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– une Église pauvre pour les pauvres, accueillante à l’autre, au différent, au lointain,
– une Église qui vive pleinement l’écologie intégrale,
– une Église synodale pour tous les baptisés.
Voilà près de 60 ans que le CCFD-Terre Solidaire essaie de le vivre!
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire

José Oscar Beozzo, directeur du CESEEP, organisation partenaire du CCFD-Terre Solidaire, rappelle pendant la messe la mémoire du premier Pacte des Catacombes, pendant le Concile Vatican II, pour une église servante et pauvre.©Walter Prysthon/CCFD-Terre Solidaire

Walter Prysthon, responsable du service Amérique Latine, signe le pacte pour le CCFD-Terre Solidaire

Notre partenaire Darlène Braga de la Commission pastorale de la terre en Amazonie brésilienne était là aussi pour signer le pacte
Lire aussi notre article : Synode pour l’Amazonie : et si nous changions notre rapport à l’Eglise et à l’écologie?
Nous, les participants du Synode Panamazonien, partageons la joie d’habiter parmi de nombreux peuples indigènes, quilombolas, habitants des berges des rivières, migrants, communautés aux périphéries des villes de cet immense territoire de la Planète.
Avec eux, nous avons expérimenté la force de l’Évangile qui agit et prend si bien chez les plus petits. La rencontre avec ces peuples nous interpelle et nous invite à une vie plus simple de partage et de gratuité.
À l’écoute de leurs clameurs et marqués par leurs larmes, nous accueillons de tout cœur les paroles du pape François : ” De nombreux frères et soeurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la consolation libératrice de l’Évangile, espèrent la tendresse aimante de l’Église. Pour eux et avec, marchons ensemble”.
C’est avec gratitude, que nous évoquons les évêques qui, au terme du Concile Vatican II, signèrent dans les Catacombes de Sainte Domitille le Pacte pour une Église servante et pauvre.
Nous nous souvenons avec vénération de tous les membres des Communautés Ecclésiales de Base, des Pastorales et des mouvements populaires; des responsables indigènes, missionnaires et laïcs hommes et femmes, prêtres et évêques qui versèrent leur sang pour cette option pour les pauvres, pour défendre la vie et lutter pour la sauvegarde de notre Maison commune.
À la gratitude que nous éprouvons envers leur héroïsme, nous unissons notre décision de continuer leur lutte avec fermeté et courage. En effet, c’est un sentiment d’urgence qui s’impose devant les agressions qui dévastent aujourd’hui le territoire amazonien, menacé par la violence d‘un système économique prédateur et consumériste.
Devant la Sainte Trinité, devant nos Églises particulières, les Églises d’Amérique latine et des Caraïbes et celles qui sont solidaires avec nous, en Afrique, Asie, Océanie, Europe et dans le Nord du continent américain, aux pieds des apôtres Pierre et Paul et de la multitude des martyrs de Rome, d’Amérique latine et en particulier de notre Amazonie, en profonde communion avec le successeur de Pierre, nous invoquons l’Esprit Saint et nous prenons, sur les plans personnel et communautaire, les engagements suivants:
1. Assumer, devant l’extrême menace du réchauffement climatique global et de l’épuisement des ressources naturelles, l’engagement de défendre sur nos territoires et par nos attitudes la forêt amazonienne sur pied.
C’est d’elle que proviennent le don des eaux qui irriguent une grande partie du territoire sud-américain, la contribution au cycle du carbone et la régulation du climat global, ainsi qu’une incalculable biodiversité jointe à une riche sociodiversité, au bénéfice de l’humanité et de la Terre tout entière.
2. Reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres de la Terre mère, mais ses fils et ses filles, formés de la poussière de la terre (Gn 2, 7-8), ses hôtes et pèlerins (1P 1, 17b et 1P 2, 11), appelés à devenir ses zélés gardiens (d’après Gn 1, 26).
À cet effet, nous nous engageons pour une écologie intégrale, dans laquelle tout est en interdépendance, le genre humain et la création tout entière, car la totalité des êtres sont fils et filles de la terre et sur eux se meut l’Esprit de Dieu (Gn 1, 2).
3. Accueillir et renouveler chaque jour l’alliance de Dieu avec tout le créé : “Voici que j’établis mon alliance avec vous et avec votre descendance et avec tous les êtres animés qui sont avec vous : oiseaux, animaux domestiques et sauvages, bref, tout ce qui est sorti de l’arche, tous les animaux de la terre” (Gn 9, 9-10; 12-17).
4. Renouveler dans nos Églises l’option préférentielle pour les pauvres, en particulier les peuples autochtones, et avec eux, garantir leur droit à être des protagonistes dans la société et dans l’Église; les aider à préserver leurs terres, leurs cultures, leurs langues et leurs histoires, leurs identités et leurs spiritualités. Croître dans la conscience de ce que celles-ci doivent être respectées localement et globalement et, en conséquence, favoriser par tous les moyens à notre portée, que ces peuples autochtones soient accueillis sur un pied d’égalité dans le concert mondial des autres peuples et cultures.
5. Abandonner, il s’ensuit, dans nos paroisses, diocèses et groupes, toute espèce de mentalité et posture colonialiste, en accueillant et valorisant la diversité culturelle, ethnique et linguistique, dans un dialogue respectueux avec toutes les traditions spirituelles.
6. Dénoncer toutes les formes de violence et d’agression à l’encontre de l’autonomie et des droits des peuples autochtones, quant à leur identité, leurs territoires et leurs formes de vie.
