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Synode Amazonie Archives - Terre Solidaire Terre Solidaire - Devbe Sun, 16 Jan 2022 09:06:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 Déconstruire les préjugés (Edito) https://terresolidaire.devbe.fr/deconstruire-les-prejuges-edito/ https://terresolidaire.devbe.fr/deconstruire-les-prejuges-edito/#respond Wed, 19 Feb 2020 23:38:00 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/deconstruire-les-prejuges-edito/ Discriminer, exclure les femmes d’une pleine participation à la vie sociale et économique, c’est se

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Discriminer, exclure les femmes d’une pleine participation à la vie sociale et économique, c’est se priver des capacités d’une grande partie de l’humanité.


C’est un obstacle à l’éradication de la pauvreté, et cela compromet le développement de pays entiers. Trop souvent, les femmes se heurtent au poids des traditions et des coutumes, de la religion aussi, qui freinent leur émancipation.

À cause de la division patriarcale du travail et de leur exclusion des processus de décisions au sein de leurs communautés, elles n’osent pas s’exprimer, ne sont pas considérées et pas consultées lors de prises de décision qui peuvent avoir un impact sur la communauté entière.

Et pourtant, ce sont elles qui cultivent, transforment et préparent l’alimentation des foyers, elles qui font des kilomètres pour trouver de l’eau potable, du bois de chauffage et soignent enfants et maris malades. Un travail non rétribué, mais crucial.

Des savoir-faire qui les rendent aptes à défendre les écosystèmes et moyens de subsistance face au changement climatique, au développement extractiviste, aux prédations des multinationales…

Mais une évolution est possible. Malgré le poids des traditions et des coutumes, les femmes se sont souvent engagées dans une résistance sur le long terme, souvent invisible et non reconnue. Elles font bloc comme des soeurs, des amies, des alliées.

Il est aujourd’hui essentiel de contribuer à soutenir et à développer leurs capacités à construire un fort mouvement de femmes connecté à d’autres organisations. Et ce, afin de remettre en question le modèle dominant et la façon de penser, mais aussi de proposer une vision renouvelée du rapport entre les femmes et les hommes.

Singulièrement dans les pays de religion musulmane comme nous le montrent plusieurs articles de ce numéro de Faim et Développement, mais pas seulement.

Lire : Au Maroc, jouer pour comprendre les enjeux de l’émancipation des femmes

En effet, il faut se prémunir contre la manipulation du sacré quel qu’il soit :
jamais l’Église catholique n’a eu autant besoin de se réformer de l’intérieur. Le pape François a lui-même appelé les chrétiens à combattre le cléricalisme dans sa lettre au peuple de Dieu du 18 août 2018 – le CCFD-Terre Solidaire y a d’ailleurs répondu en cofondant la dynamique Promesses d’Église.

Et dans son exhortation apostolique post-synodale Querida Amazonia du 2 février 2020, le pape François a rappelé que : « Dans une Église synodale, les femmes qui jouent un rôle central dans les communautés amazoniennes devraient pouvoir accéder à des fonctions… Cela donne lieu aussi à ce que les femmes aient un impact réel et effectif dans l’organisation, dans les décisions les plus importantes et dans la conduite des communautés… »

Lire aussi : Synode pour l’Amazonie : et si nous revisitions notre rapport à l’Eglise et à l’écologie ?

En cette période de carême, nous sommes invités à promouvoir une transition économique, écologique et sociale dans l’esprit de l’encyclique Laudato Si’, § 14 : « Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous. »

À nous de contribuer activement au « Temps des solutions » en vivant ce chemin de conversion qui soit tout à la fois « intégral, pastoral, culturel, écologique et synodal » [[Document final du synode sur l’Amazonie, 26 octobre 2019.]].

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Synode Amazonie : retour sur un événement historique pour l’Eglise https://terresolidaire.devbe.fr/synode-amazonie-retour-sur-un-evenement-historique-pour-leglise-et-pas-que/ https://terresolidaire.devbe.fr/synode-amazonie-retour-sur-un-evenement-historique-pour-leglise-et-pas-que/#respond Fri, 13 Dec 2019 17:51:39 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/synode-amazonie-retour-sur-un-evenement-historique-pour-leglise-et-pas-que/ Mgr Roque Paloschi, archevêque de Porto Velho au nord du Brésil, était présent au synode

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Mgr Roque Paloschi, archevêque de Porto Velho au nord du Brésil, était présent au synode pour l’Amazonie du 6 au 27 octobre à Rome.
Il se confie sur l’espoir de changement que représente le synode pour l’Eglise, mais aussi pour l’Amazonie, les peuples indigènes et la planète


Mgr Roque Paloschi, est le président du Cimi, l’organisme mandaté la conférence des évêques du Brésil pour accompagner les peuples amérindiens, et soutenu par le CCFD-Terre Solidaire.

