lui le spectacle désolé d’arbres plusieurs fois centenaires abattus.
Il raconte : « Des forestiers illégaux sont rentrés ici il y a deux ou trois jours à peine. Ils ont fait ça la nuit, comme d’habitude. Généralement, ils viennent en groupe, une douzaine d’hommes lourdement armés. Ils arrivent par la route puis s’enfoncent dans la forêt en ouvrant une traverse avec un puissant bulldozer ».
La suite du scénario est classique :
« Ils ont coupé les essences les plus nobles et, pour pouvoir les extraire de la forêt, ils n’ont pas hésité à abattre les arbres autour. Puis ils ont tracté les grumes jusqu’à la route où les attendaient des camions pour les charger. Depuis que Bolsonaro a été élu, les invasions de ce type ont doublé ».

Bienvenue sur la terre, ou plutôt ce qu’il en reste, du peuple Arara Laranjal, au cœur de l’Amazonie brésilienne. Cette réserve de 65 000 hectares est située à 120 km à l’ouest de la ville d’Altamira, dans l’État du Para.
Le territoire Arara Laranjal est compris entre la route transamazonienne, au nord, et la rivière Iriri au sud, un affluent du fleuve Amazone. C’est le long des rives de ce cours d’eau que vit la plupart des 1300 indiens Arara.
Leurs moyens de subsistance ? La chasse, la pêche et quelques cultures vivrières. Mais cette vie en harmonie avec l’environnement est aujourd’hui gravement mise en danger par les invasions de forestiers illégaux qui se sont multipliées ces derniers mois.
« Impunité totale »
Le cacique le rappelle : « Notre terre est démarquée et homologuée depuis 2016. Donc, légalement, personne ne peut pénétrer dans cette réserve sans notre accord. Pourtant, en moins de six mois, plus de trente traverses de ce type là, longue de plusieurs centaines de mètres, ont été ouvertes sur nos terres ».
L’œuvre de forestiers clandestins, qui ne sont pour autant pas totalement inconnus, comme l’explique le cacique Tulu :
« La plupart des gens qui massacrent notre forêt travaillent pour de grandes scieries de la région. Jusqu’à présent, ils étaient employés sur le chantier de construction du barrage du Belo Monte ».
Ce barrage est le 3ème plus grand complexe hydroélectrique du monde, dont la construction, débutée en 2012, est sur le point de s’achever. « Comme il n’y a plus de travail dans la région, certains acceptent de couper du bois illégalement pour un salaire de misère ».

Ils disent : “plantez du soja”
Le cacique Motibi Arara est venu s’installer lui aussi dans un campement précaire près de la route Transamazonienne pour tenter d’éviter les invasions illégales. Mais la volonté de résister a tourné court : « Comment peut-on lutter avec nos arcs et nos flèches face à des hommes lourdement armés ? » .
Lui aussi considère que les choses ont empiré depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. « Bolsonaro lui-même l’a dit : « l’indien doit être riche » ! Mais riche de quoi ? Ils disent : « Plantez du soja », « Créez des fermes ». Mais nous ne voulons pas laisser détruire la forêt. Nous ne voulons pas ça. On a besoin de la forêt ».
Pour tenter d’endiguer le fléau, et en l’absence de réponses des autorités, le chef Arara s’est tourné vers une des rares structures capables de le soutenir dans cette lutte inégale. Le CIMI organisme mandaté par l’Eglise catholique brésilienne et soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, les soutient dans leur résistance.
« Le CIMI nous aide. Ils filment les aires saccagées, envoient des rapports aux administrations pour dénoncer les faits. » Mais avec le changement de gouvernement les recours tournent courts. « Ils n’ont pas le pouvoir de prendre des mesures pour faire cesser ces invasions de forestiers illégaux. Donc ça ne donne rien et pendant ce temps la forêt disparaît sous nos yeux ».
