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La crise sanitaire a exacerbé les inégalités et les répressions dans de nombreux pays. C’est le cas aux Philippines, où le président, Rodrigo Dutertre, exerce son pouvoir de manière tyrannique depuis 2016. Le Gouvernement a profité de la pandémie pour réduire davantage la portée des mouvements sociaux, pour poursuivre les assassinats extrajudiciaires et justifier les violations des droits humains commises par la police nationale.
Sous couvert de la lutte contre la drogue, on compte à présent plus de 27 000 morts sous les balles de la police depuis l’arrivée au pouvoir de Duterte.
Une loi « antiterrorisme » passée en urgence au cours de l’année 2020 a entraîné une hausse de la répression à l’égard de ses opposants politiques et des médias.
C’est au cœur de l’île de Mindanao, au sud des Philippines, que notre partenaire le MPPM (Mindanao People Peace Movement) agit pour la paix. Cette île est partagée entre trois communautés : musulmane (les Moros), chrétienne, et indigène (les Lumads).
Un accord de paix a été signé en 2014 entre l’un des mouvements indépendantistes musulmans et le gouvernement national à Manille pour mettre fin à une guerre qui les opposait depuis quarante ans. Ainsi, une nouvelle région autonome Bangsamoro, qui signifie « terre des Moros », a vu le jour en janvier 2019 par voie de référendum.
Mais cet accord néglige la troisième communauté, les populations indigènes : au delà d’un manque de reconnaissance de leur culture et de leur identité, leurs droits sur les domaines ancestraux sont ignorés, livrant les terres communes aux convoitises des compagnies minières et de l’agro-business.
Lire aussi : A Mindanao, les populations indigènes grandes perdantes de l’accord de paix.
Le MPPM regroupe 170 associations ou organisations alliées autour de la question des droits de l’homme et de la construction d’une paix durable à Mindanao. MPPM a toujours eu le souci d’inclure les trois communautés principales de l’île et leur permet des échanges et des prises de position collectives.
L’organisation a joué un rôle important au moment du référendum afin que les habitants puissent voter de manière informée. MPPM poursuit aujourd’hui son combat pour obtenir la reconnaissance des droits des populations indigènes.
Pour en savoir plus : Sur l’île de Mindanao déchirée, il fait dialoguer musulmans, chrétiens et indigènes.
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Il a commencé à militer pour la paix au début des années 2000. Valtimore Fenis – que tout le monde appelle Bong – était alors étudiant en sciences politiques à l’université d’Iligan City, une ville au nord de Mindanao, la deuxième île la plus importante – par sa superficie et sa population – des Philippines.
Bong se dressait contre la stratégie de confrontation adoptée par le gouvernement face aux mouvements indépendantistes musulmans. C’est dans cette île que l’on trouve la plus importante population musulmane des Philippines, terre à majorité chrétienne.
Bong explique :
« Dans les 20 millions d’habitants de notre île, on compte 20 à 30% de moro, c’est-à-dire de musulmans, 5 à 10% d’indigènes et le reste sont des migrants, des Philippins venus d’autres îles de l’archipel ». Sa famille fait partie de ces migrants, colons sans terres arrivés dans les années 1960.
Depuis ses études, Bong n’a pas quitté l’engagement politique. A 39 ans, il devrait cette année être élu dirigeant du MPPM (Mindanao’s People Peace Movement). L’organisation regroupe des ONG qui œuvrent pour la défense des droits humains et la construction d’une paix durable à Mindanao. Le CCFD-Terre solidaire, qui les soutient, est un de ses partenaires.
« Notre ambition est de renforcer les liens entre les différentes communautés de l’île », explique Bong.
Des progrès ont été réalisés récemment. Des accords de paix ont été signé avec des mouvements armés moro. La création de la région autonome de Bangsamoro (la terre des moros) a été approuvée par référendum en 2019.
Le siège du MPPM se situe à Cotabato, principale ville du Bangsamoro. C’est là que travaille ce fils d’un pasteur d’une église protestante. Il fait chaque semaine cinq heures de route pour retrouver son épouse et ses deux filles, à Iligan city.
Bong salue l’avancée des revendications musulmanes, mais avertit que cette « victoire des moro ne doit pas faire oublier les droits des indigènes.» Il existe sur Mindanao plus d’une trentaine de tribus différentes. « Notre mouvement fournit une enceinte pour que ces tribus parlent entre elles et élaborent des revendications communes. Cet espace de dialogue est la raison d’être du MPPM » explique Bong.
Le mouvement regroupe près de 170 organisations qui luttent pour l’environnement, le dialogue interreligieux, ou encore les droits de l’homme et des minorités indigènes. « Notre principal succès a été d’arriver à cette convergence de luttes. Nous pouvons parler ensemble, tout en gardant chacun notre identité. C’est une richesse pour la recherche de la paix » poursuit le dirigeant.

Les armes se sont tues à Mindanao mais il s’agit maintenant de « bâtir une paix durable. Et comment peut-on vivre en paix quand notre environnement est détruit par l’exploitation minière ou les monocultures qui détruisent les petites exploitations notamment celles dans les territoires indigènes ? » s’interroge Bong. Il en est convaincu, les Philippines ont beaucoup à apprendre des pratiques de ces populations autochtones. « Ils savent prendre soin de la nature. C’est essentiel à l’heure où notre environnement est menacé par l’activité humaine. »
Tous les trois ans, le MPPM organise un sommet de la paix à Mindanao. Il regroupe près de 400 militants d’associations. « Nous invitons également des représentants des agences gouvernementales concernées par le processus de paix. Durant une semaine, chacun peut exprimer son opinion dans ce lieu neutre. »
L’urgence climatique, un point de convergence
L’urgence climatique est l’un des points de convergence entre les mouvements. « Les religieux estiment que nous devons protéger notre maison commune. Les responsables paysans expliquent comment l’augmentation de la force des évènements climatiques perturbe leur activité » constate Bong.
Pierre Cochez
Retrouvez notre dossier Artisanes et artisans de la Paix
A Mindanao, les populations indigènes grandes perdantes de l’accord de paix
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Alors que les pays voisins des Philippines ont rapidement adossé au confinement strict de leur population un appel à la solidarité et à l’unité nationale, Duterte s’est tourné selon Walden Bello, fondateur de Focus on the Global South, partenaire du CCFD-Terre Solidaire : « vers la seule politique qu’il connaît vraiment : fulminer, menacer et imposer des contrôles draconiens »[[Why the Duterte regime will be Covid-19’s main victim, dans Rappler.com]]. Checkpoints, arrestations en masse, opération policière de traque à domicile des cas positifs non isolés, mépris des demandes du personnel médical en faveur d’un plan cordonné de contrôle de la pandémie, aide alimentaire d’urgence soumise à la corruption, mais aussi absence de filet de sécurité sociale, la survie des plus vulnérables n’a été assurée dans certains cas que par les autorités locales ou le secteur privé et les ONG.
Si l’on s’en tient aux chiffres, les Philippines semblent avoir évité le pire, mais la diffusion du virus s’accélère ; le 26 août 2020, le pays enregistrait plus de 5 200 nouveaux cas faisant passer à 65 000 le nombre de cas actifs. Le pays est ainsi devenu le nouvel épicentre de diffusion de la pandémie en Asie du Sud-Est. Et, fin juillet 2020, le pays comptait 7 millions de chômeurs de plus, 50 % de la population poussée dans la pauvreté, une dette colossale, notamment envers la Chine et les institutions financières internationales.
Pour Arze Glipo, directrice d’IRDF (Integrated Rural Development Foundation, partenaire du CCFD-Terre Solidaire), les priorités de Duterte sont ailleurs. « Plutôt que de renforcer les capacités des hôpitaux, qui subissent des coupes budgétaires régulières, de déployer une campagne massive de tests et de tracer les cas-contacts, le gouvernement s’est appuyé sur des mesures institutionnelles visant à neutraliser toute forme de dissidence et de critique à son égard ainsi qu’à accélérer l’atterrissage de son agenda autoritariste. »
En effet, en pleine expansion du Covid-19, Duterte a poussé en urgence le passage de la loi « antiterrorisme ». L’adoption du texte a été suivie de la condamnation de Maria Ressa, PDG du quotidien Rappler, l’une des voix les plus critiques de la guerre contre la drogue, et par la fermeture du principal réseau de télévision du pays. Un signal clair envoyé aux médias nationaux, mais aussi à la population pour décrire « les critiques contre Duterte comme plus dangereux que la pandémie »[[<1>]].