7. Annoncer la nouveauté libératrice de l’évangile de Jésus-Christ, dans l’accueil de l’autre et du différent, comme il en fut pour Pierre dans la maison de Corneille : “Vous le savez bien, il est interdit à un juif de frayer avec un étranger ou d’entrer chez lui; mais Dieu vient de me montrer qu’il ne faut appeler aucun homme profane ou impur” (At 10, 28).
8. Cheminer de façon œcuménique avec d’autres communautés chrétiennes dans l’annonce inculturée et libératrice de l’Évangile, et avec d’autres religions et personnes de bonne volonté, dans la solidarité avec les peuples autochtones, les pauvres et les petits, afin de défendre leurs droits et préserver la Maison commune.
9. Instaurer dans nos Églises particulières un style de vie synodal, où les représentants des peuples autochtones, les missionnaires et les laïcs, hommes et femmes, en raison de leur baptême et en communion avec leurs pasteurs, aient voix et vote dans les assemblées diocésaines, les conseils pastoraux et paroissiaux, bref, dans tout ce qui relève de leur compétence dans le gouvernement des communautés.
10. Nous employer à la reconnaissance urgente des ministères ecclésiaux qui existent déjà dans les communautés et qui sont exercés par des agents de la pastorale, catéchistes indigènes, ministres de la Parole, hommes et femmes, en mettant particulièrement en valeur leur service au regard des plus vulnérables et des exclus.
11. Rendre effectif dans les communautés qui nous sont confiées le passage d’une pastorale de visite à une pastorale de présence, en s’assurant que le droit à la Table de la Parole et à la Table de l’Eucharistie soit effectif dans toutes les communautés.
12. Reconnaître les services et la réelle diaconie exercée par un nombre élevé de femmes qui dirigent aujourd’hui des communautés en Amazonie, et faire en sorte de les consolider grâce à un ministère conforme à leur fonction de femmes dirigeantes de communautés.
13. Chercher de nouveaux chemins d’action pastorale dans les villes où nous oeuvrons, en faisant une place particulière aux laïcs et aux jeunes, en prêtant attention aux périphéries et aux migrants, aux ouvriers et aux chômeurs, aux étudiants, éducateurs et chercheurs, ainsi qu’au monde de la culture et de la communication.
14. Assumer, devant l’avalanche d’offres de la société de consommation un style de vie joyeusement sobre, simple et solidaire de ceux qui n’ont que peu ou rien; chercher à réduire la production de déchets et l’utilisation des plastiques, favoriser la production et la commercialisation de produits agroécologiques, utiliser autant que possible les transports publics.
15. Nous placer aux côtés de ceux qui sont persécutés à cause de leur service prophétique de dénonciation et réparation des injustices, de défense de la terre et des droits des petits, d’accueil et assistance aux migrants et aux réfugiés. Cultiver des amitiés véritables avec les pauvres, visiter les personnes les plus simples et les malades, en exerçant le ministère de l’écoute, de la consolation et du soutien qui donne du courage et renouvelle l’espérance.
Conscients de nos fragilités, de notre pauvreté et petitesse devant de si grands et graves défis, nous nous confions à la prière de l’Église. Et surtout, puissent nos Communautés ecclésiales venir à notre secours par leur intercession, leur affection dans le Seigneur et, chaque fois que nécessaire, par la charité de la correction fraternelle.
C’est d’un cœur ouvert que nous accueillons l’invitation du cardinal Hummes à nous laisser guider par l’Esprit Saint en ces jours du Synode et au retour dans nos Églises:
“Laissez-vous envelopper dans le manteau de la Mère de Dieu et Reine de l’Amazonie. Ne nous laissons pas vaincre par l’autoréférentialité, mais bien par la miséricorde devant la clameur des pauvres et le cri de la terre. Beaucoup de prière, de méditation et de discernement seront nécessaires, en plus d’une pratique concrète de la communion ecclésiale et de l’esprit synodal. Ce Synode est comme une table que Dieu a préparé pour ses pauvres et il nous demande, à nous, d’être ceux qui servent à table”.
Célébrons cette Eucharistie du Pacte comme “un acte d’amour cosmique“. “Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle a lieu sur le petit autel d’une église de village, l’Eucharistie est toujours célébrée, en quelque sorte, sur l’autel du monde”. L’Eucharistie unit le ciel et la terre, embrasse et pénètre toute la création. Le monde sorti des mains de Dieu retourne à Lui en pleine et heureuse adoration : dans le Pain eucharistique, “la création tend à la divinisation, aux noces saintes, pour s’unir à son Créateur”.
“C’est la raison pour laquelle l’Eucharistie est aussi source de lumière et motivation pour nos préoccupations à l’égard de l’environnement, et qu’elle nous conduit à être les gardiens de la création tout entière”.
Catacombes de Sainte Domitille Rome, 20 octobre 2019.
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Martin Willaume, chargé de mission pour les pays andins, évoque les enjeux de cette visite.
« Unidos por la esperanza » (Unis dans l’espérance)Un défi pour le Saint Père alors que le pays se divise autour de la grâce accordée par le président péruvien à son prédécesseur : Alberto Fujimori avait été condamné pour crimes contre l’humanité. L’affaire suscite un vif débat au sein de la société et de l’Eglise péruvienne. D’un côté les “partisans du pardon”, de l’autre ceux qui dénoncent l’impunité et même l’insulte faite à la souffrance des victimes du conflit armé.