Lire aussi : Au Brésil, forte inquiétude de l’Eglise et de la société civile sur le devenir des terres indigènes
Le Père Patricio Brenan, membre du CIMI alerte : « L’État ne fait rien pour que les droits des peuples indigènes soient respectés. La situation, qui a pourtant toujours été difficile pour les peuples indigènes de la région, a commencé à nettement se dégrader quelques mois avant l’élection de Jair Bolsonaro. Il a soufflé alors comme un vent d’impunité totale dans la région. Au point que les invasions illégales ont explosé avant même le second tour du scrutin. »
Chaque année, le Cimi prépare un Rapport annuel sur les violences contre les peuples indigènes. Ces dernières années, les rapports révèlent que les peuples indigènes font face à une augmentation substantielle d’occupations illégales de terres, de vol de bois, d’extraction illégale d’or, et même de développement de colonies au cœur-même de leurs territoires traditionnels.
D’après le CIMI, de nouvelles méthodes, plus violentes, ont vu le jour concernant l’invasion de terres indigènes : « Généralement, les envahisseurs entraient sur les terres, volaient le bois, les minerais, détruisaient la biodiversité, etc… mais, à un moment ou un autre, finissaient par partir. Désormais, et ce dans de nombreuses régions, ils envahissent les terres avec l’intention d’y rester. Certains ont même été jusqu’à morceler les terres indigènes en lots pour les vendre » explique Antônio Eduardo Cerqueira de Oliveira, secrétaire exécutif du CIMI.
Normalement l’usufruit de ces terres, qui appartiennent à l’État fédéral, est exclusivement destiné aux peuples indigènes. « Avec cette appropriation des terres, on peut dire que c’est toute la société brésilienne qui subit un préjudice et qui, d’une certaine manière, est victime d’extorsion, sans oublier les dommages irréversibles à l’environnement».
A lire aussi : En Amazonie, lutter contre le désespoir et le suicide des jeunes indigènes Madiha
Synode pour l’Amazonie : et si nous changions notre rapport à l’Eglise et à l’écologie?
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– une Église pauvre pour les pauvres, accueillante à l’autre, au différent, au lointain,
– une Église qui vive pleinement l’écologie intégrale,
– une Église synodale pour tous les baptisés.
Voilà près de 60 ans que le CCFD-Terre Solidaire essaie de le vivre!
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire

José Oscar Beozzo, directeur du CESEEP, organisation partenaire du CCFD-Terre Solidaire, rappelle pendant la messe la mémoire du premier Pacte des Catacombes, pendant le Concile Vatican II, pour une église servante et pauvre.©Walter Prysthon/CCFD-Terre Solidaire

Walter Prysthon, responsable du service Amérique Latine, signe le pacte pour le CCFD-Terre Solidaire

Notre partenaire Darlène Braga de la Commission pastorale de la terre en Amazonie brésilienne était là aussi pour signer le pacte
Lire aussi notre article : Synode pour l’Amazonie : et si nous changions notre rapport à l’Eglise et à l’écologie?
Nous, les participants du Synode Panamazonien, partageons la joie d’habiter parmi de nombreux peuples indigènes, quilombolas, habitants des berges des rivières, migrants, communautés aux périphéries des villes de cet immense territoire de la Planète.
Avec eux, nous avons expérimenté la force de l’Évangile qui agit et prend si bien chez les plus petits. La rencontre avec ces peuples nous interpelle et nous invite à une vie plus simple de partage et de gratuité.
À l’écoute de leurs clameurs et marqués par leurs larmes, nous accueillons de tout cœur les paroles du pape François : ” De nombreux frères et soeurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la consolation libératrice de l’Évangile, espèrent la tendresse aimante de l’Église. Pour eux et avec, marchons ensemble”.
C’est avec gratitude, que nous évoquons les évêques qui, au terme du Concile Vatican II, signèrent dans les Catacombes de Sainte Domitille le Pacte pour une Église servante et pauvre.
Nous nous souvenons avec vénération de tous les membres des Communautés Ecclésiales de Base, des Pastorales et des mouvements populaires; des responsables indigènes, missionnaires et laïcs hommes et femmes, prêtres et évêques qui versèrent leur sang pour cette option pour les pauvres, pour défendre la vie et lutter pour la sauvegarde de notre Maison commune.
