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Colombie : l’assassinat de dizaines de leaders sociaux menace la paix

Publié le 26.10.2017| Mis à jour le 08.12.2021

Les ONG françaises et colombiennes s’inquiètent de la multiplication des assassinats de leaders sociaux en Colombie. Ces assassinats font peser une menace sur le processus de paix en cours.

Trente ONG colombiennes et françaises, dont le CCFD-Terre Solidaire, se sont réunies à Grenoble les 17, 18 et 19 octobre 2017, pour soutenir la construction de la paix en Colombie. Dans le cadre du Forum “Coopération, innovation sociale et citoyennetés” elles ont envisagé de nouvelles possibilités d’actions conjointes. Malheureusement les mauvaises nouvelles se sont accumulées pendant le Forum. En trois jours, elles ont appris l’assassinat de plusieurs leaders sociaux colombiens: – José Jair Cortés, qui avait dénoncé le massacre de 7 paysans et indigènes le 5 octobre à Tumaco, Nariño ; – la professeure des écoles Liliana Astrid Ramírez Martínez, à Coyaima, Tolima ; – Eliecer Carvajal, à Puerto Guzmán, Putumayo; – Liliana Patricia Cataño Montoya, à Medellín, Antioquia. Ces assassinats viennent s’ajouter à ceux survenus les jours précédant le Forum : – José Murillo de la communauté de Cacarica, Chocó, – Jorge Luís García à Cartagena, – Awá Alirio Taicus Sabala (le père) et Geovanny Sabala Quistial (le fils) issus d’une communauté indigène – le Gouverneur indigène Oscar Tenorio Suscué dans la municipalité de Paéz, – la journaliste, Efigenia Vásquez Astudillo, indigène du village Kokonuko, Cauca. Leur mort s’additionne à celle de 82 défenseurs et défenseures des droits humains et sociaux assassinés pendant les neuf premiers mois de 2017. Chiffre auquel il faudrait encore ajouter les récents assassinats de six ex-guérilleros des FARC-EP, dans le département de Nariño, le 15 octobre. Dans ce contexte extrêmement préoccupant, les ONG rappellent que le gouvernement colombien, par la voix du Président Juan Manuel Santos, s’est engagé depuis son premier mandat auprès du mouvement des droits humains à garantir la vie de ses activistes; Il s’est également engagé auprès des FARC, lors de la signature des Accords de La Havane, à protéger leurs membres; Et plus récemment, le 4 septembre, avant la visite du Pape François, il a donné sa parole, lors du pacte de cessation bilatérale des hostilités avec la guérilla ELN, afin de protéger les activistes sociaux du pays.
Pour ces raisons, les ONG condamnent [[Les organisations signataires : Asociación MINGA CENSAT Agua Viva Centro de Investigación y Educación Popular – Programa por la Paz – CINEP-PPP Coalición Colombiana por el Derecho a la Educación – CCDE Comisión Intereclesial de Justicia y Paz – CIJyP Corporación Amigos de la UNESCO Corporación de Investigación y Acción Social y Económica – CIASE Corporación SEMBRAR Fundación Colombia Nuestra Fundación Comité de Solidaridad con los Presos Politicos – FCSPP Fundación Enfances 2/32 Instituto Latinoamericano para una Sociedad y un derecho Alternativos – ILSA Secretariado Nacional de Pastoral Social – Cáritas Colombia Taller Abierto…Centro de promoción integral para la Mujer y la Familia Vamos MUJER Réseau France Colombie Solidarités – RFCS Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture – ACAT Agir ensemble pour les Droits de l’Homme – AEDH CCFD-Terre Solidaire École de la Paix Entre Todos France Mâcon Solidarité Colombie Secours Catholique – Caritas France Solidarité Laïque Terre des Hommes France Tétraktys Travailler Ensemble Jeunes et Engagés – TEJE]] ces assassinats commis de façon systématique et réitérée contre les représentants et représentantes, défenseurs et défenseures des droits humains, ex-membres des FARC, leurs familles et autres civils, et exigent du gouvernement et de l’Etat colombien : – Qu’il respecte son mandat constitutionnel et légal de garantir la vie de tous les leaders sociaux dans ce contexte important de mise en place de l’Accord de Paix de La Havane, et l’arrêt bilatéral du feu et des hostilités signé dans la ville de Quito, Equateur, avec l’ELN. – Qu’il créé les conditions et les garanties de sécurité nécessaires pour l’exercice de la défense des droits humains, comme il l’a promis à plusieurs reprises. – Que la Fiscalía General de la Nación rende compte du résultat des enquêtes pour tous les assassinats de défenseurs et défenseures des droits humains. En même temps, nous demandons aux pays de l’Union Européenne, et en particulier au gouvernement français : – qu’ils renforcent l’accompagnement et la défense de la mise en place de l’Accord de La Havane, ainsi que de l’arrêt bilatéral des hostilités. – Qu’ils soutiennent les exigences de la société civile colombienne et française face à la crise des droits fondamentaux que vivent les mouvements sociaux et de droits humains en Colombie.
Enfin, nous réitérons à la communauté nationale et internationale que, malgré ce contexte, nous continuerons à travailler pour la construction de la paix en Colombie, avec espoir en la vie.
Grenoble, le 19 octobre 2017
communique_forum_grenoble_2017-2.pdf Lire aussi : La paix en marche en Colombie Colombie : La mort malgré la paix Sur le site de RFI : Colombie: qui sont les assassins des militants de la société civile?

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