“Nous qui n’habitons pas ces terres, nous avons besoin de votre sagesse et de votre connaissance pour pouvoir pénétrer, sans le détruire, le trésor que renferme cette région.” “Réaffirmer avec vous une option sincère pour la défense de la vie, pour la défense de la terre et pour la défense des cultures.”“Probablement, les peuples autochtones amazoniens n’ont jamais été aussi menacés sur leurs territoires qu’ils le sont présentement. L’Amazonie est une terre disputée sur plusieurs fronts : d’une part, le néo-extractivisme et la forte pression des grands intérêts économiques qui convoitent le pétrole, le gaz, le bois, l’or, les monocultures agro-industrielles. D’autre part, la menace visant ses territoires vient de la perversion de certaines politiques qui promeuvent la ‘‘conservation’’ de la nature sans tenir compte de l’être humain et, concrètement, de vous, frères amazoniens qui y habitez. Nous connaissons des mouvements qui, au nom de la conservation de la forêt, accaparent de grandes superficies de terre et en font un moyen de négociation, créant des situations d’oppression des peuples autochtones pour lesquels, le territoire et les ressources naturelles qui s’y trouvent deviennent ainsi inaccessibles.”
“Nous devons rompre avec le paradigme historique qui considère l’Amazonie comme une réserve inépuisable des États sans prendre en compte ses populations.”
“La reconnaissance et le dialogue seront la meilleure voie pour transformer les relations historiques marquées par l’exclusion et la discrimination.”“En contrepartie, il est juste de reconnaître qu’il existe des initiatives porteuses d’espérance qui naissent dans vos propres rangs et dans vos organisations et permettent que les peuples autochtones eux-mêmes ainsi que les communautés soient les gardiens des forêts, et que les ressources produites par la sauvegarde de ces forêts reviennent comme bénéfice à leurs familles, pour l’amélioration de leurs conditions de vie, pour la santé et l’éducation de leurs communautés. Ce ‘‘bien-faire’’ se trouve en syntonie avec les pratiques du ‘‘bien-vivre’’ que nous découvrons dans la sagesse de nos peuples. Et permettez-moi de vous dire que vraiment, pour certains, vous êtes considérés comme un obstacle ou une ‘‘gêne’’ ; en vérité, par votre vie, vous constituez un cri pour qu’on prenne conscience du mode de vie qui ne parvient pas à limiter ses propres coûts. Vous êtes la mémoire vivante de la mission que Dieu nous a donnée à nous tous : sauvegarder la Maison commune.”
“La reconnaissance de ces peuples – qui ne peuvent jamais être considérés comme une minorité, mais comme d’authentiques interlocuteurs – et de tous les peuples autochtones nous rappelle que nous ne sommes pas les propriétaires absolus de la création.”
“La culture de nos peuples est signe de vie. L’Amazonie, outre qu’elle constitue une réserve de biodiversité, est également une réserve culturelle que nous devons sauvegarder face aux nouveaux colonialismes.”
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L’Institut Bartolomé de las Casas (IBC) a été créé en 1974 à Lima, au Pérou, par le théologien Gustavo Guttiérez, père de la Théologie de la Libération. « C’était en pleine dictature, rappelle Maria Rosa Alaysa Mujica, directrice des lieux pendant de longues années. A cette époque le Père Gustavo Guttiérez pensait qu’il était indispensable de fonder un lieu de réflexion chrétien sur la manière dont fonctionnait le Pérou. L’idée de fond était d’écouter le témoignage et la parole des pauvres. Il s’agissait le plus souvent de personnes issues de Communautés ecclésiales de base (CEB), connectées avec l’Église. »
Concrètement, le théologien organisait des ateliers de réflexion et de débats sur la situation politique, économique et sociale du pays, auxquels étaient invités des prêtres, des religieuses ainsi que des laïcs. « Le contexte politique était difficile et le Pérou était marqué par une très grande pauvreté », rappelle Roelfien Haak, l’actuelle Directrice de l’IBC. C’est pour évoquer cette situation et les changements qui se préparaient, que l’IBC a créé trois groupes de travail :
« Réfléchir à partir de la vie des gens »
C’est en 1994 qu’est créée l’école de formation des acteurs sociaux de l’IBC. A cette époque, le Pérou rentrait dans une ère de libéralisation du marché. La crise économique était aigüe et le climat politique tendu, avec la fin de la guerre civile. « Il existait déjà des leaders sociaux. La plupart avaient été formés dans les années 1970 et 1980, se rappelle Maria Rosa Alaysa Mujica. Mais il fallait compléter leur formation, les faire dialoguer avec la réalité du moment et réactualiser leurs pratiques. Sans jamais oublier de les valoriser. »
D’ailleurs, la philosophie de l’École a toujours été claire et reprend trois éléments centraux de l’Éducation populaire :
Critique et autocritique
La valorisation des expériences de chacun est donc au centre du projet pédagogique de l’IBC. Mais l’autocritique aussi. « Car notre objectif est aussi de faire évoluer les mentalités, insiste Maria Rosa Alaysa Mujica. Certes il faut des changements au sein de la société. Mais il faut aussi que ces acteurs sociaux puissent s’interroger sur la manière dont eux-mêmes doivent évoluer, voire même se transformer. » Des acteurs sociaux dont le profil a d’ailleurs changé ces dernières années.