Quel est votre sentiment après ce synode pour l’Amazonie ?

eveque_dec_19.jpgMgr Roque Paloschi : J’éprouve de la gratitude, de la confiance et de l’espoir !
Cet évènement a été marqué par un engagement sans faille en faveur de la vie, de la sauvegarde des territoires et de la lutte pour la dignité des plus pauvres.

Il faut rappeler que ce synode s’est construit pendant plusieurs mois à partir de l’écoute de tous les acteurs de l’Église de cette région, restituée à travers l’Instrumentum laboris, le document de travail qui a servi de base de travail aux évêques.

Enfin, et c’est sans doute l’un des points les plus importants, ce synode a permis de reconnaître les richesses des cultures des peuples natifs, et d’admettre que notre défi est plus que jamais d’apprendre avec ces populations qui étaient là bien avant nous.

En quoi ce synode peut-il changer le destin des peuples indigènes ?

Le synode ne va pas changer la vie des peuples indigènes.

Mais l’Église s’est publiquement engagée à être l’alliée de la cause indigène et à se tenir aux côtés de ces peuples dans la défense de la vie, de leurs traditions et de leurs territoires.

Les documents du synode soulignent que les gouvernements nationaux sont responsables de la démarcation et de la protection des terres indigènes. Et qu’ils doivent respecter leurs engagements.

Le synode a également insisté sur le fait que l’Église, comme nous nous y efforçons à travers le Cimi, ne doit pas faire pour les indigènes, mais avec eux, car ils sont sujets de leur propre histoire.

Que pensez vous de l’idée de confesser le « péché écologique » ?

Nous sommes habitués à envisager seulement la dimension personnelle du péché.

Mais quand les cours d’eau, l’air et la terre sont pollués, c’est un péché.

Quand la création est détruite pour le profit et la concentration des richesses dans les mains d’une minorité, c’est un péché !

Quand nous alimentons la culture de l’usage unique, du gaspillage, c’est un péché !

Le péché écologique, c’est le défi de la vie.

Comme disent les indigènes : si nous ne prenons pas soin de la Terre, la Terre ne prendra pas soin de nous.

Reconnaître que nous détruisons la Création et la planète revient à admettre que nous pouvons être vénaux et égoïstes.
Tout cela empêche que la vie soit pleine pour tout un chacun.

Synode pour l’Amazonie : et si nous revisitions notre rapport à l’Eglise et à l’écologie ?

L’ordination d’hommes mariés a été l’un des thèmes forts de ce synode. Est-ce une solution pour répondre au désert sacerdotal en Amazonie ?

Il n’existe pas de réponse unique à ce problème du manque de prêtres. Différents chemins peuvent être empruntés, et nous devons initier un processus de transformation de l’institution.

Aujourd’hui, l’Église se penche effectivement sur la possibilité d’ordonner des viri probati (hommes mariés ayant fait leurs preuves au plan humain et pastoral) dans les régions les plus reculées d’Amazonie.

Ces personnes aînées seraient préférablement autochtones, respectées et acceptées par leur communauté, même si elles ont une famille constituée et stable.
Ces viri probati pourraient exercer leur ministère dans les zones les plus reculées, sur des territoires marqués par les distances et l’isolement des communautés.

La place des femmes au sein de l’Église a également été évoquée…

Dès le début du processus de préparation du synode, il est apparu crucial de reconnaître l’implication des femmes au sein de l’Église, dans l’animation, la coordination des communautés.
En Amazonie, plus de 70 % des services à l’Église sont fournis par les femmes.

Le synode nous a proposé de reconnaître les femmes comme des êtres capables de révéler la miséricorde de ce Dieu Mère et Père. Rien n’est défini précisément, mais là aussi, on sent que les choses peuvent évoluer rapidement.

Vous avez signé le Pacte des catacombes. En quoi est-il important ?

C’est une initiative très importante pour donner une continuité à l’engagement auquel le synode nous a conviés. Il nous appelle, au-delà du processus synodal, à nous engager à l’égard de la Maison Commune.

Pour moi, ce ne sont pas seulement des mots. Je dois mettre cela en pratique, dans mon quotidien de prêtre, à Porto Velho, dans mon diocèse et lorsque je circule à travers l’Amazonie.

Ce pacte est important, car il nous met au défi de chercher les lumières et les chemins qui aident l’humanité à une profonde réconciliation avec la création.

Nous étions sur place et nous l’avons signé! Un nouveau pacte des Catacombes pour la Maison commune signé à Rome

Ce synode pour l’Amazonie est-il un tournant dans l’histoire de l’Église catholique ?

Ce synode a en tout cas permis à l’Amazonie de sortir d’une certaine forme d’anonymat, d’être reconnue comme un lieu de manifestation de Dieu.