À la gratitude que nous éprouvons envers leur héroïsme, nous unissons notre décision de continuer leur lutte avec fermeté et courage. En effet, c’est un sentiment d’urgence qui s’impose devant les agressions qui dévastent aujourd’hui le territoire amazonien, menacé par la violence d‘un système économique prédateur et consumériste.
Devant la Sainte Trinité, devant nos Églises particulières, les Églises d’Amérique latine et des Caraïbes et celles qui sont solidaires avec nous, en Afrique, Asie, Océanie, Europe et dans le Nord du continent américain, aux pieds des apôtres Pierre et Paul et de la multitude des martyrs de Rome, d’Amérique latine et en particulier de notre Amazonie, en profonde communion avec le successeur de Pierre, nous invoquons l’Esprit Saint et nous prenons, sur les plans personnel et communautaire, les engagements suivants:
1. Assumer, devant l’extrême menace du réchauffement climatique global et de l’épuisement des ressources naturelles, l’engagement de défendre sur nos territoires et par nos attitudes la forêt amazonienne sur pied.
C’est d’elle que proviennent le don des eaux qui irriguent une grande partie du territoire sud-américain, la contribution au cycle du carbone et la régulation du climat global, ainsi qu’une incalculable biodiversité jointe à une riche sociodiversité, au bénéfice de l’humanité et de la Terre tout entière.
2. Reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres de la Terre mère, mais ses fils et ses filles, formés de la poussière de la terre (Gn 2, 7-8), ses hôtes et pèlerins (1P 1, 17b et 1P 2, 11), appelés à devenir ses zélés gardiens (d’après Gn 1, 26).
À cet effet, nous nous engageons pour une écologie intégrale, dans laquelle tout est en interdépendance, le genre humain et la création tout entière, car la totalité des êtres sont fils et filles de la terre et sur eux se meut l’Esprit de Dieu (Gn 1, 2).
3. Accueillir et renouveler chaque jour l’alliance de Dieu avec tout le créé : “Voici que j’établis mon alliance avec vous et avec votre descendance et avec tous les êtres animés qui sont avec vous : oiseaux, animaux domestiques et sauvages, bref, tout ce qui est sorti de l’arche, tous les animaux de la terre” (Gn 9, 9-10; 12-17).
4. Renouveler dans nos Églises l’option préférentielle pour les pauvres, en particulier les peuples autochtones, et avec eux, garantir leur droit à être des protagonistes dans la société et dans l’Église; les aider à préserver leurs terres, leurs cultures, leurs langues et leurs histoires, leurs identités et leurs spiritualités. Croître dans la conscience de ce que celles-ci doivent être respectées localement et globalement et, en conséquence, favoriser par tous les moyens à notre portée, que ces peuples autochtones soient accueillis sur un pied d’égalité dans le concert mondial des autres peuples et cultures.
5. Abandonner, il s’ensuit, dans nos paroisses, diocèses et groupes, toute espèce de mentalité et posture colonialiste, en accueillant et valorisant la diversité culturelle, ethnique et linguistique, dans un dialogue respectueux avec toutes les traditions spirituelles.
6. Dénoncer toutes les formes de violence et d’agression à l’encontre de l’autonomie et des droits des peuples autochtones, quant à leur identité, leurs territoires et leurs formes de vie.
7. Annoncer la nouveauté libératrice de l’évangile de Jésus-Christ, dans l’accueil de l’autre et du différent, comme il en fut pour Pierre dans la maison de Corneille : “Vous le savez bien, il est interdit à un juif de frayer avec un étranger ou d’entrer chez lui; mais Dieu vient de me montrer qu’il ne faut appeler aucun homme profane ou impur” (At 10, 28).
8. Cheminer de façon œcuménique avec d’autres communautés chrétiennes dans l’annonce inculturée et libératrice de l’Évangile, et avec d’autres religions et personnes de bonne volonté, dans la solidarité avec les peuples autochtones, les pauvres et les petits, afin de défendre leurs droits et préserver la Maison commune.
