L’annulation de la dette publique irakienne

Publié le 23.11.2004| Mis à jour le 08.12.2021

Dimanche 21 novembre, les 19 pays réunis au sein du Club de Paris ont convenu d’un allègement de 80% de la dette irakienne.


Comme le craignait la Plate-forme Dette et Développement, qui a manifesté le 17 novembre dernier devant Bercy, cette décision est le résultat d’un vaste marchandage entre les pays créanciers, soucieux de défendre leurs intérêts mais peu regardants du droit international.

Un vaste marchandage
Les Etats-Unis, pressés par les lobbies pétrolier et de la reconstruction, réclamaient 95 % d’annulation ; la France, l’Allemagne et la Russie ne voulaient pas concéder plus de 50 %. Au terme de quatre jours de négociations et au prix de concessions envers Bush réélu, les pays créanciers se sont mis d’accord sur deux points fondamentaux :

Main basse sur l’économie irakienne
Une première tranche de 30% de la dette sera annulée au 1er janvier 2005, mais le reste (50%) dépendra de la soumission du nouveau gouvernement irakien aux exigences du FMI, lui-même contrôlé par… les pays membres du Club de Paris ! Les pays riches ont d’ailleurs tout fait pour conclure les négociations avant les élections du 30 janvier, afin d’assurer leur mainmise sur l’économie irakienne, sans prendre le risque d’avoir à traiter avec un gouvernement plus légitime.

  • La Plate-forme Dette et Développement, soucieuse du respect de la souveraineté de l’Irak, dénonce l’ingérence programmée du FMI dans la politique économique irakienne.
  • Elle demande que l’annulation de la dette irakienne soit inconditionnelle,
    dès qu’un gouvernement sera démocratiquement élu en Irak.

    Auto-absolution des créanciers
    Il serait scandaleux de faire payer aux Irakiens une dette qui a servi les desseins guerriers de Saddam Hussein, comme il est scandaleux de faire payer aux Philippins la dette de Marcos ou aux Nigérians, celle de la junte militaire. Chaque fois, les pays créanciers ont une lourde responsabilité. Dans le cas irakien, ils ont abondamment prêté au régime de Saddam Hussein pour financer la guerre Iran-Irak.

  • Pourtant, les créanciers se sont bien gardés de reconnaître leurs responsabilités, précisément pour ” ne pas créer de précédent “, comme l’a souligné le ministre allemand des finances, pour des pays comme les Philippines ou le Nigeria.

    La Plate-forme Dette et Développement appelle le gouvernement français à faire toute la lumière sur ses responsabilités dans la formation de la dette irakienne, par un audit complet des créances concernées. Elle lui demande de ne pas comptabiliser l’annulation de la dette irakienne au titre de l’aide publique au développement (APD), tant que l’impact positif des créances sur le développement de l’Irak n’est pas démontré.

  • La Plateforme Dette & Développement

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