L’une des craintes majeures et fondées de la coalition Defend Democracy and Human Rights, réseau national d’ONG, d’artistes et d’universitaires, concerne la définition floue « des actes de terrorisme » qui pourrait être « utilisée pour qualifier des manifestations et autres expressions légitimes de désobéissance civile ». « Pendant des décennies, les forces de l’ordre ont joué un rôle actif dans le harcèlement et l’assassinat de leaders progressistes, atteste Joseph Purugganan de Focus on the Global South. Sous Duterte, elles assument le rôle du pouvoir judiciaire, en déterminant qui est coupable ou non et en exécutant des sentences in situ. (…) C’est un gouvernement en guerre contre ses propres citoyens ! »[[From lockdown to crackdown ; sur focusweb.org]]
Mais la pandémie a aussi révélé la solidarité et la bravoure des communautés et des groupes qui ont contraint l’État à entendre la voix du peuple. Durant les délibérations au Congrès, des manifestations ont eu lieu aux quatre coins du pays et 19 pétitions ont contesté la constitutionnalité de la loi devant la Cour suprême. Nos partenaires Arze Glipo et Joseph Purugganan ne sont cependant pas dupes : « Il y a certainement des représentants politiques au Congrès et au Sénat qui soutiendront ceux qui tomberont sous les feux de la loi, mais, globalement, la majorité d’entre eux resteront loyaux à l’administration Duterte pour conserver leur siège. Dans ce contexte, les vents du changement viendront des communautés affectées, des mouvements sociaux et de l’unité des forces progressistes du pays… »
Par Sylvain Ropital, chargé de mission Philippines
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Judy Pasimio : Dans les villes, nous avions compris qu’une quarantaine allait être imposée et nous avions eu le temps de nous y préparer. Mais dans les zones reculées, l’information est arrivée tard, et l’interdiction de circuler a été pour les villageois une véritable difficulté.
Ces populations récoltent, au jour le jour, dans leurs champs et n’ont pas de stock. À Visayas, par exemple, la quarantaine est intervenue en mars en pleine récolte. Du coup, les fermiers n’ont pas pu vendre leurs produits. Ils les ont distribué, mais ont été privés de revenus.
À Mindanao, dans le sud du pays, les mois de mars à mai, sont des périodes de sécheresse. On ne récolte pas, mais on trouve à s’employer dans les autres fermes. C’était impossible cette année. Les familles se sont également retrouvées sans revenus.
La distanciation sociale imposée à Manille, était en outre, impossible à Mindanao. Car, durant la quarantaine, les combats entre groupes armés se sont poursuivis et les communautés se sont rassemblées par peur. Cette crise révèle les inégalités préexistantes !
J.P. : Cela met en lumière, par exemple, la destruction de l’environnement. Autrefois, les populations indigènes savaient se prémunir contre les épidémies en s’enfonçant dans la forêt vers des lieux où elles pouvaient trouver les plantes médicinales propres à les aider. Mais ces territoires ont été dévastés, les forêts coupées et leurs terres morcelées. Elles ne trouvent plus les plantes médicinales.
J.P. : Nous avons approvisionné 31 communautés en produits d’hygiène comme du gel ou des masques. Non sans difficulté, notamment, du fait des problèmes d’accès.
Nous avons également lancé une campagne d’information par SMS pour expliquer ce qu’est le Covid-19, comment s’en protéger. Mais cela est resté limité car, dans certaines zones, il n’y a pas de réseau, ou s’il existe, les habitants ne sont pas équipés de téléphone.
Nous avons constaté une véritable solidarité de femmes à femmes. Certaines affichaient les messages qu’elles recevaient par SMS pour partager l’information avec celles qui n’avaient pas de téléphone.

J.P. : Cette quarantaine a été mise en œuvre de manière inhumaine et brutale contre les personnes pauvres. La réponse du pouvoir à la question sanitaire a été militaire.
Dans les régions autochtones, la présence militaire a augmenté, sous prétexte de lutte contre le Covid-19. Le président Rodrigo Duterte en a profité pour renforcer ses visées dictatoriales. Depuis le début du confinement, on compte, à la mi-juin, 60 000 arrestations dans tout le pays.
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J.P. : Deux questions sont centrales. Pourquoi voter cette loi maintenant, alors que la crise sanitaire n’a pas de lien avec les insurrections communistes ou celles de Mindanao ? Le gouvernement devrait plutôt augmenter les subventions pour les communautés, tester massivement, donner des moyens aux soignants.
On nous dit : « ne vous inquiétez pas, faîtes confiance à l’institution ». Mais comment est-ce possible ? On lève tous les gardes fous et beaucoup de pouvoirs sont octroyés aux forces de l’ordre, alors que la police est impliquée dans plus de dizaines de milliers de cas de morts suspectes dans le cadre de la guerre contre la drogue.
Dans l’esprit du régime Duterte, les terroristes sont non seulement les activistes, mais aussi de simples citoyens qui utilisent les réseaux sociaux pour critiquer le pouvoir.
La condamnation, le 15 juin, de la directrice du site internet Rappler, Maria Ressa et du journaliste Reynaldo Santos Jr. du même site pour diffamation, est un terrible avertissement [[Les deux journalistes qui risquent jusqu’à 6 ans de prison, restent libres sous caution jusqu’à l’issue des procédures en appel.]]. Qui n’aurait pas peur dans de telles conditions ?
J.P. : Nous savons que le projet est toujours dans les tuyaux, même si aucune activité n’a été détectée durant cette période. Mais avec le confinement de la population de Manille, nous avons pu constater que l’argument selon lequel ce barrage est essentiel pour approvisionner la ville ne tient pas.
En effet, durant la quarantaine, malgré l’augmentation de la consommation des familles coincées chez elles, il n’y a pas eu de rupture en eau. Les besoins viennent donc des golfs, des hôtels, des centres commerciaux.
Faut-il, pour alimenter ces structures, détruire le mode de vie des communautés autochtones vivant dans la Sierre Madre ? L’année dernière lors d’une campagne de sensibilisation dans trois universités de Manille, nous avons rencontré un bon écho. Les citadins présents ont compris que le problème était lié à une mauvaise gestion de la distribution d’eau plutôt qu’à un manque de ressource.
Propos recueillis par Christine Chaumeau
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Pourquoi faut-il s’organiser au niveau international pour lutter contre l’impunité des multinationales ?
Au-delà de nos différences, dans tous les pays du Sud, nous avons les mêmes problèmes :
Porter nos revendications au niveau international est une façon de nous faire entendre davantage. C’est pour cela que je suis venue à Genève en octobre 2017 à l’occasion des négociations du traité onusien contre l’impunité des multinationales. Ce fut aussi pour moi l’occasion de tisser des relations avec les organisations du Nord. Notre rassemblement donne un sens particulier à notre travail.
C’est au niveau international que se trouvent les réponses à la plupart des problèmes auxquels nous faisons face. Cela ne nous empêche pas de faire pression sur notre propre gouvernement. Nous avons aussi créé un groupe régionale informel d’ONG asiatiques engagées en faveur du traité en discussion. Pour avancer, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. D’autant que le combat que nous portons à Genève sera long. Il y en a peut-être pour 10 ans…
Oui, en quelque sorte, car le gouvernement philippin n’est pas particulièrement en pointe sur ces sujets. Mais je crois qu’il n’a pas pris la mesure de ce qui est en train de se passer… La majorité a en effet changé mais le nouveau chef de l’Etat n’a pas remplacé sa représentante à Genève !
C’est sans doute en partie à cause de mon histoire personnelle. Mon grand-père était un petit producteur de café. A la fin des années 1990, la chute des prix mondiaux du café, l’a complètement anéanti, faute de revenus suffisants retirés de son activité.
Ce fut aussi le lancement de programmes de restructuration et le début du développement d’une agriculture industrielle. Cette situation m’a donné envie de comprendre comment on avait pu en arriver là.