« Comme depuis le début, les élèves viennent de tout le pays, indique Roelfien Haak. Ils sont globalement plus jeunes qu’avant, mais ont déjà pas mal d’expérience, notamment à travers les organisations sociales liées à l’Église. Mais depuis 5 ans environ, il y a une plus forte présence de représentants de communautés de l’Amazonie. C’est d’autant plus remarquable de leur part que certains habitent dans des régions extrêmement reculées et doivent voyager pendant plus de deux semaines pour venir jusqu’à Lima ! »
L’impact de l’industrie minière sur les communautés indiennes au Pérou et l’action de l’institut Bartolome de la Casas (3 mn)
Cette année, l’IBC a ainsi reçu une demi douzaine de représentants de communautés indigènes, certains venant même en tenue traditionnelle, vivant tout au nord du pays, près de la frontière avec la Colombie. « Ces personnes sont arrivées en présentant des problématiques qui leur sont spécifiques, souligne Maria Rosa Alaysa Mujica. Il y a des conflits liés au non respect de leurs droits territoriaux par des compagnies pétrolières ou minières. Ceux liés à la détérioration de leur cadre de vie. Mais de manière générale, il y a une forte volonté d’apprendre à négocier avec les autorités locales, souvent corrompues. »
Si la pédagogie, basée sur l’expérience des participants, a forcément évolué avec l’arrivée de nouvelles générations d’acteurs sociaux, les bases demeurent. « On commence en portant un regard sur l’histoire du Pérou, détaille Roelfien Haak. Ensuite, il y a un travail fait autour de la littérature et ce qu’elle nous enseigne sur notre pays. Il y a enfin des cours qui portent sur l’analyse politique, mais aussi sur la théologie, et notamment la Théologie de la Libération. Le tout, en deux semaines « intensives ».
Et les demandes de formation ne manquent pas. « Ce sont les moyens qui font défaut, soupire Maria Rosa Alaysa Mujica. Car le contexte financier est de plus en plus difficile avec, notamment, la baisse de la coopération internationale. C’est d’autant plus dommage qu’il y a aujourd’hui une demande très importante pour aller dispenser des formations, notamment à Iquitos, la principale ville de la région amazonienne du Pérou. »
En attendant, les responsables de l’IBC tablent sur le développement des nouveaux outils de communication et sur la création de réseaux. Objectif ? « Nous voulons travailler sur des thématiques davantage ciblées sur les réalités vécues par les acteurs sociaux. Nous cherchons aussi à les stimuler afin qu’ils prennent eux-mêmes des initiatives », précise Roelfien Haak.
Une obligation aussi stratégique que philosophique. « Comme le rappelle régulièrement le Père Gustavo Guttiérez, si nous donnons une formation, c’est pour que les gens soient sujets de leur vie, affirme Maria Rosa Alaysa Mujica. Donc, il faut que chacun fasse sa part. »
Jean-Claude Gerez
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« Si la Théologie de la Libération est morte, je n’ai pas été invitée à son enterrement. Alors je continue à croire naïvement qu’elle existe ! » La boutade de Gustavo Gutiérrez, le « père » de la Théologie de la Libération, a été accueillie par des salves de rires.
A lui seul, le bon mot résume d’ailleurs le climat de confiance et d’optimisme qui a régné durant le 2ème Congrès Continental de Théologie, qui s’est déroulé du 26 au 30 octobre 2015, à Belo Horizonte au Brésil.
Cette rencontre a été organisée par le partenaire du CCFD-Terre Solidaire «Amerindia», un réseau composé d’évêques, de théologiens, de chercheurs en sciences sociales, de religieux et de laïcs engagés dans l’Eglise.
Le thème de cette seconde édition ? « L’Église qui avance avec l’Esprit et à partir des pauvres ».
L’objectif des organisateurs était de « discerner, à partir de la Parole de Dieu, la présence de l’Esprit Saint à l’intérieur de pratiques de solidarité avec les exclus, et réfléchir au nécessaire défi de réformer l’Église ».
Mais surtout, profiter de l’évènement pour montrer le dynamisme de la théologie latino américaine. « Le 1er Congrès, organisé en 2012, avait été très important car il s’était déroulé dans un contexte que l’on peut qualifier d’ « hiver ecclésial », a rappelé Socorro Martinez, l’une des coordinatrices d’Amerindia. A cette époque, il était crucial de réaffirmer la force de la théologie latino américaine et en particulier de la Théologie de la Libération, 50 ans après l’ouverture du Concile Vatican II ».
Une Théologie de la Libération bien vivante
Trois ans après, ce 2ème Congrès avait donc une saveur toute particulière pour les quelques 300 participants.
La raison tient évidemment à l’élection, en 2013, d’un pape Latino américain. « François a indéniablement impulsé un nouveau souffle à l’Eglise mondiale et continentale, a souligné Pablo Bonavía, membre de la Commission d’organisation du Congrès continental. Il a amené avec lui des changements significatifs dans le contexte ecclésial ».
Pour Cecilia Tovar, théologienne péruvienne, « le Saint-Père s’est rapidement imposé comme un acteur très important de la scène internationale, qui propage l’idée de la miséricorde. »
Paulo Barbosa da Silva, membre de la délégation de quatre personnes du CCFD-Terre Solidaire qui a participé à la rencontre, partage ce sentiment. « On perçoit un climat d’espérance dans l’Église latino américaine aujourd’hui », se réjouit ce natif de Manaus, au cœur de l’Amazonie brésilienne.