Au nom de tout ce qui a été dit durant cette réunion au Vatican, de toutes ces pistes de réflexion pour que l’Église emprunte de nouveaux chemins pastoraux, pour tous ces engagements à marcher au côté des populations de cette immense région qui doit être protégée, j’ai la profonde conviction que le synode pour l’Amazonie a été un moment clé dans l’histoire de l’Église catholique.

Mais pour que ce moment prenne toute sa dimension, il faut désormais que nous toutes et tous, religieux et laïcs, chrétiens ou non, agissions pour la sauvegarde de la Maison Commune.

Propos recueillis par Jean-Claude Gérez

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Synode pour l’Amazonie : et si nous revisitions notre rapport à l’Eglise et à l’écologie ? (vidéos) https://terresolidaire.devbe.fr/synode-pour-lamazonie-et-si-nous-revisitions-notre-rapport-a-leglise-et-a-lecologie-videos/ https://terresolidaire.devbe.fr/synode-pour-lamazonie-et-si-nous-revisitions-notre-rapport-a-leglise-et-a-lecologie-videos/#respond Wed, 13 Nov 2019 12:15:52 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/synode-pour-lamazonie-et-si-nous-revisitions-notre-rapport-a-leglise-et-a-lecologie-videos/ Du 6 au 27 octobre 2019, plus de 300 évêques, experts et auditeurs (dont une

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Du 6 au 27 octobre 2019, plus de 300 évêques, experts et auditeurs (dont une petite quarantaine de femmes) participent au synode Amazonie. Ce synode est un événement pour la sauvegarde de l’Amazonie, pour l’Eglise et l’avenir de notre maison commune, la planète. Ensemble, avec les habitants de l’Amazonie, nous pouvons contribuer à sauvegarder l’Amazonie et nous transformer nous-mêmes!

Aujourd’hui, l’Amazonie et ses populations traditionnelles sont particulièrement menacées. Leur destruction a aussi un impact sur l’équilibre du monde entier. C’est pourquoi nous nous sommes investis dans les travaux préparatoires du synode Amazonie avec plusieurs organisations partenaires que nous soutenons en Amérique latine. Une délégation de bénévoles, de salariés et de partenaires participent à Rome aux échanges de la “Maison Commune” organisés pendant le synode. Pourquoi un synode sur l’Amazonie? L’assemblée spéciale du synode des évêques pour la région pan-amazonienne, convoquée par le pape François se réunit autour du thème « Amazonie : nouveaux chemins pour l’église et pour une écologie intégrale ». La mission de cette assemblée? réfléchir comment “faire s’épanouir le visage amazonien de l’Église” et comment “faire face aux situations d’injustice de la région”, en remettant en question un modèle de développement qui concerne non seulement l’Amazonie, mais toute la planète. Pour Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire ” Le Synode pour l’Amazonie est aussi un synode pour le monde. En le convoquant à Rome, et non en Amazonie, le Pape François l’ouvre à l’Eglise universelle. “ Lire aussi : Synode Amazonie : retour sur un événement historique pour l’Eglise (et pas que)

Une délégation du CCFD-Terre Solidaire à Rome du 19 au 23 octobre à l’occasion du synode Amazonie