La terre, comme la capacité à se nourrir, font partie des « biens communs » et doivent rester, à ce titre, en dehors des lois du marché. Depuis ce moment-là, la lutte contre l’accaparement des richesses pour le profit de quelques-uns qui en plus ne respectent pas les droits humains, a été, et reste, au centre de mon combat.
Porpos recueillis par Laurence Estival
Retrouvez l’ensemble des témoignages des victimes des multinationales sur notre carte interactive :
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Le 8 novembre 2013, le super typhon Haiyan frappait les Philippines dévastant tout sur son passage. Bilan : plus de 6 000 morts, un millier de disparus, 5 millions de déplacés, 1 million d’habitations détruites… Il n’est rien resté du hameau de Bislig, situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Tacloban. « Tout a été détruit, raconte Leia Dorana, responsable de la communauté de pêcheurs, les habitations, les bateaux, les cocotiers. Lorsque les survivants sont revenus, nous avons retroussé nos manches. Nous avons fabriqué de nouveaux bateaux avec les matériaux fournis par une ONG internationale et avons reconstruit nos maisons… » Sans tenir compte des panneaux récemment installés délimitant les No Build Zones (zones inter dites à la construction).
C’est au lendemain de la catastrophe que le gouvernement déclarait « interdite à la construction » cette bande côtière de quarante mètres de large considérée comme une zone « à risques ». La mesure s’accompagnait d’un engagement en forme de slogan : « Reconstruire… en mieux ! » Dans un pays balayé chaque année par une vingtaine de typhons, la promulgation de décret présidentiel peut sembler de simple bon sens. À y regarder de plus près, pourtant, ce décret adopté sans consultation ni étude préalable, apparaît comme une mesure bâclée, plus motivée par l’effet d’annonce que par son efficacité présumée.
Au sein même d’institutions officielles, des voix s’élèvent pour souligner que ces 40 mètres ne sont pas une garantie et que cette mesure risque de générer un sentiment trompeur de sécurité. L’élévation par rapport au niveau de la mer, un autre critère tout aussi déterminant, n’est, elle, pas prise en compte.
« À Tacloban, explique ainsi Alfred G. Romualdez, le maire de la ville, des quartiers situés au-delà des 40 mètres ont été durement frappés par le typhon, alors qu’inversement, d’autres bâtis en deçà de cette limite ont été épargnés. »
Pour essayer de répondre à ces critiques, une cartographie plus précise des zones à risques a été entreprise à l’échelon national. Mais il s’agit d’une étude de longue haleine et, neuf mois après le passage d’Haiyan dans la ville de Tacloban, plus de 20 000 personnes vivent toujours sous des tentes ou dans des centres d’accueil provisoire.
Les moyens à déployer pour appliquer cette loi et son impact sur les populations semblent également avoir été largement sous-estimés. Aux Philippines, des centaines de communautés de pêcheurs artisanaux vivent sur une étroite frange littorale. Et, selon une estimation de la Commission nationale contre la pauvreté (National Anti-Poverty Commission), la mise en œuvre des « No Build Zones » dans les seules provinces de Leyte, Eastern Samar et Cebu, les plus affectées par le typhon Haiyan, conduirait au déplacement de 252 688 familles.
Face à la levée de boucliers, les représentants de l’Oparr (le Bureau du conseil présidentiel pour la réhabilitation et la reconstruction) ont mis en garde contre une application stricte de la mesure et introduit des nuances entre « zones interdites à la construction » et « zones interdites à l’habitat »… Ce qui ne contribue guère à dissiper le fl ou qui entoure ces mesures.
« Pas de ligne directrice claire, pas de plan d’action, pas de moyens, déplore Arze Glipo, directrice d’IRDF, association partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Et comment envisager le déplacement de communautés entières, ajoute-t-elle, sans disposer au préalable de terres pour leur réinstallation ? » Le cas de la communauté d’Abejao dans la municipalité de Salcedo (province d’Eastern Samar) est à cet égard éclairant : 82 % des habitations sont situées en zone vulnérable, mais la municipalité ne dispose pas de terrains pour leur réinstallation.
Le recours à des terres situées dans une réserve forestière a bien été envisagé, mais celles-ci sont propriété publique inaliénable et ne peuvent, légalement, être attribuées au relogement de personnes déplacées. Et, si la National Housing Authority (NHA) se dit prête à financer l’achat de terrains, elle exige des titres fonciers fiables… et une superficie d’un seul tenant permettant la construction d’une centaine de logements au moins, pour pouvoir attribuer le chantier à une entreprise agréée – car la reconstruction post-catastrophe, c’est aussi des marchés !
« La municipalité de Balangiga est un autre cas d’école, continue Arze Glipo. La communauté de pêcheurs artisanaux qui réside en zone non constructible, a refusé de se déplacer vers des terrains situés loin à l’intérieur des terres, morcelés et sans titre de propriété. Du coup, les aides à la reconstruction peinent à arriver ou sont carrément bloquées et le centre de santé n’a toujours pas été réhabilité. » Effet collatéral de cette politique, la réhabilitation des infrastructures (écoles, centres de santé…) utilisées lors du passage des typhons comme centres d’évacuation d’urgence, a été négligée. Et, selon une étude des Nations unies en juin, seulement 8 % des six cent trentequatre édifices identifiés comme centres d’évacuation d’urgence étaient utilisables, dans les provinces de Samar et Eastern Samar.
Comment sortir de cette impasse ? Le 23 janvier 2014, Panfilo Lacson, le Monsieur Réhabilitation nommé par le président Benito « Noynoy » Aquino III, annonçait que neuf groupes financiers philippins représentant la fine fleur des secteurs immobilier, bancaire, des télé communications, du transport et du tourisme, allaient participer à l’effort de reconstruction, dans des domaines allant de la construction de logements à l’éducation en passant par le soutien à des projets communautaires.
Faisant l’apologie de la réactivité et de la souplesse de l’entreprise privée face à la lourdeur des institutions publiques, Panfilo Lacson précisait que les consortiums s’étaient réparti seize zones d’intervention – jurant, la main sur le cœur, que leurs motivations étaient purement humanitaires.
Pour les militants de People Surge, un réseau d’organisations progressistes, religieuses et communautaires qui porte les revendications des victimes d’Haiyan, l’annonce confirmait au contraire le renoncement de l’État et l’exploitation de la détresse des victimes par des intérêts privés. Aussi, début février 2014, une manifestation lancée à l’appel de People Surge rassemblait-elle plus de 10 000 personnes dans les rues de Tacloban, les manifestants dénonçant les carences de l’aide gouvernementale, la politique de No Build Zones et son dévoiement à des fi ns d’expulsion des communautés pauvres.
Des exemples ? À Tacloban, secteur d’intervention choisi par les groupes financiers d’Enrique Razon (important opérateur portuaire) et Manny Pangilinan (magnat des télécommunications), un grand projet de construction de zone franche et de port franc est présenté comme un moteur potentiel de la réhabilitation. Mais avant de construire, il faudra déplacer les communautés pauvres qui vivent sur les terrains ciblés par les promoteurs. Une bonne partie des habitations étant construites à moins de 40 mètres de la mer, la loi de No Build Zones fournira un argument supplémentaire à leur expulsion.
Mais sans doute est-ce l’industrie touristique qui se montre la plus intéressée par la récupération de plages de rêve, dont la « rentabilisation » est limitée par la présence de communautés de pêcheurs miséreux. D’autant qu’en 2016, les Philippines devraient accueillir quelque 6 millions de touristes étrangers (deux millions de plus que le nombre prévu l’année précédente), d’où un besoin urgent d’accroître la capacité hôtelière du pays, notoirement insuffisante.
Le groupe Ayala, le plus important promoteur immobilier du pays est également à la tête d’un réseau de complexes touristiques haut de gamme. Dans le partage des zones à reconstruire, le groupe s’est attribué – sans consultation de la population ou des autorités locales – les îles de Panay et Negros. « Et c’est dans la petite île de Sisogon, au nord de Panay, que le groupe Ayala entreprend aujourd’hui de déplacer des communautés de pêcheurs artisanaux vers l’intérieur des terres pour faire place à un projet de complexe touristique », constate Arze Glipo.