Agent pastoral au diocèse de Strasbourg, Paulo est particulièrement heureux de participer à ce congrès. « Je rencontre et échange avec les grands théologiens comme Leonardo Boff qui ont marqué ma formation de chrétien », se réjouit-il.
Lui qui se revendique comme un « pur produit des Communautés Ecclésiales de Base (CEB) » est plus que jamais convaincu que « la Théologie de la Libération est bien vivante ».

Un besoin de s’ouvrir davantage
Pour le Père Jean-Claude Sauzet, responsable de la délégation, ce congrès a permis avant tout de prendre le pouls du Continent. « Une bonne analyse politique et sociale est indispensable pour comprendre les réalités du continent et accompagner du mieux possible les partenaires, souligne l’ancien aumônier du CCFD-Terre Solidaire. Mais observer l’évolution de l’Église et de la théologie est très important aussi. » D’autant que de nombreuses thématiques développées pendant le Congrès sont au centre des actions menées par le CCFD-Terre Solidaire.
Durant les cinq jours de ce Congrès, les participants ont en effet pu échanger expériences et réflexions dans le cadre d’ateliers. Une quinzaine de thématiques étaient proposées, parmi lesquelles les migrants, l’Éco théologie, le droit urbain, ou encore la Cosmovision Indigène.
Des ateliers malheureusement trop brefs au goût des participants et où la présence d’acteurs des problématiques évoquées a souvent fait défaut. « J’étais la seule personne issue d’un peuple indigène, s’est étonné Paulo Barbosa da Silva. D’ailleurs je pense que le Congrès aurait pu s’ouvrir d’avantage. Il manquait par exemple des représentants des nouveaux courants de la Théologie latino américaine, comme les théologies indienne et afro ».
Pour Jean-Claude Sauzet, « le Congrès aurait aussi gagné à inviter des théologiens venus d’autres continents, même comme simples observateurs. »
En attendant, les figures « historiques » de la théologie latino américaine, elles, étaient bien là. Et elles espèrent que la présence de François à Rome va aider l’Église continentale à renouer avec l’élan du Concile Vatican II et de la Conférence épiscopale de Medellin, en Colombie, en 1968.
La nécessité d’une Église des pauvres pour les pauvres y avait été clairement affirmée. Mais le remplacement progressif des évêques en place par des prélats plus conservateurs avait freiné cet élan.
L’espoir est d’autant plus grand que la pauvreté et les inégalités sont toujours très présentes en Amérique latine. Une pauvreté que Gustavo Gutiérrez qualifie « d’échec de la Création ».
Cette Création est « mise en danger par la cupidité d’une minorité », a encore une fois dénoncé Leonardo Boff, appelant de ses voeux un « capitalisme spirituel ».
Le théologien brésilien a évoqué les conflits socio-environnementaux qui secouent le continent et dans lesquels l’Église est souvent impliquée au côté de la société civile et du peuple. Quitte à y risquer la vie et devenir un martyr, comme cela a été le cas avec Mgr Romero. Le nom de l’archevêque de San Salvador, assassiné en mars 1980 et béatifié en mai dernier a été très souvent évoqué au cours du Congrès.
« Cette multiplicité des conflits et la permanence des inégalités interpellent plus que jamais l’Église sur son rôle prophétique », assuré Juan Hernandez Pico, théologien salvadorien. En Amérique latine, comme ailleurs.

Militante au Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne (MRJC), Virginie Vanhee faisait partie de la délégation du CCFD-Terre Solidaire au Congrès Continental de Théologie. Une grande expérience humaine et spirituelle.
Tout semblait disposer Virginie Vanhee à participer au 2ème Congrès Continental de Théologie. « J’ai grandi dans une famille catholique pratiquante, dans un petit village des Flandres, explique cette jeune femme de 27 ans. En 2002, j’ai intégré le Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne (MRJC) ».
Dès le collège et l’apprentissage de l’espagnol, Virginie s’intéresse à l’Amérique latine. C’est donc tout naturellement qu’en 2012, elle part travailler six mois en Espagne, dans une association qui accueille des migrants, notamment sud-américains.
Quand elle a appris que le CCFD-Terre Solidaire envisageait d’envoyer une délégation au Congrès de Théologie, celle qui est chargée de Relations (et de Solidarité) Internationales au sein de la Mairie de Lille n’a pas hésité. « J’y ai vu la possibilité de rencontrer d’autres personnes de ce continent. Mais aussi de découvrir les acteurs de cette Église sociale qui me plait parce qu’elle lutte. Et enfin de discuter des problématiques économiques et sociales du continent ». Une mission largement accomplie.
Révolution spirituelle
Car très vite et grâce à sa maitrise de l’espagnol, la jeune femme s’est sentie à l’aise parmi les congressistes, multipliant les conversations avec les théologiens. Elle a évidemment assisté aux conférences et à l’atelier (sur les migrants !) et noirci des pages entières de notes. Elle s’est associée également au groupe de jeunes qui ont manifesté, à l’issue de la conférence de Gustavo Gutiérrez, leur désir d’avoir toute leur place dans cette théologie latino américaine.
« Ces quatre jours de Congrès ont été très enrichissants au niveau personnel, admet la jeune femme. Sur le plan émotionnel, cette expérience m’a bouleversé et j’ai le sentiment d’avoir vécu une mini-révolution sur le plan spirituel ! » Mais l’essentiel est peut-être ailleurs pour la militante du MRJC. « Ce Congrès m’a permis de raffermir ma foi et me réconcilier avec l’Église catholique ».