Rencontres autour de la “Maison commune” à Rome Nous sommes engagés avec le REPAM et la Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité (CIDSE) pour l’organisation, pendant la période du Synode à Rome, de rencontres avec des acteurs de terrain, des organismes d’Eglise et Peuples indigènes. Cela se fait dans le cadre d’un espace de communion ecclésiale appelé « Maison Commune ». Cet espace d’échange accueille les acteurs qui accompagnent les travaux du Synode : partenaires, organisations de solidarité internationale, réseaux de théologiens et théologiennes, congrégations religieuses présentes en Amazonie, etc. Une délégation du CCFD-Terre Solidaire composée de bénévoles issus de régions engagées sur les questions indigènes et environnementales et de salariés participent aux rencontres de la Maison Commune à Rome. Six organisations partenaires que nous soutenons en Amazonie sont également présentes : la Commission Pastorale de la Terre de l’Acre au Brésil, le CIMI, l’organisme mandaté par l’Eglise Catholique brésilienne pour accompagner les peuples amérindiens, la Pastorale de la Terre d’Yurimaguas et la CAAAP au Pérou, Amerindia et ALLER. Plusieurs étaient représentés par des femmes engagées auprès des communautés locales. partenaire_pacte.jpg Se nourrir du synode Amazonie pour murir notre réflexion sur l’écologie intégrale Le synode nous offre une occasion de mûrir notre propre réflexion sur l’écologie intégrale, le thème que nous avons également choisi pour notre campagne de carême 2020 et notre engagement dans la lignée de l’encyclique Laudato Si. Le document préparatoire du synode évoque la conversion qui est attendu de nous tous : “Changer de cap ou se convertir intégralement ne se réduit pas à une conversion au niveau individuel. Une transformation profonde du cœur, exprimée par un changement de nos habitudes personnelles, est aussi nécessaire qu’une transformation structurelle, exprimée par un changement des habitudes sociales, des lois et des programmes économiques. ” image_amazonie.jpg Façonner une Eglise au visage Amazonien Le document préparatoire du Synode invite à façonner une « Église au visage amazonien », incarnée dans les réalités locales, ouverte à la pluralité des peuples et de leurs cultures. Cela signifie que l’Église dans son ensemble est appelée à bénéficier des réflexions et propositions qui s’y feront, afin de construire une Église qui
  • réponde aux besoins et espoirs sociaux et pastoraux des populations locales,
  • s’ouvre à la spiritualité des peuples amazoniens et au dialogue interculturel
  • intègre davantage les laïcs et les femmes.
Tout comme le christianisme s’est épanouit au contact de la philosophie grecque, il est appelé aujourd’hui à apprendre des cultures amazoniennes : “Ce nouveau paradigme ouvre des perspectives de transformation personnelle et dans la société. La joie et la paix sont possibles lorsque nous ne sommes plus obsédés par la consommation. Le Pape François affirme qu’une relation harmonieuse avec la nature nous permet une sobriété heureuse, la paix intérieure avec soi-même, en relation avec le bien commun, et une harmonie sereine qui implique de se contenter de ce qui est réellement nécessaire. C’est quelque chose que les cultures occidentales peuvent et même devraient apprendre des cultures traditionnelles amazoniennes et d’autres territoires et communautés de la planète Ces peuples, «ont beaucoup à nous enseigner » (EG 198). Grâce à leur amour de la terre et à leur relation avec les écosystèmes, ils connaissent le Dieu Créateur, source de vie. Eux, « par leurs propres souffrances, ils connaissent le Christ souffrant » (EG 198). À travers leur conception de la vie sociale en dialogue, ils sont mus par l’Esprit Saint. C’est pourquoi le Pape François a souligné qu’il « est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux » et par leurs cultures, et que le devoir de la nouvelle évangélisation implique de « prêter notre voix à leurs causes, mais [nous sommes aussi appelés] à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » (EG 198). Leurs enseignements pourraient, par conséquent, indiquer la voie des priorités des nouveaux chemins de l’Église en Amazonie.

Les peuples amazoniens associés à la préparation du synode

Afin d’élargir les réflexions sur les besoins et défis de l’Église en Amazonie, un processus participatif inédit de consultations a été mené par le Réseau Ecclésial Pan-Amazonien (REPAM). Entre juin 2018 et février 2019, 65 assemblées territoriales et 25 forums thématiques ont été organisés. Ils ont permis de faire remonter les préoccupations et espérances des peuples amazoniens dans le document préparatoire du synode. On dénombre, en particulier, 174 peuples ou nationalités indigènes ayant pris part au processus. Soit plus de 40% des 390 peuples indigènes de l’Amazonie. Nous avons pu apporter notre regard sur la première version du document préparatoire à partir des réalités des organisations partenaires que nous soutenons en Amazonie. Les enjeux majeurs que nous avons identifiés dans notre action amazonienne sont largement abordés dans les documents qui préparent le Synode:
  • Les menaces d’un modèle économique prédateur : extractivisme, changement climatique, les fausses solutions de l’économie verte, avec une recrudescence des conflits violents. Nous soutenons les expériences territoriales de résistance pacifique aux mégaprojets destructeurs de l’environnement et des équilibres sociaux amazoniens. Par l’action de nos partenaires, nous promouvons aussi la consolidation, la diffusion et la multiplication d’initiatives agroécologiques et agroforestières en Amazonie.
  • L’enjeu du vivre-ensemble, qui fait partie des réflexions autour de l’écologie intégrale que l’Église propose. L’implication des femmes, des jeunes, des peuples indigènes et des communautés traditionnelles rurales est au cœur de la stratégie du CCFD-Terre Solidaire en Amazonie. Face au modèle prédateur et destructeur des identités culturelles, nous cherchons à renforcer les articulations des sociétés civiles amazoniennes. En 2020 nous soutiendrons par exemple le Forum social Pan-Amazonien à Mocoa en Colombie.
Le document préparatoire du synode explique ainsi : “La culture dominante de la société de consommation et du déchet transforme la planète en une grande décharge publique. Le Pape dénonce ce modèle de développement anonyme, asphyxiant, sans mère, dont les seules obsessions sont la consommation et les idoles de l’argent et du pouvoir. De nouveaux colonialismes idéologiques s’imposent sous le mythe du progrès et détruisent les identités culturelles spécifiques. François en appelle à la défense des cultures et à la réappropriation de l’héritage qui provient de la sagesse ancestrale, qui suggère un mode de relation harmonieuse entre la nature et le Créateur. Il affirme clairement que « la défense de la terre n’a d’autre finalité que la défense de la vie » (Fr. PM)”.