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Située au sud des Philippines, l’île de Mindanao est partagée entre trois communautés, musulmane (les Moros), chrétienne, et indigène (les Lumads). Depuis quarante ans, une guerre oppose les indépendantistes musulmans et le gouvernement national à Manille.
En mars 2014, à l’issue de longues tractations, le groupe rebelle indépendantiste de Mindanao, le Front moro de libération islamique (MILF) a signé un accord de paix avec le gouvernement philippin. Il prévoit la création d’une entité semi-autonome, administrée par la minorité musulmane. Cette nouvelle région autonome nommée Bangsamoro (« terre des Moros ») devrait couvrir un peu plus du territoire de l’actuelle région autonome de Mindanao.
Selon l’accord de paix signé entre le Front moro de libération islamique et le gouvernement, quel va être le sort réservé aux populations indigènes de Mindanao ?
Amabella Carumba : La Loi fondamentale qui jette les bases du transfert de compétence du gouvernement philippin vers la nouvelle région autonome du Bangsamoro est en cours de discussion au parlement et un comité ad hoc travaille sur ce projet. Mais nous savons déjà que selon le cadre de l’accord qui a été signé entre le gouvernement et le Front moro de libération islamique, aucune reconnaissance de l’identité indigène n’est prévue. Nous sommes inquiets car la loi prévoit que tous les habitants du territoire de Bangsamoro soient considérés comme Bangsamoro sans distinction.
Le MPPM a organisé une session de travail pour proposer des amendements à ce projet de Loi fondamentale. Dans notre déclaration de principe, nous demandons que cette loi inclue la reconnaissance de l’autodétermination des populations indigènes, la restauration de la gouvernance tribale, la reconnaissance de l’identité et de la culture ainsi que la reconnaissance des domaines ancestraux indigènes. Les populations indigènes sont les sacrifiés de cet accord de paix. Car leurs territoires ont beaucoup de ressources naturelles auxquels les autres voudraient accéder.
Tout le monde sait que si les autorités reconnaissent l’identité des populations indigènes, elles devront reconnaître leurs domaines ancestraux, car les populations indigènes sont très liées à la terre. Or c’est là le cœur du problème.
Quels sont les problèmes que rencontrent les peuples indigènes à Mindanao ?
AC : Nous nous battons contre l’accaparement des terres et notamment des domaines ancestraux. La terre et le sous-sol de cette région sont très riches en minerais et attisent la convoitise des entreprises extractivistes. Nous savons que depuis mars 2014, des explorations minières sont réalisés sur le territoire des populations indigènes. Nous avons du mal à faire entendre notre cause, car le processus de paix est très populaire dans la région et tous ceux qui critiquent cet accord passent pour des fauteurs de trouble ou des rabat-joie. Nous avons soutenu la signature d’un accord de paix à Mindanao mais les conditions de cet accord sacrifient le sort des populations indigènes. Nous sommes inquiets et nous pensons que les conditions vont être encore plus défavorables aux populations indigènes qu’auparavant. Car les autorités ont déjà dessiné un mini-plan Marchal pour le territoire de Bangsamoro : la région de Maguindanao va ainsi être un territoire dédié à l’agrobusiness et aux plantations. D’autres régions seront consacrées aux mines, enfin les dernières au tourisme. Dans ce plan, les autorités ne prennent pas en compte le sort des populations indigènes, qui sont, elles, plutôt favorables au développement durable.
Comment le MPPM intervient-il pour faire entendre la voix des populations indigènes dans le processus de négociation entre le Front moro de libération islamique et le gouvernement ?
AC : Le MPPM met en place des mécanismes de résolution des conflits et des espaces de dialogue pour les populations tribales de Mindanao. C’est pour cela que nous avons plaidé pour l’accord de paix. Cela fait plus de 10 ans que nous menons des campagnes d’informations sur le droit des Bangsamoro à l’autodétermination. Mais quand les discussions ont commencé entre le gouvernement et le Front moro de libération islamique, nous avons vite vu que les populations indigènes étaient marginalisées dans le processus.
Il nous paraît important que le parlement du Bangsamoro créé un ministère propre aux peuples indigènes, ce bureau devra faire partie du cabinet Bangsamoro pour développer et mettre en place le programme du Bangsamoro pour les peuples indigènes en accord avec la loi de reconnaissance des populations indigènes (IPRA) de 1997. Cette loi est issue de la lutte internationale de tous les peuples indigènes. Les Philippines l’ont ratifiée mais ne l’applique pas.
Vous sentez-vous trahis ?
AC : Ce n’est pas la population Moro qui a trahi les populations indigènes, mais les leaders. Le Front moro de libération islamique jurait que notre combat était leur combat. Historiquement nous sommes frères, nous avons les mêmes racines. Les populations indigènes veulent aussi le droit à l’autodétermination. Mais elles ne sont pas un groupe armé alors elles n’ont pas de poids dans les discussions avec le gouvernement national.
Le MPPM a pour objectif de prévenir l’émergence de futurs conflits. Aujourd’hui, un accord de paix est signé et une loi est en cours de négociation alors pourquoi laisser de nouveaux problèmes se développer ? Si on s’occupe du droit des populations indigènes, on évitera de futurs conflits.
Propos recueillis par Anne-Fleur Delaistre
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Dans cette zone, également deux opérations humanitaires de distribution incluant des paquetages de nourriture et des abris temporaires pour des familles de populations indigènes. Au moins 284 familles ont pu recevoir des matériaux pour construire des abris temporaires pouvant être utilisés sur une période de 2 à 3 mois. Le 21 novembre, les populations indigènes ainsi que les paysans et d’autres acteurs venant de secteurs marginaux ont fait pression pour obtenir un dialogue avec le gouvernement local. Le gouverneur de Capiz a ensuite promis de fournir des paquetages de secours pour 1000 familles.
Alors qu’il y a encore des opérations d’aide humanitaire de distribution, des projets sont en cours pour la rénovation des maisons et l’apport de moyens de subsistance pour au moins 1000 familles.
En reconstruisant nos vies, nous reconstruisons nos communautés
Au-delà du sauvetage et des opérations de secours et des centres d’évacuation, la lourde tâche de reconstruction se situe à l’intérieur des communautés en tant que telles. Les peuples autochtones durement touchés par Haiyn ne sont pas de simples «victimes», mais bien des survivants aux capacités multiples.
Paris, le 22 novembre 2013
Aux amis et défenseurs des Populations Indigènes, KASAPI (Coalition Nationale des Populations Indigènes des Philippines), partenaire du CCFD-Terre Solidaire et présent à la Conférence de Varsovie en Pologne sur le Changement Climatique, lance un appel d’urgence.
L’Association Philippine pour le Développement Interculturel (PAFID) et KASAPI travaillent avec les Tagbanua de l’île de Coron depuis des années. Grâce à l’intervention de ces deux organisations, il a été officiellement reconnu que les premiers domaines ancestraux (terre et eau) appartenaient bien à la communauté indigène. Ce sont également les seules organisations à avoir mené à bien la gestion de la biodiversité sur l’île : un état des lieux, un inventaire des ressources et une documentation ont été réalisés de manière participative, dans le but de protéger les Zones Préservées de la Communauté Indigène (ICCAs) de l’île, aujourd’hui dévastée.
Dernières photos de notre partenaire Kaagapay
Paris, le 18 novembre 2013
Une semaine après le typhon nos partenaires se mobilisent
Plus d’une semaine que le typhon le plus dévastateur a touché la moitié des Philippines. Les familles recherchent encore leurs proches. Plus de 12 000 personnes sont portées disparues. Au total 350 000 foyers ont été touchés. Contrairement à d’autres pays comme le Vietnam où les pertes humaines sont minimes, aux Philippines la puissance du typhon a été sous-estimée aussi bien par les autorités que par la population. C’est la raison principale qui explique l’importance des pertes humaines. Le bilan s’alourdit de jour en jour, les chiffres de l’ONU et du gouvernement se contredisent car ce dernier attend d’identifier les victimes avant de les comptabiliser. L’armée a été dépêchée sur place pour mettre fin aux pillages et sécuriser les camps de survivants.
Dans ce chaos où les pouvoirs publics restent impuissants, deux partenaires du CCFD-Terre Solidaire sont fortement mobilisés. Ils sont impliqués dans des actions de développement pour porter secours aux communautés avec lesquelles elles travaillent depuis plusieurs années.