9. Instaurer dans nos Églises particulières un style de vie synodal, où les représentants des peuples autochtones, les missionnaires et les laïcs, hommes et femmes, en raison de leur baptême et en communion avec leurs pasteurs, aient voix et vote dans les assemblées diocésaines, les conseils pastoraux et paroissiaux, bref, dans tout ce qui relève de leur compétence dans le gouvernement des communautés.
10. Nous employer à la reconnaissance urgente des ministères ecclésiaux qui existent déjà dans les communautés et qui sont exercés par des agents de la pastorale, catéchistes indigènes, ministres de la Parole, hommes et femmes, en mettant particulièrement en valeur leur service au regard des plus vulnérables et des exclus.
11. Rendre effectif dans les communautés qui nous sont confiées le passage d’une pastorale de visite à une pastorale de présence, en s’assurant que le droit à la Table de la Parole et à la Table de l’Eucharistie soit effectif dans toutes les communautés.
12. Reconnaître les services et la réelle diaconie exercée par un nombre élevé de femmes qui dirigent aujourd’hui des communautés en Amazonie, et faire en sorte de les consolider grâce à un ministère conforme à leur fonction de femmes dirigeantes de communautés.
13. Chercher de nouveaux chemins d’action pastorale dans les villes où nous oeuvrons, en faisant une place particulière aux laïcs et aux jeunes, en prêtant attention aux périphéries et aux migrants, aux ouvriers et aux chômeurs, aux étudiants, éducateurs et chercheurs, ainsi qu’au monde de la culture et de la communication.
14. Assumer, devant l’avalanche d’offres de la société de consommation un style de vie joyeusement sobre, simple et solidaire de ceux qui n’ont que peu ou rien; chercher à réduire la production de déchets et l’utilisation des plastiques, favoriser la production et la commercialisation de produits agroécologiques, utiliser autant que possible les transports publics.
15. Nous placer aux côtés de ceux qui sont persécutés à cause de leur service prophétique de dénonciation et réparation des injustices, de défense de la terre et des droits des petits, d’accueil et assistance aux migrants et aux réfugiés. Cultiver des amitiés véritables avec les pauvres, visiter les personnes les plus simples et les malades, en exerçant le ministère de l’écoute, de la consolation et du soutien qui donne du courage et renouvelle l’espérance.
Conscients de nos fragilités, de notre pauvreté et petitesse devant de si grands et graves défis, nous nous confions à la prière de l’Église. Et surtout, puissent nos Communautés ecclésiales venir à notre secours par leur intercession, leur affection dans le Seigneur et, chaque fois que nécessaire, par la charité de la correction fraternelle.
C’est d’un cœur ouvert que nous accueillons l’invitation du cardinal Hummes à nous laisser guider par l’Esprit Saint en ces jours du Synode et au retour dans nos Églises:
“Laissez-vous envelopper dans le manteau de la Mère de Dieu et Reine de l’Amazonie. Ne nous laissons pas vaincre par l’autoréférentialité, mais bien par la miséricorde devant la clameur des pauvres et le cri de la terre. Beaucoup de prière, de méditation et de discernement seront nécessaires, en plus d’une pratique concrète de la communion ecclésiale et de l’esprit synodal. Ce Synode est comme une table que Dieu a préparé pour ses pauvres et il nous demande, à nous, d’être ceux qui servent à table”.
Célébrons cette Eucharistie du Pacte comme “un acte d’amour cosmique“. “Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle a lieu sur le petit autel d’une église de village, l’Eucharistie est toujours célébrée, en quelque sorte, sur l’autel du monde”. L’Eucharistie unit le ciel et la terre, embrasse et pénètre toute la création. Le monde sorti des mains de Dieu retourne à Lui en pleine et heureuse adoration : dans le Pain eucharistique, “la création tend à la divinisation, aux noces saintes, pour s’unir à son Créateur”.
“C’est la raison pour laquelle l’Eucharistie est aussi source de lumière et motivation pour nos préoccupations à l’égard de l’environnement, et qu’elle nous conduit à être les gardiens de la création tout entière”.
Catacombes de Sainte Domitille Rome, 20 octobre 2019.
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