Pour faire rayonner le synode Amazonie autour de vous :

A l’occasion du synode, vous voulez participer aux efforts pour la dénonciation des violences en Amazonie, iées à l’expansion de l’agrobusiness et des projets miniers? Vous pouvez partager cet article et les vidéos de notre chaine You Tube dans vos réseaux. Proposer une animation autour du synode Amazonie Vous pouvez organiser un temps de réflexion dans votre paroisse ou votre communauté. Des bénévoles de la région Ile de France ont conçu des fiches d’animation qui ponctuent les 4 semaines du synode : Outils d’animations : pourquoi un synode Amazonie Synode Amazonie et extractivisme Synode Amazonie et écologie intégrale Retours du synode sur l’Amazonie

Documents joints

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Amazonie : soutenir le peuple Arara menacé par la déforestation https://terresolidaire.devbe.fr/amazonie-soutenir-le-peuple-arara-menace-par-la-deforestation/ https://terresolidaire.devbe.fr/amazonie-soutenir-le-peuple-arara-menace-par-la-deforestation/#respond Tue, 29 Oct 2019 10:45:35 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/amazonie-soutenir-le-peuple-arara-menace-par-la-deforestation/ Dans la région d’Altamira, au cœur de l’Amazonie brésilienne, le peuple indigène Arara est menacé

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Dans la région d’Altamira, au cœur de l’Amazonie brésilienne, le peuple indigène Arara est menacé par les invasions incessantes de forestiers illégaux. La déforestation s’est accrue avec l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro.
Le Cimi, mandaté par l’Eglise Catholique brésilienne, les accompagne dans leur lutte pour la protection de leurs terres et leur dignité.


Le Cacique (chef) Tulu Arara s’est arrêté au milieu de la piste de terre rouge pour constater les dégâts. De part et d’autre, s’offre à lui le spectacle désolé d’arbres plusieurs fois centenaires abattus.

Il raconte : « Des forestiers illégaux sont rentrés ici il y a deux ou trois jours à peine. Ils ont fait ça la nuit, comme d’habitude. Généralement, ils viennent en groupe, une douzaine d’hommes lourdement armés. Ils arrivent par la route puis s’enfoncent dans la forêt en ouvrant une traverse avec un puissant bulldozer ».

La suite du scénario est classique :
« Ils ont coupé les essences les plus nobles et, pour pouvoir les extraire de la forêt, ils n’ont pas hésité à abattre les arbres autour. Puis ils ont tracté les grumes jusqu’à la route où les attendaient des camions pour les charger. Depuis que Bolsonaro a été élu, les invasions de ce type ont doublé ».

Coupes franches et déforestation en Amazonie
Coupes franches et déforestation en Amazonie

Bienvenue sur la terre, ou plutôt ce qu’il en reste, du peuple Arara Laranjal, au cœur de l’Amazonie brésilienne. Cette réserve de 65 000 hectares est située à 120 km à l’ouest de la ville d’Altamira, dans l’État du Para.

Le territoire Arara Laranjal est compris entre la route transamazonienne, au nord, et la rivière Iriri au sud, un affluent du fleuve Amazone. C’est le long des rives de ce cours d’eau que vit la plupart des 1300 indiens Arara.

Leurs moyens de subsistance ? La chasse, la pêche et quelques cultures vivrières. Mais cette vie en harmonie avec l’environnement est aujourd’hui gravement mise en danger par les invasions de forestiers illégaux qui se sont multipliées ces derniers mois.


« Impunité totale »

Le cacique le rappelle : « Notre terre est démarquée et homologuée depuis 2016. Donc, légalement, personne ne peut pénétrer dans cette réserve sans notre accord. Pourtant, en moins de six mois, plus de trente traverses de ce type là, longue de plusieurs centaines de mètres, ont été ouvertes sur nos terres ».

L’œuvre de forestiers clandestins, qui ne sont pour autant pas totalement inconnus, comme l’explique le cacique Tulu :
« La plupart des gens qui massacrent notre forêt travaillent pour de grandes scieries de la région. Jusqu’à présent, ils étaient employés sur le chantier de construction du barrage du Belo Monte ».
Ce barrage est le 3ème plus grand complexe hydroélectrique du monde, dont la construction, débutée en 2012, est sur le point de s’achever. « Comme il n’y a plus de travail dans la région, certains acceptent de couper du bois illégalement pour un salaire de misère ».

Représentant Arara confronté à la déforestation accélérée en Amazonie
Représentant Arara confronté à la déforestation accélérée en Amazonie


Ils disent : “plantez du soja”

Le cacique Motibi Arara est venu s’installer lui aussi dans un campement précaire près de la route Transamazonienne pour tenter d’éviter les invasions illégales. Mais la volonté de résister a tourné court : « Comment peut-on lutter avec nos arcs et nos flèches face à des hommes lourdement armés ? » .