KAMP est une coalition nationale qui regroupe des organisations indigènes réparties dans tout le pays. Elle apporte un soutien technique et financier à ses membres directement touchés. L’organisation Lingkod Katribu (essentiellement constituée de jeunes indigènes sur l’île de PANAY) vient en aide à plus de 3 500 foyers en participant aux distributions de produits de premières nécessités (produits alimentaires et sanitaires, couvertures, eau potable,…). Après les réponses d’urgence, Lingkod Katribu entamera une phase de reconstruction des maisons et des infrastructures. Les populations indigènes sont les plus vulnérables ; retranchées dans les parties les plus inaccessibles du territoire où les conditions de vie sont assez difficiles en temps normal (pas d’eau courante, ni d’électricité). Les conséquences d’un tel typhon dans ces communautés sont le plus souvent l’explosion de foyers infectieux.
IRDF travaille quant à lui auprès des populations rurales (pêcheurs, agriculteurs et indigènes) afin d’améliorer leurs conditions. IRDF a établi une base d’urgence improvisée à Sorsogon, province située à 300 km de l’île Leyte est la plus touchée. IRDF est aussi impliqué depuis plus de deux ans dans le renforcement des capacités des villageois face aux catastrophes naturelles. Il organise des équipes de volontaires afin d’acheminer l’aide et intervient simultanément sur les trois îles : Panay, Samar et Leyte. Il aide directement quelque 1 200 familles.
Nos partenaires jouent ainsi un rôle important de relai en identifiant les besoins urgents, en organisant des équipes de premiers secours et en centralisant les ressources.
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Legodon, village perdu dans les montagnes du nord de la province de Sultan Kudarat, à l’ouest de l’île de Mindanao, n’a jamais connu pareille affluence. Ce 30 septembre 2011, plusieurs centaines de personnes s’y sont retrouvées pour un événement exceptionnel : le Dakel Limud, le Congrès tribal. Une première chez les Dulangan Manobo, l’une des nombreuses minorités ethniques de l’île.
« Gouvernance tribale, autodétermination, justice, accaparement des terres, respect des lois coutumières, des domaines ancestraux… », les visages des participants sont attentifs et graves : l’heure est à la prise de conscience, à la mobilisation de toutes les énergies pour que se fasse entendre la voix des minorités.
« Notre système est le témoin de notre civilisation et, s’il a perduré, c’est qu’il n’est pas si mauvais que ça », plaide Alim Bandara, coordinateur du LDCI [[Centre de développement du peuple Lumad]], une ONG partenaire du CCFD-Terre Solidaire à Mindanao qui cherche à restaurer et à renforcer les lois coutumières. Pour cet homme qui, pendant une dizaine d’années, fut le Chef suprême des Teduray – tribu voisine des Dulangan Manobo –, ce retour aux sources est d’autant plus nécessaire que la situation des Lumad, les peuples indigènes comme on les appelle ici, s’est gravement détériorée. En cause, « l’impérialisme de Manille ».
Il est vrai que, depuis son intégration officielle dans la République des Philippines, décidée de façon unilatérale par le gouvernement, au milieu du XIXe siècle, Mindanao est devenue, au fil du temps, un véritable eldorado pour les investisseurs philippins ou étrangers, attirés par ses ressources naturelles. Et, à partir des années 1950, une terre d’émigration pour des dizaines de milliers de familles de Luzon ou des Visayas[[Luzon, au nord des Philippines, est l’île où est située la capitale. Les Visayas sont quant à elles au centre de l’archipel]]. D’autant que Manille, faisant fi des traditions locales sur la possession des terres, communautaire et transmise par voie orale, ne s’est pas privée de fournir à ces nouveaux arrivants des titres de propriété en bonne et due forme. Légalisant de facto l’accaparement des domaines ancestraux indigènes. « Pour ces populations dépendantes de l’agriculture pour leur survie, cette perte est une véritable catastrophe », déplore Alim. Ce n’est d’ailleurs pas le seul mal engendré par cette arrivée massive de « Philippins ». « Au niveau éducatif, les minorités sont oubliées, marginalisées, ce qui ne fait que les isoler davantage, et, sur un plan plus politique, les structures traditionnelles de gouvernance ont été largement détruites. » Cette colonisation interne poussera, à la fin des années 1960, les populations musulmanes, considérées elles aussi comme autochtones, à entrer en conflit ouvert avec Manille. Ce qui aboutira, en 1989, à la création d’une Région autonome musulmane, l’ARMM[[Région autonome du Mindanao musulman]] (voir FDM de décembre 2011).
Quant aux minorités non musulmanes, si certaines se retrouveront « assimilées », et spoliées de leurs terres, d’autres, notamment celles incluses dans l’ARMM, décideront, à l’initiative du LDCI, de se battre sur le terrain légal. Encouragées par la Constitution adoptée en 1987, au lendemain de l’éviction du dictateur Marcos, qui affirme la primauté des lois coutumières et le droit des minorités à disposer de leurs terres ; mais aussi par l’Ipra, une loi promulguée dix ans plus tard, qui reconnaît aux minorités les droits « à la terre, à l’auto-gouvernance, à la justice et au respect des droits humains, à l’intégrité culturelle ».
Mais entre les textes et la réalité, il y a un gouffre. « L’un des problèmes majeurs que nous rencontrons est le manque de coopération entre les différentes agences gouvernementales », regrette Santos Unsad, membre de la Commission nationale sur les Peuples indigènes, la NCIP, mise en place au lendemain de cette loi pour garantir son application. « Le Département des ressources naturelles et celui des questions agricoles continuent d’établir des titres de propriété au nom de sociétés qui veulent s’établir ici. Or, elles devraient d’abord passer par nous afin que nous puissions vérifier si leurs demandes n’empiètent pas sur les domaines ancestraux et, le cas échant, voir avec les minorités si elles sont d’accord. C’est un processus qui peut prendre beaucoup de temps », explique-t-il. « Les compagnies tentent donc de soudoyer directement les chefs locaux ou de corrompre les fonctionnaires pour accélérer les choses. » Des pratiques que Santos Unsad qualifie de « courantes ». Lui-même a été « contacté ». « Une compagnie minière m’a proposé plusieurs millions de pesos[[1 euro = 55,20 pesos (au 19 mai 2012). À titre de comparaison, le salaire officiel moyen minimum est, à Mindanao, d’environ 5 euros par jour]], mais je n’ai pas accepté. En tant que seul indigène à la NCIP régionale, je ne peux pas faire cela à mon peuple. » Un acte d’intégrité. Et de courage. « L’un de mes supérieurs a été abattu pendant son déjeuner. Un autre a également été tué et une demi-douzaine de responsables tribaux ont aussi été assassinés », rappelle-t-il.
Dans ce difficile combat, les minorités ethniques se sont cependant trouvé des alliés, depuis mai 2010 : l’Union européenne et le… CCFD-Terre Solidaire, qui y soutiennent un programme[[Renforcement des systèmes traditionnels de justice et de gouvernance des Populations indigènes du centre de Mindanao : vers un accroissement de la coopération entre la gouvernance tribale et les gouvernements locaux]] dans la région de l’ARMM auprès de ses sept principales populations indigènes. D’une période de quatre ans, ce programme veut promouvoir les systèmes de gouvernance et de justice tribales et permettre aux leaders ethniques d’être mieux représentés dans les instances locales afin de participer de manière plus active aux décisions à prendre.