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L’image se voulait symbolique. En clôture du Congrès continental de théologie qui s’est tenu en octobre dernier à l’Université jésuite de São Leopoldo, dans le sud du Brésil, les organisateurs avaient convié cinq jeunes théologiens et théologiennes latinoaméricains à monter sur scène.
Un peu intimidés, les jeunes gens ont pris successivement la parole devant un public considérable, parmi lequel se trouvaient des figures historiques de la théologie de la libération, comme Leonardo Boff, Jon Sobrino, Pablo Richard, Frei Betto ou encore Victor Codina :
« Nous, jeunes théologiens, affirmons solennellement que nous souhaitons poursuivre l’immense travail accompli par nos illustres prédécesseurs. Pour cela, nous prenons devant vous trois engagements :
En 1962, Jean XXIII initiait à Rome le concile Vatican II. Dix ans plus tard, de l’autre côté de l’Atlantique, le Péruvien Gustavo Gutiérrez publiait Théologie de la libération, un ouvrage de référence pour des générations de chrétiens.
José Oscar Beozzo, historien de l’Église catholique latino-américaine et coordinateur général du Centre œcuménique des services à l’évangélisation et à l’éducation populaire (Ceseep), partenaire du CCFD-Terre Solidaire explique :
« La théologie de la libération est toujours un grand mouvement de spiritualité qui allie la lecture divine de la Bible au témoignage du règne de Dieu dans le sillage de Jésus. À l’époque, [cette théologie] avait pour mission de répondre à une situation d’urgence économique et de crises politiques. Si le visage du continent a changé, la pauvreté et l’exclusion sociale sont toujours aussi importantes. »
Évidemment, dans la forme, cette théologie a considérablement évolué depuis plus d’un demi-siècle. Tout d’abord par ses acteurs :
– plus nombreux,
– moins connus,
– peut-être pas aussi productifs d’un point de vue théorique et littéraire que leurs illustres prédécesseurs, mais très actifs sur le terrain.
– Femmes, indigènes, noirs…
La diversité est plus grande, et ce sont de plus en plus fréquemment des laïcs qui travaillent et réfléchissent au rôle de la religion dans, et pour, la société latino-américaine.
Des laïcs moins liés à la hiérarchie de l’Église et donc moins dépendants de son appui, notamment économique. Pablo Richard, « père » de la théologie chilienne souligne :
« Cet aspect est très important, car cela change fondamentalement l’approche de ces théologiens et théologiennes. En étant plus libres pour parler, écrire et exister en dehors du cadre ecclésial, ils et elles changent également le visage de la théologie en agissant de manière libératrice à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église. »
Le théologien chilien voit d’ailleurs dans la présence des laïcs une possibilité pour l’Église latino-américaine de se réformer profondément.
« Aujourd’hui, l’Église doit changer ses structures qui datent du concile de Trente, au XVIe siècle. Car la structure paroissiale est en crise et concentrée sur elle-même. Il faut donc élargir l’horizon, notamment en développant le mouvement populaire de la Bible qui permet à chacun de s’approprier les écritures saintes. Pour cela, poursuit Pablo Richard, l’Église doit reconnaître et renforcer le rôle de ces laïcs. Cela passe par la création d’un espace plus autonome au sein même de la paroisse en faveur de ces derniers, sans pour autant couper les liens avec l’Église. »
Pour Jung Mo Sung, économiste, docteur en théologie et enseignant à l’université méthodiste de São Paulo, au Brésil, l’Église peut d’ailleurs profiter de la présence des laïcs pour créer des passerelles avec la société civile.
« Sur l’ensemble du continent, on observe que si les théologiens laïcs s’impliquent encore beaucoup dans les activités pastorales, ils et elles ont aussi conscience de la transversalité des thématiques couvertes par la théologie et s’investissent souvent en parallèle dans les mouvements sociaux et altermondialistes. »
En particulier ceux qui travaillent sur le thème de l’environnement.
Car l’un des principaux défis auquel le continent latino-américain est confronté est bien celui de la question écologique. Déforestation, exploitation minière, complexes hydroélectriques, agrobusiness…
Les menaces sont nombreuses et chaque jour plus importantes. Une détérioration de l’environnement qui, comme l’a martelé Leonardo Boff, affecte particulièrement les pauvres.
« Ce sont les principales victimes des sécheresses, des inondations et des dévastations causées par les catastrophes environnementales. Pire, par manque de ressources, les pauvres contribuent à la destruction de cet environnement. Le combat contre la pauvreté et pour la préservation de l’environnement est donc le même. »
Leonardo Boff a d’ailleurs rappelé que les théologiens chrétiens ne pouvaient pas fuir leurs responsabilités face aux menaces faites à la terre.
« Car une théologie qui n’aborderait pas le thème du devenir de la planète ne serait pas sérieuse. »
Pour éviter que « la Terre soit crucifiée », pour reprendre l’expression de Jon Sobrino,prêtre jésuite et théologien salvadorien d’origine basque, le salut passe d’abord, selon Leonardo Boff, par une prise de conscience urgente.
« Nous pouvons considérer que nous vivons une grande tragédie prévisible et rester passifs, ou alors nous rendre compte que nous sommes face à une crise majeure de civilisation et que nous devons changer. L’alternative aujourd’hui est : ou nous changeons, ou nous mourrons ! »
Un avis partagé par Jon Sobrino.