Lui aussi considère que les choses ont empiré depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. « Bolsonaro lui-même l’a dit : « l’indien doit être riche » ! Mais riche de quoi ? Ils disent : « Plantez du soja », « Créez des fermes ». Mais nous ne voulons pas laisser détruire la forêt. Nous ne voulons pas ça. On a besoin de la forêt ».

Pour tenter d’endiguer le fléau, et en l’absence de réponses des autorités, le chef Arara s’est tourné vers une des rares structures capables de le soutenir dans cette lutte inégale. Le CIMI organisme mandaté par l’Eglise catholique brésilienne et soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, les soutient dans leur résistance.

« Le CIMI nous aide. Ils filment les aires saccagées, envoient des rapports aux administrations pour dénoncer les faits. » Mais avec le changement de gouvernement les recours tournent courts. « Ils n’ont pas le pouvoir de prendre des mesures pour faire cesser ces invasions de forestiers illégaux. Donc ça ne donne rien et pendant ce temps la forêt disparaît sous nos yeux ».

Lire aussi : Au Brésil, forte inquiétude de l’Eglise et de la société civile sur le devenir des terres indigènes

Le Père Patricio Brenan, membre du CIMI alerte : « L’État ne fait rien pour que les droits des peuples indigènes soient respectés. La situation, qui a pourtant toujours été difficile pour les peuples indigènes de la région, a commencé à nettement se dégrader quelques mois avant l’élection de Jair Bolsonaro. Il a soufflé alors comme un vent d’impunité totale dans la région. Au point que les invasions illégales ont explosé avant même le second tour du scrutin. »

La pire violence contre les indigènes est la destruction de leurs territoires

Chaque année, le Cimi prépare un Rapport annuel sur les violences contre les peuples indigènes. Ces dernières années, les rapports révèlent que les peuples indigènes font face à une augmentation substantielle d’occupations illégales de terres, de vol de bois, d’extraction illégale d’or, et même de développement de colonies au cœur-même de leurs territoires traditionnels.

D’après le CIMI, de nouvelles méthodes, plus violentes, ont vu le jour concernant l’invasion de terres indigènes : « Généralement, les envahisseurs entraient sur les terres, volaient le bois, les minerais, détruisaient la biodiversité, etc… mais, à un moment ou un autre, finissaient par partir. Désormais, et ce dans de nombreuses régions, ils envahissent les terres avec l’intention d’y rester. Certains ont même été jusqu’à morceler les terres indigènes en lots pour les vendre » explique Antônio Eduardo Cerqueira de Oliveira, secrétaire exécutif du CIMI.
Normalement l’usufruit de ces terres, qui appartiennent à l’État fédéral, est exclusivement destiné aux peuples indigènes. « Avec cette appropriation des terres, on peut dire que c’est toute la société brésilienne qui subit un préjudice et qui, d’une certaine manière, est victime d’extorsion, sans oublier les dommages irréversibles à l’environnement».

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Synode pour l’Amazonie : et si nous changions notre rapport à l’Eglise et à l’écologie?

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Un nouveau pacte des Catacombes pour la Maison commune signé à Rome https://terresolidaire.devbe.fr/un-nouveau-pacte-des-catacombes-pour-la-maison-commune-signe-a-rome/ https://terresolidaire.devbe.fr/un-nouveau-pacte-des-catacombes-pour-la-maison-commune-signe-a-rome/#respond Sun, 20 Oct 2019 15:11:03 +0000 https://terresolidaire.devbe.fr/un-nouveau-pacte-des-catacombes-pour-la-maison-commune-signe-a-rome/ Le CCFD-Terre Solidaire est heureux de se reconnaître et de s’engager dans le Pacte des

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Le CCFD-Terre Solidaire est heureux de se reconnaître et de s’engager dans le Pacte des catacombes pour la maison commune signé le 20 octobre 2019 dans les catacombes Sainte Domitille à Rome dans le contexte du Synode pour l’Amazonie.

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Le CCFD-Terre Solidaire soutient le renouvellement des engagements du Pacte des Catacombes car il appelle à :
– une Église pauvre pour les pauvres, accueillante à l’autre, au différent, au lointain,
– une Église qui vive pleinement l’écologie intégrale,
– une Église synodale pour tous les baptisés.
Voilà près de 60 ans que le CCFD-Terre Solidaire essaie de le vivre!
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire

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José Oscar Beozzo, directeur du CESEEP, organisation partenaire du CCFD-Terre Solidaire, rappelle pendant la messe la mémoire du premier Pacte des Catacombes, pendant le Concile Vatican II, pour une église servante et pauvre.©Walter Prysthon/CCFD-Terre Solidaire

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Walter Prysthon, responsable du service Amérique Latine, signe le pacte pour le CCFD-Terre Solidaire

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Notre partenaire Darlène Braga de la Commission pastorale de la terre en Amazonie brésilienne était là aussi pour signer le pacte

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Synode pour l’Amazonie : et si nous changions notre rapport à l’Eglise et à l’écologie?