Un système de gouvernance que détaille Sany Bello, le Timuay Labi, (le Chef suprême), des Teduray. « La proximité et le respect de la nature ; le concept de “direction collective”, à l’opposé du système que veut nous imposer le gouvernement centraliste philippin dans lequel le gouverneur ou le maire fait ce qu’il lui plaît ; la propriété communautaire et non individuelle des terres ; enfin, ce que nous appelons la “Paix de l’esprit”, la base de notre système judiciaire, qui recherche avant tout le retour à des relations apaisées entre les deux parties en conflit, bien plus que les pénalités matérielles ; enfin, l’égalité pour tous. »
Arrivé à mi-parcours, Alim Bandara, coordinateur de LDCI, tire un premier bilan positif de ce programme. « Aujourd’hui, les sept groupes concernés ont pu tenir leur assemblée générale et choisir leurs représentants. Les lois coutumières, entretenues jusqu’à présent de manière orale, ont été consolidées et, surtout, mises sur le papier. Les contacts entre les différentes ethnies sont maintenant réguliers et un conseil intertribal a été mis en place afin que, sur des sujets plus globaux, les populations indigènes ne parlent que d’une seule voix. Enfin, les revendications et les statuts des différents domaines ancestraux ont été documentés et des victoires ont été enregistrées pour des groupes vivant en dehors de l’ARMM. »
Reste, selon lui, un point noir : « La non-participation des peuples indigènes aux négociations de paix entre le gouvernement philippin et les rebelles musulmans. » Pour autant, là aussi, les choses évoluent. Pour preuve, des contacts ont été pris avec l’Équipe internationale de surveillance et le Groupe international de contact, composés de représentants de pays étrangers ou d’ONG internationales, chargés de faciliter le dialogue entre les deux protagonistes.
En attendant, sur le terrain, les populations indigènes continuent de se battre, pacifiquement, mais avec détermination, pour leurs droits, et pour un programme « tribal » de bonne gouvernance qui pourrait servir d’exemple à nombre de pays « civilisés ».
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Les victimes les plus sévèrement touchées – celles qui ont tout perdu – sont les familles les plus pauvres vivant près des fleuves et des barrages, notamment en périphérie des grandes villes. On compte parmi les personnes affectées de nombreux fermiers, pêcheurs et des femmes dépendantes d’emplois informels. Des milliers de personnes sont réfugiées dans des centres d’hébergement où les foyers infectieux risquent de se développer.
De son côté, l’Agence nationale de coordination pour les catastrophes naturelles, estime le coût total des dégâts à plus de 43 millions d’euros.
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Retrouvez les sur : http://ccfd-terresolidaire.org/terres
Le CCFD-Terre Solidaire ne pouvait rester indifférent à un phénomène qui a pris, ces dernières années, des proportions inédites à l’échelle planétaire. Achetés, loués ou concédés, des millions d’hectares sont arrachés aux communautés paysannes de nombreux pays du Sud. Ils passent aux mains de sociétés agro-industrielles, d’États tiers et de fonds d’investissements. Des terres, qui assuraient l’alimentation des populations locales, sont détournées de leur fonction et dédiées à des monocultures d’exportation, à la production d’agro-carburants et, de plus en plus, à la spéculation foncière.
Un tour du monde des tensions autour de la terre
Dans huit pays d’Afrique Subsaharienne, d’Amérique latine et d’Asie, l’auteur rencontre des communautés paysannes, certaines partenaires du CCFD-Terre Solidaire. Celles-ci dénoncent la menace que représentent ces opérations foncières à grande échelle pour la sécurité alimentaire des populations locales, mais aussi les risques de conflits qu’elles génèrent et leur impact environnemental. Le CCFD-Terre Solidaire qui mène des projets visant à soutenir l’agriculture paysanne et assurer la sécurité alimentaire des peuples, joint sa voix à ceux qui affirment : « la terre n’est pas une marchandise ! »
Le CCFD-Terre Solidaire a confié la réalisation de cette série de web documentaires à Philippe Revelli, un photographe-reporter confirmé, déjà publié dans Le Monde Diplomatique, l’Humanité ou Télérama. Philippe Revelli appréhende les réalités économiques en posant son regard à hauteur d’homme et rend palpable l’impact de ces pratiques injustes sur les populations de nombreux pays. Dans la lignée des grands reporters humanistes, il a choisi de travailler en noir et blanc ce qui confère intensité et profondeur à son reportage.
Les épisodes suivants, Burkina Faso, Bénin, Brésil/Pérou, Inde, Colombie, seront mis en ligne au cours des mois suivants, entre septembre 2012 et février 2013.
TERRES est un espace de rassemblement autour du thème de l’accaparement des terres (les internautes seront invités à se mobiliser), un espace interactif invitant au débat, un relais d’information à travers différents supports (réseaux sociaux, éditions d’un DVD…). Le Monde Diplomatique soutien le projet TERRES, les épisodes sont également diffusés sur son site web http://ccfd-terresolidaire.org/terres
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Aux Philippines, l’un des pays asiatiques les plus affectés par le phénomène d’accaparement des terre (que ce soit pour l’établissement de zones franches ou par des multinationales de l’agroalimentaire, des compagnies minières, pays tiers soucieux d’assurer la sécurité alimentaire de leur propre population ou encore à des fins de des spéculation), le reportage va à la rencontre des populations, rurales et urbaines, dont l’espace vital est menacé par ce phénomène de confiscation des territoires au profit d’investisseurs étrangers : communautés paysannes, indigènes, de pêcheurs artisanaux, d’habitants des bidonvilles.
« Pourquoi devrions-nous donner la priorité à la production de maïs destiné à engraisser des porcs en Corée ou consacrer d’immenses étendues de terre à la production d’agrocarburants, alors que nous venons de sortir de la crise du riz et que nous ne sommes même pas en mesure de nourrir notre peuple ? » Cette question, Arze Glipo, directrice d’IRDF, la posait en 2009, quelques mois après que des émeutes de la faim aient secoué les Philippines. Trois ans plus tard, où en est-on ? « De récentes statistiques indiquent un accroissement de la malnutrition et on peut logiquement considérer que l’accaparement des terres, en privant les paysans de leurs moyens de subsistance, contribue à ce phénomène ». Et pour le nouveau gouvernement (élu en 2010) : « Sa politique est toujours d’attirer les investisseurs étrangers dans l’agrobusiness et de leur offrir d’immenses étendues de terres à louer. »
Située au sud de l’archipel, l’île de Mindanao est souvent qualifiée de panier à provision des Philippines. Des multinationales de l’agroalimentaire – Dole, Del Monte Nestlé… – y opèrent depuis longtemps.
Mais aujourd’hui, elles ne sont plus seules : de « nouveaux acteurs » – producteurs, fonds d’investissement, États soucieux d’assurer la sécurité alimentaire de leur population – ont entrepris d’y louer des terres.
Ainsi la Far Eastern Agricultural Investment Compagny a-t-elle conclu une joint-venture avec la société philippine Aztropex, en vue de produire du riz, du maïs, des bananes, des ananas, qui seront exportés vers l’Arabie saoudite. Les plantations s’étendront sur une superficie totale de 78 000 hectares et les terres seront louées, sous forme de concession, pour une durée de vingt-cinq ans. Les provinces à dominante musulmane où les insurgés du Moro Islamic Liberation Front sont fortement implantés, sont particulièrement ciblées par le projet. Les rebelles se déclarent d’ailleurs favorables à l’arrivée d’investisseurs venus du berceau de l’islam.
Dans la commune d’Isulan (province de Sultan Kudarat), le consortium a loué 1 500 hectares qui seront consacrés à la culture des bananes. Pour promouvoir le projet auprès des agriculteurs, il promet la création d’un emploi par hectare et a pris soin de s’entendre avec les autorités locales, civiles et religieuses. Sage précaution ! « Nous avons obéi au Sultan, déclare Abedine Datukan, paysan du village de Laguilayan, c’est la coutume chez les musulmans. Sans cela, les gens auraient refusé la venue de la compagnie. Mais que vont devenir mes quatre fils si je suis le seul à travailler, s’il n’y a qu’un emploi par hectare ? ». Dans la région, chaque famille paysanne cultive, en moyenne, un hectare et demi. Pour certains, ces terres leur ont été attribuées dans le cadre de la réforme agraire… Mais ils n’ont généralement pas acquitté la contrepartie financière prévue par la loi ; les autres, ne possèdent tout simplement pas de titre de propriété. C’est là qu’interviennent les fonctionnaires du ministère de l’agriculture : Louez votre parcelle, proposent-ils aux premiers, vous recevrez 8000 pesos/hectare/an (environ 140 euros) et la Land Bank en prélèvera la moitié au titre du remboursement de votre dette ; quant aux seconds, ils se voient offrir une procédure accélérée d’attribution de terre… assortie d’un engagement à la louer.