« Sous couvert de la modernité, nous avons laissé se construire une machine de mort qui peut nous détruire, explique ce dernier. Nous n’avons plus de sentiment, ni d’indignation. Pourtant, l’origine des religions est bien le sentiment du monde et non la raison du monde. Pour cela, il y a la science. Le plus grand crime de l’humanité aujourd’hui, selon moi, est bel et bien la perte de sensibilité au profit de la raison. Si nous veillons sur le monde, nous veillons sur Dieu. »
Les théologiens latino-américains appellent donc massivement au changement pour sauver la planète. Mais sous quelle forme ? Pour Leonardo Boff, cela passe par l’abandon du capitalisme.
« Ce système a déjà accompli sa mission historique. Et il n’a plus de condition de survie. S’il s’impose aujourd’hui, c’est uniquement par la violence à défaut d’avoir des arguments pour convaincre. »
Pour d’autres, il y a urgence à faire une éducation « ciblée ». Victor Codina, théologien espagnol vivant en Bolivie suggère avec humour :
« Il convient d’élaborer un projet d’éducation populaire, tel que le propose par exemple Fritjof Capra, un physicien américain. Il s’agirait de donner des cours d’alphabétisation écologique à l’attention des plus analphabètes qui existent aujourd’hui dans notre société : les grands patrons ! »
Une démarche qui pourrait porter ses fruits, à condition toutefois que les élèves soient appliqués. Et aient foi en l’avenir de la planète.
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Qu’on se le dise : la théologie de la libération n’est pas morte ! Pour s’en convaincre, il suffisait d’assister, du 7 au 11 octobre dernier, au Congrès Continental de Théologie, qui s’est tenu à Sao Leopoldo, dans le sud du Brésil. 50 ans après Vatican II et 40 ans après la publication du livre de Gustavo Gutiérrez « Théologie de la libération », le réseau Amerindia, un partenaire du CCFD-Terre Solidaire regroupant de nombreux théologiens et responsables de mouvements sociaux du continent, a en effet organisé une rencontre « historique. » Un qualificatif qui a valu notamment par la présence des plus grandes figures de la Théologie de la Libération comme Gustavo Gutierrez, Leonardo Boff, Pablo Richard, Jon Sobrino ou Victor Codina.
Mais d’histoire, il en a également été question au moment d’évaluer l’héritage de Vatican II et des Conférences des Evêques latino-américains qui ont jalonnées ce demi-siècle. « Il était important d’examiner quelle a été l’évolution de la théologie de la libération dans un continent marqué tour à tour, par des régimes dictatoriaux, un ultralibéralisme forcené et l’arrivée de la gauche au sommet de la majorité des Etats, a ainsi rappelé le Père José Oscar Beozzo, historien de l’Eglise catholique latino-américaine et Coordinateur général du Centre Œcuménique des Services à l’Evangélisation et à l’Education Populaire (CESEEP), également partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Et de voir quelle place a pris et compte prendre, dans l’avenir l’Eglise sur des thèmes comme l’Ecologie ou l’égalité femmes/hommes. »
Ecouter pour mieux dialoguer
Quels sont les visages de la théologie latino américaine aujourd’hui ? Quelles sont les perspectives de ce mouvement de pensée qui marque l’Eglise continentale depuis un demi-siècle ? Comment l’Europe peut-elle se nourrir des réflexions des acteurs d’une institution socialement très engagée pour répondre aux défis qui se présentent à elle aujourd’hui ? Voilà quelques-unes des questions qui ont poussé le CCFD-Terre Solidaire à envoyer trois de ses représentants à Sao Leopoldo. Avec un impératif. « Ecouter les témoignages des différentes sensibilités et générations de cette théologie, explique Yvonne Bellaunde, chargée de mission Amérique latine. Afin de mettre en dialogue l’expérience de la foi et de la spiritualité avec les réalités actuelles, qu’elles soient économiques, écologiques ou même liées aux valeurs morales de nos sociétés. »
C’est dans cet esprit d’échange que Sœur Eliane Loiseau, a pris part au voyage. Invitée par le CCFD-Terre Solidaire, cette religieuse de la Congrégation des Sœurs de Saint-Charles, à Angers, connaît bien l’Amérique latine pour avoir vécu dix ans au Nicaragua, dans les années 1980, au début de la révolution sandiniste. Un séjour qui a sonné comme une révélation. « Je suis née une deuxième fois à la vie chrétienne à cette époque en découvrant la théologie de la libération », affirme- t- elle. En suivant les débats et les ateliers, Sœur Eliane a d’ailleurs été marquée par « la fidélité à l’histoire de cette ligne pastorale que l’on a tendance à considérer de manière insignifiante depuis l’Europe. » Une erreur d’autant plus grande que, pour elle, « cette théologie a encore beaucoup de sens dans le contexte que nous vivons aujourd’hui. »
« Une source de motivation » pour les organisateurs
Rolande Jean, elle aussi, a été marquée par ce qu’elle a vu et entendu durant ce Congrès. Educatrice et animatrice en Pastorale dans un collège de Mende, en Lozère, cette bénévole du CCFD-Terre Solidaire, n’a d’ailleurs pas regretté son voyage. Et ce, même si elle a parfois entendu des choses bouleversantes. « Beaucoup de gens m’ont dit qu’ils se considéraient comme des survivants de dictatures ou de guerres civiles. » Des témoignages qui ont confirmé qu’il est important d’entendre et de réentendre le message transmis à l’époque par des théologiens de la libération. Histoire de nourrir sa propre conviction de chrétienne : « S’engager pour plus d’humanité, de justice et de paix, assure-t-elle, c’est le premier acte de foi que l’on peut accomplir. »
Du côté des organisateurs, cette écoute et cette implication ont été reçues avec beaucoup de reconnaissance. « C’est très satisfaisant que le CCFD-Terre Solidaire ait envoyé une délégation, a assuré José Oscar Beozzo. Ce ne sont pas tous les partenaires qui ont compris qu’il se passait aujourd’hui quelque chose d’important et de vivant en Américaine latine. » Un sentiment partagé par Socorro Martinez, responsable d’Amerindia. « La présence d’un partenaire européen est bien sûr gratifiante, assure-t-elle. Mais cela va au-delà, car il y a eu beaucoup de pression pendant très longtemps sur la Théologie de la libération. Donc lorsqu’une institution européenne affirme venir ici pour écouter et s’inspirer de notre travail afin de nourrir sa propre réflexion, nous prenons cela comme une source supplémentaire d’inspiration, de motivation et de légitimation de notre action. »
Jean-Claude Gerez
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]]>• Elle s’appuie sur le renouveau de Vatican II : conception de l’Eglise « peuple de Dieu », stimulation de la recherche théologique, promotion du rôle des laïcs, renouvellement de l’enseignement social de l’Eglise par l’encyclique Populorum Progressio de Paul VI…
• Cette réflexion est le fruit de la pratique des communautés de base en Amérique Latine. Elle part de leur réalité sociale (pauvreté et oppression) pour l’éclairer à la lumière de la Bible, « Livre de vie ».