Nous, les participants du Synode Panamazonien, partageons la joie d’habiter parmi de nombreux peuples indigènes, quilombolas, habitants des berges des rivières, migrants, communautés aux périphéries des villes de cet immense territoire de la Planète.
Avec eux, nous avons expérimenté la force de l’Évangile qui agit et prend si bien chez les plus petits. La rencontre avec ces peuples nous interpelle et nous invite à une vie plus simple de partage et de gratuité.
À l’écoute de leurs clameurs et marqués par leurs larmes, nous accueillons de tout cœur les paroles du pape François : ” De nombreux frères et soeurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la consolation libératrice de l’Évangile, espèrent la tendresse aimante de l’Église. Pour eux et avec, marchons ensemble”.

C’est avec gratitude, que nous évoquons les évêques qui, au terme du Concile Vatican II, signèrent dans les Catacombes de Sainte Domitille le Pacte pour une Église servante et pauvre.
Nous nous souvenons avec vénération de tous les membres des Communautés Ecclésiales de Base, des Pastorales et des mouvements populaires; des responsables indigènes, missionnaires et laïcs hommes et femmes, prêtres et évêques qui versèrent leur sang pour cette option pour les pauvres, pour défendre la vie et lutter pour la sauvegarde de notre Maison commune.

À la gratitude que nous éprouvons envers leur héroïsme, nous unissons notre décision de continuer leur lutte avec fermeté et courage. En effet, c’est un sentiment d’urgence qui s’impose devant les agressions qui dévastent aujourd’hui le territoire amazonien, menacé par la violence d‘un système économique prédateur et consumériste.

Devant la Sainte Trinité, devant nos Églises particulières, les Églises d’Amérique latine et des Caraïbes et celles qui sont solidaires avec nous, en Afrique, Asie, Océanie, Europe et dans le Nord du continent américain, aux pieds des apôtres Pierre et Paul et de la multitude des martyrs de Rome, d’Amérique latine et en particulier de notre Amazonie, en profonde communion avec le successeur de Pierre, nous invoquons l’Esprit Saint et nous prenons, sur les plans personnel et communautaire, les engagements suivants:

1. Assumer, devant l’extrême menace du réchauffement climatique global et de l’épuisement des ressources naturelles, l’engagement de défendre sur nos territoires et par nos attitudes la forêt amazonienne sur pied.
C’est d’elle que proviennent le don des eaux qui irriguent une grande partie du territoire sud-américain, la contribution au cycle du carbone et la régulation du climat global, ainsi qu’une incalculable biodiversité jointe à une riche sociodiversité, au bénéfice de l’humanité et de la Terre tout entière.

2. Reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres de la Terre mère, mais ses fils et ses filles, formés de la poussière de la terre (Gn 2, 7-8), ses hôtes et pèlerins (1P 1, 17b et 1P 2, 11), appelés à devenir ses zélés gardiens (d’après Gn 1, 26).
À cet effet, nous nous engageons pour une écologie intégrale, dans laquelle tout est en interdépendance, le genre humain et la création tout entière, car la totalité des êtres sont fils et filles de la terre et sur eux se meut l’Esprit de Dieu (Gn 1, 2).

3. Accueillir et renouveler chaque jour l’alliance de Dieu avec tout le créé : “Voici que j’établis mon alliance avec vous et avec votre descendance et avec tous les êtres animés qui sont avec vous : oiseaux, animaux domestiques et sauvages, bref, tout ce qui est sorti de l’arche, tous les animaux de la terre” (Gn 9, 9-10; 12-17).

4. Renouveler dans nos Églises l’option préférentielle pour les pauvres, en particulier les peuples autochtones, et avec eux, garantir leur droit à être des protagonistes dans la société et dans l’Église; les aider à préserver leurs terres, leurs cultures, leurs langues et leurs histoires, leurs identités et leurs spiritualités. Croître dans la conscience de ce que celles-ci doivent être respectées localement et globalement et, en conséquence, favoriser par tous les moyens à notre portée, que ces peuples autochtones soient accueillis sur un pied d’égalité dans le concert mondial des autres peuples et cultures.

5. Abandonner, il s’ensuit, dans nos paroisses, diocèses et groupes, toute espèce de mentalité et posture colonialiste, en accueillant et valorisant la diversité culturelle, ethnique et linguistique, dans un dialogue respectueux avec toutes les traditions spirituelles.

6. Dénoncer toutes les formes de violence et d’agression à l’encontre de l’autonomie et des droits des peuples autochtones, quant à leur identité, leurs territoires et leurs formes de vie.