« La procédure d’attribution accélérée de terres, explique Arze Glipo, permet de sécuriser le système de propriété foncière et d’offrir des garanties aux investisseurs ». Cette mesure fait partie d’une panoplie de mesures administratives et légales destinées à faciliter l’exploitation de terres par des investisseurs étrangers ou nationaux. Ainsi, trois départements du ministère de l’Agriculture – agriculture, réforme agraire, environnement et ressources naturelles – ont-ils été regroupés au sein de la National Convergence Initiative. Ils travaillent en relation étroite avec le Philippine Agrobusiness Center dont la mission principale consiste à « aider les investisseurs à surmonter les obstacles légaux ou logistiques qu’ils pourraient rencontrer lors de la mise en œuvre de grands projets agroindustriels ». Il dispose d’une base de données dans laquelle sont recensés 2 millions d’hectares de terres arables disponibles car (prétendument) inexploitées et promeut les opportunités offertes par le Biofuel Act. Votée en 2006, cette loi sur les agrocarburants impose d’incorporer 10 % d’éthanol au carburant disponible à la pompe. « Ça crée un marché, explique Arze Glipo, et ça attire les investissements vers des cultures comme la canne à sucre… »
C’est d’ailleurs au lendemain de la l’adoption du Biofuel Act que se constitue Green Future Innovation Inc (GFII). Joint venture entre une compagnie japonaise et des groupements d’investisseurs philippins et taïwanais, GFII envisage de produire 54 millions de litres d’éthanol par an et 19 mégawatts d’électricité provenant du recyclage de la bagasse de canne à sucre. Pour alimenter son usine en construction dans la commune de San Mariano, dans l’île de Luzon, GFII veut louer 11 000 hectares, pour y planter de la canne à sucre. « Une part substantielle des terres de la municipalité sont inexploitées, affirme Alexander Uy, administrateur local du projet, et quinze mille emplois seront créés… »
Inexploitées, les terres de San Mariano ? « La province d’Isabela est la première productrice de maïs du pays et la deuxième en ce qui concerne le riz ! affirme Rosendo Ignacio, militant de l’organisation paysanne Dagami. En réalité, les plantations de canne à sucre envahissent non seulement des terres dédiées à l’agriculture vivrière – pour lesquelles les paysans ne disposent généralement pas de titres de propriété –, mais elles affectent aussi des zones naturelles protégées de la Sierra Madre et les “terres ancestrales” des communautés indigènes ». Expulsion de petits paysans, menace pour la sécurité alimentaire, impact environnemental d’une monoculture grosse consommatrice d’intrants chimiques… « Avec l’expansion de la canne à sucre, ajoute Rosendo, nous avons aussi constaté la prolifération de rats qui s’attaquent à nos champs de maïs… »
Rassemblé derrière les banderoles de Dagami, paysans et représentants des populations indigènes sont nombreux à s’opposer au « projet éthanol ». En dépit de manœuvres de divisions de pressions et de menaces, ils sont parvenus à récupérer certaines parcelles louées abusivement par GFII et la compagnie a récemment annoncé qu’elle pourrait revoir à la baisse – de 11 000 à 6 000 hectares – les objectifs fixés pour ses plantations de canne à sucre.
Outre les possibilités offertes par le Biofuel Act, GFII bénéficiera des nombreux avantages fiscaux liés à son inscription au registre des zones économiques spéciales agroindustrielles : exonération d’impôt, de taxe à l’exportation et à l’importation de machines ou matériaux, garanties sur les droits des investisseurs (notamment en cas de changements politiques), facilités d’installation. Créé en 1996, le régime des zones économiques spéciales a progressivement été élargi pour couvrir aujourd’hui presque tout le spectre des activités économiques, de la confection et l’industrie automobile jusqu’aux banques et aux call-centers, en passant par l’agroindustrie, le tourisme et l’aquaculture. Le président Benigno Aquino soulignait récemment que : « La croissance et le nombre des Zes témoignent de la capacité du pays à offrir un environnement favorable aux entreprises privées… »
« C’est surtout une calamité pour les populations locales », lui fait écho le père Francisco Talaban. Dans la commune de Casiguran (province d’Aurora), où il réside, la construction de la future Aurora Pacific Ecozone & Free Port (Apeco) a commencé. Plusieurs entreprises taïwanaises ont déjà fait part de leur intérêt pour le projet et le gouvernement coréen a accordé une aide de 56 millions de dollars pour en faire un pôle d’exportation des produits de l’aquaculture et du bois. Complexes touristiques, aéroport international et port franc sont aussi au programme d’un projet qui couvrira 13 000 hectares. Rien pour enthousiasmer le père Francisco ! « Cinq villages de pêcheurs paysans sont menacés et 20 000 personnes, dont plusieurs communautés indigènes, pourraient être déplacées », explique-t-il. L’aquaculture et la construction d’un port auraient en outre un effet dévastateur sur la mangrove, la faune et la flore marine, et priveraient les pêcheurs de leur moyen de subsistance, tandis que des terres aujourd’hui plantées de cocotiers et de cultures vivrières seraient expropriées pour laisser la place à des complexes touristiques. Soutenus par l’organisation paysanne Pamana et des représentants de l’Église catholique, relayés dans la capitale par le mouvement Resist Apeco, les opposants au projet de zone franche se sont adressés au parlement pour demander son annulation.
Mais à Casiguran, il ne fait pas bon s’opposer aux plans du « clan » Angara – une grande famille qui règne sur la province et dispose de relais aux plus haut niveau de l’État, la justice et l’armée. Sous prétexte de lutte contre l’insurrection communiste, plusieurs bataillons ont étés envoyés dans la commune et l’armée mène une campagne de diffamation contre les militants de Pamana, accusés d’être des agents de la guérilla. En juin dernier, un groupe paramilitaire a lancé des grenades contre la maison du père Francisco.
« Le gouvernement affirme que ce sont les investissements étrangers qui vont booster le développement du pays et permettre de créer des emplois, constate Arze Glipo, mais il néglige leur impact dévastateur parmi les populations les plus pauvres… » Qu’elles soient rurales ou urbaines.
« D’abord ils ont pris ma terre ; et maintenant ils veulent démolir notre communauté ! », enrage Estrilita Bagasbas. Originaire de l’île de Mindanao, Estrilita est venue à Manille après que la voracité d’un grand propriétaire terrien l’ait chassée du lopin de terre qu’elle cultivait. Elle habite aujourd’hui le Sitio San Roque, un bidonville de 6 000 familles qui survivent de petits boulots. En 2002, le gouvernement s’était engagé à rénover le quartier et à régulariser la situation de ses habitants… Mais c’était avant que ne soit adopté le programme de construction du Quezon City Central Business District : 300 hectares de bureaux, centres commerciaux et immeubles résidentiels, un projet soutenu par la Banque mondiale et promis à devenir le plus important pôle d’affaires du pays. Au milieu de ce béton, les irréductibles habitants du Sitio San Roque font mauvais genre. « Le gouvernement dit que nous déprécions les terrains où nous vivons, s’indigne Estrilita, qu’ils seraient mieux rentabilisés si on les louait à des investisseurs étrangers… »
Après avoir rejeté une proposition de réinstallation sur un site éloigné, situé dans une zone inondable et de risque sismique, les habitants de San Roque ont repoussé une tentative de démolition. Aujourd’hui, ils ont dressé des barricades et se disent déterminés à résister. Estrilita est devenue porte-parole de l’Alliance contre les démolitions – qui regroupe des militants de quartiers populaires menacés d’expulsion. « C’est pas le travail qui manque ! s’exclame-t-elle : l’an dernier, il y a eu en moyenne une démolition par mois ». Eux aussi, à leur façon, luttent pour la terre.
Philippe Revelli, Faim Développement magazine n°266, mai 2012
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]]>The post Réduction des risques liés aux catastrophes naturelles en Indonésie et aux Philippines appeared first on Terre Solidaire.
]]>Depuis 2009, le CCFD-Terre Solidaire est en contact avec un chercheur spécialisé sur les méthodes participatives de réduction des risques des catastrophes naturelles (DRR) à l’université de Grenoble. C’est à la suite d’une formation au sein d’un village où travaille IRDF, partenaire du CCFD-Terre Solidaire à Sorsogon aux Philippines, qu’une autre formation a été proposée en Indonésie autour du volcan Merapi (entrée en éruption en novembre 2010). Ces formations, qui consistent à réaliser avec les villageois une carte en 3 dimensions, sont soutenues par une équipe de chercheurs français du CNRS (laboratoire de géographie physique de Meudon).