• Les opprimés sont mis au centre de la réflexion, en tant qu’acteurs de leur propre histoire dans une perspective de libération.
• La figure du Christ pauvre et sauveur y tient une place centrale.
Théologie de la libération
Le thème de la libération apparaît dès l’assemblée épiscopale de Medellin.
• « Le Christ notre sauveur n’a pas seulement aimé les autres (…). Il a vécu dans la pauvreté. Il a centré sa mission sur l’annonce aux pauvres de leur libération. Il a fondé son Eglise comme signe de pauvreté parmi les hommes »
Document « La pauvreté de l’Eglise »
• « Pour l’Eglise, le défi était celui-ci : comment dire à des gens pauvres “Dieu vous aime” ? Comment annoncer l’Evangile en partant de la souffrance et de l’espérance des pauvres ? Comment bien parler de la résurrection de Jésus-Christ –donc de la victoire sur la mort– si l’on n’a pas conscience de la mort prématurée de nos peuples ? »
Gustavo Gutiérrez, l’un des pères de la théologie de la libération
• C’est une théologie de l’espérance pour laquelle « l’espérance chrétienne n’est pas l’optimisme qui regarde au-delà de la mort, au-delà de l’injustice et de l’oppression, mais une espérance contre la mort, contre l’injustice et l’oppression »
Jon Sobrino
« Une théologie nécessaire »
Des théologiens de la libération ont été sanctionnés par les autorités du Vatican, au début des années 1980, par crainte de dérives marxistes. Mais la théologie de la libération n’a jamais été condamnée en tant que telle.
Selon le pape Jean-Paul II, elle reste « non seulement opportune, mais utile et nécessaire » et « représente une nouvelle phase dans la tradition de la pensée théologique » (Lettre aux évêques brésiliens, 1986).
Option préférentielle et évangélique pour les pauvres
Le 13 mai 2007, dans le sanctuaire d’Aparécida, en ouverture de la Conférence générale de l’épiscopat latino-américain (Celam), le pape Benoît XVI a affirmé que « les peuples latino-américains et des Caraïbes ont droit à une vie épanouie, étant fils de Dieu, avec des conditions plus humaines : libres des menaces de la faim et de toute forme de violence. »
En rappelant que « l’option pour les pauvres est implicite » dans la foi chrétienne, Benoît XVI à invité tous les hommes à « supprimer les inégalités sociales graves et les différences considérables dans l’accès aux biens. »
Le 31 mai, en conclusion de leurs travaux, les évêques latino-américains ont réaffirmé leur « option préférentielle et évangélique en faveur des pauvres », en s’engageant « à défendre les plus faibles » avec la volonté « de favoriser un développement humain et durable basé sur une distribution équitable de la richesse et sur la communion des biens entre tous les peuples. »
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C’est pour cela que, déjà en 2005, a débuté un processus de mondialisation baptisé « Forum mondial de théologie et de libération ». A ce propos, il est nécessaire d’attirer l’attention sur un détail important : on ne parle pas d’un forum mondial de la théologie « de » la libération, mais d’un Forum mondial de théologie ET de libération. Parce qu’il y a des formes de libération qui, par exemple, se font jour au sein de groupes de femmes au Nord du Kenya et qui regroupent des musulmanes, des chrétiennes et des femmes d’autres religions traditionnelles. Elles se réunissent pour apprendre à vivre, à prier et à faire des choses ensembles.
On en a d’ailleurs eu un témoignage à Nairobi, lors de la seconde édition du « Forum mondial de théologie et de libération. » Il y a des formes de libération dans la théologie Dalit, dans la théologie Minjung, dans la théologie de la Reconstruction africaine. Il y en a aussi dans la théologie contextuelle au Québec, ou dans les réseaux chrétiens en Espagne, ou encore dans la théologie Qeer américaine et dans certains pays européens. Cette théologie a besoin d’être pensée de manière œcuménique, dans le cadre d’un pluralisme religieux.
Propos recueillis par Jean-Claude Gerez
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