7. Annoncer la nouveauté libératrice de l’évangile de Jésus-Christ, dans l’accueil de l’autre et du différent, comme il en fut pour Pierre dans la maison de Corneille : “Vous le savez bien, il est interdit à un juif de frayer avec un étranger ou d’entrer chez lui; mais Dieu vient de me montrer qu’il ne faut appeler aucun homme profane ou impur” (At 10, 28).

8. Cheminer de façon œcuménique avec d’autres communautés chrétiennes dans l’annonce inculturée et libératrice de l’Évangile, et avec d’autres religions et personnes de bonne volonté, dans la solidarité avec les peuples autochtones, les pauvres et les petits, afin de défendre leurs droits et préserver la Maison commune.

9. Instaurer dans nos Églises particulières un style de vie synodal, où les représentants des peuples autochtones, les missionnaires et les laïcs, hommes et femmes, en raison de leur baptême et en communion avec leurs pasteurs, aient voix et vote dans les assemblées diocésaines, les conseils pastoraux et paroissiaux, bref, dans tout ce qui relève de leur compétence dans le gouvernement des communautés.

10. Nous employer à la reconnaissance urgente des ministères ecclésiaux qui existent déjà dans les communautés et qui sont exercés par des agents de la pastorale, catéchistes indigènes, ministres de la Parole, hommes et femmes, en mettant particulièrement en valeur leur service au regard des plus vulnérables et des exclus.

11. Rendre effectif dans les communautés qui nous sont confiées le passage d’une pastorale de visite à une pastorale de présence, en s’assurant que le droit à la Table de la Parole et à la Table de l’Eucharistie soit effectif dans toutes les communautés.

12. Reconnaître les services et la réelle diaconie exercée par un nombre élevé de femmes qui dirigent aujourd’hui des communautés en Amazonie, et faire en sorte de les consolider grâce à un ministère conforme à leur fonction de femmes dirigeantes de communautés.

13. Chercher de nouveaux chemins d’action pastorale dans les villes où nous oeuvrons, en faisant une place particulière aux laïcs et aux jeunes, en prêtant attention aux périphéries et aux migrants, aux ouvriers et aux chômeurs, aux étudiants, éducateurs et chercheurs, ainsi qu’au monde de la culture et de la communication.

14. Assumer, devant l’avalanche d’offres de la société de consommation un style de vie joyeusement sobre, simple et solidaire de ceux qui n’ont que peu ou rien; chercher à réduire la production de déchets et l’utilisation des plastiques, favoriser la production et la commercialisation de produits agroécologiques, utiliser autant que possible les transports publics.

15. Nous placer aux côtés de ceux qui sont persécutés à cause de leur service prophétique de dénonciation et réparation des injustices, de défense de la terre et des droits des petits, d’accueil et assistance aux migrants et aux réfugiés. Cultiver des amitiés véritables avec les pauvres, visiter les personnes les plus simples et les malades, en exerçant le ministère de l’écoute, de la consolation et du soutien qui donne du courage et renouvelle l’espérance.

Conscients de nos fragilités, de notre pauvreté et petitesse devant de si grands et graves défis, nous nous confions à la prière de l’Église. Et surtout, puissent nos Communautés ecclésiales venir à notre secours par leur intercession, leur affection dans le Seigneur et, chaque fois que nécessaire, par la charité de la correction fraternelle.

C’est d’un cœur ouvert que nous accueillons l’invitation du cardinal Hummes à nous laisser guider par l’Esprit Saint en ces jours du Synode et au retour dans nos Églises:
“Laissez-vous envelopper dans le manteau de la Mère de Dieu et Reine de l’Amazonie. Ne nous laissons pas vaincre par l’autoréférentialité, mais bien par la miséricorde devant la clameur des pauvres et le cri de la terre. Beaucoup de prière, de méditation et de discernement seront nécessaires, en plus d’une pratique concrète de la communion ecclésiale et de l’esprit synodal. Ce Synode est comme une table que Dieu a préparé pour ses pauvres et il nous demande, à nous, d’être ceux qui servent à table”.

Célébrons cette Eucharistie du Pacte comme “un acte d’amour cosmique“. “Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle a lieu sur le petit autel d’une église de village, l’Eucharistie est toujours célébrée, en quelque sorte, sur l’autel du monde”. L’Eucharistie unit le ciel et la terre, embrasse et pénètre toute la création. Le monde sorti des mains de Dieu retourne à Lui en pleine et heureuse adoration : dans le Pain eucharistique, “la création tend à la divinisation, aux noces saintes, pour s’unir à son Créateur”.
“C’est la raison pour laquelle l’Eucharistie est aussi source de lumière et motivation pour nos préoccupations à l’égard de l’environnement, et qu’elle nous conduit à être les gardiens de la création tout entière”.


Catacombes de Sainte Domitille Rome, 20 octobre 2019.

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