La cartographie participative tridimensionnelle (CP3D) est désormais utilisée pour faciliter l’implication d’un grand nombre d’acteurs locaux afin de réduire les risques liés aux catastrophes naturelles qui touchent régulièrement cette partie de l’Asie du Sud Est. Il s’agit de construire, à l’aide de matériaux disponibles tels que du carton, du papier, etc. des cartes en relief à l’échelle sur lesquelles sont superposées des couches thématiques d’informations géographiques. Cette carte permet de dresser des repères topographiques, d’identifier d’illustrer la couverture et l’utilisation des sols et des caractéristiques anthropogéniques (comme les personnes vulnérables ou les élevages) à l’aide de punaises (points), de fils (lignes) et de peinture (polygones). C’est un réel outil d’aide à la décision dans la gestion du territoire autour duquel les villageois peuvent discuter pour prendre des décisions touchant à l’aménagement de leur village.
Aujourd’hui, 4 partenaires du CCFD-Terre Solidaire en Indonésie et aux Philippines sont directement impliqués dans ce programme.
Cartographie tri dimensionnelle participative pour la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles à NARGOMULYO en Indonésie (télécharger le pdf )
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]]>The post Le 16 décembre à minuit le Typhon Sendong a touché les Philippines appeared first on Terre Solidaire.
]]>Sendong est le typhon le plus dévastateur qui ait touché l’île depuis 10 ans. Les provinces touchées de Mindanao Misamis, Lanao del Norte, Zambaonga Del Norte, de l’ARMM et de Negros sont parmi les plus pauvres des Philippines, la population y vit principalement d’agriculture familiale et de pêche traditionnelle. Le gouvernement et l’armée sont démunis face à l’ampleur de la catastrophe.
Selon les premières informations émanant des partenaires du CCFD-Terre Solidaire (IRDF et le MPPM sont les plus impliqués dans les opérations de secours et de distribution), les besoins immédiats pour les personnes évacuées sont essentiellement des besoins alimentaires, d’eau potable, de couvertures, de kits d’hygiène et de premiers soins.
Le CCFD-Terre Solidaire suit au jour le jour la situation à travers ses partenaires IRDF et MPPM qui travaillent l’un et l’autre avec des coordinations d’associations mobilisées pour porter secours aux populations affectées.
Paris, le 2 janvier 2012
Deux semaines après le passage du typhon Sendong qui a ravagé le Nord de l’île de Mindanao situé au Sud de l’Archipel philippin, le nombre de victimes s’élève à ce jour à plus d’un millier. Les 14 000 familles qui ont passé le réveillon dans des centres d’évacuation, doivent désormais s’enregistrer pour pouvoir bénéficier d’une aide d’urgence.
Parmi les villes frappées par le typhon couvrant les 13 provinces de l’île, celles de Cagayan de Oro et Iligan ont été les plus touchées. Les dommages sont estimés à plus d’un milliard de pesos, soit 18 millions d’euros. D’après le Conseil de réduction et de gestion des catastrophes naturelles nationales (NDRRMC), près de 600 000 personnes ont directement subi les ravages du typhon.
Une mission de mesure des précipitations en milieu tropical pointe l’effet combiné des fortes pluies (plus de 50 mm/h) et des glissements de terrain aggravés par la déforestation des zones côtières. Dans cette région montagneuse, d’énormes troncs d’arbres ont été entrainés vers les habitations situées en contrebas des collines. L’administration Aquino a immédiatement mis en place une interdiction nationale de défricher de nouvelles parcelles.
L’action de la Task Force on Food Sovereingty (TFFS)
A Mindanao, la TFFS a immédiatement lancé un appel à dons afin de venir en aide aux victimes de Cagayan de Oro et Iligan. IRDF, partenaire du CCFD-Terre Solidaire et la TFFS ont mis en place un fond mobilisable depuis Cotabato Nord et Davao pour que les membres puissent envoyer des dons et du matériel.
Au Ranao Disaster Response Network basé à Iligan, des produits alimentaires de premières nécessités ont été envoyés de même que des médicaments et des vêtements, en réponse à l’urgence humanitaire.
IRDF a organisé les efforts des membres de la TFFS pour que les dons puissent parvenir aux communautés les plus isolées de l’île ; en effet, une des principales missions des employés d’IRDF consiste à identifier les besoins urgents afin de redistribuer le matériel et les produits de premiers secours vers les zones les plus reculées. Devant le manque de volontaires disponibles tous les employés se mobilisent.
Dans les centres d’évacuation, les conditions de vie des populations les plus vulnérables sont déplorables, notamment à cause du manque de soins et de l’eau potable. PUSAKA membre de la TFFS basé à Pikit, Cotabato Nord, a monté une cellule d’accompagnement psycho-social dans un centre d’évacuation pour aider les familles en détresse. Les enfants et les personnes âgées semblent les plus touchés par les troubles qui règnent depuis deux semaines à Mindanao. Pour ces familles qui ont tout perdu, ce soutien psychologique apparaît aussi important que l’aide alimentaire, médicale et sanitaire.
Paris, le 12 janvier 2012
Soutien d’urgence du CCFD-Terre Solidaire aux victimes du Typhon Sendong
A la suite du typhon Sendong qui a dévasté l’Ouest de l’île de Mindanao le 17 décembre 2011, les partenaires du CCFD-Terre solidaire comme IRDF se sont mobilisés pour porter secours aux survivants. Ces derniers (membres de la La Task Force Food Sovereignty, TFFS), se sont engagés dans des actions humanitaires et apportent une valeur ajoutée certaines grâce au réseau de bénéficiaires dont ils disposent qui sont souvent dans les zones reculées n’ayant le plus souvent pas accès aux distributions ni aux soins de première urgence. Ces populations vulnérables ne reçoivent pas assez de nourriture, de médicaments ou d’autres services de première nécessité. Le rôle d’IRDF est donc d’informer les autres membres de la TFFS et du RDRRAC afin de mieux répartir les distributions.
A partir de consultations réalisées par IRDF et par les autres membres de la TFFS en décembre 2011, cette dernière a prévu d’organiser une série d’opérations humanitaires de janvier à mars 2012 dans les villes d’Iligan City et de Cagayan De Oro les plus durement touchées par le typhon. Ces opérations consistent également à assister les communautés dans la reprise et la réhabilitation des activités économiques dans ces villes.
La TFFS soutiendra et renforcera les réseaux et centres existants de gestion des catastrophes dans ces 2 villes tels que le Ranao Disaster Relief and Rehabilitation Center (RDRRAC) basé à Iligan City. La TFFS enverra également des équipes pour organiser et conseiller les communautés dévastées afin d’aider à l’organisation des victimes.
La TFFS a des membres actifs à Iligan City comme SUMPAY, la fédération de paysans AMA alors qu’à Cagayan de Oro, la TFFS travaillera avec PUSAKA, Legal Resource Center.
Objectifs du projet
1. Minimiser les impacts de la catastrophe en apportant immédiatement un soutien à quelques 3000 foyers touchés à Iligan et Cagayan de Oro city
2. Sensibiliser les victimes sur les causes de leur vulnérabilité face aux catastrophes et élaborer un plan afin d’atténuer les effets négatifs des désastres futurs
3. Organiser et renforcer les associations de victimes afin qu’elles puissent négocier leurs conditions de relogement et d’accompagnement économique auprès du gouvernement
4. Renforcer les réseaux de la société civile existant impliqués dans la réponse et la gestion des catastrophes.
Résultats attendus
1. Fournir une aide d’urgence à 3000 familles directement touchées parmi les communautés à Cagayan de Oro et Iligan city
2. Organiser les victimes en associations pérennes
3. Apporter des conseils et soutiens aux enfants, aux femmes et aux personnes âgées
4. Former 100 responsables issus de la population de base à la gestion et à la préparation aux catastrophes
5. Elaborer des plans de réduction des risques dans au moins 10 communautés touchées par le typhon.
Agissez en faisant un don pour aidez les victimes de cette catastrophe naturelle et soutenir nos partenaires sur place :
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