Des jeunes à la découverte de la Bosnie sur le thème de la paix en Europe

Publié le 30.10.2018| Mis à jour le 14.01.2022

Que signifie la paix pour celles et ceux qui ont connu la guerre ? C’est pour tenter de répondre à cette question que treize jeunes des régions Bourgogne-Franche-Comté et Alsace-Lorraine ont entrepris, fin juillet 2018, un voyage dans les Balkans, à la rencontre des partenaires du CCFD-Terre Solidaire.


« Nous, on connaît votre histoire, avait lancé une partenaire du CCFD-Terre Solidaire de Bosnie-Herzégovine, venue en France durant l’été 2017[[Dans le cadre des Vacances engagées, organisées par le CCFD-Terre Solidaire.]]. Mais vous, vous ne connaissez rien de l’Europe de l’Est ! » La phrase percutante a fait son chemin. Mathieu Salvi, salarié du CCFD-Terre Solidaire, explique :

Dans la perspective de participer au Festival pour la paix de Besançon, nous avons donc décidé de nous rendre dans les Balkans pour tenter de comprendre ce que représentait la paix pour ces populations »

Un an plus tard, après plusieurs week-ends de préparation, sept femmes et six hommes, âgés de 19 à 35 ans, quittent Besançon le 21 juillet à bord de deux vans : direction Sarajevo, capitale de la Bosnie. La première étape de ce “road trip” amène le groupe sur les hauteurs de la ville. « Nous avons rencontré des membres d’Alterural, une association partenaire du CCFD-Terre Solidaire dont l’objectif est de redynamiser l’économie locale à travers le tourisme rural, précise Alexis, 28 ans, qui envisage de se lancer dans la permaculture. Lors d’une randonnée équestre, le groupe découvre un cadre verdoyant et paisible… mais cela n’a pas toujours été le cas. Mathieu Salvi raconte :

Les lieux où nous nous sommes promenés sont ceux où était regroupée l’armée serbe lorsqu’elle a assiégé la ville pendant 1 395 jours [d’avril 1992 à décembre 1995]

A lire : En Bosnie, le tourisme responsable fait naître des espoirs

Dans la foulée, les jeunes rencontrent à Sarajevo Youth Initiative for Human Rights-Bosnia (YIHR BiH) [[L’objectif principal de l’association YIHR est de décloisonner la société en s’extrayant des appartenances « ethniques » fortement entretenues
depuis la fin de la guerre, et de construire une mémoire collective des conflits qui ne soit pas partiale.]], une association partenaire présente dans tous les Balkans. Son objectif ? « Organiser des rencontres entre des jeunes des différentes communautés pour qu’ils apprennent à se connaître », résume Juliane, 25 ans, qui travaille dans l’économie sociale. L’occasion de dépasser les clivages de pays marqués par des années de guerre. « C’est une mission difficile, souligne Joachim. Car s’il n’y a pas de tensions palpables, les communautés cohabitent mais ne se mélangent pas vraiment. »

Dépasser les clivages et apprendre à se reconnaître

À Stolac, à 160 km au sud de Sarajevo, petite ville de moins de 15 000 habitants, le YIHR travaille avec un groupe d’habitants à dépasser ses tensions. Il a accompagné la création d’un orchestre rassemblant des musiciens serbes, croates, monténégrins et bosniaques. Cette initiative a pris de l’ampleur avec l’organisation d’un festival de musique interrégional. Un événement qui rapproche les peuples, mais auquel les autorités municipales nationalistes ont refusé d’accorder une subvention.

Un rejet auquel s’est aussi heurté l’association Orhideja (« Orchidée ») de Stolac, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui œuvre pour renforcer l’autonomie financière des femmes de différentes communautés, dans une région où les emplois sont rares. « Elles sont incitées à travers une coopérative, à transformer leurs fruits, légumes et fleurs en confitures, conserves et autres huiles essentielles », précise Anne-Cécile, salariée du CCFD-Terre Solidaire. Orhideja propose également un suivi psychologique pour les femmes victimes du conflit.

Au terme de son voyage, le groupe a fait une dernière halte dans l’entité serbe de la Bosnie, à Banja Luka. Grâce au CZSS, l’équivalent local des Amis de la Terre, les jeunes ont découvert que l’environnement pouvait aussi être un vecteur de réconciliation entre les peuples. « À l’image de l’ensemble des Balkans, la région est menacée par des méga projets hydroélectriques, indique Alexis. Des petits agriculteurs, de différentes origines, s’y opposent ensemble pour défendre leur terre qui est leur bien commun. »

Une mobilisation qui sonne comme un signe d’espoir, un sentiment que ne partagent pas forcément tous les jeunes rencontrés. « Plusieurs d’entre eux nous ont confié leur désir de quitter leur pays, faute de perspective d’avenir », assure Julianne.

De ce voyage aux Balkans, les treize jeunes sont rentrés avec au moins une certitude :

« Vivre en paix commence par être en paix avec soi-même. »

Jean-Claude Gérez

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